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NATIONS UNIES, 25 MARS 2004 / LA SITUATION AU PROCHE-ORIENT
L'ambassadeur américain John Negroponte a expliqué devant le Conseil que le texte, selon lui "déséquilibré", "gardait le silence sur les atrocités terroristes commises par le Hamas" et ne reflétait pas les réalités du conflit sur le terrain. Les trois pays qui se sont abstenus, l'Allemagne, la Roumanie et le Royaume-Uni, ont justifié leur vote en qualifiant le projet de déséquilibré, le représentant du Royaume-Uni, l'ambassadeur Emyr Jones Parry, indiquant notamment qu'il aurait souhaité que le texte condamne spécifiquement les attentats contre des civils israéliens, et le représentant de la Roumanie estimant que le projet de résolution ne prenait pas en compte le contexte général dans lequel s'est produite la mort du cheikh Yassine. En revanche les onze pays favorables au projet de résolution ont exprimé leur déception face au rejet de ce projet qui leur paraissait au contraire fournir matière à consensus. La France, qui a voté en faveur de la résolution, a regretté par la voix de son ambassadeur Jean-Marc de la Sablière, qu'il n'y ait pas eu consensus autour du texte, qui, longuement peaufiné, "condamnait les exécutions extrajudiciaires mais aussi tous les attentats terroristes contre des civils", ainsi que tous les actes de violence et de destruction. Le projet de résolution lançait "un message clair et fort aux parties", a-t-il dit, déplorant que le Conseil de sécurité se trouve "de nouveau paralysé sur cette question centrale" pour la paix et la sécurité internationale. Le Conseil de sécurité envoie le mauvais message au monde, a estimé l'ambassadeur algérien Abdallah Baali, soulignant que le Conseil "semblait condamné à échouer" dans sa gestion de la crise au Proche-Orient. L'Observateur permanent de la Palestine, Nasser al-Kidwa, a indiqué qu'il s'agissait du 28e texte bloqué par le veto des Etats-Unis concernant la situation dans les territoires palestiniens. Il a estimé que l'issue du vote allait susciter l'incompréhension de millions de personnes. "Le Conseil [de sécurité] a toléré et autorisé les actions illégales d'Israël pendant longtemps, il a toléré depuis 36 ans une occupation devenue colonialisme", ajoutant que, selon lui, "Israël n'est pas un pays pacifique, sujet à des attentats venus de l'extérieur", mais est lui-même "un groupe terroriste". Présent au Conseil, l'ambassadeur israélien Dan
Gillerman a remercié les délégations
qui n'avaient pas voté en faveur du projet de résolution,
regrettant, à l'adresse de l'Espagne, que des pays ayant
souffert du terrorisme se soient prononcés pour cette résolution.
Certes, a-t-il précisé, le projet de résolution
mentionnait le terrorisme, mais n'évoquait ni le Hamas
ni le Cheikh Yassine. Ne pas qualifier ce dernier de "parrain
du terrorisme, est une farce". |