La Commission des droits de l'homme


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2004, DEBAT / COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME DES NATIONS UNIES
__Amnesty International appelle la Commission à se réformer d'urgence

Irene Khan"La Commission des droits de l'homme [des Nations unie] est en danger. Si elle n'agit pas d'urgence, elle sombrera dans l'insignifiance", a déclaré le 10 mars 2004, à Genève, Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International.

Elle a dénoncé les dérives de cet organe des Nations unies dont les Etats membres "ferment les yeux sur des violations perpétrées en toute impunité". "Des pays dont le bilan est affligeant, comme l'Algérie, l'Arabie saoudite, la Chine, l'Indonésie, la Russie ou le Zimbabwe échappent à tout examen sérieux. Et la situation scandaleuse des détenus de Guantánamo n'apparaît même pas à l'ordre du jour ! ".

La secrétaire générale de l'organisation de défense des droits de l'homme a répondu aux questions d'André Allemand, de la Tribune de Genève [11 mars 2004].

LA COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME. "Cela reste le plus important des organes onusiens consacrés aux droits de l'homme. Un mandat international lui a été confié. Et nous sommes convaincus qu'une Commission efficace pourrait jouer un rôle considérable. Si nous ne boycottons pas la réunion, c'est que nous voyons encore des raisons d'espérer. Après le traumatisme du 11 septembre [2001] et le recul, au nom de la lutte antiterroriste, des droits fondamentaux, ceux-ci regagnent enfin du terrain. En Allemagne, une Cour d'appel a ordonné que soit rejugée l'unique personne au monde condamnée suite aux attentats. Les magistrats ont estimé que les droits de la défense n'avaient pas été respectés. Aux Etats-Unis, la Cour suprême réétudie le statut des détenus de Guantánamo. Enfin, Kofi Annan vient de nommer une nouvelle haut commissaire, Louise Arbour".

LES ETATS ET LA COMMISSION. "Amnesty ne demande pas qu'on expulse les Etats qui violent les droits de l'homme. A quoi bon créer un club de bons élèves ? Nous aimerions que les meneurs de la Commission soient prêts à discuter de la situation dans leur propre pays. Cela ne règle pas le cas de la Chine, qui s'y refuse obstinément. Mais le Mexique, par exemple, s'est progressivement ouvert au dialogue".

LA GUERRE EN IRAK. "Amnesty International n'a jamais pris position sur cette guerre. Vous savez, nous étions présents en Irak avant la chute du tyran et nous avons documenté le massacre commis en 1988 dans le village kurde de Halabja. De même, nous avons dénoncé les violations durant le récent conflit armé. A présent, il nous paraît essentiel de dire à quel point la situation est complexe et dangereuse. A l'heure où l'opinion publique mondiale se divise entre partisans et détracteurs de l'intervention américaine, nous voulons rappeler le sort des Irakiens. Ils demandent justice pour le passé, ce qui implique une expertise internationale, afin d'assurer un procès équitable. Ils souhaitent aussi être traités convenablement par l'occupant. Et ils réclament un gouvernement démocratique. La Commission des droits de l'homme doit traiter ces questions, si elle ne veut pas être totalement discréditée".
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