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2004, DEBAT / COMMISSION DES DROITS DE LHOMME DES NATIONS UNIES
La secrétaire générale de l'organisation de défense des droits de l'homme a répondu aux questions d'André Allemand, de la Tribune de Genève [11 mars 2004]. LA COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME. "Cela reste le plus important des organes onusiens consacrés aux droits de l'homme. Un mandat international lui a été confié. Et nous sommes convaincus qu'une Commission efficace pourrait jouer un rôle considérable. Si nous ne boycottons pas la réunion, c'est que nous voyons encore des raisons d'espérer. Après le traumatisme du 11 septembre [2001] et le recul, au nom de la lutte antiterroriste, des droits fondamentaux, ceux-ci regagnent enfin du terrain. En Allemagne, une Cour d'appel a ordonné que soit rejugée l'unique personne au monde condamnée suite aux attentats. Les magistrats ont estimé que les droits de la défense n'avaient pas été respectés. Aux Etats-Unis, la Cour suprême réétudie le statut des détenus de Guantánamo. Enfin, Kofi Annan vient de nommer une nouvelle haut commissaire, Louise Arbour". LES ETATS ET LA COMMISSION. "Amnesty ne demande pas qu'on expulse les Etats qui violent les droits de l'homme. A quoi bon créer un club de bons élèves ? Nous aimerions que les meneurs de la Commission soient prêts à discuter de la situation dans leur propre pays. Cela ne règle pas le cas de la Chine, qui s'y refuse obstinément. Mais le Mexique, par exemple, s'est progressivement ouvert au dialogue". LA GUERRE EN IRAK. "Amnesty International n'a jamais
pris position sur cette guerre. Vous savez, nous étions
présents en Irak avant la chute du tyran et nous avons
documenté le massacre commis en 1988 dans le village kurde
de Halabja. De même, nous avons dénoncé les
violations durant le récent conflit armé. A présent,
il nous paraît essentiel de dire à quel point la
situation est complexe et dangereuse. A l'heure où l'opinion
publique mondiale se divise entre partisans et détracteurs
de l'intervention américaine, nous voulons rappeler le
sort des Irakiens. Ils demandent justice pour le passé,
ce qui implique une expertise internationale, afin d'assurer un
procès équitable. Ils souhaitent aussi être
traités convenablement par l'occupant. Et ils réclament
un gouvernement démocratique. La Commission des droits
de l'homme doit traiter ces questions, si elle ne veut pas être
totalement discréditée". |