|
GENEVE, MARS - AVRIL 2004 / 60e SESSION DE LA COMMISSION DES DROITS DE LHOMME
__Les propositions suisses de réforme de la Commission des Nations unies
La Suisse entend accroître son engagement en faveur
des droits de l'homme. Elle est candidate à la Commission
des droits de l'homme des Nations unies et fait des propositions
en vue de la réformer.
Le Document suisse [ pdf 120 ko]
La Commission des droits de l'homme des Nations unies est, depuis quelques années, sous le feu des critiques. Son fonctionnement serait devenu trop politisé. L'appel à des réformes se fait dès lors toujours plus pressant.
La Suisse a entendu cet appel et chargé Walter
Kälin, professeur de droit international public à
l'Université de Berne et représentant de la Suisse
au Comité des droits de l'homme des Nations unies,
de réaliser une étude sur la réforme de
la Commission. Celui-ci est arrivé à la conclusion
que la Commission ne devait pas être complètement
remaniée du jour au lendemain, mais trans-formée
progressivement. Distribué à tous les pays et organisations
intéressées, ce document est devenu une base de
travail appréciée. La Suisse souhaite insister en
particulier sur trois propositions contenues dans le rapport
Kälin / Jimenez:
pour donner aux résolutions des pays davantage de transparence
et de représentativité, une compilation pays par pays devrait être créée. Celle-ci se baserait sur les informations fournies par les rapporteurs et représentants spéciaux de la Commission ainsi que sur d'autres sources. Les Etats qui proposent des résolutions devraient tout d'abord se référer à cette compilation. Ce système permettrait d'examiner objectivement les dénonciations;
pour améliorer le suivi des résolutions, la Commission doit nommer un rapporteur spécial. Cette personne devrait coordonner le suivi à donner, par les Etats et le Haut-commissariat aux droits de l'homme, aux textes adoptés;
pour faciliter les discussions entre les institutions nationales
des droits de l'homme, un forum de dialogue informel devrait être institué pendant les sessions de la Commission.
La Suisse souhaite aussi défendre sa politique extérieure
en matière de droits de l'homme directement au sein de
la Commission. Elle a donc déposé sa candidature
en vue de devenir membre de la Commission pendant la période
2007-2009. Elle entretient des contacts réguliers avec
certains pays avant et après les sessions annuelles.
LA COMMISSION : PUBLIQUE ET POLITIQUE
La Commission des droits de l'homme est une Commission
technique des Nations unies. Elle se compose de 53 représentants
d'Etats membres, élus pour trois ans selon une clé
de répartition permettant une représentation de
toutes les régions du monde. Elle tient chaque année
une session ordinaire de six semaines en mars-avril à
Genève. Cette réunion annuelle est un forum
politique qui permet aux représentants des gouvernements
et de la société civile de débattre publiquement
des questions relatives aux droits de l'homme. Plus de 3'000 représentants
d'Etats et d'ONG ont participé à la dernière
session.
Il appartient à la Commission d'élaborer des
propositions, des recommandations et des rapports en vue de développer
et d'améliorer la protection des droits de l'homme. En
dé-but de session, le segment à haut niveau est
l'occasion de nombreux échanges entre le haut commissaire
aux droits de l'homme des Nations unies et un grand nombre de
chefs d'Etat, de ministres et de hauts fonctionnaires.
Pour faire respecter les droits de l'homme, la Commission
dispose, en particulier, de deux instruments:
elle peut enquêter sur des violations graves
et systématiques des droits de l'homme. Ces enquêtes
sont confiées à des rapporteurs spéciaux
ou à des groupes de travail. Elles portent soit sur des
pays déterminés, soit sur des thèmes spéciaux
tels que la torture, la violence envers les femmes, les disparitions
forcées de personnes, etc. Les rapports des représentants
spéciaux peuvent conduire à la condamnation publique
d'un Etat (résolu-tion par pays);
elle peut, sur la base de dénonciations, demander
des comptes aux Etats auteurs de violations graves des droits
de l'homme. La procédure est confidentielle.
Source : La Suisse et le monde, revue du Département
fédéral des affaires étrangères (DFAE),
Berne, 1/2004.
|