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RESOLUTION, 60e SESSION Cuba a renoncé, le 22 avril 2004, à demander aux 53 pays membres de la Commission des droits de l'homme de se prononcer sur un projet de résolution demandant notamment aux Etats-Unis de "clarifier les conditions de vie et le statut juridique" de quelque 600 prisonniers accusés de terrorisme et détenus sans jugement, pour certains depuis plus de deux ans, sur la base navale américaine de Guantanamo (Cuba). Le texte cubain demandait aussi que les Etats-Unis ouvrent Guantanamo à des experts des Nations unies sur la torture ou sur la détention arbitraire. La délégation cubaine à la Commission a précisé qu'elle renonçait "à imposer un vote" sur son texte, sous la menace d'une "motion de non-action" qui allait être présentée par "les Etats-Unis et leurs alliés, avec la complicité de l'Union européenne et de divers pays latino-américains". Une motion de non-action, lorsqu'elle est adoptée, permet de bloquer l'examen d'un projet de résolution devant la Commission. Elle a accusé les Etats-Unis d'avoir exercé un "chantage" sur les pays qui ont des ressortissants détenus à Guantanamo en menaçant "d'empêcher leur libération ou leur rapatriement" si ces pays votaient en faveur de la résolution cubaine. "Nous voyons que des pays occidentaux et certains pays d'Amérique latine ont peur de s'opposer aux pratiques fascistes de l'administration américaine parce qu'ils ont peur des représailles". "Nous sommes déçus que cette résolution ait été retirée", a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) Joanna Weschler, porte-parole de Human Rights Watch. "Il n'y a pas eu jusqu'ici beaucoup de lumière sur ce qui se passe (à Guantanamo) parce qu'il est tellement difficile d'y avoir accès, et désormais cette situation va perdurer", a-t-elle ajouté. La base américaine de Guantanamo, dans l'est de l'île de Cuba, compte quelque 600 prisonniers originaires d'une quarantaine de pays, capturés pour la plupart lors de la guerre américaine en Afghanistan à l'automne 2001 et soupçonnés d'être des talibans afghans ou des membres du réseau terroriste islamiste Al-Qaïda. Parmi les prisonniers de Guantanamo figurent des ressortissants arabes, des Afghans et des Pakistanais, ainsi que quatre Britanniques, un Russe et six Français. Le gouvernement américain ne leur reconnaît pas
le statut de prisonniers de guerre, défini par les Conventions
de Genève, malgré les critiques répétées
des associations de défense des droits de l'homme et les
réserves exprimées par de nombreux pays. |