La Commission des droits de l'homme


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61ème session



NATIONS UNIES, GENEVE / L’OUVERTURE DE LA 61e SESSION DE LA COMMISSION
__La Commission des droits de l'homme entame les travaux de sa 61e session

Les 53 membres de la Commission des droits de l'homme ont entamé, le 14 mars 2005, à Genève, leur 61e session, pour examiner, jusqu'au 22 avril, les violations des droits de l'homme qui se produisent dans le monde. La haute commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Louise Arbour, a regretté que la diplomatie des droits de l'homme soit insatisfaisante, sporadique et sélective. "Nous n'avons pas été à la hauteur de la tâche qui nous incombe, à savoir la protection des droits de l'homme".


Le MondeLa Commission des droits de l'homme ouvre une session cruciale, écrit "Le Monde", qui relève que "pour les ONG, il y a urgence à restaurer la crédibilité de cette instance". Personne ne se fait d'illusions : le Soudan ne sera pas condamné pour les atrocités qui continuent de se commettre au Darfour. Khartoum a même réussi à se faire élire parmi les 53 pays membres de la CDH, dont la moitié, selon les ONG, sont des pays violateurs. Aucun texte ne parlera de la guerre sale de la Russie en Tchétchénie, ni de la Chine, ni de l'Iran. L'UE dira qu'elle traite des droits de l'homme dans le cadre de la concertation qu'elle mène avec ces trois pays. Il n'y aura rien non plus sur "la torture, des disparitions et mauvais traitements" infligés aux détenus dans le cadre de la guerre américaine contre le terrorisme. La Commission est devenue le repaire de pays violateurs qui, par des jeux d'alliances, parviennent à éviter qu'aucun d'entre eux soit condamné et découragent les initiatives.

Pour les ONG, l'urgence est de restaurer les mécanismes de mise en cause des Etats violateurs. "Cette session est la dernière chance pour la Commission", estime le président de Human Rights Watch (HRW), Kenneth Roth. HRW demande que les pays candidats à la CDH s'engagent à prendre des mesures en faveur du respect des droits de l'homme. Les ONG dénoncent fortement toute atteinte aux mécanismes de contrôle existants, tels les rapporteurs spéciaux, ces experts indépendants et bénévoles envoyés dans les pays mis à l'index par la Commission.

C'est précisément à la limitation de ces mécanismes de contrôle que vise le projet de "réforme" mis en circulation par quelques-uns des pays membres les moins respectueux des droits de l'homme. "Ils proposent une modification du mode de désignation des experts et des rapporteurs, un "code de déontologie", etc. Ils visent en fait la neutralisation de toutes les procédures spéciales", explique Antoine Bernard, de la Fédération internationale des droits de l'homme. Parallèlement à cette offensive, une campagne contre "le point 9", c'est-à-dire contre les résolutions incriminant nommément des pays, a été lancée, notamment par la Chine, Cuba et le Zimbabwe. [Le Monde, 15 mars 2005].Up


LibérationLibération donne la parole à Louise Arbour, haut commissaire aux droits de l'homme. "La vedette de la séance inaugurale sera Louise Arbour, haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU. Entrée en fonctions le 1er juillet 2004, cette juge canadienne, ex-procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, puis membre de la Cour suprême de son pays, se distingue en insistant sur l'accès à la justice, plutôt que sur les «grands principes». C'est sa première commission, mais son opinion est déjà forgée : «L'heure des déclarations est derrière nous, explique-t-elle à Libération. L'important, maintenant, c'est la mise en oeuvre sur le terrain. Nous devons de plus en plus travailler avec les détenteurs des droits, où qu'ils se trouvent, et interroger les Etats. Ces derniers doivent faire face à leurs responsabilités". La mise en place de tribunaux, la formation des magistrats est pour elle déterminante : "Lorsqu'un pays se dote d'un appareil judiciaire digne de ce nom, la liberté progresse, l'arbitraire est mis en cause, le recours devient possible" [Libération, 14 mars 2005].


ATS 
La haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'Homme, Louise Arbour, a dénoncé la réponse insuffisante de la communauté internationale face à la crise du Darfour. [...] Evoquant "les violations massives des droits de l'homme" dans cette région de l'ouest du Soudan, la haut commissaire a estimé que la réponse internationale était "très en retrait par rapport à notre responsabilité collective envers les plus vulnérables".

De manière générale, "notre approche de la diplomatie des droits de l'homme n'est pas toujours satisfaisante", a-t-elle ajouté, regrettant une politique "sporadique et sélective". "La Commission doit prendre les devants dans la mise en place d'approches plus efficaces", a-t-elle affirmé.

Mme Arbour s'est aussi dite "particulièrement inquiète de voir que certains droits établis de longue date, tels que le droit de ne pas être torturé, font désormais l'objet d'interprétations sans précédent" [Agence télégraphique suisse, ATS, 14 mars 2005].


tsrLa session annuelle de la Commission des droits de l'Homme de l'ONU s'est ouverte […] à Genève sous l'oeil inquisiteur des organisations non-gouvernementales (ONG). Elles soupçonnent cette instance de couvrir les violations des libertés fondamentales commises dans le monde.

L'an dernier, seuls de petits pays ont été épinglés par la Commission, alors que les grands dossiers comme l'Irak, la Tchétchénie ou le Darfour (ouest du Soudan) échappaient à toute condamnation [TSR, Genève, 14 mars 2005].


Swissinfo
Pour Kenneth Roth, le directeur général de Human Rights Watch, "la Commission est devenue un lieu de refuge pour des gouvernements comme le Soudan qui devraient être sur le banc des accusés plutôt qu'au cœur de l'organe principal de l'ONU pour les droits de l'homme".

De fait, parmi les 53 membres de la Commission figurent également des pays comme le Népal, le Zimbabwe, le Congo, Cuba, la Russie, la Chine ou les Etats-Unis. Des Etats également pointés cette année par les ONG pour leurs violations souvent massives des droits humains.

Pour Amnesty international (AI), il est donc à craindre que rien de substantiel ne sorte de la Commission à propos des guerres en Irak et en Tchétchénie. L'ONG demande également à l'organisme onusien de "cesser son inaction" à l'égard de la Chine et du Zimbabwe.

Et ça n'est pas tout. "Le Népal est au bord de la catastrophe. De sérieuses violations y sont commises", avertit Peter Splinter. Le représentant d'AI auprès des Nations unies demande la nomination d'un rapporteur spécial sur ce royaume frappé récemment par un coup de force du roi Gyanendra.

Un cri d'alarme que la ministre suisse des Affaires étrangères devrait également pousser. Micheline Calmy-Rey [Swissinfo, 14 mars 2005].
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