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NATIONS UNIES, GENEVE / LOUVERTURE DE LA 61e SESSION DE LA COMMISSION Les 53 membres de la Commission des droits de l'homme ont entamé, le 14 mars 2005, à Genève, leur 61e session, pour examiner, jusqu'au 22 avril, les violations des droits de l'homme qui se produisent dans le monde. La haute commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Louise Arbour, a regretté que la diplomatie des droits de l'homme soit insatisfaisante, sporadique et sélective. "Nous n'avons pas été à la hauteur de la tâche qui nous incombe, à savoir la protection des droits de l'homme".
Pour les ONG, l'urgence est de restaurer les mécanismes de mise en cause des Etats violateurs. "Cette session est la dernière chance pour la Commission", estime le président de Human Rights Watch (HRW), Kenneth Roth. HRW demande que les pays candidats à la CDH s'engagent à prendre des mesures en faveur du respect des droits de l'homme. Les ONG dénoncent fortement toute atteinte aux mécanismes de contrôle existants, tels les rapporteurs spéciaux, ces experts indépendants et bénévoles envoyés dans les pays mis à l'index par la Commission. C'est précisément à la limitation de ces
mécanismes de contrôle que vise le projet de "réforme"
mis en circulation par quelques-uns des pays membres les moins
respectueux des droits de l'homme. "Ils proposent une modification
du mode de désignation des experts et des rapporteurs,
un "code de déontologie", etc. Ils visent en
fait la neutralisation de toutes les procédures spéciales",
explique Antoine Bernard, de la Fédération internationale
des droits de l'homme. Parallèlement à cette offensive,
une campagne contre "le point 9", c'est-à-dire
contre les résolutions incriminant nommément des
pays, a été lancée, notamment par la Chine,
Cuba et le Zimbabwe. [Le Monde, 15 mars 2005].
De manière générale, "notre approche de la diplomatie des droits de l'homme n'est pas toujours satisfaisante", a-t-elle ajouté, regrettant une politique "sporadique et sélective". "La Commission doit prendre les devants dans la mise en place d'approches plus efficaces", a-t-elle affirmé. Mme Arbour s'est aussi dite "particulièrement inquiète de voir que certains droits établis de longue date, tels que le droit de ne pas être torturé, font désormais l'objet d'interprétations sans précédent" [Agence télégraphique suisse, ATS, 14 mars 2005].
L'an dernier, seuls de petits pays ont été épinglés par la Commission, alors que les grands dossiers comme l'Irak, la Tchétchénie ou le Darfour (ouest du Soudan) échappaient à toute condamnation [TSR, Genève, 14 mars 2005].
De fait, parmi les 53 membres de la Commission figurent également des pays comme le Népal, le Zimbabwe, le Congo, Cuba, la Russie, la Chine ou les Etats-Unis. Des Etats également pointés cette année par les ONG pour leurs violations souvent massives des droits humains. Pour Amnesty international (AI), il est donc à craindre que rien de substantiel ne sorte de la Commission à propos des guerres en Irak et en Tchétchénie. L'ONG demande également à l'organisme onusien de "cesser son inaction" à l'égard de la Chine et du Zimbabwe. Et ça n'est pas tout. "Le Népal est au bord de la catastrophe. De sérieuses violations y sont commises", avertit Peter Splinter. Le représentant d'AI auprès des Nations unies demande la nomination d'un rapporteur spécial sur ce royaume frappé récemment par un coup de force du roi Gyanendra. Un cri d'alarme que la ministre suisse des Affaires étrangères
devrait également pousser. Micheline Calmy-Rey [Swissinfo,
14 mars 2005]. |