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FEDERATION INTERNATIONALE DES LIGUES DES DROITS DE LHOMME, MARS 2005 "Face à la multiplication des violations flagrantes des droits de l'homme et à l'impossibilité de les dénoncer directement dans certains pays, les seuls espoirs des victimes, de leurs familles ou leurs défenseurs sont les condamnations et les pressions que peuvent formuler la communauté internationale. La Commission, menacée, doit pouvoir assumer son rôle central à cet effet", Sidiki KABA, président de la FIDH.
UN MANDAT DE PROTECTION A GARANTIRA l'occasion des précédentes sessions de la Commission des droits de l'homme, et dernièrement lors du troisième comité de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, une campagne contre le "point 9" de l'ordre du jour de la Commission - c'est-à-dire contre les résolutions portant sur des pays - a été menée ouvertement par certains pays. Ceux-ci utilisent de façon fallacieuse le prétexte de "la politisation et la sélectivité" des résolutions sur les pays pour tenter d'éliminer leur considération et leur adoption par la Commission. La FIDH réaffirme que la Commission a pour mandat principal d'évaluer et se prononcer sur la situation des droits de l'homme. Le point 9 est un instrument indispensable dans la mise en oeuvre de cette évaluation. Face aux attaques devenues systématiques, la FIDH rappelle la nécessité, voire l'urgence, pour les Etats qui composent cet organe, de respecter les objectifs qui lui sont dévolus :
Les "réformes" sont toujours justifiées s'agissant de réduire les dérives choquantes caractéristiques d'un organe politique tel que la Commission des droits de l'homme des nations unies. Pourtant, plus que d'une nouvelle réforme, c'est de volonté politique que manque la Commission de la part des Etats qui la composent pour s'acquitter de son mandat. La FIDH craint que le nouveau processus de réforme qui s'amorce aux fins d'une crédibilisation - pourtant nécessaire - de la Commission ne soit une nouvelle occasion - un prétexte ? - d'en réduire encore les capacités protectrices des victimes. La FIDH appelle donc l'ensemble des Etats membres de la Commission à répondre aux appels des défenseurs des droits de l'Homme pour que la Commission se concentre sur son mandat de protection et dans ce cadre, se fasse l'écho des situations d'urgence qui lui sont soumises. La FIDH présente, à cette session de la Commission, 25 interventions écrites, une dizaine d'interventions orales et organisera ou co-organisera 15 conférences publiques. Elle s'impliquera, avec ses associations membres et partenaires tout au long des six semaines de la session pour porter ses préoccupations. La FIDH a également rejoint le Conseil exécutif du Festival international du film sur les droits humains, qui se tiendra du 11 au 19 mars. Dans ce cadre, le 13 mars, la FIDH co-organise une après-midi sur le thème de l'immigration et les violations des droits de l'homme. La Festival, avec la FIDH, HRW, et OMCT, organisera le 30 mars 2005 des Etats généraux sur les droits de l'homme : "Témoigner, dénoncer et protéger : la Commission des droits de l'homme face à ses responsabilités". Les priorités principales de la FIDH sont les suivantes : PRIORITES PAYS
PRIORITES THEMATIQUESLa FIDH soutient 12 priorités thématiques
pour la 61e session de la Commission des droits de l'Homme. Parmi
celles-ci, elle demande la création de trois mécanismes
particuliers : Par ailleurs, dans le cadre de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme (programme conjoint FIDH/OMCT), elle demande la condamnation de la détérioration de la situation des défenseurs des droits de l'Homme au Bahrein, au Brésil, en Chine, en Colombie, au Guatemala, en Iran, au Népal, en Fédération de Russie, au Bélarus, en RDC, au Rwanda, au Zimbabwe, au Bangladesh, au Pakistan et en Mauritanie et en Tunisie. La FIDH attend aussi une action de la Commission sur la peine de mort; les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre; la question de l' élaboration d'un protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels; le suivi de l'élaboration d'un instrument normatif sur les disparitions forcées; l'extrême pauvreté; la protection des peuples autochtones; le droit à réparation et la lutte contre l'impunité. |