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2005 / LES PAYS MEMBRES DE LA COMMISSION DES DROITS DE lHOMME Au moment où des informations concordantes font état
de violations à grande échelle des droits de l'homme
au Soudan, les Etats-Unis ont jugé "tout
à fait inappropriée" la réélection
de ce pays à la Commission des droits de l'homme. Ce scrutin destiné à pouvoir quatorze sièges sur les 53 que compte la Commission s'est déroulé, le 4 mai 2004, à New York, dans le cadre de l'élection des organes subsidiaires du Conseil économique et social (ECOSOC), dont la Commission des droits de l'homme fait partie. Le Soudan, ainsi que les trois autres pays africains présentés par le Groupe africain, la Guinée, le Kenya et le Togo, ont été élus par acclamations. Mais c'est à l'issue d'un vote au scrutin secret que les candidats ont été départagés au sein du Groupe asiatique et du Groupe des Etats d'Europe occidentale. Pour le premier groupe régional, la Malaisie, le Pakistan et la République de Corée ont été élus; pour le deuxième groupe, le Canada, la Finlande et la France. Au sein de leur groupe respectif, le Viet Nam et l'Espagne n'ont obtenu respectivement que 23 et 27 voix, alors que la majorité requise était de 28 voix. L'élection du Soudan a suscité un vif échange entre les Etats-Unis et ce pays. Le Soudan est membre de la Commission depuis trois ans, mais sa réélection est "totalement inappropriée" en raison de la politique qu'il mène au Darfour et "menace de saper non seulement son travail mais aussi sa crédibilité", fait valoir le représentant américain, Sichan Siv. La Commission, qui doit défendre les principes moraux les plus élevés, a-t-il rappelé, ne peut servir de refuge pour les pays qui violent les droits de l'homme. Il a refusé de prendre part au vote et a quitté la salle. Réagissant à ces propos, le représentant
du Soudan, Omar Bashir Mohamed Manis, a jugé la
position américaine surprenante et quelque peu exagérée.
L'élection du Soudan à un siège au sein de
la Commission des droits de l'homme ne peut être remise
en question, a-t-il souligné. Il a indiqué que son
pays avait totalement admis le problème humanitaire au
Darfour et avait demandé l'aide de la communauté
internationale. "Il est très ironique que la délégation des Etats-Unis, pendant qu'elle verse des larmes de crocodile sur la situation au Darfour... reste aveugle devant les atrocités commises par les forces américaines contre la population civile innocente irakienne, y compris de femmes et des enfants", a-t-il ajouté. Le conflit au Darfour a fait depuis un an jusqu'à
10'000 selon les sources, déplacé 670'000 personnes
à l'intérieur du Soudan et en a poussé plus
de 100'000 à se réfugier au Tchad voisin. Les représentants américains auprès des Nations unies ont quitté une réunion, mardi, pour protester contre la réélection du Soudan à la commission des droits de l'homme de l'Onu."Les Etats-Unis ne participeront pas à cette absurdité", a dit Sichan Siv, le représentant américain au Conseil économique et social de l'Onu qui a réélu mardi le Soudan à la commission des droits de l'homme de l'Onu."Notre délégation (a décidé de) ne pas participer à la réunion plutôt que de soutenir la candidature du Soudan", a dit M. Siv avant de quitter la salle de réunion."Les Etats-Unis sont perplexes et consternés par la décision de favoriser la candidature du Soudan --un pays qui massacre ses propres citoyens africains-- à la commission des droits de l'homme de l'Onu", a-t-il poursuivi.Le Soudan ne mérite pas de siéger à la commission des droits de l'homme de l'Onu, a encore dit M. Siv qui a accusé Khartoum de violer les droits de l'homme, en relevant que la commission avait, le mois dernier, critiqué le gouvernement soudanais pour des atrocités commises dans le Darfour (ouest du Soudan)..Le représentant soudanais au Conseil, Omar Bashir Mohamed Manis, s'est dit "surpris" par les allégations américaines "exagérées" mais a refusé de répondre directement aux accusations.En revanche, il a vivement critiqué l'attitude des militaires américains en Irak, accusant l'armée américaine d'utiliser la force d'une manière "excessive et disproportionnée dans des "attaques brutales" contre des civils et de maltraiter des prisonniers Commission de la condition de la femmeL'ECOSOC a ensuite élu les 11 pays suivants: Allemagne,
Belize, Croatie, Japon, Mali, Maroc, Pays-Bas, Pérou, Qatar,
République-Unie de Tanzanie et Royaume-Uni. Ces 11 membres
siègeront pour un mandat de quatre ans prenant effet à
l'ouverture de la cinquantième session de la Commission,
en 2005, et expirant en 2009, à l'issue de sa cinquante-troisième
session. |