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2005 / RAPPORT, LA SITUATION AU LIBERIA La Commission des droits de l'homme a entendu, le 19 avril 2005, Mme Charlotte Abaka, Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme au Libéria, qui a déclaré que de nombreux progrès avaient été réalisés au Libéria depuis l'établissement de son rapport. Les programmes de désarmement et de démobilisation ont abouti le 31 octobre 2004, ce qui a mené à la paix et à la sécurité, à la liberté de mouvement à travers le pays, à la reprise économique et à la restauration de l'autorité de l'Etat. Mais malgré la fin de la guerre civile, l'appui de la communauté internationale pour le respect de la primauté du droit est toujours nécessaire, et un véritable engagement des Nations unies sera indispensable pendant beaucoup de temps encore. Un bref débat a suivi la présentation du rapport. LA PRESENTATION DU RAPPORTMME CHARLOTTE ABAKA, Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme au Libéria, a déclaré que de nombreux progrès avaient été réalisés au Libéria depuis l'établissement de son rapport. Les programmes de désarmement et de démobilisation ont abouti le 31 octobre 2004, ce qui a mené à la paix et à la sécurité, à la liberté de mouvement à travers le pays, à la reprise économique et à la restauration de l'autorité de l'Etat. Cependant, bon nombre de gouverneurs sont toujours à Monrovia faute d'appui et d'infrastructures. Les progrès accomplis ont permis d'instaurer une atmosphère de sécurité qui a encouragé les Libériens de parler des diverses formes de violations de droits de l'homme. La loi sur la Commission nationale des droits de l'homme a notamment été adoptée le 21 mars 2005. Cependant, il subsiste encore de sérieux problèmes. L'Experte indépendante a souligné que, malgré la fin de la guerre civile, l'appui de la communauté internationale pour le respect de la primauté du droit est toujours nécessaire. Un véritable engagement des Nations unies sera indispensable pendant beaucoup de temps encore. L'Experte indépendante a en particulier recommandé une réforme judiciaire pour combattre l'impunité. Des juges et des magistrats expérimentés doivent être nommés et chargés d'accomplir leur tâche avec toute l'autorité qui s'impose pendant une période de trois ans. Un contrôle exercé par la société civile est également indispensable en matière de droits de l'homme. Le gouvernement doit dispenser une formation aux droits de l'homme et coopérer avec les organisations non gouvernementales dans ce domaine. Cependant, Mme Abaka a estimé que le plus grand problème
qui se pose est la mise en uvre des programmes de réhabilitation et de réintégration des anciens combattants.
En la matière, les ressources sont exclusivement volontaires
et les promesses de dons ne se sont pas matérialisées.
Le risque est grand de voir les anciens combattants qui ont déposé
les armes être recrutés dans les pays voisins. C'est
pourquoi l'Experte indépendante a encouragé en conclusion
les donateurs à fournir des ressources supplémentaires. LE RAPPORTDans son rapport sur la situation des droits de l'homme au Libéria (E/CN.4/2005/119), l'Experte indépendante souligne que cette situation s'est améliorée. La sécurité a été accrue avec le déploiement de la Mission des Nations unies au Libéria (MINUL), mais la situation dans les districts, en particulier dans le sud-est du Libéria, où la MINUL n'a pas encore été déployée, et dans d'autres secteurs où elle n'effectue pas de patrouilles régulières, demeure précaire. L'amélioration de la situation des droits de l'homme est attestée par l'absence de violations des droits de l'homme et d'atteintes à ces droits commanditées par l'Etat. La répression des minorités Gio, Krahn et Mandingo s'est également calmée. Cependant, l'effondrement du système de justice pénale demeure un problème et entrave la jouissance effective des droits de l'homme. Dans la plupart des régions du pays, les tribunaux ne fonctionnent pas et le petit nombre de ceux qui sont opérationnels à Monrovia et dans les environs sont gênés par le manque de ressources. Au moment où le Libéria achève la première moitié d'un programme de transition qui doit durer deux ans, plusieurs défis restent à relever. Les plus urgents sont le rétablissement du système de justice pénale, la mise en place d'une police nationale professionnelle et efficace et le déploiement des forces de maintien de la paix des Nations unies dans tout le pays. Le Cadre de transition axé sur les résultats fournit un schéma stratégique pour la reconstruction du Libéria et la remise sur pied des institutions nationales défaillantes. Il est absolument nécessaire que la communauté internationale verse les contributions qui ont été annoncées à la Conférence internationale pour la reconstruction du Libéria, qui s'est tenue, à New York, les 5 et 6 février 2004. Sans cela, le succès du programme de transition et le rétablissement d'une société fondée sur l'Etat de droit et le respect des droits de l'homme resteront des objectifs difficiles à atteindre. LE DEBATMME ELSA KÜNTZIGER (Luxembourg, au nom de l'Union européenne) s'est demandé quels sont les moyens de lutter contre le phénomène de l'exploitation sexuelle imputable aux fonctionnaires chargés du maintien de la paix. Par ailleurs, quelles mesures pourraient être adoptées pour promouvoir la participation effective des organisations non gouvernementales dans l'élaboration de normes relatives aux droits de l'homme. Répondant à la question posée par la représentante du Luxembourg, l'Experte indépendante, MME ABAKA, a notamment déclaré que l'exploitation sexuelle est le fait d'anciens militaires, mais également de responsables des opérations de maintien de la paix. Un émissaire du Secrétaire général s'est rendu sur le terrain et cela permettra sans doute de juguler ce phénomène. Il est vrai que l'aide des organisations non gouvernementales nationales est nécessaire pour dénoncer de telles pratiques et lutter contre cette habitude de résignation bien ancrée dans la population. Il faut faire comprendre à la population que cette exploitation sexuelle est une violation grave des droits de la femme. Malheureusement, les victimes ne disposent pas encore des voies de recours nécessaires en raison de la faiblesse du système judiciaire. |