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2005 / RESOLUTION, LA SITUATION A CUBA La Commission des droits de l'homme a adopté, le 14 avril 2005, une résolution portant sur la situation des droits de l'homme à Cuba. La résolution, coparrainée par les Etats-Unis et l'Union européenne, ne fait pas directement état de violations des droits de l'homme à Cuba, mais invite Mme Christine Chanet, la représentante personnelle de la haut commissaire aux droits de l'homme sur la situation des droits de l'homme à Cuba, à "faire rapport à la Commission sur la situation qui prévaut actuellement à Cuba". Le représentant cubain a dénoncé "l'hypocrisie" des Etats-Unis, qui "violent plus que quiconque les droits de l'homme", et de l'Union européenne, qui "claudique de manière servile derrière Washington". Et ce, parce que Cuba est "une île rebelle à l'impérialisme américaine", a-t-il souligné. Des explications de vote sur ce texte ont été faites par les Pays-Bas (au nom de l'Union européenne), la Chine, le Soudan, la Fédération de Russie et le Zimbabwe. LA RESOLUTIONPar une résolution (E/CN.4/2005/L.31), adoptée par 21 voix pour, 17 contre et 15 abstentions, la Commission invite la Représentante personnelle de la haut commissaire aux droits de l'homme sur la situation des droits de l'homme à Cuba à faire rapport à la Commission sur ce qu'il en est actuellement des situations évoquées dans les résolutions que la Commission a adoptées depuis 1990 concernant ladite situation. Ont voté pour (21) : Allemagne, Arménie, Australie, Canada, Costa Rica, Etats-Unis, Finlande, France, Guatemala, Honduras, Hongrie, Irlande, Italie, Japon, Mexique, Pays-Bas, Arabie saoudite, Royaume-Uni et Ukraine. Ont voté contre (17) : Afrique du Sud, Chine, Congo, Cuba, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Guinée, Fédération de Russie, Inde, Indonésie, Kenya, Malaisie, Nigeria, Qatar, Soudan et Zimbabwe. Abstentions (15) : Argentine, Bhoutan, Brésil,
Burkina Faso, Equateur, Gabon, Mauritanie, Népal, Pakistan,
Paraguay, Pérou, République dominicaine, République
de Corée, Roumanie, Sri Lanka, Swaziland et Togo. LA DECLARATION DE CUBAM. JUAN ANTONIO FERNÁNDEZ PALACIOS (Cuba) a déclaré que les Etats-Unis - le plus grand et le plus obstiné violateur des droits de l'homme - ont soumis un pernicieux morceau de papier intitulé "situation des droits de l'homme à Cuba". Au moment où la crédibilité et le prestige de la Commission sont en cause, alors que la politisation, la sélectivité et la politique de deux poids deux mesures qui sont en uvre en son sein la discréditent sans cesse davantage aux yeux de l'extérieur, les peuples et les meilleurs intellectuels du monde ont élevé leurs voix pour défendre Cuba, a affirmé le représentant. Ce sont ces gens qui comptent car ils luttent pour un monde meilleur, a-t-il déclaré. De telles tentatives de stigmatisation de Cuba sont dues au fait que ce pays représente un modèle en matière de démocratie participative et populaire, un modèle en matière d'indicateurs d'éducation, de santé, de plein emploi et de justice sociale pour tous et ce, en dépit du blocus dont souffre son peuple. Le gouvernement des Etats-Unis ou tout autre pays dans cette salle n'a pas la plus petite légitimité morale pour parler de Cuba. Nous savons que les Etats-Unis sont une clique fasciste qui terrorise le monde, qui s'est octroyée le droit d'intervenir au nom de la guerre préventive dans plus de soixante pays et qui s'est octroyée le droit de tuer des dirigeants étrangers, de mener des changements de régime et de légaliser de facto la torture contre les prisonniers. Quelle crédibilité morale ont les Etats-Unis pour condamner Cuba, a demandé le représentant ? Il a également demandé pourquoi les Etats-Unis détiennent cinq jeunes combattants antiterroristes cubains dans les conditions les plus brutales qui soient alors qu'ils accueillent sur leur territoire Luis Posada Carriles, considéré comme un des plus dangereux terroristes de l'hémisphère. Comment est-il possible que les pays de l'Europe cultivée soient capables d'être co-auteurs d'une aberration à laquelle ils ne croient pas eux-mêmes ? Cuba a une vision claire de son destin : Cuba se bat pour une terre libre et indépendante et l'édification d'une société chaque jour plus cultivée, démocratique et socialiste. Cuba ne se rendra jamais. Cuba ne fera jamais de concessions. Cuba ne se taira jamais, pas même devant cette Commission des puissants où tant d'hypocrisie, de peurs et de complicités sont à l'uvre. LES EXPLICATIONS DE VOTEM. IAN DE JONG (Pays-Bas, au nom également de
l'Union européenne) expliquant son vote avant
le vote sur le projet de résolution L.31, a exprimé
son inquiétude sur la situation des droits de l'homme à
Cuba. Les objectifs des relations de l'Union européenne
avec Cuba sont d'encourager un processus de transition vers le
pluralisme démocratique, vers une amélioration durable
du niveau de vie des Cubains, l'Union européenne invite
Cuba à un dialogue constructif en vue de parvenir à
des résultats tangibles dans le domaine des droits de l'homme
et de la coopération. L'Union européenne prend acte de la libération de certains des 75 prisonniers politiques emprisonnés en mars 2003, et appelle à la libération de tous les autres détenus politiques, sans condition. Ayant reçu des informations faisant état de mauvais traitements de dissidents, elle demande à Cuba de respecter les normes internationales en matière de droits de l'homme des prisonniers et de déclarer un moratoire sur l'application de la peine de mort. L'Union européenne reconnaît toutefois les efforts déployés par Cuba pour promouvoir les droits économiques, sociaux et culturels, une tâche qui est rendue difficile par l'imposition d'un blocus économique. L'Union européenne encourage enfin Cuba à ratifier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et lance un appel au gouvernement cubain pour qu'il coopère avec la Représentante personnelle du Secrétaire général. M. SHA ZUKANG (Chine) a estimé que certains pays font un usage abusif du point 9 de l'ordre du jour de la Commission pour humilier les pays en voie de développement. Le projet anticubain en est un exemple criant. Nous apprécions l'esprit cubain, qui ne se laisse pas intimider par les États-Unis et continue son chemin. Nous soutenons le peuple cubain, qui est du côté de la justice. Quel que soit le résultat du vote, Cuba sera toujours vainqueur. Finalement, le représentant chinois a dit que les Etats-Unis sont un grand pays mais Cuba aussi, et il a émis l'espoir que les Etats-Unis et Cuba pourront un jour vivre côte à côte en paix. La Chine votera contre ce projet de résolution. M. ELSADIG MUSTAFA OSMAN ALMAGLY (Soudan) a déclaré que son pays, qui refuse la politisation et la sélectivité en matière de droits de l'homme, votera contre le projet de résolution. Cuba a réalisé des progrès considérables en matière de droits économiques, sociaux et culturels. Il est frappant de constater que ce sont uniquement les pays en voie de développement qui sont ciblés par la politique de sélectivité. Cette politique de manipulation systématique des mécanismes onusiens des droits de l'homme sont des manifestations de l'hégémonie de certains pays. Le Soudan considère que l'assistance et le dialogue sont les meilleurs moyens de promouvoir les droits de l'homme. M. GRIGORY LUKIYANTSEV (Fédération de Russie) a déclaré que son pays n'appuie pas le projet de résolution L31 sur Cuba. Le respect des droits de l'homme n'est jamais parfait, où que ce soit. Seul un dialogue constructif et respectueux des pays concernés, peut permettre d'améliorer les situations en matière de droits de l'homme. M. CHITSAKA CHIPAZIWA (Zimbabwe) a dénoncé la politisation sur laquelle est fondé le projet de résolution L.31 Toutes les sanctions illégales contre Cuba doivent par ailleurs être levées, en particulier celles qui empêchent le pays de commercer avec des entreprises étrangères et celles qui entravent la liberté de mouvement des Cubains. |