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2005 COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME, NATIONS UNIES, GENEVE | LES DECLARATIONS | La Commission des droits de l'homme a entamé, le 14 mars 2005, sa 61e session en adoptant son ordre du jour et son programme de travail, et en entendant des déclarations de son président, Makarim Wibisono d'Indonésie, du président sortant, Mike Smith, et de la haut commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, qui a notamment affirmé que l'obligation de respecter et d'assurer l'application des droits de l'homme incombe aux Etats; c'est donc la capacité des Etats qui doit être renforcée et reconnue.
La haut commissaire a par ailleurs rappelé que "l'obligation de respecter et d'assurer l'application des droits de l'homme incombait aux Etats", car "ce sont les Etats qui signent et ratifient les traités relatifs aux droits de l'homme". "Quand les Etats violent ces droits, a-t-elle poursuivi, soit directement du fait de leurs propres actions, soit indirectement en échouant à mettre en uvre les traités ou à contraindre d'autres entités à les respecter, ils en portent la responsabilité". Dans sa déclaration d'ouverture, le président de la Commission, Makarim Wibisono, a notamment rappelé que le monde avait été témoin, au cours des dernières années, de défis croissants du fait de conflits et de désastres sans précédents. C'est pourquoi il faut, plus que jamais, renforcer l'esprit de dialogue et de concertation entre les pays. Il s'est dit convaincu qu'une des façons les plus efficaces pour résoudre les questions spécifiques des droits de l'homme résidait dans le renforcement de la coopération internationale et non dans la condamnation. LES DECLARATIONS D'OUVERTUREMAKARIM WIBISONO, président de la 61e session de la
Commission des droits de l'homme, a rappelé que le monde
s'est heurté, au cours des dernières années,
à des défis croissants du fait de conflits et de
catastrophes sans précédents. C'est pourquoi il
est plus important que jamais de renforcer l'esprit de dialogue
et de concertation entre les pays. Le président s'est
dit encouragé, à cet égard, par l'évolution
positive de la situation au Moyen-Orient. Il a néanmoins
ajouté que les actes terroristes constituaient une violation
des principes fondamentaux des droits de l'homme, y compris le
droit à la vie, et, qu'en tant que tel, il était
nécessaire de les combattre vigoureusement. Selon le président, la Commission a un rôle unique à jouer par le biais de débats constructifs sur les questions des droits de l'homme, de l'intolérance religieuse au racisme, du droit au développement aux droits des femmes et des enfants, et ce, dans une atmosphère ouverte et positive. Elle doit prêter main forte au processus d'édification et de renforcement d'une compréhension internationale plus constructive. Il s'est par ailleurs dit pleinement conscient des résultats remarquables obtenus par la Commission au fil des ans. Il faut aller plus loin, a-t-il dit, et respecter le mandat de la Commission des droits de l'homme, un défi qui, selon lui, ne se termine jamais et suscite des divergences de vues et de perspectives entre les pays. Nous devons étudier ces divergences, en les considérant davantage comme une source d'inspiration qui doit enrichir la qualité des discussions, plutôt que comme un obstacle à la recherche de solutions appropriées, a-t-il suggéré, se déclarant convaincu qu'une des façons les plus efficaces pour résoudre les questions spécifiques des droits de l'homme résidait dans le renforcement de la coopération internationale et non dans la condamnation. Selon le président, tous les gouvernements font réellement tout leur possible pour mettre en uvre les droits de l'homme dans le cadre de leurs programmes nationaux, que ce soit en tentant d'éliminer la pauvreté, en améliorant l'éducation et la santé, en renforçant l'état de droit ou les institutions démocratiques conformément aux particularités et les pratiques locales. Il a en outre souligné que le rôle de la société civile était capital, que ce soit au niveau national ou au niveau international. Il a renouvelé l'appel lancé par ses prédécesseurs aux délégations en leur demandant de s'abstenir de formuler des déclarations diffamatoires, notamment sur le sujet sensible de la religion. Nous devrions nous respecter les uns et les autres, et tenir compte de nos différences et des problèmes particuliers auxquels sont confrontés les pays face à la marche du progrès, a-t-il souligné. Notre détermination ne devrait pas faiblir pour ce qui est d'obtenir des résultats positifs, a conclu M. Wibisindo, précisant que ces résultats avaient un profond impact sur la communauté internationale et les peuples à travers le monde. LOUISE ARBOUR, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a souligné que le développement économique et social, l'amélioration du bien-être et de la sécurité individuels et collectifs, ne sauraient être réalisés ou maintenus sans le plein respect des droits de l'homme. A cet égard, les Etats, collectivement et individuellement, devraient s'acquitter de leurs responsabilités à cet égard. L'obligation de respecter et d'assurer l'application des droits de l'homme incombe aux Etats; c'est donc la capacité des États qui doit être renforcée et reconnue. Les progrès réalisés pour faire face aux
défis que représentent les violations à grande
échelle des droits de l'homme doivent faire l'objet d'une
évaluation, a estimé Louise Arbour, qui s'est prononcée
en faveur de la mise en place d'un mécanisme de reddition
des comptes. Qu'il s'agisse de faire face à des situations
de violations à grande échelle ou de violations
sporadiques des droits de l'homme, l'approche en matière
de diplomatie des droits de l'homme, à la fois aux
plans bilatéral et multilatéral, demeure
insatisfaisante, inconstante et sélective. La Commission
devrait être en tête des efforts visant à mettre
au point des approches plus efficaces qui permettent une analyse
dépassionnée et lancer des appels concrets et précis
pour l'adoption de mesures appropriées, ainsi qu'un suivi
soutenu et constructif pour contribuer à régler
les questions qui suscitent des préoccupations collectives
et sont de la responsabilité de tous. Il faut en outre, a poursuivi la haut commissaire, assurer que les droits économiques et sociaux doivent être réalisés pour tous, de même que le droit au développement dans le respect de la dignité humaine. Sur ce point, elle s'est dite frappée par la façon dont les différents droits de l'homme sont considérés séparément. Or, selon elle, ces droits doivent être envisagés selon une vision intégrée de l'être humain. C'est pourquoi elle a plaidé en faveur de la suppression du schisme dans la façon dont sont traités les droits civils et politiques d'une part, et les droits sociaux et culturels, d'autre part. La justice, a ajouté Louise Arbour, est le garant de la paix en ce sens qu'elle permet aux individus de ne plus rechercher la vengeance individuelle et de s'en remettre à l'Etat dans un cadre normatif établi. Il faut alors renforcer la paix par la justice et par le respect des droits de l'homme. Cependant, le corpus de droits créé par la communauté internationale restera lettre morte si ces droits ne sont pas appliqués. Nous n'avons pas été à la hauteur de la tâche qui nous incombe, à savoir la protection des droits de l'homme, a-t-elle regretté, avant de lancer un appel à la Commission pour que les réformes à apporter en vue d'un renforcement des droits de l'homme passe par le respect de la voix de ceux qui, jusqu'à ce jour, n'étaient pas perçus comme détenteurs de ces droits. MIKE SMITH (Australie), président de la 60e session de la Commission des droits de l'homme, a salué l'action de la haut commissaire aux droits de l'homme qui, depuis son entrée en fonctions, a su déterminer avec finesse les cas dans lesquels le Haut Commissariat peut intervenir dans le débat sur les problèmes actuels avec un impact maximum. Il a rappelé que la précédente session de la Commission des droits de l'homme a adopté 120 résolutions, déclarations du président et décisions, entendu quelques 2'000 interventions, témoignant selon lui du fait que la Commission est devenue un espace où toute la communauté des droits de l'homme peut se rencontrer, échanger et générer un soutien mondial aux initiatives en matière de droits de l'homme. Mike Smith a rappelé qu'en 2004, 17 mandats de mécanismes spéciaux ont été pourvus, permettant l'arrivée de nouveaux talents et d'assurer une meilleure représentation régionale. Il s'est dit confiant en l'intégrité des personnes nommées. Il a rappelé que la Commission est soumise à la pression du temps et souligné qu'il est important que cet organe puisse disposer du temps nécessaire pour aborder la totalité des questions inscrites à son ordre du jour. Sur la question de la réforme des Nations Unies, Mike Smith s'est félicité de la volonté du Groupe de personnalités de haut niveau du Secrétaire général sur la réforme d'intégrer davantage le haut commissaire aux droits de l'homme aux débats du Conseil de sécurité concernant les droits de l'homme, particulièrement s'agissant des mandats de maintien de la paix en cours de réalisation. Il a par ailleurs appuyé l'idée visant à renforcer l'universalité de la représentation au sein de la Commission. Il a enfin souligné que le principal défi que doit relever la Commission consiste à intervenir avec un maximum d'impact sur la jouissance des droits de l'homme. Il a estimé que la seule façon de promouvoir les droits de l'homme sur le long terme est de s'assurer que les questions relatives aux droits de l'homme soient prises en compte par chaque organe des Nations unies. La Commission des droits de l'homme, qui siège
chaque année à Genève pendant six semaines,
est l'organe suprême des Nations unies chargé de
veiller au respect des droits de l'homme. Créée
en 1946 par le Conseil économique et social des Nations
unies, elle est composée de 53 Etats membres. Elle mène
des études, prépare des recommandations et élabore
des projets d'instruments internationaux relatifs aux droits de
l'homme. Elle peut également, depuis 1970, enquêter
sur des allégations concernant des violations des droits
de l'homme. |