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NATIONS UNIES, JUILLET 2005 / HAUT COMMISSARIAT AUX DROITS DE LHOMME
__Les membres du futur Conseil des droits de l'homme devront prendre des "engagements" spécifiques, estime Louise Arbour
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Louise Arbour estime qu'il n'est pas possible d'établir
des critères relatifs aux membres du futur Conseil des
droits de l'homme, proposant un système "d'engagements"
à protéger les droits, afin de ne pas en faire un
"club fermé" donnant des leçons au reste
du monde.
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La haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme,
qui a présenté le 29 juillet 2005, à New
York, un exposé au Conseil de sécurité sur
les questions relatives aux droits de l'homme figurant à
son ordre du jour, a indiqué avoir abordé notamment
sa visite en Afrique de l'Ouest : Côte d'Ivoire, Sierra
Leone et Liberia, où elle a lancé un appel pressant
en faveur du jugement de Charles Taylor, actuellement réfugié
au Nigeria.
"J'espère que le Sommet de septembre sera l'occasion
de lancer les projets de Conseil des droits de l'homme et le Plan
d'action du Haut Commissariat aux droits de l'homme", a-t-elle
indiqué.
Interrogée sur le "test" que devraient passer les Etats pour faire partie du nouveau Conseil, Louise Arbour a rappelé que "la Commission des droits de l'homme avait contribué de façon considérable au progrès du droit international humanitaire". Mais récemment, alors que nous sommes passés de cette mission normative à la mise en uvre, la Commission n'a vraiment pas été à la hauteur, et la perception est donc qu'elle n'est pas crédible. "On ne peut
répondre à cette perception qu'en créant
une nouvelle institution", a-t-elle affirmé, soulignant
"qu'un changement cosmétique serait très décevant".
Quant à la composition du futur Conseil, "de
façon générale le domaine des droits de l'homme
est inclusif et ne peut être aux mains d'un club réservé".
"A l'inverse, il n'est pas possible que le Conseil soit dirigé
par des pays qui n'ont manifestement aucune considération
pour les droits de l'homme dans leur propre pays".
Elle a donc préconisé que "ceux qui souhaitent
être élus prennent au moins des "engagements",
assortis d'une invitation à venir examiner leur situation
interne". "Je ne crois pas qu'il devrait y avoir des
critères", a déclaré Louise Arbour.
"La ratification des instruments juridiques et des traités
n'est pas un critère. Certains pays ratifient tous les
instruments et n'appliquent rien".
"Tout Etat devrait être éligible, mais une
fois élu, il devrait donner prendre des engagements".
[Dans son rapport intitulé Dans une liberté
plus grande, Kofi Annan avait indiqué que "ceux
qui seraient élus [au Conseil des droits de l'homme] devraient
respecter les normes les plus élevées relatives
aux droits de l'homme".]
La situation en Irak
Répondant à une question quant au suivi de la
situation des droits de l'homme dans les nouvelles démocratie
de l'Europe de l'Est, Louise Arbour a indiqué que l'intérêt
du nouveau Conseil serait justement de procéder à
une inspection universelle, dans tous les pays, afin de répondre
aux critiques relatives à la sélectivité
de la Commission des droits de l'homme. "La stratégie
devrait mesurer les progrès ou les régressions dans
l'évolution des Etats. Mais la dernière chose dont
ont besoin les Etats c'est d'une nouvelle obligation de faire
des rapports supplémentaires", a-t-elle souligné.
Sur l'Irak, Louise Arbour a indiqué qu'elle n'était
pas en mesure de donner des informations sur le nombre de victimes
civiles, les travaux des Nations unies se faisant par l'intermédiaire
de la Mission d'assistance des Nations unies pour l'Irak (MANUI),
dont les effectifs sont réduits.
Quant à la situation des droits de l'homme après
l'invasion de l'Irak en comparaison de la situation antérieure,
Louise Arbour a estimé que cette question en soulevait
une extrêmement complexe, relative aux critères du
recours à la "responsabilité de protéger",
concept défendu par Kofi Annan.
"Il est extrêmement difficile de faire entrer en
jeu la responsabilité de protéger de la communauté
internationale contre un gouvernement qui opprime sa population
au regard du temps qu'il faudra après l'intervention pour
que la situation s'améliore", a-t-elle estimé.
"Pour l'avenir, nous espérons tous qu'il y aura une
amélioration dans cette situation très grave en
Irak".
S'agissant du Zimbabwe, elle s'est déclarée
"très encouragée par la visibilité de
la question après la publication du rapport" d'Anna
Tibaijuka et qu'elle galvanisera l'assistance aux 700'000 victimes
des démolitions de logements. J'espère aussi que
cela fera prendre au gouvernement la dimension de cette opération
extrêmement malvenue et qui ne respecte pas le droit international
humanitaire.
Sur Cuba, Louise Arbour a lancé un appel au gouvernement
afin qu'il offre un accès à son Bureau et aux experts
qui se trouvent sur l'île.
Sur l'accès à Guantanamo, Louise Arbour
a indiqué que les appels des rapporteurs spéciaux
sur la torture n'avaient toujours pas reçu de réponse
positive à leur demande formulée auprès des
Etats-Unis.
Interrogée enfin sur le lien entre le terrorisme
et l'islam, la haut commissaire a estimé que procéder
à des généralisations n'était pas
particulièrement utile. "A ce jour, la plupart des
terroristes ont été des hommes". "Cela
veut-il dire qu'il faut adopter une perspective sur le terrorisme
relative au sexe de leurs auteurs ?", s'est-elle interrogée.
Source : Nations unies, New York, juillet 2005.
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