La Commission des droits de l'homme
Home



>Retour
56e session


__Kofi Annan : les droits de l'homme sont universels et leurs violations ne sont plus considérées comme relevant des affaires intérieures des Etats

La Commission des droits de l'homme a entendu, le 4 avril 2000, à Genève, une allocution de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, qui a souligné que "les droits de l'homme sont universels et que leurs violations ne sont plus considérées comme relevant des affaires intérieures des Etats". Il a ajouté : "Là où toute opinion dissidente est interdite, où l'expression n'a pas libre cours, où la diffusion des idées et les échanges de vues sont limités par la force, le bien-être humain et la prospérité sont menacés, et les risques de conflits plus fréquents".

"Une fois pour toutes, a rappelé Kofi Annan, il faut dire très clairement que les droits que nous défendons ne sont pas les droits des Etats ou des factions, mais le droit qu'a chaque être humain de vivre dans la dignité, de connaître la liberté".

La déclaration du Secrétaire général des Nations unies

Dans son allocution, Kofi Annan a remarqué qu'il a toujours considéré la Commission comme l'un des organes les plus importants de l'Organisation des Nations unies (ONU). Aujourd'hui, cette opinion se justifie plus que jamais. "Nous tous - organisations internationales, Etats membres et organisations non gouvernementales - pouvons faire davantage et mieux pour combler le fossé qui sépare le droit de la réalité".

Il n'est plus possible d'ignorer l'aspiration universelle à un monde de droit et de dignité et de libertés, d'égalité et de non-discrimination, de paix et de justice. Les grands instruments relatifs aux droits de l'homme sur lesquels repose le travail de la Commission permettent de juger de la façon dont tous les Etats sans exception s'acquittent de leurs obligations vis-à-vis de leurs citoyens et vis -à- vis du monde entier. À cet égard, aucun Etat, qu'il soit développé ou en développement, ne peut se vanter d'avoir atteint son but , a souligné le secrétaire général. "Une fois pour toutes, il faut dire très clairement que les droits que nous défendons ne sont pas les droits des Etats ou des factions, mais le droit qu'a chaque être humain de vivre dans la dignité, de connaître la liberté".

Lorsqu'il y a violation des droits de l'homme, la communauté internationale a le droit et le devoir d'intervenir

Estimant que des progrès ont été faits par les gouvernements pour aligner leur constitution et leur législation sur les normes relatives aux droits de l'homme et pour les faire appliquer par leurs tribunaux, Kofi Annan a souligné que l'obligation qui incombe aux gouvernements est d'autant plus grande que la défense des droits de l'homme par nature est universelle. "Les violations des droits de l'homme ne sont plus considérées comme relevant des affaires intérieures des Etats", a-t-il affirmé, relevant que "le droit international relatif aux droits de l'homme insiste sur le fait que, lorsqu'il y a violation des droits de l'homme, la communauté internationale a le droit et le devoir d'intervenir et de venir au secours des victimes de ces violations".

Il est de plus en plus largement admis, a-t-il ajouté, que les dispositions de la constitution et de la législation nationales ne doivent pas prévaloir sur les obligations internationales d'un Etat - et le doivent moins encore qu'ailleurs dans le domaine des droits de l'homme, où le sort de groupes entiers est parfois en jeu. En ratifiant un instrument international, un Etat reconnaît tout au contraire l'obligation d'harmoniser sa législation nationale avec les normes internationales.

Les droits de l'homme au service du développement

Kofi Annan a par ailleurs incité la Commission à donner un nouvel élan aux efforts communs visant à mettre le développement au service des droits de l'homme et les droits de l'homme au service du développement. Là où toute opinion dissidente est interdite, où l'expression n'a pas libre cours, où la diffusion des idées et les échanges de vues sont limités par la force, le bien-être humain et la prospérité sont menacés et les risques de conflits plus fréquents. Nul ne peut nier que le succès économique et le développement dépendent en grande partie de la qualité des dirigeants de chaque pays.

L'Etat de droit, la transparence et l'obligation redditionnelle dans la gestion des affaires publiques, le respect des droits de l'homme et la pleine participation de tous les citoyens à la prise des décisions gouvernementales sont pour le secrétaire général des Nations unies autant de conditions essentielles du modèle de croissance et de prospérité sur lequel repose le développement. "Telles sont les leçons des cinquante dernières années qui nous dictent à tous de protéger chacun de nos droits de l'homme si nous ne voulons en perdre aucun", a-t-il ajouté.Up

Source : Département de l'information (DPI), Nations unies, New York, 4 avril 2000.