__Olara Otunnu, représentant spécial de Kofi Annan pour les enfants et les conflits armés appelle à une "semaine d'accalmie" en faveur de la protection des enfants
Olara A. Otunnu, représentant spécial de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, pour les enfants et les conflits armés, a proposé, le 11 avril 2000, à Genève, devant la Commission des droits de l'homme, que la communauté internationale lance un appel à toutes les parties à tous les conflits en cours pour qu'elles observent simultanément un cessez-le-feu d'une semaine, chaque année, en faveur des enfants.
Cette proposition pour "une semaine d'accalmie" fait partie d'une série d'activités présentées par Olara Otunnu. Ces initiatives, a-t-il dit, aideraient à rassembler un mouvement politique et social à l'échelle du monde qui non seulement répudierait mais aussi renverserait la tendance actuelle à la brutalisation et aux abus des enfants dans les conflits armés.
"Cette semaine consacrée à la protection des enfants aurait une portée plus que symbolique. Elle permettrait à la communauté internationale d'apporter un soulagement et des vaccinations aux enfants touchés par la guerre," a précisé Olara Otunnu. "Cette trêve devrait également permettre d'entreprendre diverses activités en faveur de la paix, en particulier des actions qui engagent les jeunes."
Le représentant spécial a indiqué que la communauté internationale a déjà réussi à négocier, au cas par cas, des cessez-le-feu temporaires avec des parties en conflit dans un but humanitaire. Ainsi, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont réussi à mener plusieurs campagnes de vaccinations au cours de telles "journées d'accalmie".
Un appel à la communauté internationale des affaires
Les autres actions et initiatives proposées par le représentant spécial comprennent :
la promotion de la participation active des enfants en faveur de leurs pairs se trouvant dans des pays touchés par la guerre;
le développement systématique de programmes et de stations de radio consacrés principalement aux besoins et aux intérêts des enfants et des jeunes se trouvant dans des situations de conflits armés;
un appel à la communauté internationale des affaires à assumer sa responsabilité sociale et économique en se gardant d'actes qui alimentent les économies en guerre et en élaborant des codes de conduite volontaires au sein de leurs industries;
une mobilisation internationale en vue d'exercer une pression sur les parties en conflit qui commettent des abus contre les enfants utilisés comme combattants;
une surveillance plus efficace et un meilleur respect des engagements pris par les parties en conflit en vue d'améliorer la protection des enfants.
Mettre en lumière les abus perpétrés sur les enfants
Dans son allocution, Olara Otunnu a également recommandé en vue de mettre fin aux violations flagrantes des droits des enfants pendant les conflits armés que tous les aspects des processus de paix, incluant l'amnistie, la justice et la vérité, mettent en lumière les abus perpétrés sur les enfants ainsi que les circonstances qui les ont permis.
Il a ajouté que, lors de l'élaboration des lois d'amnistie dans les périodes de transition de la guerre vers la paix, les législateurs en charge de la paix devraient s'assurer que ceux qui ont commis des violations des droits des enfants en seront tenus légalement responsables : "A cet égard, je demande instamment à tous les Etats de ratifier le Statut de la Cour pénale internationale, outil puissant permettant de renforcer considérablement la défense des enfants. J'ai travaillé avec l'UNICEF et des organisations non gouvernementales clé afin de veiller à ce que les règles de preuve et de procédures de la Cour protègent les intérêts des enfants victimes et témoins qui seraient impliqués dans des actions portées devant la Cour pénale internationale".
Olara Otunnu a demandé instamment à la Commission de faire des droits des enfants touchés par les conflits armés une préoccupation centrale dans toutes ses activités et décisions, y compris dans ses actions de surveillance, dans les rapports demandés à ses Rapporteurs, experts, représentants et groupes de travail, ainsi que dans ses résolutions. |