La Commission des droits de l'homme
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56e session


__Moscou : Mary Robinson demande aux autorités russes de créer une Commission d'enquête afin d'examiner les "allégations graves et étayées" de violations des droits de l'homme en Tchétchénie


Prenant la parole à l'issue d'une visite de cinq jours dans la Fédération de Russie, Mary Robinson, Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a invité, le 4 avril 2000, à Moscou, les autorités russes à créer une commission nationale d'enquête afin d'examiner les "allégations graves et étayées" de violations des droits de l'homme commises par le personnel militaire russe au cours du récent conflit en Tchétchénie.

Parlant à la fin de son voyage de cinq jours en Russie, au cours duquel elle s'est rendue en Ingouchie, au Daguestan et en Tchétchénie, Mary Robinson s'est déclaré consternée par les nombreux témoignages d'exactions des troupes russes rapportés par les réfugiés tchétchènes. Elle a estimé que la constitution d'une commission d'enquête indépendante fournirait un témoignage public de la volonté du gouvernement de lutter contre l'impunité et de rétablir la confiance de la population civile tchétchène.

La représentante des Nations unies a déclaré qu'elle a eu des entretiens constructifs avec les autorités russes, notamment avec le Ministre des affaires étrangères, M. Igor Ivanov; l'envoyé présidentiel pour les droits de l'homme en Tchétchénie, M. Vladimir Kalamanov; le Procureur militaire, M. Yuri Demin, et le Ministre de la défense passive et des situations d'urgence, M. Sergei Shoigu. Les autorités russes l'ont invitée à revenir dans le Caucase du Nord pour une nouvelle évaluation de la situation dans les mois à venir.

"J'ai été choquée et consternée par les récits déchirants de civils tchétchènes"

Au cours de sa visite, Mary Robinson s'est entretenue à Ingushetia, avec des Tchétchènes déplacés et des survivants des combats ainsi qu'avec des témoins de violations des droits de l'homme. S'étant également rendue en Tchétchénie, elle y a rencontré des résidents de Grozny.

"J'ai été choquée et consternée par les récits déchirants de civils tchétchènes, dont de nombreuses femmes, ainsi que par les ravages qui ont frappé Grozny et d'autres régions de Tchétchénie. J'ai entendu des témoignages sur des exécutions sommaires, des intimidations, des actes de pillage perpétrés par des soldats, des recours disproportionnés à la force, des attaques de convois civils, des viols et bien d'autres violations. Ces récits confirment les informations dignes de foi et bien documentées dont nous disposons. Nous devons y apporter une réponse avec tout le sérieux qui s'impose".

S'étant rendue au Dagistan, la haut commissaire des Nations unies a discuté avec les autorités de cette République russe ainsi qu'avec des individus, des effets de l'incursion tchétchène l'an dernier. Les souffrances causées par l'invasion du Dagistan ne peuvent être considérées que comme un exemple desUp abus commis par les combattants tchétchènes lors du conflit.