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>L'Onu et les droits de l'homme![]()
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2002-2003 / SERGIO VIEIRA DE MELLO, HAUT COMMISSAIRE
La tâche qui se trouve devant moi est immense. Je sais que je prends mes fonctions comme haut commissaire à une période délicate et difficile pour les droits de l'homme. Une de mes fonctions va être de dénoncer et attirer l'attention de la communauté internationale sur les abus des droits de l'homme commis dans le monde. Mais si mon poste nécessite aussi tact et perspicacité politique, c'est qu'il m'incombe chaque fois qu'il le faut de remonter mes manches et celles de mes collègues et d'aller sur le terrain car c'est sur le terrain que ces droits sont violés ou de négocier afin d'atteindre ces objectifs. Il n'y a pas véritablement de règle, il y a beaucoup de cas particuliers et ce faisant je devrais parfois le faire loin des caméras de télévisions et des micros des radios. Mon travail a été largement facilité par
celui de mes deux prédécesseurs auxquels je veux
rendre hommage ici. Ils ont eu à faire face à une
double défi : établir, construire, structurer ce
qui est et reste encore un bureau très jeune, le Haut Commissariat
aux droits de l'homme. Il a moins de dix ans, c'est encore un
enfant comparer à d'autres institutions y compris celles
que j'ai servies dans le passé : mais ils ont aussi eu
cette tache très difficile de mettre la question des droits
de l'homme sur le devant de la scène et au centre de la
scène internationale. Et ce double défi a été
atteint du moins en partie. Les droits de l'homme ne sont pas uniquement une question de morale[Mes] tous premiers jours [de haut commissaire], que je qualifierais de "bien remplis", ont renforcé ma conviction que mes actions en tant que haut commissaire doivent se fonder sur les principes de la Charte, de la Déclaration des droits de l'homme et tous les instruments des droits de l'homme qui ont été adoptés au cours des cinquante dernières années; le respect du droit international et national est au coeur de la protection des droits de l'homme. Les droits de l'homme ne sont pas uniquement une question de morale, une question politique, une question économique ou sociale, ils sont essentiellement une question juridique, ils ont une base juridique, ils ont une base de droit. Il ne faut jamais oublier cela. Lors [d'une] brève déclaration [il y a quelques jours], je vous ai dit que la protection des populations civiles dans les conflits armés, la lutte contre le racisme et d'autres formes de discrimination, le droit des femmes faisaient parties de mes priorités. Mais ces questions évidemment ne sont pas exhaustives ni exclusives. Elles sont toutefois au centre de la Charte et au centre de mes préoccupations personnelles. Les conflits armés sont l'une des origines des violations les plus flagrantes des droits de l'homme aujourd'hui et dans le passé. Il s'agit d'aider ces pays, et ces populations de contribuer à résoudre mais aussi de prévenir de telles confrontations grâce au respect des droits de l'homme. Cela aussi sera l'un des grands défis. Mon travail concerne les individusEn conclusion [ ], laissez-moi revenir à ce que je disais au début de cette introduction. Mon travail concerne les individus, il concerne ceux qui ont faim, ceux qui vivent dans la misère ceux qui subissent les régimes d'oppression ceux qui subissent la torture ceux qui sont exploités et ceux auxquels on impose le silence . Les droits de l'homme se fondent sur la dignité, et la dignité de tous mais aussi la nôtre. Et plus particulièrement la mienne afin que je puisse me regarder dans le miroir et me dire que je fais ce que, eux, attendent de nous. Je suis très heureux et conscient des défis et des difficultés de ce mandat. Je sais que la tache qui m'attend au long de ces prochaines années sera particulièrement complexe comparées à toutes celles que j'ai assumées auparavant. Je sais gré au secrétaire général [des Nations unies] de m'avoir fait confiance. J'espère de ne pas vous décevoir et le décevoir et je m'y attaquerai avec conviction et détermination. Source: Haut Commissariat aux droits de l'homme, Nations
unies, Genève, septembre 2002. |