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Aout 2003, Genève, 62e session __Le Comité adopte des "observations finales" sur les rapports présentés par la Tunisie, l'Ouganda, le Maroc, l'Equateur, l'Arabie saoudite, la Fédération de Russie, la Pologne, la Slovénie, le Ghana, les Fidji et la Côte d'Ivoire
Le Comité a également adopté :
La discrimination, source d'insécurité A l'ouverture de la session, le haut commissaire aux droits de l'homme, Sérgio Vieira de Mello, a fait une déclaration dans laquelle il s'est notamment dit persuadé que le principe d'égalité est la pierre angulaire de l'instauration de relations harmonieuses entre les peuples. La discrimination constitue sans aucun doute l'une des nombreuses sources d'insécurité. Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale ainsi que d'autres organes conventionnels peuvent utilement contribuer à expliquer les composantes de la primauté du droit et rendre ce concept opérationnel et accessible à tous, a souligné le haut commissaire. LES RAPPORTS EXAMINES PAR LE COMITESTUNISIE. Dans ses observations finales concernant les
rapports périodiques de la Tunisie couvrant la période
1992-2001, le Comité se félicite du fait que les instruments internationaux ratifiés et, notamment, la Convention, sont partie et ont préséance sur la loi interne et peuvent être invoqués directement devant les tribunaux. Il félicite a en outre la Tunisie pour ses efforts en matière d'éducation aux droits de l'homme et accueille favorablement les mesures adoptées dans les sphères sociale et économique qui ont débouché sur une croissance économique et une réduction sensible de la pauvreté. Il prend note des progrès réalisés en matière d'égalité Le Comité par ailleurs rappelle qu'il n'accepte pas les assertions des Etats parties qui prétendent qu'il n'y a pas de discrimination raciale dans leur pays. A cet égard, le Comité rappelle à la Tunisie que la simple absence de plainte ou d'action en justice de la part de victimes de discrimination raciale peut être une indication, notamment, que les citoyens ne connaissent pas l'existence des moyens de recours juridiques, qu'il n'y a pas de législation dans ce domaine ou qu'il n'existe pas de volonté insuffisante de la part des autorités. Il se déclare par ailleurs préoccupé par l'association opérée dans les nouvelles lois criminelles entre discrimination raciale et terrorisme et il recommande que la Tunisie adopte une législation séparée sur les délits de discrimination raciale et d'incitation à la haine raciale. Le Comité note qu'une information insuffisante a été fournie sur le fonctionnement effectif des organes et mécanismes des droits de l'homme en Tunisie. Il encourage le gouvernement à consulter les organisations de la société civile qui uvrent contre la discrimination raciale pour la préparation des rapports et le prie instamment d'étudier la possibilité de faire la déclaration facultative prévue pas l'Article 14 de la Convention, reconnaissant la compétence du Comité à recevoir et examiner des plaintes de particuliers. OUGANDA. S'agissant de l'Ouganda, le Comité se félicite de la reprise du dialogue avec cet Etat partie après une interruption de 20 ans. Il se félicite également de la mise en place de la Commission des droits de l'homme ougandaise et de son rôle, en particulier pour l'éducation aux droits de l'homme auprès des forces de police, de l'armée et des gardiens de prison. Le Comité note avec satisfaction la mise en uvre de la nouvelle Constitution de 1995 qui incorpore les dispositions fondamentales de la Convention ainsi que les mesures juridiques prises pour donner réparation aux victimes des cas de discrimination raciale passés, en particulier ceux ayant affecté les Ougandais d'origine asiatique après 1971. Par ailleurs, le Comité reconnaît les graves difficultés politiques, économiques et sociales, en particulier la pauvreté, le conflit armé dans le nord du pays et l'épidémie de sida qui ont ajouté aux difficultés qui pouvaient exister dans la mise en uvre de la Convention. Tout en notant les efforts déployés afin de reprendre
le dialogue avec les rebelles de l'Armée de résistance
du Seigneur dans le nord du pays, le Comité demeure préoccupé
par les informations faisant état de actes de violence
très graves commis durant les combats contre différentes
tribus dans les districts de Gulu et Kitgum et invite l'Ouganda à continuer ses effort pour restaurer la paix dans la région et protéger les groupes vulnérables, en particulier les MAROC. Dans ses observations finales concernant le rapport du Maroc, le Comité accueille avec satisfaction la poursuite des efforts pour promouvoir l'éducation aux droits de l'homme ainsi que la création d'un centre de documentation, d'information et de formation en droits de l'homme (CFIFDH). Il se félicite également de la création d'un Ombudsman (Diwan Al Madhalim) et des informations fournies sur les réformes législatives du Code des libertés publiques et du Code de la presse ainsi que sur le projet de réforme du Code du travail, conformément à la demande formulée par le Comité dans ses dernières conclusions finales. L'attention accrue qui est accordée à la culture amazigh et dont témoigne la création le 17 octobre 2001 de l'Institut royal de la culture amazigh (IRCAM), est relevée avec satisfaction. Le Comité note toutefois avec regret l'absence
totale et persistante d'informations sur la composition ethnique
de la population et exhorte le Maroc à lui fournir dans
son prochain rapport de telles informations, en particulier en
ce qui concerne les Amazigh. A cet égard, il invite le
Maroc à envisager une reconnaissance dans la Constitution
de la composante amazigh de la population sur son territoire.
Il l'invite également à reconnaître la langue
amazigh comme une des langues nationales et à introduire
son enseignement dans le système éducatif à
tous les niveaux ainsi qu'à prendre des mesures afin que
la pratique administrative consistant à interdire l'inscription
au registre de l'état civil des prénoms amazigh
soit définitivement abandonnée. Le Comité
note avec préoccupation l'absence d'informations sur le
nombre de plaintes et de décisions judiciaires concernant
des actes de discrimination raciale, les indemnisations éventuellement
accordées et les suites qui leur sont accordées.
Le Comité réitère sa conviction qu'aucun
Etat partie à la Convention ne peut se prévaloir
de l'absence de discrimination raciale sur son territoire. Il
recommande au Maroc d'assurer de manière plus effective
la diffusion de la Convention et des voies de recours existantes
au sein de la population. Tout en prenant note de la longue tradition
d'accueil et d'intégration qui existe au Maroc, notamment
à l'égard de la communauté juive, des inquiétudes
sont exprimées au regard d'informations faisant état
d'actes d'antisémitisme et de discours de haine dans l'Etat partie. En vertu du droit international humanitaire, le Comité recommande au Maroc de libérer sans plus tarder toutes les personnes détenues dans le cadre du conflit du Sahara occidental et de régler le problème des personnes disparues. EQUATEUR. S'agissant de l'Equateur, le Comité note avec satisfaction que la Constitution de 1998 garantit des mesures de protection spéciales pour les populations autochtones et afro-équatoriennes, et pénalise la discrimination à leur encontre ainsi qu'à l'encontre d'autres minorités ethniques. Il prend également note de la législation introduite qui pénalise le trafic illégal d'émigrants. Le Comité accueille en outre favorablement l'adoption de plusieurs plans opérationnels dans le cadre du Plan national pour les droits de l'homme, en particulier sur les droits des Noirs, des étrangers, des migrants, des réfugiés, des apatrides et des personnes déplacées ainsi que les efforts pour promouvoir l'adoption d'un plan sur les droits des populations autochtones. Le Comité se félicite également de la création d'un bureau de l'Ombudsman ainsi que de l'introduction d'un système d'éducation bilingue permettant l'éducation de quelque 94'000 enfants autochtones à la fois en espagnol et dans les langues autochtones. Le Comité note qu'en dépit des garanties constitutionnelles et juridiques, les populations autochtones et afro-équatoriennes demeurent de facto victimes de discrimination et exhorte l'Equateur à assurer l'application pratique des dispositions légales qui mettent la discrimination raciale hors-la-loi et garantissent des mesures de protection spéciales en faveur de ces populations. Au regard de informations faisant état de circonstances où les forces de police et les forces armées auraient fait un usage excessif de la force contre des populations autochtones, le Comité recommande à l'Equateur de faire en sorte que de tels actes soient évités et d'introduire l'éducation aux droits de l'homme dans la formation des forces armées, de la police et des gardiens de prison. Le Comité est préoccupé par le fait que les membres des minorités ethniques vivent pour une part disproportionnée d'entre eux dans la pauvreté et exhorte l'Equateur à intensifier ses efforts afin de relever le niveau de vie de ces populations et leur assurer la pleine jouissance de leurs droits économiques, sociaux et culturels. Il recommande en outre que des mesures soient prises afin d'augmenter le nombre d'enseignants bilingues, y compris venant des communautés autochtones et afro-équatoriennes, afin de remédier au fort taux d'analphabétisme dans ces communautés. Le Comité demande également des informations sur les mesures prises pour remédier à la double discrimination qui affecte les femmes appartenant aux minorités ethniques. S'agissant de l'exploitation des ressources du sous-sol des terres traditionnelles des communautés autochtones, le Comité recommande que leur accord préliminaire soit obtenu conformément à sa Recommandation générale n° XXIII. ARABIE SAOUDITE. Dans ses observations finales sur le
rapport initial de l'Arabie saoudite, le Comité se dit encouragé par la présence d'une délégation de haut niveau. Le Comité prend note des réformes menées dans le domaine des droits de l'homme et, en particulier, de l'entrée en vigueur des nouveaux codes de procédure judiciaire et criminelle, de la création d'un comité permanent pour instruire les plaintes pour torture et du programme national Toutefois, le Comité est d'avis que la simple affirmation du principe général de non-discrimination dans les lois fondamentales du pays n'est pas une réponse suffisante aux exigences de la Convention. Il recommande que l'Arabie saoudite adopte une législation interdisant expressément la discrimination raciale et la propagande raciste et en souligne la valeur préventive. Plus encore, le Comité souligne que les garanties de non-discrimination figurant dans la loi, sans mécanismes de vérification de leur application, ne sauraient à elles seules garantir la jouissance de la non-discrimination. Il demande des informations sur les efforts déployés pour promouvoir la tolérance raciale et recommande que des programmes de formation aux droits de l'homme et de compréhension entre groupes ethniques soient institués pour les forces de l'ordre. Le Comité souhaite obtenir également des renseignements sur la mise en uvre pratique du principe d'égalité entre les travailleurs saoudiens et non Saoudiens prévu par la loi et se dit préoccupé par les allégations faisant état de préjugés contre les travailleurs migrants en particulier ceux venant d'Asie et d'Afrique. Il demande à l'Arabie saoudite de lui faire rapport sur la situation des femmes migrantes travaillant comme domestiques et attire son attention sur sa recommandation générale XXV concernant la dimension sexuelle de la discrimination raciale. Le Comité est également préoccupé par des cas qui lui ont été rapportés de personnes d'autres origines ethniques ou raciales qui ne seraient pas autorisées à manifester leurs croyances religieuses ainsi que par les allégations selon lesquelles un nombre disproportionné d'étrangers sont condamnés à mort. Le Comité souhaite en outre recevoir davantage d'information sur le "plan de saoudisation" et s'est dit préoccupé par le fait que des travailleurs migrants qui ont travaillé de nombreuses années en Arabie saoudite n'ont pas la possibilité de s'installer de façon permanente dans le pays. Le Comité est également inquiet de la situation des réfugiés irakiens qui ont vécu plus de douze ans dans le camp de réfugiés de Rafha dans des conditions très difficiles et souhaite qu'une solution soit trouvée prochainement à cette question. FEDERATION DE RUSSIE. En ce qui concerne la Fédération
de Russie, le Comité se félicite de l'adoption et de l'entrée en vigueur du Code du travail et, en particulier, les dispositions visant à éradiquer la discrimination dans les relations professionnelles. Il note également avec Le Comité est toutefois préoccupé par les rapports faisant état d'inspections et de contrôles racialement ciblés sur des personnes de minorités spécifiques, y compris venant du Caucase ou d'Asie centrale ainsi que les Roms. Tout en reconnaissant les efforts déployés contre le terrorisme, le Comité est inquiet des informations rapportées selon lesquelles les membres de certains groupes, notamment Tchétchènes, sont ciblés par les forces de l'ordre ainsi que par des rapports indiquant que des matériaux racistes perpétuant des stéréotypes négatifs contre des minorités sont diffusés dans les médias nationaux. Il s'est également dit inquiet des attaques racistes, notamment de la part des groupes skinhead et néo-nazis contre les minorités ethniques et recommande que des efforts redoublés soient déployés afin de prévenir la violence raciste et protéger les membres de minorités ethniques et les étrangers. Le Comité recommande également que la Fédération de Russie garantisse qu'aucun soutien n'est accordé à des organisations telles que certaines organisations cosaques compromises dans des actes d'intimidation et des violences à l'encontre de certains groupes ethniques. Le Comité est inquiet des rapports faisant état de personnes déplacées subissant des pressions pour quitter des camps et recommande que des mesures soient prises pour garantir que le retour des Tchétchènes déplacés soit volontaire et se déroule dans des conditions de sécurité. Il demande en outre que des informations supplémentaires soient fournies sur la protection accordée aux réfugiés et aux demandeurs d'asile et, notamment, sur la possibilité pour leurs enfants d'aller à l'école. Le Comité est par ailleurs préoccupé par la situation difficile des populations autochtones dans la Fédération de Russie et demande des informations sur les résultats obtenus dans la mise en oeuvre des lois et programmes fédéraux de protection des droits de ces populations, en particulier sur l'établissement de territoires traditionnels de subsistance et sur l'impact du Code de la terre de 2001 sur les droits à la propriété des autochtones. POLOGNE. Le Comité se félicite
du retrait par la Pologne, le 16 octobre 1997, de sa réserve à l'article 22 de la Convention, de sa déclaration en vertu de l'article 14 donnant compétence au Comité à recevoir des plaintes. Il se félicite également de la création du Comité pour les Le Comité a toutefois réitéré sa demande d'exemples concrets de décisions de justice invoquant la Convention. Il rappelle également à la Pologne ses obligations en vertu de l'article 4 de la Convention d'interdire toute organisation et activité qui font la promotion ou incitent à la discrimination raciale. A cet égard, il est préoccupé du fait que certains cas d'incitation à la haine raciale ont été classés en raison de leur faible degré de dommage pour la société et rappelle que d'après la Convention, tous ces cas sont très dommageables pour la société. Le Comité est aussi préoccupé par des rapports faisant état de cas de harcèlement raciste et de discrimination contre des juifs, des Roms et des personnes d'origine africaine ou asiatique qui n'ont pas été correctement poursuivis et recommande à la Pologne de redoubler d'efforts pour combattre et punir tous ces actes ainsi que d'offrir la formation adéquate aux organes chargés de faire respecter la loi. Le Comité se félicite des efforts déployés pour introduire un programme complet de promotion des droits de la population Rom dans la région de Maloposka et recommande à la Pologne de l'étendre à l'ensemble du pays en accordant une attention particulière à la question du logement et de l'emploi des Roms. Notant les efforts pour répondre aux besoins spécifiques des enfants Roms en matière d'éducation, le Comité est inquiet du fait que ces efforts ont abouti à des classes ségréguées où les enfants Roms reçoivent une éducation de moindre qualité que les enfants polonais. SLOVENIE. Le Comité se félicite que la Slovénie ait fait la déclaration en vertu de l'article 14 de la Convention reconnaissant la compétence du Comité à recevoir et examiner des plaintes de personnes ou de groupes qui s'estiment de victimes d'une violation de leurs droits en vertu de la Convention. Le Comité est en outre encouragé par l'entrée en vigueur, en décembre 2002, de la loi amendant la Loi sur la citoyenneté de 1991, qui simplifie les démarches d'acquisition de la citoyenneté slovène pour certaines catégories de personnes vivant en Slovénie. Le Comité est également encouragé par les récents pas vers une meilleure application de la Convention, comme l'adoption d'une législation anti-discrimination spécifique. Toutefois, le Comité prend note du potentiel
discriminatoire des définitions attribuées aux différents
groupes ethniques. Il est en outre préoccupé par
la pauvreté des données statistiques et recommande
que la Slovénie apporte des informations pertinentes sur
la composition de la population et le niveau d'intégration
des minorités dans la population. Il recommande également
que des mesures soient prises afin d'assurer une meilleure GHANA. Dans ses observations finales sur le rapport périodique du Ghana, le Comité note que l'insuffisance des infrastructures scolaires, le fort taux d'analphabétisme dans certaines parties du Ghana, ainsi que l'existence de pratiques traditionnelles, constituent des freins à la pleine application de la Convention. Toutefois, le Comité apprécie l'approche adoptée par le Ghana au regard des traditions et coutumes des différents groupes ethniques tout en améliorant la jouissance des droits de l'homme par tous. Il note que bien que les droits culturels soient protégés par la Constitution, les pratiques coutumières qui déshumanisent ou portent atteinte au bien-être des individus sont interdites. Le Comité note en outre avec satisfaction le rôle important joué par la Commission des droits de l'homme et de la justice administrative (CDHJA) dans la protection des droits de l'homme, en particulier celui d'être protégé contre la discrimination raciale, ainsi que les efforts déployés en matière d'éducation aux droits de l'homme. Il note également avec satisfaction la structure décentralisée de la CDHJA et sa coopération permanente avec la société civile ainsi que le processus d'élaboration de plans d'action nationaux pour combattre le racisme avec la participation des ONG. Toutefois, le Comité est préoccupé
par le fait que la discrimination raciale demeure un courant notable
dans la société ghanéenne et recommande que
la plus grande priorité soit donnée à l'élimination
des pratiques discriminatoires et des préjugés raciaux,
en particulier par la pénalisation des actes de discrimination
et leur punition réelle. Le Comité est particulièrement
inquiet par la résurgence sporadique des violences ethniques
et se félicite des efforts du Ghana pour y remédier.
Tout en notant les mesure législatives et autres afin d'éradiquer
les pratiques nocives pour la santé et la dignité
des femmes, le Comité est inquiet par la persistance
de certaines pratiques, en particulier les mutilations génitales
féminines, les traitements dégradants à l'encontre des veuves et le système Trokosi. Le Comité souhaiterait par ailleurs recevoir plus d'informations sur le mandat et les activités de la Commission nationale de FIDJI. S'agissant des Fidji, le Comité se félicite de la reprise du dialogue après une interruption de 18 ans et apprécie en particulier les efforts déployés par les Fidji pour répondre aux questions soulevées lors du dialogue préliminaire en 2002. Notant avec préoccupation que les Fidji ont apporté des réserves à plusieurs dispositions de la Convention, le Comité engage l'Etat à les réexaminer dans le but de les supprimer en tenant compte du paragraphe 75 du Plan d'action de Durban. Le Comité prend également note de l'opinion des Fidji selon laquelle les solutions proposées dans le cadre du droit national et international sont suffisantes et qu'il n'est pas nécessaire de faire la déclaration prévues par l'article 14. Soulignant l'insuffisance des informations prouvant que les solutions existantes sont suffisantes, il invite les Fidji à reconsidérer leur position. Le Comité est en désaccord avec le gouvernement sur le fait que la législation des Fidji est en conformité avec l'article 4 et lui recommande d'adopter des lois spécifiques et sans ambiguïté sur l'interdiction d'organisations racistes. Le Comité est en outre préoccupé de la réticence des Fidji à interdire les organisations racistes au motif qu'il veut préserver les libertés d'expression et d'association, et le réfère à sa recommandation générale XV (1993) sur ce sujet. Le Comité est en outre très préoccupé des dommages causés par les coups d'Etat de 1987 et 2000 sur les relations raciales aux Fidji ainsi que sur le fait que le paragraphe 99 de la Constitution de 1997 qui assure le partage du pouvoir entre les communautés ethniques, n'est pas appliqué. Bien que se félicitant de l'engagement des Fidji à assurer les droits de la communauté autochtone fidjienne au développement économique et social ainsi qu'à l'identité culturelle, il exhorte le Gouvernement à assurer que les mesures d'action positive dans ce sens respectent le principe d'équité. Dans cette optique, le Comité recommande que les programmes de réduction de la pauvreté bénéficient à tous les Fidjiens pauvres quelle que soit leur origine ethnique. Il encourage en outre le Gouvernement à promouvoir explicitement une identité nationale qui unit plutôt qu'elle ne divise, et d'inclure cet objectif dans tous ses plans de développement. Le Comité est par ailleurs préoccupé par
certaines informations selon lesquelles des discours de haine
et des affirmations de la suprématie des fidjiens autochtones
ont régulièrement cours, ainsi que par la sous représentation des Indo-Fidjiens et autres minorités ethniques dans la police, l'armée et les autres services publics et recommande que des programmes spécifiques COTE D'IVOIRE. Dans ses observations finales sur le rapport de la Côte d'Ivoire, le Comité note que ce pays traverse actuellement une période de troubles qui pose des difficultés pour sa stabilité et qui représentent autant de facteurs qui peuvent entraver ses efforts pour appliquer la Convention. Néanmoins, il accueille avec satisfaction la conclusion de l'Accord de Linas-Marcoussis du 23 janvier dernier, ainsi que l'Accord d'Accra du 8 mars dernier qui a permis la formation d'un gouvernement de réconciliation nationale, afin de rétablir la confiance et de sortir de la crise. Il accueille également avec satisfaction l'engagement pris par l'État de poursuivre tout média qui aura incité à la haine ou à la discrimination raciale. Le Comité note en outre avec satisfaction que la Côte d'Ivoire a créé un Ministère des droits de l'homme et compte mettre en place une Commission des droits de l'homme et un Médiateur de la République. Il se félicite de la déclaration de principe du gouvernement ivoirien en faveur des droits de l'homme dans la crise actuelle et note avec satisfaction que la Côte d'Ivoire a récemment ratifié la Convention n°182 de l'OIT concernant l'interdiction des pires formes de travail des enfants et l'action immédiate en vue de les éliminer. Prenant note des conclusions du Forum de la réconciliation nationale relatives à la correction des disparités économiques et sociales entre le Nord et le Sud du pays, le Comité encourage l'État à poursuivre la campagne de réduction des disparités régionales. Toutefois, le Comité note avec préoccupation
que l'utilisation abusive à des fins politiques
de la loi n°61-415 portant code de la nationalité a donné lieu à des pratiques discriminatoires. Par ailleurs, il constate que l'utilisation abusive du "concept d'ivoirité", qui n'est pas constitutionnel, à des fins xénophobes a été un facteur important de la crise actuelle. Le Comité exprime sa préoccupation face aux informations faisant état de violences policières ainsi que de violences commises sur une base ethnique qui ont conduit à l'existence de charniers dans plusieurs régions du pays et encourage l'Etat à poursuivre ses efforts pour en prévenir la répétition et pour en punir les responsables. Le Comité invite le gouvernement, les partis politiques, la société civile et les forces armées à honorer les engagements de l'Etat découlant de la Le Comité a également adopté une décision concernant la Côte d'Ivoire, dans laquelle il prie instamment le Secrétaire général d'inviter les organes compétents des Nations Unies à prendre les mesures d'assistance humanitaire appropriées en faveur des personnes déplacées en Côte d'Ivoire, en particulier celles tendant à aider le Gouvernement dans ses efforts pour prévenir ou faire cesser tout acte de discrimination sur une base raciale ou d'origine ethnique. La situation en Papouasie-Nouvelle-Guinée Il a également adopté une décision demandant au Suriname de lui présenter d'urgence un rapport sur les informations selon lesquelles les droits des communautés autochtones du pays seraient gravement affectés et, ce avant le 30 juin 2003 de façon à ce qu'il puisse être examiné lors de la 63ème session du Comité en août 2003. Le Comité décide que, en l'absence du rapport susmentionné, il examinera la situation au Suriname au titre de sa procédure de révision lors de sa prochaine session en août. Une décision a entre outre été adoptée sur le Guyana en vertu de laquelle le Comité se réserve la possibilité de demander et discuter des informations relatives à l'état de la discrimination raciale au Guyana en vertu de sa procédure d'alerte et d'action d'urgence et ce, avant mars 2004, date de soumission du premier rapport du Guyana. Dans ses observations finales sur la situation en Papouasie-Nouvelle-Guinée, que le Comité a examiné le 7 mars 2002 en l'absence de rapport et de délégation, le Comité rappelle qu'en dépit de ses demandes répétées, la Papouasie-Nouvelle-Guinée ne s'est pas acquittée de son obligation de faire rapport. Ce pays n'a présenté ni son rapport périodique ni les informations complémentaires requises concernant la situation à Bougainville et aucun dialogue entre la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Comité n'est intervenu depuis 1984. Il réitère donc ses décisions antérieures dans lesquelles il demande au pays de respecter ses obligations de faire rapport au titre de l'article 9 de la Convention et de fournir des informations avant tout sur la situation à Bougainville. Le Comité réitère en outre sa demande d'informations, en particulier, sur la composition démographique de la population et sur la mise en uvre des droits économiques, sociaux et culturels des différents groupes ethniques, ainsi que sur les incidents de discrimination raciale. Il décide qu'en l'absence de toute indication montrant que la Papouasie-Nouvelle-Guinée entend respecter son obligation de faire rapport, il examinera la mise en uvre de la Convention dans le pays à sa session de mars 2004. Déclaration du Comité sur la crise actuelle au Moyen-Orient Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale a adopté une déclaration aux termes de laquelle, s'exprimant dans le cadre de sa mission de mise en uvre de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale; rappelant les dispositions pertinentes de la Charte des Nations Unies, notamment les principes énoncés dans son article 2; alarmé par l'aggravation de la situation dans le monde depuis les attentats du 11 septembre 2001 et par les menaces actuelles de recours à la force au Moyen-Orient; convaincu que c'est la stabilité du monde et tout le système de sécurité collective et de protection des droits de l'homme construit depuis plus d'un demi-siècle par les Nations Unies qui sont aujourd'hui menacés; rappelant sa condamnation du terrorisme sous toutes ses formes et de ses effets destructeurs sur les droits de l'homme ; il attire l'attention de la communauté internationale sur les effets dévastateurs d'un recours à la guerre, non seulement au plan militaire, économique, politique, social et pour le sort des populations civiles, mais aussi en raison de la recrudescence des phénomènes de discrimination raciale et ethnique, de xénophobie, d'intolérance voire de terrorisme qui ne manqueraient pas d'en résulter. Le Comité demande instamment au Conseil de sécurité et à la communauté internationale qu'une solution pacifique soit trouvée à la crise actuelle, dans le respect de l'ordre juridique international qui s'impose à tous. |