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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, SEPTEMBRE-OCTOBRE 2006/ 2e SESSION
__L'ajournement des travaux du Conseil : les réactions de la presse

Droits de l'homme : le fiasco, écrit, en une, le quotidien suisse "Le Temps", après l'annonce de l'ajournement, à fin novembre 2006, des travaux de la 2e session du Conseil des droits de l'homme.

"Trois semaines de débat, 44 résolutions proposées et aucune décision adoptée. La 2e session du Conseil des droits de l'homme s'est achevée sur un constat d'échec. La cohorte des pays violateurs pourra continuer ses basses oeuvres en toute impunité", commente le quotidien.

Les discussions reprendront à la 3e session, prévue du 27 novembre au 8 décembre à Genève. Elles ont notamment achoppé sur un texte de résolution concernant le Darfour, ainsi que sur l'adoption d'un rapport sur le Liban.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Une division Nord-Sud. Darfour, Sri Lanka: blocage au Conseil des droits de l'homme, écrit l'agence française, dans une dépêche datée du 6 octobre 2006.

Victime d'une division Nord-Sud, le Conseil des droits de l'homme […] s'est avéré incapable de dénoncer les exactions commises au Darfour ou au Sri Lanka lors de [2e] sa session. [] Le nouveau Conseil, créé […] pour remplacer une Commission des droits de l'homme discréditée, s'est résolu à ajourner ses travaux […] sans avoir adopté aucune des 44 résolutions qui lui ont été soumises en trois semaines de discussions.

En réaction, les organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé l'inaction des 47 pays membres vis-à-vis des différentes crises de l'heure. "Face aux exactions au Soudan, aux attaques contre les civils au Sri Lanka et l'impunité des massacres en Ouzbékistan, ce Conseil est resté largement silencieux", a déploré Peggy Hicks, de l'association Human Rights Watch.

Les Etats-Unis, qui ne font pas partie du Conseil, mais ont le statut d'observateur, se sont dits "déçus que la session ait accompli bien peu de choses". Devant les pays membres, l'ambassadeur Warren Tichenor a estimé que les pays démocratiques ont "la responsabilité de défendre les droits des victimes d'abus et de répression".

L'Union européenne a bien déposé un texte sur la région soudanaise du Darfour, en proie à une guerre civile doublée d'une crise humanitaire qui ont fait au moins 200.000 morts selon l'ONU depuis 2003. Ce texte souligne la "responsabilité première" du gouvernement soudanais, chargé de protéger tous ses ressortissants contre les violations des droits de l'homme. Mais les Européens n'ont pas pu se mettre d'accord avec le groupe africain, auteur d'une résolution concurrente qui évite de mentionner le rôle de Khartoum. […]

 INFOSUD 

C'est l'impasse au Conseil des droits de l'homme, écrivent Carole Vann, Juan Gasparini, de l'agence suisse Infosud [7 octobre 2006, www.infosud.org].

Tandis que la déclaration présentée par le président Luis Alfonso De Alba a été rejetée par les Etats membres. Le texte de neuf paragraphes condamnait les violations dans les territoires palestiniens occupés, dans le Golan, au Liban, ainsi qu'au Darfour. Il prônait la liberté religieuse et le droit au développement. Les pays devaient accepter ou refuser le paquet en bloc.

Mais voilà : pour les Occidentaux, la partie sur le Proche-Orient était inacceptable parce qu'Israël était seul à être cloué au piloris. Quant à la proposition sur le Darfour, elle contenait, pour le bloc africain, trop de mentions sur les violations de droits de l'homme. Au sujet de la liberté religieuse, les pays du Nord voulaient qu'on parle aussi de liberté d'expression. Le droit au développement tient d'une vieille querelle entre pays du Sud - qui veulent en faire un droit de l'homme - et contrées développées qui ne sont pas d'accord. Et pour couronner le tout, les Asiatiques ont trouvé que l'islam prend trop de place dans le texte... Constat : blocs et alliances sont restés de marbre. […]

Toutefois, la bataille reste âpre: le groupe des Africains veut imposer un "code de conduite" aux rapporteurs spéciaux. Du jamais vu ! Une vingtaine de gouvernements, La Havane en tête, vont même jusqu'à demander la suppression de ces rapporteurs par pays. Quant au mécanisme d'examen périodique des Etats - la grande nouveauté du Conseil - il risque d'être torpillé avant même d'exister puisque certains demandent l'exclusion des ONG des débats.

Le Conseil des droits de l'homme est menacé par l'émergence de blocs, écrit Stéphane Bussard dans l'édition du "Temps" du 30 septembre 2006.

La scène symbolise la semaine éprouvante pour le Conseil des droits de l'homme réuni à Genève pour sa deuxième session. Christine Chanet, représentante personnelle de Louise Arbour, venait de présenter son rapport sur la situation des droits humains à Cuba. L'ambassadeur cubain auprès de l'ONU lui réserva une volée de bois vert en précisant qu'elle pouvait tout simplement jeter son rapport au panier à papier et le recycler. Juan Antonio Fernandez Palacios n'a pas non plus ménagé l'Union européenne. A ses yeux, la présence, sur le territoire européen, de prisons secrètes dans la lutte américaine contre le terrorisme ôte à l'UE «toute crédibilité et lui interdit de porter des jugements sur d'autres pays.» Fait rare au sein du Conseil : son intervention sera applaudie.

Le comportement de Cuba est certes caractéristique, mais il rappelle de mauvais souvenirs de l'ex-Commission. Il met aussi en lumière une tendance qui pourrait porter préjudice à la crédibilité de la nouvelle institution onusienne. La confrontation entre blocs de pays, qui a miné l'ex-Commission, est en train de refaire son apparition. Un bon connaisseur du dossier s'en explique : "L'Organisation de la Conférence islamique est très bien organisée". Sur diverses questions, elle obtient le soutien du groupe africain et de quelques pays d'Amérique latine. En face, l'Union européenne élargie à 25 peine à trouver un dénominateur commun solide.

10.2006
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