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Le Conseil des droits de l'homme a tenu, du 19 au 30 juin 2006, à Genève, sa première session, sous la présidence de Luis Alfonso de Alba, du Mexique, et au cours de laquelle il a adopté six résolutions, cinq décisions et deux "déclarations" du président.
Lors de sa prochaine session, le Conseil se penchera sur les rapports des mécanismes et mandats, sur l'examen et le renforcement des institutions, ainsi que sur les autres questions de fond. L'adoption d'une convention (disparitions forcées) et d'une déclaration (peuples autochtones) Dans une déclaration de clôture, le président a notamment souligné que l'adoption, au cours de cette première session, de la Convention pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées et de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones ont montré que le Conseil était à même d'améliorer le système des droits de l'homme au plan normatif. Il importe à présent de passer à la mise en uvre de ces textes. Il était également important que le Conseil s'entende sur la mise en place de mécanismes qui lui permettront de construire ce nouvel organe.
Pour ce qui est des innovations du Conseil, et notamment de l'examen périodique universel auquel seront soumis les Etats membres, plusieurs intervenants ont souligné que ce mécanisme devait être basé sur des informations objectives et fiables et s'appliquer de manière juste et équitable à tous les Etats membres en privilégiant le dialogue et la coopération. L'importance des organisations non gouvernementales a été soulignée, le Conseil devant accorder une place plus grande à l'action indépendante des défenseurs des droits de l'homme.
L'existence de centres secrets de détention représente une source de préoccupation sérieuse, a ajouté Louise Arbour, qui a également rappelé que la présence du Haut-Commissariat sur le terrain est une partie essentielle de son mandat. La volonté des gouvernements d'inclure le Haut-Commissariat dans leurs efforts pour encourager les droits de l'homme doit être vue comme l'indicateur le plus positif pour l'encouragement de la protection des droits. RESOLUTIONS ET DECISIONS ADOPTEES AU COURS DE LA SESSIONLe Conseil des droits de l'homme a adopté, au cours de cette première session, six résolutions, cinq décisions et deux déclarations du président. Le Conseil a ainsi adopté la Déclaration des
Nations unies sur les droits des peuples autochtones (projet
de résolution figurant au document A/HRC/1/L.6/L.3), qui
affirme notamment que les peuples autochtones ont le droit
à l'autodétermination et qu'en vertu de ce droit,
ils déterminent librement leur statut politique et recherchent
librement leur développement économique, social
et culturel. Les peuples autochtones ont le droit de posséder
de contrôler les terres, territoires et ressources qu'ils
possèdent. Le Conseil a aussi adopté la Convention internationale des Nations unies pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées (A/HRC/1/L.6/L.2). La Convention prévoit notamment qu'aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, qu'il s'agisse de l'état de guerre ou de menace de guerre, d'instabilité politique intérieure ou de tout autre état d'exception, ne peut être invoquée pour justifier la disparition forcée. De même, elle garantit à la victime d'une disparition forcée le droit d'obtenir réparation et d'être indemnisée rapidement, équitablement et de manière adéquate. Le Conseil a par ailleurs énergiquement condamné toute prise d'otages (A/HCR/1/L.9 amendé), en quelque lieu qu'elle se produise dans le monde en particulier les prises d'otages les plus récentes en Iraq. Par cette "déclaration" du président, il réaffirme que la prise d'otages exige des efforts concertés des Etats et de la communauté internationale, dans le respect des droits de l'homme, afin de mettre fin à ces pratiques odieuses. Dans une autre déclaration du Président (A/HRC/1/L.5), le Conseil prie le secrétaire général des Nations unies de prévoir des ressources en personnel et en moyens matériels pour les organes et les instances qui luttent contre la torture et viennent en aide à ses victimes, en veillant à ce que lesdites ressources soient à la mesure du ferme appui que les Etats membres apportent aux efforts pour combattre la torture et aider ceux qui en sont victimes. Le Conseil demande, dans une résolution (A/HRC/1/L.8), que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme sélectionne cinq experts chargés d'étudier "la nature et l'étendue des lacunes que présentent sur les questions de fond les instruments internationaux existants de lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée", et décide de proroger pour une période de trois ans le mandat du Groupe de travail intergouvernemental sur l'application effective de la Déclaration et du Programme d'action de Durban. Le Conseil a par ailleurs décidé de prier le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction et le Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée ainsi que le Haut-Commissariat de lui faire rapport sur l'incitation à la haine raciale et religieuse et la promotion de la tolérance (A/HCR/1/L.16). Par une résolution sur la situation des droits de l'homme en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés (A/HCR/1/L.15), le Conseil prie les rapporteurs spéciaux concernés de lui faire rapport sur les violations des droits de l'homme commises par Israël en Palestine occupée et décide d'entreprendre un examen de fond des violations des droits de l'homme et des incidences de l'occupation par Israël de la Palestine et des autres territoires arabes occupés au cours de ses prochaines sessions. S'agissant de l'organisation de ses travaux, le Conseil a décidé de créer un groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée chargé de formuler des recommandations concrètes sur la question du réexamen et, au besoin, de l'amélioration et de la rationalisation de tous les mandats, mécanismes, fonctions et attributions (A/HRC/1/L.6/L.14). Dans ce contexte, il a décidé de prolonger exceptionnellement d'un an tous les mandats, mécanismes, fonctions et responsabilités de la Commission des droits de l'homme (A/HRC/1/L.6). Il a également adopté des textes prolongeant le mandat du Groupe de travail chargé d'élaborer un protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (2 ans) (A/HRC/1/L.6/L.4), du Groupe de travail sur le droit au développement (un an) (A/HRC/1/L.6/L.7), du Groupe de travail intergouvernemental sur l'application effective de la Déclaration et du Programme d'action de Durban (3 ans) (Conférence contre le racisme - A/HRC/1/L.8). Le Conseil a aussi décidé de créer un groupe de travail intergouvernemental intersessions à composition non limitée pour élaborer les modalités de la procédure d'examen périodique universel, dont les travaux seront conduits par le Président du Conseil des droits de l'homme. Le Groupe de travail fera rapport au Conseil sur les progrès accomplis dès septembre 2006 (A/HRC/1/L.6/L.12). Le programme de travail (A/HRC/1/L.6/L.13) du Conseil pour la première année prévoit en particulier que lors de sa prochaine session (18 septembre au 6 octobre 2006), il examinera les rapports relatifs aux procédures spéciales et à la procédure confidentielle "1503" d'examen de plaintes, ainsi que les rapports préparés par le Haut-Commissariat et par la Sous-Commission. |