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CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME, JANVIER 2007 / LA SITUATION AU DARFOUR
__Le Conseil désigne les membres de sa mission spéciale sur le Darfour
Le président du Conseil des droits de l’homme, Luis Alfonso de Alba, a annoncé, le 26 janvier 2007, que la "mission de haut niveau" envoyée par le Conseil au Darfour sera dirigée par Jody Williams, prix Nobel de la Paix 1997 et co-fondatrice en 2006 de la Nobel Women's Initiative. Mme Sima Samar, rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'homme au Soudan, participera également à la mission.
A l'issue d'une session extraordinaire consacrée à la situation des droits de l'homme au Darfour, en décembre 2006, le Conseil avait décidé, par consensus, de dépêcher une mission au Darfour pour y évaluer la situation des droits de l'homme et les besoins du Soudan à cet égard.
Le Conseil avait décidé que la mission serait composée de cinq personnes, "hautement qualifiées", désignées par le président du Conseil. Quatre personnalités ont accepté de participer à cette mission :
Mart Nutt, membre du Parlement estonien et membre de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) du Conseil de l'Europe;
Bertrand Ramcharan, ancien haut commissaire aux droits de l'homme par intérim et haut commissaire adjoint;
Patrice Tonda, représentant permanent du Gabon auprès des organisations internationales à Genève;
Makarim Wibisono, représentant permanent de l'Indonésie auprès de l'Office des Nations unies à Genève et ancien président de la session de 2005 de la Commission des droits de l'homme.
La mission présentera son rapport lors de la prochaine session ordinaire du Conseil, qui se tiendra à Genève du 12 mars au 5 avril 2007.
 Dans un rapport publié début 2005, une première commission d'enquête internationale avait accusé le gouvernement soudanais de "crimes contre l'humanité".
Dans son dernier rapport sur la question, en octobre 2005, le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme avait dénoncé de nouveaux massacres "à grande échelle" commis par les milices arabes, soutenues par le gouvernement soudanais, dans les villages du Darfour, peuplés principalement de tribus africaines.
"Au cours des six dernières semaines, plusieurs centaines de civils ont été tués et plus de 80 000 personnes ont été obligées de fuir leurs maisons", avait rappelé Louise Arbour, haut hommissaire des Nations unies, dans un discours prononcé le 12 décembre 2006 devant le Conseil des droits de l’homme. "Des viols massifs et d'autres violations des droits de l'homme flagrantes se poursuivent. L'impunité qui règne permet et même encourage les auteurs de ces crimes à continuer", avait-elle dénoncé.
Dans une déclaration conjointe publiée à la mi-janvier, les agences humanitaires des Nations unies ont tiré à nouveau la sonnette d'alarme, dénonçant "la violence inacceptable" à l'encontre des travailleurs humanitaires au Darfour et expliquant que l'insécurité était devenue telle que l'accès aux populations n'était pratiquement plus possible.
"Au cours des six derniers mois, plus de 250’000 personnes ont été déplacées par les combats, la plupart d'ente eux fuyant pour la deuxième ou troisième fois. Les villages ont été brulés, pillés et bombardés de manière arbitraire. Les plantations et les récoltes ont été détruites. La violence sexuelle contre les femmes a atteint des niveaux alarmants", dénonçaient les agences.
Source : Nations unies, Genève, janvier 2007.
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