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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, SEPTEMBRE-OCTOBRE 2006/ 2e SESSION
__Le Conseil débat du futur mécanisme d'examen périodique universel

Le Conseil des droits de l'homme a tenu, le 2 octobre
2006, un débat consacré aux modalités
de la procédure d'examen périodique universel.
La question est en cours d'examen par le Groupe de travail
intergouvernemental que le Conseil avait décidé
de créer le 30 juin, lors de sa première session.
M. Mohamed Loulichki, "facilitateur" du processus
informel du Groupe de travail intergouvernemental intersessions
à composition non limitée chargé d'élaborer
les modalités de la procédure d'examen périodique
universel, a indiqué que les consultations ont permis
de consolider une interprétation commune des objectifs
et buts de l'examen périodique universel, notamment le
fait que le mécanisme devrait garantir une couverture universelle
et un traitement égal en respectant tous les Etats.
Les discussions ont permis de formuler des propositions plus
concrètes sur le fonctionnement de l'examen périodique
universel, avec une série d'options présentées
telles que la question de la périodicité de l'examen,
des sources d'informations pour l'examen, des procédures,
du mécanisme et des acteurs pour conduire l'examen, aussi
bien que les résultats et le suivi.
Un débat a suivi cette présentation, au cours
duquel plusieurs intervenants ont observé que l'examen
périodique universel est un outil novateur à
la disposition du Conseil. La contribution des experts et
des organisations non gouvernementales à ce processus doit
être maximisée, a-t-il notamment été
souligné.
Le représentant du Groupe asiatique a souligné
que le mécanisme devra être un processus de coopération,
cherchant à réaliser une amélioration progressive
de la situation des droits de l'homme dans les Etats souverains,
en renforçant leur propre capacité à promouvoir
et protéger les droits de l'homme. Le mécanisme
devra tenir pleinement compte des particularités culturelles
et religieuses, des législations nationales, ainsi
que du niveau de développement des Etats concernés,
a-t-il été mis en avant à plusieurs reprises.
Les représentants des Etats suivants ont participé
au débat : Finlande (au nom de l'Union européenne),
Arabie saoudite (au nom du Groupe asiatique), Mexique, Pakistan
(au nom de l'Organisation de la Conférence islamique),
Suisse, Fédération de Russie, Brésil, Indonésie,
République de Corée, Argentine, Malaisie, Inde,
Bangladesh, Algérie (au nom du Groupe africain), Cameroun,
Pérou, Canada, Philippines, Singapour, Maldives, Iran,
Chili, Colombie, Norvège, Liechtenstein, Etats-Unis et
Australie.
Les représentants d'organisations non gouvernementales
suivantes ont également fait des déclarations
: Comité d'action internationale pour les droits de la
femme, (au nom également de plusieurs organisations non
gouvernementales 1), Fédération internationale des
femmes diplômées des universités (au nom également
de plusieurs organisations non gouvernementales 2); Amnesty International
(au nom également de Human Rights Watch; Fédération
internationale des ligues des droits de l'homme; Organisation
mondiale contre la torture; et la Commission internationale de
juristes); Pax Romana (au nom également de Asian Forum
for Human Rights and Development; Alliance internationale des
femmes; et laFédération internationale des femmes
diplômées des universités); Mouvement contre
le racisme et pour l'amitié entre les peuples; Ligue internationale
pour les droits et la libération des peuples; Fédération
luthérienne mondiale (au nom également de plusieurs
organisations non gouvernementales 3); United Nations Watch; et
Japan Federation of Bar Associations.
PRESENTATION DU RAPPORT
M. MOHAMED LOULICHKI, Facilitateur du processus informel du Groupe de travail intergouvernemental intersessions chargé
d'élaborer les modalités de la procédure
d'examen périodique universel, a déclaré
qu'après la décision adoptée par le Conseil
à sa première session en juin 2006 en vue de la
mise en place de ce Groupe de travail, le Conseil a adopté
les premières mesures pour un échange de vues et
pour traiter des nombreuses procédures.
La résolution 60/251 de l'Assemblée générale
ne fait que donner les principes de base et le cadre de l'examen
périodique universel. Un grand travail reste à faire
pour définir ce cadre. Mais ce n'est pas une tâche
insurmontable, a estimé M. Loulichki.
Toutes les parties prenantes ont participé ces derniers
mois au processus initial de discussions, d'analyses et de réflexion,
a fait valoir M. Loulichki. Le Conseil a organisé quatre
séries de consultations officieuses. Au terme de ces réunions,
il a été conclu que des progrès doivent être
réalisés sur les points suivants :
le mandat pour la mise en uvre de l'examen périodique universel ou la base de cet examen;
les objectifs, les buts et les principes directeurs de
l'examen pour répondre aux objectifs établis dans
la résolution 60/251 de l'Assemblée générale;
le processus et les modalités de l'examen;
d'autres dispositions concrètes, tel que le nombre
de pays qui doit être examinés chaque année;
le résultat possible de l'examen;
les activités de suivi.
De nombreuses organisations, institutions et organisations
non gouvernementales internationales ont déjà été
entendues, a poursuivi le facilitateur. Le Groupe de travail a
tiré de nombreuses richesses de ces discussions. "Il
est clair qu'un grand nombre de questions complexes doivent encore
être traitées et décidées par le Conseil,
mais nous pouvons cependant être satisfaits des progrès
réalisés dans nos réflexions et discussions",
a assuré M. Loulichki. Les discussions à ce jour
ont permis au Conseil de consolider une interprétation
commune et partagée des objectifs et des buts de l'examen
périodique universel, notamment dans le fait que le
mécanisme devrait garantir une couverture universelle et
un traitement égal en respectant tous les Etats.
Le mécanisme d'examen devrait aussi s'inscrire dans
un processus de coopération fondé sur un dialogue
interactif avec l'entière participation du pays concerné
et en prenant en considération ses besoins en matière
de renforcement de ses capacités. Le mécanisme devrait
compléter et non dupliquer le travail des mécanismes
des droits de l'homme.
Plus important encore, les discussions ont permis d'aller au-delà
de déclarations générales de principes et
objectifs généraux et de formuler des propositions
plus concrètes sur le fonctionnement de l'examen périodique
universel, avec une série d'options présentées
telles que la question de la périodicité de l'examen,
des sources d'informations pour l'examen, des procédures,
du mécanisme et des acteurs pour conduire l'examen, aussi
bien que les résultats et le suivi. Toutes les options
ont des avantages et présentent un certain nombre de difficultés.
Toutes méritent un examen plus détaillé.
Une des épreuves les plus importantes pour le Conseil
pour travailler efficacement et de manière crédible
sera la création du mécanisme d'examen périodique
universel auquel tous les Etats membres seront soumis, a insisté
M. Loulichki. Quelles que soient les modalités qui seront
élaborées, le processus qui permettra de discuter
ces modalités et de les accepter devrait continuer à
être inclusif et transparent.
Les travaux ne doivent être menés de manière
isolée et devraient avancer à un rythme similaire
à celui du Groupe de travail sur la question de la rationalisation
des mandats de l'ancienne Commission des droits de l'homme. Le
mécanisme de l'examen périodique universel deviendra
une activité nouvelle et transparente du Conseil, a
conclu M. Loulichki, avant d'annoncer les prochaines réunions
du Groupe de travail qui se tiendront les 13, 14 et 15 novembre
2006.
LE DEBAT
MME KATRI SILFVERBERG (Finlande, au nom de l'Union
européenne), indiquant que le processus de consultation a été très utile et réaffirmant l'engagement de l'Union européenne dans le cadre de ce processus, a répété que l'examen périodique universel représente un des instruments novateurs à la disposition du Conseil pour établir des évaluations par pays transparentes, efficaces et orientées sur la mise en uvre et le suivi. La clef d'un examen périodique universel efficace, a-t-elle dit, est que son résultat entraîne une
amélioration concrète sur le terrain
Quant aux modalités de fonctionnement, elle a relevé
certaines propositions, notamment l'établissement d'un
groupe de travail intersessions apte à mener cet examen,
afin que le Conseil ne soit pas trop lourdement chargé
par cette mission. L'examen périodique, a-t-elle encore
suggéré, doit se faire sous la supervision du Conseil
qui doit utiliser au mieux la contribution des experts et des
organisations non gouvernementales. L'Union européenne
estime que le résultat de l'examen doit être traité
en plénière par le Conseil.
M. ABDULWAHAB A. ATTAR (Arabie saoudite, au nom
du Groupe asiatique), a déclaré que le Groupe
réalise pleinement l'importance qu'il y a à faire
avancer le processus de constitution du Conseil des droits de
l'homme, et suit de près la manière d'aborder l'examen
périodique universel. Ce mécanisme est l'un des
éléments les plus importants du Conseil. Il doit
être un processus de coopération, cherchant à
réaliser une amélioration progressive de la situation
des droits de l'homme dans les Etats souverains, en renforçant
leur propre capacité à promouvoir et protéger
les droits de l'homme. Le mécanisme devra tenir pleinement
compte des particularités nationales, des législations
nationales, ainsi que du niveau de développement. Il
devra se dérouler dans un climat de coopération
et non de confrontation, et être basé sur des
informations objectives et fiables. L'examen périodique
universel devra enfin compléter le travail des organes
des traités, et non les remplacer. Le Groupe asiatique
est déterminé à coopérer pleinement
à l'élaboration de ce mécanisme d'examen
et s'impliquera sans réserve dans les délibérations
le concernant.
M. RODRIGO LOMBARDINI (Mexique) a déclaré
que l'échange de vues et de positions lors des différentes
réunions s'est révélé d'une grande
efficacité. Les informations reçues des organisations
régionales comme l'Organisation des Etats américains
et l'Union africaine ont été très utiles,
a indiqué le représentant du Mexique. Maintenant,
une nouvelle phase doit commencer dans ce processus de construction
que sera l'examen périodique universel. A cette fin, il
faudra disposer d'un document pour commencer les négociations.
Le Mexique souhaite attirer l'attention sur la structure et la
composition du mécanisme de l'examen périodique
universel. La périodicité de l'examen est un
aspect extrêmement important. Les délais ne doivent
pas être trop longs. Un délai de trois à quatre
ans serait approprié, a estimé le représentant
du Mexique.
M. MASOOD KHAN (Pakistan au nom de l'Organisation
de la Conférence islamique) a proposé un
changement de dates pour la prochaine réunion du Groupe
de travail proposées par le Groupe de travail (13, 14 et
15 novembre), soulignant que la période mentionnée
correspond aux travaux de a troisième Commission (sociale,
humanitaire et culturelle) de l'Assemblée générale
réunira les Comité et que la plupart des experts
seront à New York à ce moment.
Il a par ailleurs, fait diverses propositions d'ordre méthodologique. S'agissant des principes devant diriger l'examen périodique, il a notamment estimé que celles-ci doivent se fonder sur une information objective, que les pays doivent faire l'objet d'un traitement égal et que leur collaboration doit être recherchée activement. Il a par ailleurs estimé que la présentation doit être faite par les Etats eux-mêmes; cette présentation pouvant être complétée par les organes conventionnels et d'autres sources des Nations unies. La présentation devrait, a-t-il ajouté, porter sur plusieurs éléments : des données factuelles de base, les infrastructures institutionnelles, la ratification des traités, les programmes de mise en uvre de ces traités, le rôle et l'indépendance des médias et de la société civile. Il a insisté sur la nécessité que l'examen se déroule dans un esprit collégial et coopératif. Il ne s'agit pas, a-t-il dit, de montrer du doigt pour
faire honte mais de faire preuve de respect mutuel.
M. JEAN-DANIEL VIGNY (Suisse) a déclaré
important d'aboutir à la mise en place d'un mécanisme
d'examen périodique universel qui soit efficace et
qui englobe chacun dès le début. Il est souhaitable
que le Conseil convienne que les pays disposant seulement d'un
mandat d'un an au Conseil soient les premiers à bénéficier
de l'examen périodique universel. La Suisse insiste en
outre pour que tous les acteurs concernés par les consultations,
y compris les Etats observateurs au Conseil, les Rapporteurs spéciaux,
les organisations non gouvernementales et les instances nationales
des droits de l'homme soient invités à participer
pleinement aux débats.
Les critères d'universalité, d'objectivité
et d'impartialité doivent inspirer chacune des trois phases
qui sous-tendent l'examen périodique universel : préparation,
examen, suivi. La Suisse, a dit son représentant, reste
persuadée que l'examen périodique universel constitue
un élément clé de l'examen des situations
par pays par le Conseil. Il revient à toutes les délégations
de fournir un effort particulier en vue de l'instauration de ce
nouveau mécanisme. Les membres du Conseil seront jugés
sur leurs résultats, en particulier sur la réussite
de ce nouveau mécanisme, a rappelé le représentant.
MME GALINA KHVAN (Fédération de Russie)
a souligné que la Russie n'a pas d'objection quant aux
consultations officieuses sur cette problématique qui doivent
permettre et faciliter le travail, mais elle estime qu'il revient
au Groupe de travail de faire rapport au Conseil et non pas au
facilitateur.
S'agissant de la conception de l'examen périodique
universel, il doit se fonder sur les normes universellement
reconnues dans le domaine des droits de l'homme. En même
temps, une condition indispensable à cet examen doit être
la prise en compte des conditions socio-économiques de
base des différents États et de leurs traditions
sociales et religieuses. En outre, il est important que la procédure
englobe tous les pays sans exception de manière à
éviter le risque de déséquilibre géographique.
Le processus d'examen doit se dérouler dans le cadre des
sessions ordinaires du Conseil, avec au final un cycle de 6 ans
pour chaque pays, a estimé la représentante russe.
Elle a rappelé le principe selon lequel l'examen doit être
une procédure d'examen par les pairs.
La Fédération de Russie est opposée
à l'idée selon laquelle suite à l'examen,
des recommandations soient présentées en vue de
créer des commissions d'enquête, car cela ne
ferait qu'accroître la dynamique de l'affrontement au sein
du Conseil. Les Etats membres du Conseil doivent pouvoir se mettre
d'accord sur les conclusions qui ne peuvent être adoptées
que par les États membres du Conseil, a indiqué
la représentante.
M SÉRGIO ABREU E LIMA FLORENCIO (Brésil)
a insisté sur la nécessité de veiller, avant
tout, à éviter le dédoublement des fonctions
et la dépolitisation de cet examen. Le Brésil,
a-t-il indiqué, est en faveur d'une structure d'examen
hybride, comprenant à la fois des Etats membres, des experts
et des membres de la société civile. Les experts,
a-t-il recommandé, doivent récolter l'information.
Sur la base de ces données, ils présenteront une
liste de questions soumises au moins un mois à l'avance
à l'Etat concerné. Les Etats et la société
civile pourraient aussi joindre leurs questions ou mettre en cause
les questions des experts, a-t-il suggéré. Le questionnaire
doit servir de plan de route pour le dialogue interactif. Il a
suggéré de conduire l'examen à une fréquence
de tous les trois à quatre ans. Le représentant
brésilien a encore recommandé de renforcer les synergies
avec l'ensemble du système des droits de l'homme.
MME WIWIEK SETYAWATI (Indonésie) a déclaré
que son pays a participé activement aux consultations informelles
ouvertes autour du mécanisme d'examen périodique
universel, ce qui reflète l'importance qu'il attache à
cette nouvelle procédure. Les modalités finales
et les méthodes de travail du mécanisme revêtent
une importance extrême pour assurer la collaboration entre
les gouvernements des Etats membres et le Conseil. La qualité
de cette relation, qui devra être fondée sur la confiance,
sera cruciale pour la diffusion du concept de promotion et de
protection des droits de l'homme. L'examen périodique
universel devra tenir compte des capacités des Etats concernés
et ne pas faire double emploi avec le travail des organes conventionnels,
a souligné la représentante.
M. HYUCK CHOI (République de Corée)
a remercié le facilitateur du Groupe de travail pour son
rapport intérimaire. La couverture universelle et le traitement
égal de tous les États membres constituent des éléments
extrêmement importants. L'examen périodique universel
ne doit pas être un exercice de pure forme, il doit permettre
d'engager un dialogue véritable avec l'Etat considéré.
Il doit aussi veiller à évaluer les capacités
de chaque Etat et de voir dans quel domaine la communauté
internationale peut apporter un soutien. Il doit aussi jouer un
rôle complémentaire par rapport aux autres mécanismes
des droits de l'homme. La portée de l'examen périodique
universel doit donc être défini avec précision.
Cet aspect est essentiel pour assurer la couverture universelle
et pour éviter que la procédure soit trop onéreuse,
a déclaré le représentant. L'examen doit
aussi être transparent et efficace et se fonder sur des
informations fiables. Il doit en outre être réalisé
à des intervalles raisonnables.
La République de Corée attache beaucoup d'importance
à la bonne application des mesures de suivi qui permettront
à l'Etat de donner suite aux propositions faites. Chaque
pays ne sera examiné qu'une fois en quelques années,
il est donc crucial d'avoir des mesures de suivi. La participation
des organisations non gouvernementales dans le processus de suivi
devrait être encouragée à divers titres, notamment
s'agissant de la fourniture d'informations. Enfin, les réunions
devraient se dérouler sous le signe de l'ouverture et de
la transparence.
M SERGIO CERDA (Argentine) a recommandé
que les Etats membres du Conseil soient examinés sur
la base, à la fois, de leur politique en matière
des droits de l'homme et des mesures correctives qu'ils auront
prises dans ce domaine. Il a recommandé que les questions
se fondent sur une analyse préalable réalisée
par les experts. Le résultat de l'examen, a-t-il insisté,
doit être orienté vers l'action; tous les Etats doivent
pouvoir bénéficier de recommandations concrètes
et éventuellement, à leur demande, bénéficier
d'une assistance technique de la part du Conseil. Le représentant
argentin a exprimé l'espoir que les modalités du
processus d'examen seront définies dans les délais
prévus, afin que son pays puisse être examiné
avant que n'expire son mandat au Conseil, en 2007.
MME HSU KING BEE (Malaisie) a souligné
que l'examen périodique universel doit porter exclusivement
sur le respect par chaque Etat membre des obligations qu'il s'est
engagé à assumer en matière de droits de
l'homme. Mécanisme coopératif fondé sur
le dialogue interactif, l'examen périodique universel
doit impliquer le pays étudié et prendre en compte
ses besoins en matière de renforcement des capacités.
L'examen doit tenir pleinement compte des particularités
religieuses, historiques et culturelles ainsi que des législations
et du niveau de développement des Etats concernés,
a dit la représentante. La périodicité de
l'examen ne devrait pas être trop rapprochée, ceci
afin de ne pas nuire à son efficacité. Le Conseil
devrait néanmoins avoir la possibilité de passer
en revue les progrès enregistrés par un État
entre deux examens.
M. RAJIV CHANDER (Inde) a souligné qu'un
travail considérable a été fait pour compiler
les premières idées au sujet de l'examen périodique
universel. Ce travail a aussi montré la variété
des avis sur les différents aspects de la question. Toutefois,
le thème unificateur doit résider dans le fait qu'il
s'agit d'un mécanisme de coopération et non d'affrontement.
L'Inde a déjà exprimé ses vues détaillées
dans le cadre des précédentes réunions.
L'Inde estime que l'examen périodique universel doit
être un mécanisme permettant d'examiner la situation
des droits de l'homme de manière positive pour protéger
les droits de l'homme. L'examen périodique universel pourrait
aussi servir de forum d'échange utile au sujet des pratiques
et pour identifier les différentes options de coopération
technique. Il faut se tourner vers l'avenir et garder à
l'esprit les progrès du Groupe de travail sur l'examen
et la rationalisation des mécanismes et des mandats. Les
travaux des deux Groupes de travail doivent se dérouler
de concert. Il faut aussi être sensible aux besoins des
petites délégations pour qu'elles puissent participer
aux prochaines réunions, a ajouté le représentant
de l'Inde.
M MUSTAFISUR RAHMAN (Bangladesh) a relevé
que l'examen périodique universel, s'il est mené
de manière efficace et fonctionnelle, donnera la possibilité
au Conseil de se distinguer de la Commission. S'agissant du processus
d'examen, il a suggéré qu'un questionnaire standard
soit élaboré, qui puisse servir de base pour la
préparation de leur rapport par les Etats. Le dialogue
interactif doit constituer l'élément central de
l'examen, a-t-il relevé. Il a estimé que l'examen
de chaque pays ne devrait pas excéder trois heures. La
fréquence de l'examen doit dépendre, a-t-il ajouté,
à la fois de la charge de travail du Conseil et des ressources
de l'Etat, en prenant en considération la différence
entre pays développés et moins développés.
Il a soulevé encore la possibilité pour les Etats
d'obtenir une assistance en matière de développement
des capacités. Finalement il a mis en garde contre la tendance
à transformer l'examen en un forum d'accusations. Plus
que tout, a-t-il conclu, il faut éviter la politisation
des droits de l'homme.
M. IDRISS JAZAÏRY (Algérie, au nom
du Groupe africain) a notamment déclaré que
l'objectif du Conseil doit être de promouvoir la coopération
entre les États en vue de la promotion et de la protection
des droits de l'homme par le biais d'une évaluation du
respect des obligations contractées par les Etats membres
en matière de droits de l'homme. L'objectif ne doit
donc pas être la création d'un tribunal, mais bien
la promotion de la reconnaissance des principes d'universalité,
d'indépendance et d'indivisibilité des valeurs fondamentales
qui sont celles de la communauté internationale, dans
le respect des particularités de chaque État, a
estimé le représentant algérien. Celui-ci
a donné des précisions sur ce que pourraient être
les modalités pratiques de l'examen périodique universel,
qui devra éviter les écueils que sont la politisation
et la confrontation. La transparence et le pragmatisme devront
être à la base du travail.
La périodicité des examens doit privilégier
la qualité; l'examen pourrait commencer par une auto-évaluation
des États, avec également la possibilité
pour les Etats de fournir des réponses écrites suite
à l'examen de leur rapport. Cette auto-évaluation
serait distribuée quelques semaines avant la session, un
autre Etat membre du même groupe régional étant
désigné comme rapporteur. Le Conseil adopterait
des conclusions relatives aux programmes de soutien à l'action
recommandée aux Etats.
M. BERTIN BIDIMA (Cameroun) a salué les
initiatives prises par le président du Conseil des droits
de l'homme ainsi que des plateformes de concertation offertes
par plusieurs Etats et des contributions de diverses institutions
et organisations non gouvernementales pour arrêter les modalités
de ce mécanisme naissant. Le Cameroun estime que le mécanisme
d'examen périodique universel ne devrait en aucun cas se
départir des dispositions de la résolution 60/251
de l'Assemblée générale qui en constitue
le creuset.
A ce titre, le Cameroun partage la position du Groupe africain.
Afin d'atteindre l'objectif d'un meilleur respect par les Etats
de leurs obligations et engagements en matière des droits
de l'homme et de rester dans le droit fil de la résolution
60/251, ce mécanisme pourrait valablement s'inspirer de
l'expérience du mécanisme d'examen par les pairs
mis en place dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement
de l'Afrique (NEPAD).
En dehors des principes d'universalité, d'interdépendance
et d'invisibilité des valeurs fondamentales partagées
par la communauté internationale qui doivent être
promus par ce mécanisme, le niveau de développement
de chaque pays et le respect de sa culture et de ses spécificités
sont des adjuvants nécessaires. Pour le Cameroun, le
mécanisme d'examen périodique universel qui devra
s'effectuer avec la pleine participation du pays concerné
doit dans tous les cas aider ce dernier à se hisser au
rang des nations qui placent le respect de la dignité humaine
au centre de leur politique.
M. ALEJANDRO NEYRA (Pérou), réaffirmant
la nécessité de tenir compte des principes d'universalité,
de traitement égal et de transparence et d'éviter
les doublons, a rappelé que l'objectif de l'examen est
une appréciation collective de la situation des droits
de l'homme dans les différents pays. Mettre les victimes
sous les feux de la rampe, a-t-il dit, est essentiel pour faire
progresser le travail. Il a insisté aussi sur la nécessité
d'une participation très large de tous les acteurs concernés.
S'agissant du résultat final, il a recommandé qu'un
rapport couronne l'examen, qui contienne des recommandations générales
et spécifiques visant à éviter la répétition
des violations constatées. Il a encore proposé la
création de bureaux du Haut Commissariat aux droits de
l'homme sur le terrain, afin d'assurer un suivi approprié.
M. TERRY CORMIER (Canada) s'est dit encouragé
par le consensus qui semble se dégager autour du nouvel
outil, notamment s'agissant de la coopération avec les
Etats examinés et la nécessité de les aider
à renforcer leurs capacités. L'objectif de l'examen périodique universel doit être de permettre une meilleure mise en uvre des obligations en matière de droits de l'homme,
obligations découlant des textes internationaux, au premier
rang desquels la Déclaration universelle des droits de
l'homme. La périodicité devrait être suffisamment
rapprochée pour avoir un impact réel sur la situation
dans les Etats examinés. L'examen proprement dit pourrait
être confié à quatre comités se réunissant
toute l'année et faisant rapport continuellement au Conseil.
Les organisations non gouvernementales et les institutions nationales
des droits de l'homme devraient être associées à
ce processus. Le Canada attend beaucoup de la collaboration
avec la société civile pour faire de l'examen périodique
un outil efficace.
M. JESUS ENRIQUE GARCIA (Philippines) a estimé
que l'examen périodique universel devrait en principe avoir
lieu tous les cinq à six ans pour chaque pays. Il pourrait
comporter trois phases. Une étape préparatoire,
un dialogue interactif et un stade final. Cela pourrait permettre
d'avoir une vision claire des modalités et des acteurs
à chaque phase. S'agissant du dialogue interactif, il doit
constituer un examen entre pairs en sessions privées durant
entre deux et trois heures. La phase finale prendrait la forme
d'un résumé des débats avec des recommandations
rédigées en consultation avec l'Etat examiné.
Enfin, le deuxième examen périodique universel pour
un Etat représenterait le suivi des recommandations du
premier examen.
MME FAITH GAN (Singapour) a indiqué qu'il
est temps de mettre en place un calendrier formel pour aboutir
à la conclusion que tous les Etats souhaitent. Elle a invité
le Conseil à garder à l'esprit deux principes. D'une
part, a-t-elle dit, l'examen périodique universel doit
être un mécanisme de coopération; le document
final doit être accepté par l'Etat concerné.
D'autre part, elle a relevé que la création de mécanismes
pour l'examen périodique universel et l'évaluation
des mandats et mécanismes sont inextricablement liés
et d'égale importance dans le contexte d'une amélioration
générale du système onusien des droits de
l'homme. Le travail sur ces deux sujets doit donc aller de pair
afin d'assurer la cohérence du système des droits
de l'homme, a-t-elle conclu.
M. CHAIYONG SATJIPANON (Thaïlande) a déclaré
que l'examen périodique universel doit évaluer les
actions des Etats membres dans le cadre de la réalisation
de leurs engagements par rapports à la Déclaration
universelle des droits de l'homme ainsi que des traités
auxquels ils sont parties. Le processus doit tenir pleinement
compte du niveau de développement des Etats ainsi que de
leurs particularités sociales et culturelles. Chaque Etat
devrait être examiné tous les cinq ou six ans pendant
environ trois heures. L'examen devrait comprendre trois étapes
: préparation, dialogue interactif avec les Etats et suivi
des recommandations. Le résultat devrait conduire à
des améliorations concrètes et il faudrait envisager
les moyens d'aider techniquement les Etats à appliquer
les recommandations qui leur sont adressées.
M. HASSAN SOBIR (Maldives) a indiqué que
l'examen périodique universel doit contribuer à
l'application sur le terrain de tous les engagements des droits
de l'homme. L'examen doit s'effectuer de manière franche
et être exempt de condamnations. Le processus doit mettre
l'accent sur l'aide au pays concerné. Il faut identifier
les besoins du pays examiné. Les Maldives souhaitent bénéficier
de l'examen périodique universel. Ce mécanisme ne
doit pas engendrer l'obligation pour les États de présenter
de nouveaux rapports. Les Maldives souhaitent que l'examen périodique
universel se fonde sur un traitement de tous les pays sur un pied
d'égalité. S'agissant de la structure, les Maldives
s'associent aux solutions envisagées, mais le résultat
final du processus doit être examiné en plénière
du Conseil. La périodicité doit trouver un équilibre
entre les capacités des pays et la légitimité.
Une périodicité de cinq ans serait appropriée.
L'examen périodique universel doit venir en complément
des organes conventionnels.
M. MOSTAFA ALAEI (République islamique d'Iran)
a souligné que l'objectif de l'examen n'est pas, pour le
Conseil de s'arroger les fonctions d'un tribunal, mais de collaborer
avec l'Etat concerné. Il a insisté sur la nécessité
d'un traitement égal qui implique de se fonder sur les
mêmes principes pour tous les pays, l'objectif étant
de protéger les droits de l'homme et renforcer les capacités
des États. Il a recommandé, en outre, que l'examen soit réalisé sur la base des réponses apportées par les pays à un questionnaire standard. Le dialogue avec les Etats, a-t-il ajouté, suppose la transparence, et doit donc se dérouler en séance plénière. En dernière analyse, l'efficacité de l'examen dépendra des résultats concrets et du suivi, a-t-il conclu.
M. JUAN MARTABIT (Chili) s'est déclaré
convaincu que l'application de l'examen périodique universel
peut changer fondamentalement le processus de protection des droits
de l'homme des Nations unies. La conception du mécanisme
d'examen périodique universel doit tenir compte des attributions
du nouvel organe consultatif qui sera créé pour
seconder l'action du Conseil. Le travail accompli pendant la procédure
d'examen périodique universel devra reposer sur la collaboration
avec les États et permettre de renforcer leur capacité
en matière de protection des droits de l'homme.
L'objectivité et la fiabilité de la procédure
doivent être assurées par la diversité des
sources d'informations. Toutes les parties concernées
par la problématique des droits de l'homme doivent se voir
attribuer un rôle différencié, mais adéquat,
tout au long de la procédure, a précisé le
représentant chilien.
MME CLEMENCIA FORERO UCROS (Colombie) a déclaré
que les travaux sur l'examen périodique universel doivent
se dérouler de manière synchronisée avec
ceux menés dans le cadre de l'amélioration et de
la rationalisation des mandats et mécanismes de la Commission.
Une vision d'ensemble de réforme est nécessaire
pour maintenir la cohésion du système. Les travaux
des deux Groupes de travail doivent avancer de manière
simultanée.
La Colombie considère qu'il faut aborder formellement
le travail confié au facilitateur, et le Conseil doit adopter
un calendrier des réunions pour le Groupe de travail. C'est
un processus intergouvernemental qui doit être réalisé
en plénière du Conseil, a estimé la représentante.
Elle a ajouté que les études des droits de l'homme
dans les pays doivent être rationalisées. L'exercice
doit avoir pour objectif de conduire à des progrès
tangibles dans les pays. L'examen doit créer de nouveaux
espoirs et de nouvelles possibilités de coopération.
M. WEGGER STROMMEN (Norvège) a rappelé
que les activités du Groupe de travail doivent se fonder
sur les principes de transparence et de participation et se dérouler
de manière prévisible. Il a recommandé, dans
le cadre du processus consultatif, d'accorder davantage l'attention
aux objectifs de l'examen périodique universel. Afin de
faciliter la conclusion des travaux sur l'élaboration de
ce processus, il faut maintenant développer une synthèse
des propositions afin d'établir un terrain commun d'entente.
Il a ajouté que l'examen périodique universel ne
doit ni faire double-emploi, ni ponctionner des ressources consacrées
à d'autres organes importants du système des droits
de l'homme des Nations unies.
A cet égard, il a insisté sur la nécessité
de passer par les organes conventionnels pour assurer l'application
des obligations. Il a aussi recommandé de veiller à
ne surcharger ni le Conseil, ni le Secrétariat. Dans cet
esprit, la Norvège adhère à une version "légère"
de l'examen, a-t-il dit, et estime que celui-ci doit se dérouler
en dehors des sessions habituelles du Conseil.
M. PATRICK RITTER (Liechtenstein) a observé
que le principe de l'universalité concerne non seulement
la répartition géographique, mais aussi les obligations
des Etats au regard des droits de l'homme. Le représentant
a donné des précisions sur la conception que son
pays se fait des modalités du travail du Groupe de travail
intersessions, estimant notamment qu'il devrait se donner le temps
d'aboutir à des conclusions productives.
M. JEFFREY KOVAR (Etats-Unis) a estimé qu'un
examen par les pairs est indispensable. Les Etats-Unis ont dit
souhaiter que tous les Etats membres soient examinés
sur un pied d'égalité et à la même
fréquence. L'examen devrait être réalisé
par un groupe de travail composé de membres du Conseil
avec deux membres de chaque groupe régional. S'agissant
de la fréquence, à raison de quarante examens par
an, avec une réunion d'intersession de quatre semaines,
chaque pays serait examiné une fois tous les cinq ans.
La procédure d'examen devrait commencer par un bref
questionnaire adressé à chaque pays, mais aussi
à d'autres observateurs. Chaque pays devrait participer
à une séance publique de deux heures ou un dialogue
axé sur la coopération serait établi, sans
sanctions, et qui permettrait un soutien et une assistance technique.
Quant aux résultats de l'examen, le groupe de travail devrait
présenter chaque année un rapport au Conseil des
droits de l'homme.
MME ROBYN MUDIE (Australie) a proposé
qu'un document présentant une synthèse des vues
et des domaines de convergences soit rédigé, afin
qu'une décision concrète puisse rapidement être
prise en commun. S'agissant de la structure du groupe de travail,
elle a relevé la nécessité d'agir avec méthode
et mesure. Quant à la nécessité évoquée
de tenir compte à la fois de l'examen des mandats et de
l'examen périodique, elle a estimé qu'un processus
ne doit toutefois pas freiner le développement de l'autre.
DECLARATIONS D'ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES
MME ANURADHA RAO (Comité d'action internationale
pour les droits de la femme, au nom également de plusieurs
organisations non gouvernementales1) a déclaré qu'en
ce moment crucial, le Conseil doit donner l'exemple de l'intégration
du droit des femmes et tenir compte, dans tous ses travaux, de
la perspective sexospécifique. L'examen périodique
universel doit être un processus général et
efficace de nature à promouvoir le respect des droits de
l'homme sur le terrain. Il doit élaborer des indicateurs
concernant certains droits comme la liberté de religion,
de presse, de réunion, entre autres. Il devra être
doté d'un calendrier approprié et disposer d'informations
fiables et objectives. Les experts devront tenir un compte en
particulier du respect des droits des femmes par les Etats examinés,
a estimé la représentante._
MME CONCHITA PONCINI, (Fédération internationale
des femmes diplômées des universités,
au nom également de plusieurs organisations non gouvernementales2)
a déclaré que l'accès des femmes à
des postes élevés doit être améliorée.
Elle a par ailleurs souligné qu'une majorité de
femmes dépend des hommes pour exercer leur droit au logement.
Les travaux non payés des femmes au foyer sont sous-évalués.
La violence domestique, l'accès limité à
l'éducation, les inégalités entre hommes
et femmes sur le plan culturel constituent également des
problèmes. Il faut institutionnaliser l'intégration
des droits des femmes dans le système des Nations unies.
Et pour prendre au sérieux l'égalité entre
hommes et femmes, des experts multidisciplinaires devraient intervenir.
MME PEGGY HICKS (Amnesty International, au nom
également de Human Rights Watch; Fédération
internationale des ligues des droits de l'homme; Organisation
mondiale contre la torture; et la Commission internationale de
juristes), soulignant l'importance du processus d'examen universel
périodique, a recommandé que l'examen se déroule
en trois étapes : la préparation par les experts
indépendants, le dialogue interactif et la réponse
du Conseil. Elle a par ailleurs estimé que le succès
du processus dépendra, notamment, de la pertinence des
questions adressées aux gouvernements, des recommandations
et du suivi qui y sera donné, ainsi que du rôle accordé
aux organisations non gouvernementales. Elle a recommandé,
par ailleurs, que le Conseil de sécurité puisse
être saisi des cas urgents relevant de son mandat et que
le Conseil envisage d'exclure un membre qui violerait systématiquement
les droits de l'homme.
Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité
que les organisations non gouvernementales puissent intervenir
au cours du dialogue interactif. Les informations produites
par celles-ci, a-t-elle encore dit, devraient figurer dans les
éléments du dossier remis à l'expert.
M. BUDI TJAHJONO (Pax Romana, au nom également
de Asian Forum for Human Rights and Development; Alliance internationale
des femmes; et la Fédération internationale des
femmes diplômées des universités) a déclaré
que le mécanisme proposé doit être universel
dans le sens où il doit s'appliquer à tous les Etats;
périodique dans la mesure où il doit s'agir d'un
effort continu; et inquisitif en ce qu'il doit comprendre des
objectifs qui doivent être poursuivis dans un esprit de
solidarité par tous les Etats. L'examen bénéficierait
à toutes ses étapes de l'apport d'un organe d'experts
indépendants, avant que les membres du Conseil ne soient
saisis des dossiers. Le représentant a souligné
la nécessité de l'existence d'un "point focal
national" en relation avec l'examen périodique universel.
Les gouvernements ne doivent en effet pas être seuls concernés
par cette procédure, qui doit englober au contraire la
participation active et transparente des citoyens des pays concernés,
y compris les organisations non gouvernementales.
M. GIANFRANCO FATTORINI (Mouvement contre le racisme
et pour l'amitié entre les peuples a déclaré
qu'on a entendu parler, à tort et à travers, du
niveau de crédibilité de la défunte Commission
et parfois déjà de la crédibilité
de ce Conseil, "alors qu'il serait bien plus important de
se focaliser sur l'efficacité des mécanismes de
protection et promotion des droits de l'homme". Le MRAP a
dit craindre que le mécanisme d'examen périodique
universel ne se réduise qu'à un pur exercice de
style accompagné d'un échange d'amabilités.
Le MRAP a tenu à souligner les éléments indispensables
à la création de ce mécanisme.
S'agissant des acteurs, à côté des Etats,
la participation d'experts, d'institutions nationales et d'organisations
non gouvernementales sont indispensables pour assurer l'authenticité
du dialogue. Concernant le contenu, ce nouveau mécanisme
devra examiner le respect des droits civils et politiques, économique
et sociaux, individuels et collectifs, y compris le droit des
peuples à disposer d'eux-mêmes et le droit au développement.
Quant au cadre, l'examen devra se pencher sur les pratiques des
Etats membres au sein de toutes les organisations du système
des Nations unies afin d'attirer l'attention sur celles qui sont
subjectivement en contradiction avec les engagements souscrits
en matière de droits de l'homme. Enfin, les travaux liés
à ce mécanisme ne pourront que se tenir dans des
périodes additionnelles aux dix semaines prévues
pour les réunions du Conseil.
M. ROMUALD PIAL MEZALA (Ligue internationale pour
les droits et la libération des peuples), reconnaissant que l'examen périodique universel est un élément essentiel pour promouvoir le respect universel et la défense de tous les droits de l'homme, a recommandé que l'examen soit mené par un organe d'experts indépendants dont la composition et les méthodes de travail garantissent un processus objectif et impartial. Il a relevé que la crédibilité du Conseil serait mesurée à l'aune de sa capacité à assurer la mise en uvre des résolutions adoptées.
M. PETER PROVE (Fédération luthérienne
mondiale, au nom également de plusieurs organisations
non gouvernementales 3) a estimé que l'examen périodique
universel est sans doute l'élément le plus important
de la structure émergente du Conseil des droits de l'homme,
et probablement le seul véritablement neuf. Il faut relever
que le temps disponible pour chaque examen sera certainement trop
limité pour permettre des études approfondies.
L'examen proprement dit devra donc être précédé
d'une phase de préparation et d'analyses approfondies.
D'autre part, seule une gestion du temps rigoureuse évitera
que le Conseil ne soit débordé par cette procédure
d'examen et donc incapable d'assumer son rôle de protection
des droits de l'homme. L'idée que la procédure soit
fondée sur l'auto-évaluation des Etats ne donne
pas de bonnes garanties d'objectivité de la procédure,
a estimé le représentant, proposant qu'un expert
indépendant soit chargé du suivi d'une procédure
d'examen.
MME BERRIT GERRITZEN (United Nations Watch) a
déclaré que l'examen périodique universel
est l'innovation majeure du Conseil et son meilleur espoir pour
échapper à la sélectivité et à
la politisation de son prédécesseur. UN Watch prie
instamment le Conseil de créer un système qui permettrait
de soumettre chaque Etat membre à un examen en se fondant
sur des informations fiables impliquant la participation d'organisations
non gouvernementales. UN Watch se dit préoccupé
par le fait que certaines propositions reviennent sur le principe
d'universalité et espère que l'idée que les
pays en développement soient l'objet d'un examen moins
fréquent ne sera pas adoptée.
Enfin, UN Watch demande au Conseil de créer un système
qui soit véritablement critique à l'égard
de chacun.
M. SHUNJI MIYAKE (Japan Federation of Bar Associations) a suggéré que le processus d'examen fonctionne d'avantage sur une base régionale, sachant que la mise en uvre des droits de l'homme est plus efficace si elle est supervisée directement sur le terrain. Il a proposé, à cet égard, qu'un examen préparatoire soit effectué sur le terrain par des experts assistés d'acteurs de la société civile.
1. Déclaration conjointe : Comité
d'action internationale pour les droits de la femme; Asian Forum
for Human Rights and Development; Center for Women's Global Leadership;
Alliance internationale des femmes; Union mondiale des organisations
féminines catholiques; Association des femmes du pacifique
et de l'asie du sud-est; Worldwide Organization for Women; Zonta
International; Réseau juridique canadien VIH/sida; et Pax
Romana.
2. Déclaration conjointe : Fédération
internationale des femmes diplômées des universités;
Association des femmes du pacifique et de l'asie du sud-est; Comité
Inter-africain sur les pratiques traditionnelles ayant effet sur
la santé des femmes et des enfants en Afrique; Worldwide
Organization for Women; Mouvement mondial des mères; Organisation
internationale des femmes sionistes; Femmes Africa Solidarité;
Commission africaine des promoteurs de la santé et des
droits de l'homme; Institut pour une synthèse planétaire;
Fédération internationale des femmes de carrières
libérales et commerciales; Association soroptimiste internationale;
Fédération internationale des femmes pour la paix
mondiale; Fondation sommet mondial des femmes; Union mondiale
des organisations féminines catholiques; Conseil international
des femmes; Interfaith International; Zonta International; Federation
of American Women's Clubs Overseas; et l'Alliance internationale
des femmes.
3. Déclaration conjointe : Fédération
luthérienne mondiale; Conseil international des femmes
juives; Asian Forum for Human Rights and Development; Mouvement
international contre toutes les formes de discrimination; Union
mondiale des organisations féminines catholiques; et l'Alliance
internationale des femmes.
Source : Nations unies, Genève, octobre 2006.
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