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NATIONS UNIES, CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, GENEVE, 11 AOUT 2006
__Le Conseil demande à Israël de mettre un terme aux opérations militaires et met en place une commission d'enquête
Le Conseil des droits de l'homme, s'est réuni, le
11 août 2006, à Genève, en session
extraordinaire "sur la situation au Liban", a
adopté une résolution sur "la grave
situation des droits de l'homme au Liban causée par
les opérations militaires israéliennes", dans
laquelle il demande à Israël de mettre immédiatement
un terme aux opérations militaires contre la population
et les biens civils et décide d'établir de toute
urgence une commission d'enquête de haut niveau comprenant
d'éminents experts du droit relatif aux droits de l'homme
et du droit international humanitaire afin qu'elle fasse enquête
sur le ciblage et le meurtre systématique de civils par
Israël au Liban.
Le Conseil décide, par cette résolution
adoptée par 27 voix pour, 11 contre et 8 abstentions, que
la Commission d'enquête examinera les types d'armes utilisées
par Israël et leur conformité avec le droit international;
et évaluera l'étendue et les effets meurtriers des
attaques israéliennes sur les vies humaines, les biens,
les ouvrages d'infrastructure d'importance vitale et l'environnement.
La Commission d'enquête rendra compte, au plus tard le 1er
septembre 2006, des progrès qu'elle aura faits dans l'accomplissement
de son mandat.
Le Conseil demande instamment à toutes les
parties concernées de respecter les règles du droit
international humanitaire, de s'abstenir de toute violence
à l'encontre de la population civile et de traiter en toutes
circonstances tous les combattants détenus et les civils
conformément aux conventions de Genève. Le
Conseil demande en outre à la communauté internationale
d'apporter d'urgence au Gouvernement libanais l'assistance humanitaire
et financière qui lui permettra de faire face à
une catastrophe humanitaire de plus en plus grave et de venir
en aide aux victimes, d'assurer le retour des déplacés
et de restaurer les ouvrages d'infrastructure essentiels.
Plusieurs membres du Conseil sont intervenus dans le cadre
de l'examen du projet de résolution. Le Liban et
Israël sont intervenus en tant que pays concernés.
A l'ouverture de la session, la haut commissaire aux
droits de l'homme, Louise Arbour, a affirmé que
le bilan de plus en plus lourd de morts civils au Liban et
en Israël, ainsi que les déplacements massifs
de populations et la destruction des infrastructures civiles au
Liban, exigent l'intervention du Conseil des droits de l'homme
afin qu'il fasse comprendre aux parties concernées la nécessité
urgente de respecter leurs obligations au regard du droit international.
Tous les efforts doivent être concentrés sur l'arrêt
immédiat des hostilités, a-t-elle ajouté.
Des crimes contre l'humanité peuvent très bien être
commis par des belligérants qui croient, à tort
ou à raison, que leur combat est juste, a averti Louise
Arbour.
Dans le cadre du débat général,
les représentants des pays suivants ont fait des déclaration
: Pakistan (au nom de l'Organisation de la Conférence islamique),
Tunisie (au nom de la Ligue des Etats arabes), Algérie
(en son nom propre et au nom du Groupe africain), Arabie saoudite,
Argentine, Brésil, Bangladesh, Bahreïn, Indonésie,
Maroc, Malaisie, Suisse, Canada, Philippines, Zambie, Mali, Jordanie,
Sénégal, Cuba, Finlande (au nom de l'Union européenne
et autres pays), Chine, Uruguay, Equateur, Inde, Fédération
de Russie, Liban, Israël, Egypte, République populaire
démocratique de Corée, Australie, Koweït, Qatar,
Libye, Soudan, Iran, Nouvelle-Zélande, Palestine, Chili,
Syrie, Venezuela, États-Unis, Yémen, Emirats arabes
unis, Bélarus, Mauritanie, Saint-Siège, Norvège,
Colombie et Arménie. Le représentant de la Ligue
des Etats arabes a également pris la parole. Le Liban et
la Syrie ont en outre exercé leur droit de réponse.
Face à ce qu'elles ont qualifié de "violations
flagrantes et massives des droits de l'homme et du droit humanitaire
international", d'"atrocités commises par Israël",
voire de "crimes de guerre", plusieurs délégations
ont évoqué le principe d'obligation redditionnelle
en vertu duquel, selon certains, devrait être envisagée
la possibilité de poursuivre, pour leur responsabilité
pénale personnelle, les personnes impliquées, en
particulier celles qui sont en position de commander et de contrôler.
Plusieurs intervenants ont en outre demandé à Israël
de lever le blocus que ce pays impose au Liban.
Les représentants des organisations non gouvernementales ci-après ont fait des déclarations: Human Rights Watch; Amnesty International; Congrès juif mondial; Commission internationale de juristes; Fédération internationale des Ligues des droits de l'homme; Coordinating Board of Jewish Organizations et B'nai B'rith; Habitat International Coalition; Association internationale des juristes démocrates; Franciscain international; Pax Romana; Organisation mondiale contre la torture; Union mondiale pour le judaïsme progressiste; Union mondiale pour le judaïsme progressiste; Mouvement indien «Tupaj Amaru»; et United Nations Watch.
En fin de session, le président du Conseil, Luis
Alfonso de Alba, du Mexique a indiqué qu'en coopération
avec la haut commissaire aux droits de l'homme, il ne ménagerait
aucun effort afin que la résolution adoptée aujourd'hui
par le Conseil soit suivie d'effet. Il a joint sa voix à
l'appel lancé en faveur de la cessation inconditionnelle
des hostilités et de la violence dans le conflit actuel.
La présente session est la 2e session extraordinaire
que tient le Conseil depuis sa création. Elle a été
convoquée à la demande de l'Organisation de la Conférence
islamique et du Groupe des Etats arabes afin que le Conseil examine
"les violations flagrantes des droits de l'homme par Israël
au Liban, notamment le massacre de Cana, ainsi que les attaques
contre des civils et la destruction d'infrastructures civiles
essentielles sur tout le territoire du pays" et prenne des
mesures.
La première session extraordinaire, tenue les
5 et 6 juillet 2006, était consacrée à
la situation dans le territoire palestinien occupé.
L'ADOPTION D'UNE RESOLUTION SUR "LA GRAVE SITUATION DES DROITS DE L'HOMME AU LIBAN CAUSEE PAR LES OPERATIONS MILITAIRES ISRAELIENNES"
Par sa résolution consacrée à la grave
situation des droits de l'homme au Liban causée par les
opérations militaires israéliennes (A/HRC/S-2/L.1,
révisée oralement), adoptée par 27 voix pour,
11 contre et huit abstentions, le Conseil des droits de l'homme
condamne énergiquement les violations des droits de l'homme
et les infractions au droit international humanitaire commises
par Israël au Liban. Le Conseil condamne également
le bombardement massif des populations civiles libanaises
particulièrement les massacres de Cana et d'autres agglomérations
libanaises qui ont causé des milliers de morts et de blessés,
surtout parmi les femmes et les enfants, ainsi que le déplacement
de civils, qui concernerait un million de personnes selon une
première évaluation. Le Conseil condamne de même
les bombardements par Israël d'ouvrages d'infrastructures
civils d'importance vitale, qui a provoqué des dégâts
étendus.
Le Conseil demande par la même résolution
à Israël de respecter immédiatement et scrupuleusement
les obligations que lui imposent le droit relatif aux droits de
l'homme et de mettre un terme immédiatement aux opérations
militaires contre la population et les biens civils qui provoquent
des morts et des destructions et qui sont des graves des droits
de l'homme; il demande également à toutes les
parties de respecter les règles du droit international
humanitaire, de d'abstenir de commettre des violences contre
les civils et de traiter en toute circonstance tous les combattants
détenus ainsi que les civils conformément aux Conventions
de Genève.
Le Conseil décide par ailleurs d'établir
de toute urgence et d'envoyer dans l'immédiat une commission
d'enquête de haut niveau composée d'experts des droits
de l'homme et du droit international humanitaire, avec la possibilité
d'inviter des procédures spéciales des Nations unies
qui seraient désignés par la Commission d'enquête.
La commission devra faire enquête sur le ciblage et le
meurtre de civils par Israël au Liban. La commission examinera aussi les types d'armes utilisées par Israël et leur conformité avec le droit international et évaluera l'étendue et les effets meurtriers des attaques israéliennes sur les vies humaines, les biens, les ouvrages d'infrastructures d'importance vitale et l'environnement. Le Conseil demande à la communauté internationale d'apporter d'urgence au gouvernement libanais l'assistance humanitaire et financière qui lui permettra de faire face à une catastrophe humanitaire de plus en plus grave.
[Ont voté pour (27) : Afrique du Sud, Algérie,
Arabie saoudite, Argentine, Azerbaïdjan, Bahreïn, Bangladesh,
Brésil, Chine, Cuba, Equateur, Fédération
de Russie, Inde, Indonésie, Jordanie, Malaisie, Mali, Maurice,
Maroc, Mexique, Pakistan, Pérou, Sénégal,
Sri Lanka, Tunisie, Uruguay et Zambie.
Ont voté contre (11) :Allemagne, Canada, Finlande,
France, Japon, Pays-Bas, Pologne, République tchèque,
Roumanie, Royaume-Uni et Ukraine.
Abstentions (8) :Cameroun, Gabon, Ghana, Guatemala,
Nigéria, Philippines, République de Corée
et Suisse.
Plusieurs pays ont expliqué leur vote ou fait des observations
sur le projet de résolution.]
LE DEBAT SUR LA SITUATION AU LIBAN
LOUISE ARBOUR, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a déclaré que le bilan de plus en
plus lourd de morts civils au Liban et en Israël, ainsi
que les déplacements massifs de populations et la destruction
des infrastructures civiles au Liban, exigent l'intervention du
Conseil des droits de l'homme afin qu'il fasse comprendre aux
parties concernées la nécessité urgente de
respecter leurs obligations au regard du droit international.
La crise, qui dure depuis près d'un mois, appelle une réaction
ferme de la part du Conseil, a dit Louise Arbour. Tous les
efforts doivent être concentrés sur l'arrêt
immédiat des hostilités afin que des vies puissent
être sauvées et que les victimes des violations des
droits de l'homme et du droit international humanitaire recouvrent
leurs droits.
La haut commissaire a rappelé à cet égard
aux parties en conflit que les civils ne doivent jamais faire
l'objet d'attaques délibérées. Les dommages
prévisibles qu'ils pourraient subir, ainsi que leurs biens,
doivent être proportionnels aux buts militaires directs
et concrets. Les attaques sans discrimination sont interdites
et les civils ne sauraient être utilisés comme "boucliers",
a encore précisé Louise Arbour. D'autre part, a-t-elle
mis en garde, des crimes contre l'humanité peuvent très
bien être commis par des belligérants qui croient,
à tort ou à raison, que leur combat est juste.
Le 30 juillet 2006, le monde s'est ému de l'attaque israélienne
contre un immeuble d'habitation à Cana, au cours de laquelle
de très nombreux civils ont perdu la vie. Des centaines
d'autres personnes ont été tuées au Liban,
a déploré la haut commissaire, relevant que les
survivants doivent subir la destruction à grande échelle
de leurs infrastructures civiles. Les attaques israéliennes
n'ont à ce jour pas eu de répit.
Quant aux attaques incessantes menées par le Hezbollah
contre les zones peuplées du nord d'Israël, elles
sont également source de mort et de désolation,
a souligné Arbour, qui a fait état d'accusations
d'utilisation systématique, par le Hezbollah, des populations
civiles comme autant de boucliers humains. Il importe maintenant
de faire la lumière sur une situation confuse et de démêler
les faits derrières ces allégations. Des appels
pressants ont été formulés pour le lancement
d'une enquête approfondie de haut-niveau au sujet des
violations graves des droits de l'homme et du droit international
humanitaire au Liban et en Israël. L'indépendance
et l'impartialité d'une telle enquête doit être
garantie non seulement par la crédibilité des experts
qui en seront membres, mais aussi par la portée et la méthodologie
de son mandat. Dans un contexte de droits de l'homme, sa mission
devra concerner au premier chef les victimes de tous bords et
poser les bases de possibles mesures de réparation et de
responsabilité.
Après la destruction du dernier pont sur la rivière
Litani, la haut commissaire est très inquiète
de la situation humanitaire de la population demeurée dans
le sud du Liban, qui ont un besoin urgent d'eau, de nourriture
et d'aide médicale, que les travailleurs humanitaires ne
sont plus en mesure de fournir. Les difficultés des populations
déplacées dans les zones de combat et celles des
réfugiés dans d'autres pays sont également
très inquiétantes, a relevé Louise Arbour,
rappelant que leurs droits fondamentaux doivent être garantis.
Le Conseil doit intervenir en faveur de ceux dont les droits fondamentaux
ont été et continuent d'être bafoués
ainsi qu'à ceux qui ont perdu des êtres chers et
des parents, aux personnes déplacées et aux blessées,
a-t-elle encore fait valoir.
M. MASOOD KHAN (Pakistan, au nom de l'Organisation
de la Conférence islamique / OCI) a jugé
désastreuse la situation au Liban. Plus d'un millier de
personnes ont été tuées, soit chez elles,
soit sur leur lieu de travail, a-t-il rappelé. Un million
de personnes ont quitté leurs foyers. Les personnes les
plus vulnérables - enfants, femmes et vieillards - sont
celles qui sont les plus touchées. Les infrastructures
essentielles du Liban ont été détruites et
Israël impose désormais un blocus au pays. Tous
ces actes constituent des violations de la Charte des Nations
unies, du droit international et du droit humanitaire international.
Le droit à la vie, à l'alimentation, à la
santé et au logement, ainsi que le droit des personnes
déplacées internes sont autant de droits qui ont
été violés. Ces violations systématiques
des droits de l'homme se font sans distinction de race ou de religion;
des chrétiens et des musulmans ont été tués
en toute désinvolture, a poursuivi le représentant
pakistanais. Les conventions de Genève ont été
violées, a-t-il insisté. Il existe des témoignages
dignes de foi sur le carnage qui se poursuit au Liban, a-t-il
poursuivi. Il ne suffit pas de condamner cela; ces assassinats
doivent prendre fin.
La haut commissaire aux droits de l'homme a elle-même
parlé de crimes de guerre et de responsabilité pénale.
Le Conseil doit faire un choix moral entre l'humanité et
l'inhumanité, entre le droit et le mépris du droit.
La politique ne doit pas dominer au point que l'on cesse d'entendre
les cris d'un enfant qui meurt. Le Conseil doit condamner les
violations des droits de l'homme flagrantes et systématiques
commises par Israël au Liban et demander l'envoi d'une commission
d'enquête, a affirmé le représentant pakistanais.
Il faut aider le Gouvernement et le peuple du Liban à faire
face aux besoins de réhabilitation des victimes, aux besoins
de restauration des infrastructures, ainsi qu'au retour des personnes
déplacées, a-t-il conclu. Il faut en outre assurer
libre accès des convois humanitaires et médicaux
aux populations et créer des couloirs humanitaires.
M. SAMIR LABIDI (Tunisie, au nom de la Ligue
des Etats arabes) a déclaré que la situation
humanitaire et les violations constantes du droit humanitaire
au Liban par Israël appellent une réaction extrêmement
ferme de la communauté internationale. La violence aveugle,
l'embargo total du pays auquel Israël soumet le Liban ont
entraîné des pertes énormes en vies humaines
et en biens matériels, autant de violations flagrantes
de tous les textes et principes du droit international. La
Ligue arabe condamne sans appel la violence qu'Israël a infligée
au Liban et qui a fait à ce jour plus de 1000 victimes
civiles, en violation du droit qui interdit de prendre les civils
comme cibles d'actions militaires. La Ligue demande donc un cessez-le-feu
immédiat et condamne les agressions israéliennes
quotidiennes qui sont autant de violations du droit humanitaire.
La Ligue des Etats arabe estime qu'Israël commet au Liban
des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité; elle
demande aussi l'envoi d'une commission d'enquête pour déterminer
pourquoi les civils sont pris pour cible et pour déterminer
si les armes utilisées par Israël sont conformes au
droit international.
M. MOHAMMED BESSEDIK (Algérie, au nom
du Groupe africain) a souligné que le Groupe africain condamne avec fermeté les opérations militaires menées par Israël au Liban et en Palestine, qui constituent des violations massives et flagrantes des droits de l'homme et du droit humanitaire international. En effet, ces attaques ont ciblé et continuent de cibler des populations civiles, y compris les cortèges de civils qui fuient les bombardements. Diverses sources d'informations fiables et concordantes affirment que la population civile est de plus en plus privée de l'accès aux services de base. Pis encore, les forces militaires israéliennes ont décidé de bloquer l'acheminement des secours et tout particulièrement en ce qui concerne les personnes ensevelies sous les décombres. Face à cette situation, le Groupe africain se déclare gravement préoccupé et lance un appel fort et urgent pour que tout soit mis en uvre afin de fournir de façon prioritaire un accès sans restriction à l'assistance humanitaire, a indiqué le représentant algérien.
Le Groupe africain réaffirme sa position sur la nécessité
pour l'armée israélienne de pratiquer la retenue
et de respecter scrupuleusement les droits de l'homme tant au
Liban qu'en Palestine. Il lance également un appel
à la communauté des donateurs pour répondre
massivement et généreusement à l'appel de
détresse lancé par le Gouvernement libanais démocratiquement
élu pour soulager les souffrances d'une population largement
éprouvée, sans oublier le peuple palestinien qui
subit les mêmes pratiques de la part d'Israël. Le Groupe
africain demande instamment aux autorités israéliennes
de lever le blocus imposé sur les frontières aériennes
et maritimes du Liban et qui met en danger la vie des civils libanais.
Il est urgent que le Conseil des droits de l'homme envoie une
mission d'établissements des faits au Liban, a conclu le
représentant algérien.
M. MOHAMMED AL-AGALI (Arabie saoudite) a condamné
les agressions aveugles commises par Israël contre le Liban,
sa population et ses infrastructures. Des milliers de victimes
sont à déplorer ainsi que le déplacement
forcé de plus de 800'000 personnes et la destruction intégrale
de l'infrastructure civile du pays - routes, ponts, installations
électriques. Il convient que le Conseil agisse pour
protéger les populations civiles et mettre un terme
aux violations des droits de l'homme. Une commission d'enquête
de haut niveau doit être dépêchée sur
place pour évaluer l'ampleur des dommages causés
par les graves violations du droit humanitaire international par
Israël. Cette commission devra aussi se prononcer sur la
légalité des armements utilisés par ce pays.
Le Conseil doit adopter la résolution proposée et
demander au Conseil de sécurité des Nations Unies
d'imposer un cessez-le-feu immédiat et d'appliquer les
sept propositions pour la résolution de la crise formulées
par le Liban.
M. ALBERTO J. DUMONT (Argentine) a fait part
de la préoccupation de son pays à l'égard
de la crise humanitaire que subit la population civile du
fait des affrontements entre Israël et le Hezbollah. L'Argentine
déplore le lancement de roquettes par le Hezbollah ainsi
que l'enlèvement de soldats israéliens et condamne
le recours excessif à la force par Israël. L'Argentine,
par principe, ne peut accepter la violence en tant qu'instrument
pour atteindre des objectifs, quels qu'ils soient, a poursuivi
le représentant argentin. La communauté internationale
doit immédiatement assumer ses responsabilités et
éviter que cette situation de violence ne continue de provoquer
des victimes. Le gouvernement argentin continuera de déployer
tous les efforts diplomatiques afin de contribuer à la
paix au Moyen-Orient.
M. CLODOALDO HUGUENEY (Brésil) a dit sa
douleur et sa préoccupation devant la spirale de violence
et de douleur qui embrase, une nouvelle fois, le Proche-Orient.
Le Brésil se sent directement touché par cette violence,
compte tenu de l'importante communauté libanaise émigrée
au Brésil - la principale communauté libanaise après
le Liban -, et du fait q'une importante communauté brésilienne
vit au Liban - dont sept au moins ont été tués
par les bombardements aériens. En outre, le Brésil
compte une importante communauté juive et de nombreux Brésiliens
vivent en Israël. Le Brésil a procédé
à l'évacuation de 3'000 de ses citoyens et contribué
à l'aide médicale au Liban par l'intermédiaire
de l'Organisation mondiale de la santé. Le Brésil
déplore tant les pertes en vies humaines en Israël
du fait des attaques à la roquette du Hezbollah que la
réaction militaire disproportionnée d'Israël.
Il demande aux forces en présence de garantir l'aide humanitaire
aux populations prises dans le conflit. Le Brésil demande
notamment à Israël de délimiter pour ce faire
des couloirs humanitaires sécurisés. Les autorités
brésiliennes appellent par ailleurs à un cessez-le-feu
et demandent l'instauration d'un dialogue qui puisse conduire
à une solution durable et globale au conflit. Le Conseil
doit jouer son rôle en attirant l'attention sur la nécessité
absolue de respecter les droits humains des populations civiles.
M. TOUFIQ ALI (Bangladesh) a rappelé qu'un
millier de civils libanais ont été tués dans
les attaques menées par Israël contre le Liban. La
situation est très grave et se dégrade chaque jour,
a-t-il ajouté. Ce recours brutal à la force contre
des civils constitue une violation flagrante des droits de l'homme
et du droit humanitaire international qui doit cesser immédiatement.
Le massacre de Cana a choqué la conscience du monde. Israël
n'en poursuit pas moins le carnage, défiant le droit humanitaire
international. Le meurtre de quatre soldats de la paix au Liban
témoigne du peu de cas que fait Israël des normes
internationales. Le bombardement aveugle de villes constitue un
ciblage inacceptable de civils, a poursuivi le représentant.
Le droit international demande que des comptes soient rendus.
Aussi, faut-il envisager la possibilité de poursuivre
les personnes impliquées, en particulier celles qui sont
en position de commander et de contrôler, pour leur
responsabilité pénale personnelle. Alors que les
atrocités israéliennes se poursuivent au Liban,
le monde est confronté à une grave crise humanitaire,
a poursuivi le représentant. Il a insisté sur la
nécessité pour Israël d'assurer un accès
sans restriction à l'assistance humanitaire. Quant au Conseil
de sécurité, il doit agir sans plus tarder afin
d'apporter un cessez-le-feu et de garantir la souveraineté
et l'intégrité territoriale du Liban. Le déploiement
d'une force internationale le long de la frontière israélo-libanaise
pourrait constituer un pas en avant appréciable; mais il
doit être opéré avant qu'il ne soit trop tard.
La proposition du Gouvernement libanais de déployer 15'000
soldats au Sud-Liban pour stabiliser la zone est également
bienvenue. Le Bangladesh demande le retrait de toutes les forces
israéliennes de tous le territoire libanais.
M. ABDULLA ABDULLATIF ABDULLA (Bahreïn)
a souligné qu'un mois après le début de l'agression
israélienne, un million de Libanais ont dû quitter
leurs foyers tandis que plus de mille victimes civiles sont à
déplorer. La destruction du pays est totale, chaque jour
qui passe augmentant les souffrances des civils libanais, femmes,
hommes et enfants. Le bombardement de cibles prétendument
militaires a occasionné des pertes civiles importantes,
ce qui est inexcusable, a dit le représentant. Le Conseil
des droits de l'homme doit maintenant condamner sans détour
les tueries, les expulsions, les souffrances imposée
par Israël dans tout le Liban, le sort du village de Cana
n'étant qu'un exemple parmi de très nombreux autres,
a rappelé le représentant. De nombreuses organisations
non gouvernementales et internationales ont exprimé leur
désarroi devant les souffrances inutiles infligées
aux populations civiles et leur impact sur la situation humanitaire.
Une commission d'enquête doit être mandatée
sans délai pour enquêter sur les violations du droit
international commises par Israël, sur l'ampleur des dégâts
humains et matériels subis par le Liban depuis le début
de la crise et sur l'utilisation éventuelle par Israël
d'armes interdites par le droit international, a dit le représentant.
M. MAKERIM WIBISONO (Indonésie) a estimé
qu'il était grand temps de convoquer cette session extraordinaire
du Conseil des droits de l'homme après un mois de frappes
aériennes israéliennes massives et aveugles. L'agression
israélienne viole l'intégrité territoriale
d'un pays voisin ainsi que les droits fondamentaux de civils innocents.
Plus de mille personnes ont déjà trouvé la
mort au Liban. Même le personnel onusien n'a pas échappé
à ce carnage. Jan Egeland s'est rendu sur les lieux et
parle aujourd'hui encore d'une situation qui se détériore
et qui pourrait encore s'aggraver. Il y a urgence pour le Conseil
à porter son attention sur cette question. S'il n'agit
pas promptement face à un tel mépris pour les normes
de droits de l'homme les plus fondamentales, le Conseil manquera
à son mandat. Il faut envoyer de toute urgence une équipe
d'enquête sur place, a conclu le représentant indonésien.
Il faudrait en outre déployer dans le Sud-Liban une force
de maintien de la paix internationale des Nations unies; une part
substantielle de cette force devrait être composée
de personnel en provenance des pays de l'Organisation de la Conférence
islamique (OCI).
M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a salué
la tenue de cette session extraordinaire consacrée à
la situation au Liban; le Conseil doit en effet assumer ses responsabilités
devant cette crise majeure touchant aux droits humains des populations
civiles du Liban. L'agression que subit ce pays depuis un mois
touche aussi bien les populations civiles, dont les droits les
plus fondamentaux sont bafoués, que les infrastructures
essentielles - routes, réseau électrique, hôpitaux,
aéroports. La crise dure depuis un mois maintenant, chaque
matin étant source de nouvelles inquiétudes pour
les populations civiles sans défense. Or, malgré
les appels de la communauté internationale, Israël
n'a pas mis de frein à son agression brutale. C'est pourquoi
le Maroc demande qu'il soit mis un terme à la guerre imposée
au Liban. Les pratiques d'Israël sont contraires au droit
international et humanitaire, a dit le représentant. Le
Maroc appuie le contenu du projet de résolution et est
favorable à l'envoi d'une commission d'enquête sur
place; il appelle la communauté internationale à
aider matériellement le Liban et demande un cessez-le-feu
immédiat.
MME HSU KING BEE (Malaisie) a souligné
la nécessité pour le Conseil de se montrer à
la hauteur de son mandat. Depuis plus de quatre semaines, le peuple
libanais est soumis à une attaque brutale de la part des
militaires israéliens, a-t-elle rappelé. Elle a
dénoncé le déploiement disproportionné
de forces militaires contre le Liban et son peuple. Chaque jour,
des enfants et des vieillards sont massacrés, a-t-elle
insisté. Même les observateurs des Nations unies
n'ont pas été épargnés. La situation
se détériore rapidement et l'agresseur a encore
l'intention d'étendre son offensive militaire. La représentante
a attiré l'attention sur les avertissements récurrents
concernant la détérioration de la situation humanitaire
au Liban. Il ne faut pas oublier le peuple libanais, pas plus
que les atrocités israéliennes qui se poursuivent
dans les territoires occupés. La communauté internationale
et le Conseil des droits de l'homme ont la responsabilité
morale de faire en sorte qu'Israël soit tenu pour responsable
et ne continue pas en toute impunité à commettre
ses atrocités. Il faut rappeler à Israël que
ce pays doit respecter les droits de l'homme. Il faut que le
Conseil envoie au Liban une commission d'enquête de haut
niveau. En outre, la communauté internationale doit
fournir une aide financière et humanitaire au Liban.
M. BLAISE GODET (Suisse) a déclaré
que son pays condamne tout acte de violence et de provocation.
L'attaque du Hezbollah contre une patrouille israélienne
le 12 juillet 2006 constituait un tel acte, Israël a le
droit de protéger son territoire et sa population contre
de tels actes. Mais, à la lumière du droit et
des faits, la réaction des forces militaires israéliennes
au Liban apparaît disproportionnée. La destruction
systématique des voies de communication et des routes a
ainsi non seulement causé la perte de vies humaines mais
elle empêche aussi les civils de quitter les zones de combat
et entrave l'aide humanitaire. En Israël aussi, a relevé
le représentant, c'est en premier lieu la population civile
qui est la victime des hostilités. La Suisse, a rappelé
son représentant, attache la plus grande importance au
respect du droit international humanitaire et à celui des
droits humains. Le respect du droit n'a pas à être
négocié, a-t-il fait valoir, et n'est d'ailleurs
pas soumis à des conditions de réciprocité.
Face à l'ampleur de la crise, la communauté internationale
doit agir. Le Conseil des droits de l'homme doit trouver les
moyens d'apporter une réponse à la crise humanitaire
au Liban et examiner les violations des droits humains commises
durant le conflit. En outre, le Conseil doit rappeler avec
force et à nouveau aux parties en conflit leur obligation
de respecter les droits fondamentaux de la personne humaine et
du droit international humanitaire. Le Conseil doit aussi rappeler
la nécessité de garantir le plein accès sans
restrictions aux victimes. Il doit enfin décider de l'envoi
d'une mission d'experts pour l'établissement des faits,
de manière exhaustive et impartiale, a déclaré
M. Godet.
M. PAUL MEYER (Canada) a déclaré
qu'aujourd'hui, le Conseil est appelé à se pencher
sur le conflit entre Israël et la milice terroriste Hezbollah
basée au Liban. Il a souligné que son pays est préoccupé
par l'impact de ce conflit sur les civils en Israël et au
Liban ainsi que par son impact sur la sécurité à
long terme dans la région. Il s'agit d'un conflit causé
par le Hezbollah et ses Etats parrains, a déclaré
le représentant canadien. Ce conflit armé a conduit
à des actes contraires au droit international humanitaire
et ceci devrait être examiné par d'autres instances
appropriées de la communauté internationale, a-t-il
estimé. Le projet de résolution dont est aujourd'hui
saisi le Conseil est unilatéral, a déploré
le représentant canadien, car il ne condamne pas le lancement
de roquettes du Hezbollah contre les civils israéliens.
Ce projet de résolution, tout comme cette session extraordinaire,
ne prennent pas en compte les rôles respectifs de toutes
les parties. Soucieux de la paix dans la région, le Canada
s'opposera au projet de résolution aujourd'hui soumis au
Conseil, a indiqué le représentant.
M. ENRIQUE MANALO (Philippines) a dit la vive
préoccupation de son pays devant les pertes humaines croissantes
au Liban. Son pays condamne les attaques commises contre les populations
et les biens civils au Liban et exhorte toutes les parties à
respecter le droit international humanitaire et les droits de
l'homme et à garantir l'accès de l'aide humanitaire
aux populations touchées. Les Nations unies de leur côté
doivent imposer un cessez-le-feu susceptible de permettre la
reprise du dialogue. Les Philippines demandent en outre aux
belligérants de tout faire pour assurer le libre passage
des ressortissants étrangers en toute sécurité:
les Philippines comptent ainsi trente mille de leurs ressortissants
au Liban. Le représentant a ainsi demandé que les
routes et les ponts ne soient plus ciblés par les bombardements
israéliens.
M. MOHAMMED BESSEDIK (Algérie) a condamné
vigoureusement les violations scandaleuses des droits de l'homme
auxquelles se livre aujourd'hui l'Etat israélien avec impunité
contre les populations civiles libanaises, comme il n'a cessé
de le faire contre les populations civiles palestiniennes. Si
véritablement la communauté internationale est sérieuse
dans son affirmation d'une prépondérance des droits
de l'homme dans le monde civilisé, dont la création
du Conseil des droits de l'homme devait être la manifestation
éclatante, elle doit condamner ces violations perpétrées
par un Etat contre les populations civiles d'un pays voisin.
En renvoyant dos à dos l'armée de l'Etat israélien
avec un mouvement de résistance qui se défend avec
des moyens rudimentaires au Liban, on neutralise la valeur morale
des principes qu'on prétend affirmer, a déclaré
le représentant algérien.
La Cour internationale de justice a fait observer qu'un traité
s'applique à l'extérieur du territoire d'un Etat
lorsque cet Etat contrôle ledit territoire extérieur,
a-t-il en outre rappelé. Les attaques israéliennes
ont ciblé et continuent de cibler des populations civiles,
a-t-il souligné. Les forces militaires israéliennes
sont allées encore plus loin en décidant de bloquer
l'aide humanitaire. Si la communauté internationale ne
considère pas ces crimes de guerre comme des violations
des droits de l'homme, c'est qu'elle se contente d'instrumentaliser
les droits de l'homme à des fins politiques, a affirmé
le représentant algérien. Il a lancé un appel
en faveur de l'adoption par consensus du projet de résolution
soumis au Conseil par l'Organisation de la Conférence islamique.
M. LOVE MTESA (Zambie) a regretté que
le Conseil doive se réunir à nouveau autour du conflit
au Proche-Orient. Que font donc la communauté internationale
et les Nations unies pour atténuer les souffrances des
civils innocents au Liban, a demandé le représentant,
estimant qu'il faut maintenant prendre des mesures immédiates
pour sauver des vies, objectif prioritaire de toute action internationale.
Les dirigeants en général doivent adopter une attitude
responsable afin que les populations n'aient plus le sentiment
d'être abandonnées. La communauté internationale
devra à l'avenir réagir plus vite pour empêcher
des destructions telles que celles qui sont commises au Liban
et qui défient l'entendement, a dit le représentant.
La guerre est immorale et le fait de sauver des vies ne devrait
pas dépendre de longues tractations au Conseil de sécurité,
a-t-il ajouté, souhaitant que puisse s'instaurer une paix
durable entre Israël et ses voisins.
M. SEKOU KASSE (Mali) a souligné que son pays est choqué par les événements tragiques qui se déroulent depuis un mois au Liban et qui constituent des violations flagrantes et massives des droits de l'homme et du droit humanitaire international. Face à cette situation, le Mali exhorte toutes les composantes de la communauté internationale à tout mettre en uvre afin de répondre rapidement et massivement à l'appel lancé par le gouvernement libanais pour soulager les souffrances infligées à sa population. Le Mali demande en outre la levée du blocus imposé au Liban. Le Mali appuie enfin l'envoi rapide d'une mission d'établissement des faits au Liban.
M. HUSSAN AL HUSSEINI (Jordanie) a déclaré
que le Conseil s'est réuni pour traiter de la grave situation
au Liban résultant des mesures de représailles illicites
et disproportionnées prises par Israël contre des
populations civiles. La tragédie qui se déroule
actuellement au Liban équivaut à un crime de guerre,
a affirmé le représentant jordanien. Le Conseil
doit y mettre un terme et rétablir les populations civiles
dans leurs droits. La communauté internationale a adopté
un arsenal juridique destiné à sauvegarder ces droits
lors des conflits: or, le droit international humanitaire est
complètement bafoué par Israël au Liban. Ce
n'est pas seulement le Liban qui est rejeté 20 ans en arrièr
: les progrès accomplis par l'humanité dans le domaine
humanitaire ont reculé d'un siècle à cause
des actes illégaux commis par Israël. Il est illégal
de cibler des populations civiles, a rappelé le représentant,
quels que soient les motifs. Tous les jours des personnes vulnérables
sont impitoyablement bombardées jusque dans leurs abris.
Il s'agit non seulement d'une violation des normes du droit
international humanitaire et des droits de l'homme, mais aussi
d'une manière déplorable de susciter un environnement
propice à la haine, à la revanche et à l'extrémisme.
Le Conseil, conscience de la communauté internationale,
doit exiger qu'Israël s'abstienne de cibler les populations
civiles, et respecte les principes du droit international. Le
Conseil doit aussi faire tout son possible pour imposer un cessez-le-feu,
faire aménager des couloirs humanitaires et envoyer une
mission d'enquête sur place pour enquêter sur les
violations commises et leurs conséquences.
M. OUSMANE KAMARA (Sénégal) a rappelé
que depuis de longues semaines, les opérations militaires
israéliennes au Liban provoquent l'indignation du monde
entier, en raison en particulier des nombreuses victimes civiles.
La violence se poursuit et s'élargit, avec son cortège
de victimes innocentes tant libanaises qu'israéliennes,
a-t-il ajouté. Le Sénégal n'a eu de cesse
que de demander un cessez-le-feu et le président du Sénégal
a proposé la tenue d'une session extraordinaire de l'Assemblée
générale, a rappelé le représentant
sénégalais. Avec la présente session extraordinaire,
le Conseil agit conformément à son mandat qui est
de procéder à un constat des violations massives
et flagrantes des droits de l'homme et d'agir promptement face
à ces violations. Le Sénégal tient à
réaffirmer sa solidarité sans faille avec les peuples
du Liban et de la Palestine; il tient également à
souligner l'importance qu'il y a à préserver les
vies humaines et demande donc l'arrêt immédiat des
opérations militaires israéliennes contre les populations
et les infrastructures civiles au Liban.
M. JORGE FERRER (Cuba) a déclaré
que son pays avait accepté d'emblée la convocation
de cette session extraordinaire. Depuis le début de l'agression
barbare, plus de mille personnes sont mortes et plus d'un million
de Libanais sont maintenant réfugiés, a déploré
le représentant. Le blocus auquel le Liban est soumis occasionne
des souffrances indicibles à des milliers de personnes
prises au piège. La destruction des infrastructures empêche
l'arrivée de l'aide humanitaire. Les massacres commis
par Israël, qui s'inscrivent dans une politique de génocide
au Moyen-Orient, n'ont aucune justification, non plus que
les attaques commises contre les Casques bleus. Cette attitude
et l'impunité dont bénéficie Israël
seraient impensables sans l'appui économique et militaire
que lui accordent les Etats-Unis. Les Etats-Unis et leurs alliés,
y compris en Europe, accusent ceux qui se défendent de
l'agression de terrorisme, a dénoncé le représentant,
estimant que l'agression contre la population libanaise relève
du terrorisme d'Etat. Une action ferme du Conseil permettra de
faire savoir au monde qu'il est disposé à promouvoir
les droits de l'homme pour tous.
M. VESA HIMANEN (Finlande, au nom de l'Union
européenne), ainsi que de la Bulgarie, de la Roumanie
et de l'Ukraine) a fait part de sa préoccupation face aux
victimes civiles libanaises et israéliennes, ainsi que
face aux destructions d'infrastructures et face au nombre croissant
de personnes déplacées du fait de l'escalade des
hostilités. Il a souligné que l'Union européenne
condamne les tirs de roquettes du Hezbollah contre Israël,
ainsi que la mort de civils innocents dans la frappe aérienne
contre le village libanais de Cana. Toutes les parties doivent
tout faire pour protéger les populations civiles et s'abstenir
d'actes disproportionnés. En outre, toute attaque contre
le personnel des Nations unies est inacceptable. L'Union européenne
demande une cessation immédiate des hostilités qui
serait suivie d'un cessez-le-feu durable. Le Conseil de sécurité
est actuellement saisi de la situation au Liban, a rappelé
le représentant de l'Union européenne. Toutes les
parties doivent assurer un passage sûr au Sud-Liban afin
de permettre l'acheminement de l'assistance humanitaire. Il n'y
a pas de solution militaire pour régler les problèmes
auxquels fait face la population de la région, a souligné
le représentant.
M. SHA ZUKANG (Chine) a déclaré
que la crise a provoqué une catastrophe humaine pour Israël
et le Liban. Il a aussi déploré les attaques inexcusables
lancées contre les observateurs des Nations unies. Les
peuples du monde entier sont effrayés par l'ampleur de
la crise humanitaire et inquiets devant l'incapacité à
mettre un terme aux hostilités, a-t-il déclaré.
C'est pourquoi la Chine appelle les deux parties à faire
preuve de mesure, à respecter les populations civiles, à ménager des couloirs pour l'accès humanitaire et à respecter strictement le droit international humanitaire. Le Conseil doit uvrer à l'imposition d'un cessez-le-feu et veiller au respect des droits humains des populations libanaises. La Chine de son côté continuera de travailler avec la communauté internationale pour trouver une solution diplomatique à la crise.
MME ANA INES ROCANOVA (Uruguay) a rappelé
que son pays s'était joint à ceux qui ont demandé
la convocation de cette session extraordinaire du Conseil des
droits de l'homme. Depuis la dernière session extraordinaire
du Conseil, la situation dans la région n'a fait que s'aggraver
et s'est étendue au Liban, a-t-il rappelé. La communauté
internationale doit s'efforcer de répondre aux besoins
engendrés par la crise humanitaire qui se déroule
au Liban. La crise humanitaire touche aussi le nord d'Israël,
qui est frappé par des tirs de roquettes, a souligné
le représentant de l'Uruguay. Il a insisté sur la
nécessité de parvenir à un cessez-le-feu
immédiat. Il faut déployer des efforts en faveur
d'une paix durable dans la région en appelant les parties
à faire preuve de souplesse afin de parvenir à un
compromis acceptable, a conclu le représentant uruguayen.
M. ARTURO CABRERA HIDALGO (Equateur) a exprimé
la vive préoccupation de son gouvernement face aux violences
commises au Liban et en Israël. Les droits les plus fondamentaux
de la population libanaise en particulier sont bafoués
par les attaques brutales et disproportionnées menées
depuis le territoire israélien. Le peuple et le gouvernement
de l'Equateur sont stupéfaits par l'ampleur des destructions
d'infrastructures au Liban et par le grand nombre de morts et
de blessés parmi les civils libanais. Ils déplorent
également les destructions commises par le Hezbollah dans
le nord d'Israël, ainsi que les enlèvements de
militaires, actes interdits par le droit international. Le Conseil
doit contribuer à l'instauration d'une paix immédiate.
L'action doit être déterminée et équilibrée
en faveur du rétablissement des droits de l'homme sur le
territoire du Liban et d'Israël. Le gouvernement de l'Equateur
souhaite participer aux efforts qui seront déployés
en ce sens, a indiqué conclu son représentant.
M. MOHINDER GROVER (Inde) a souligné que
son pays est très préoccupé par le conflit
qui se poursuit entre Israël et le Hezbollah. Il a rappelé
que l'Inde a condamné l'enlèvement de deux soldats
israéliens par le Hezbollah ainsi que les représailles
militaires disproportionnées d'Israël qui ont entraîné
des morts parmi les civils, en particulier parmi les femmes et
les enfants. Le Parlement indien a adopté une résolution,
fin juillet, demandant un cessez-le-feu immédiat, a-t-il
également rappelé. Il est regrettable qu'Israël
reste sourd aux appels à la retenue, a poursuivi le représentant
indien. Il a plaidé en faveur d'un cessez-le-feu immédiat
afin de mettre un terme à la violence et de permettre l'acheminement
de l'aide humanitaire. Le représentant indien a plaidé
en faveur d'une solution négociée et globale des
problèmes de la région en tenant compte des intérêts
légitimes de toutes les parties concernées.
M. VALERY LOSHCHININ (Fédération de
Russie) a déclaré que le conflit sanglant qui
se poursuit au Moyen-Orient suscite l'inquiétude de la
Russie. La Fédération partage la désolation
exprimée devant les destructions infligées au Liban
et les décès de civils innocents et pacifiques,
femmes, enfants et vieillards. La récente tragédie
de Cana a frappé la communauté internationale, a
rappelé le représentant, qui a rappelé aussi
le sort tragique des populations déplacées au Liban
comme en Israël. La Russie demande aux autorités israéliennes
de faire en sorte que les secours humanitaires parviennent aux
populations civiles, rappelant que les attaques contre les civils
sont contraires aux principes fondamentaux du droit international
humanitaire.
La résolution présentée devant le Conseil
ne concerne qu'Israël et son libellé contient des
termes très fermes, a relevé le représentant,
faisant valoir que la Russie estime que le texte devrait évoquer
toutes les victimes civiles du conflit, même s'il est
vrai que ses effets ne sont pas comparables entre les deux côtés,
a-t-il ajouté. La Russie regrette par ailleurs les atermoiements
qui empêchent encore le Conseil de sécurité
de se déterminer sur un cessez-le-feu. La Russie demande
qu'une résolution soit adoptée rapidement par le
Conseil de sécurité pour qu'au moins les secours
de base puissent être fournis aux populations civiles et
qu'une solution globale négociée puisse être
trouvée.
M. GEBRAN SOUFAN (Liban) a rapporté les
propos que lui avait tenus un jour un producteur d'Hollywood qui
lui avait affirmé que l'industrie cinématographique
toujours florissante était celle des films d'horreur. Depuis
un mois, l'horreur au Liban est devenue pire qu'un cauchemar et
le producteur, le directeur et l'acteur sont la même partie
: Israël. Israël terrorise le Liban et l'accuse d'être
terroriste. Israël tue délibérément
et aveuglement des enfants et des femmes, prétendant avoir
un permis légitime de tuer. Ainsi, un peuple victime
de l'Holocauste commet à son tour les pires atrocités
sur le sol libanais, a déclaré le représentant
libanais. Il a rappelé que, dès le début
des événements, le gouvernement libanais avait assuré
qu'il n'avait eu aucune connaissance préalable des incidents
et n'avait pas approuvé l'opération menée
par le Hezbollah. Ce à quoi nous assistons va bien au-delà
de la question des prisonniers et des soldats capturés.
C'est toute une nation dont les droits de son peuple sont foulés
du pied. Les Israéliens tuent des civils libanais et commettent
des massacres, a rappelé le représentant libanais.
Le Liban est au bord d'une catastrophe humanitaire, a-t-il
souligné. L'agression israélienne vise à
détruire tout l'Etat du Liban, a-t-il déclaré.
Il n'a souhaité à aucun pays d'endurer ce qu'endure
aujourd'hui le Liban.
M. ITZHAK LEVANON (Israël) a déploré
que les Etats arabes et de la Conférence islamique n'entendaient
parler que des souffrances éprouvées par un seul
côté, et nier les souffrances du peuple israélien
confronté à des attaques gratuites lancées
à partir du sol libanais. C'est ainsi que le 12 juillet,
le Hezbollah se livrait à des provocations à la
frontière avec le Liban, enlevant deux soldats et faisant
pleuvoir des milliers de missiles sur les populations du nord
d'Israël. Le dirigeant de ce parti appelle d'ailleurs ouvertement
à la destruction d'Israël.
Mais, si le Hezbollah est la cause immédiate du conflit,
sa cause profonde doit aussi être reconnue. Des Etats
lâches entendent cyniquement se battre par Liban interposé
en finançant et en armant les campagnes meurtrières
du Hezbollah. Le dirigeant de la Syrie s'est ainsi dit prêt
à s'engager aux côtés de ce parti, tandis
que le chef du régime iranien a dit que la solution du
conflit au Proche-Orient passait par l'élimination d'Israël,
a dénoncé le représentant israélien.
Les sirènes d'alarmes hurlent en ce moment même dans
les villes israéliennes tandis que pleuvent les missiles
du Hezbollah. Ces violations sont passées sous silence
par le Conseil. Quant au Hezbollah, qui méprise les
civils libanais dont il se sert pour couvrir ses activités
militaires, ses ambitions génocidaires ne constituent-elles
pas des violations flagrantes du droit à la vie des populations
civiles israéliennes, a demandé le représentant
israélien ? Il a regretté qu'elles n'aient suscité
aucun écho au Conseil des droits de l'homme.
M. AMIN MELEIKA (Egypte) a indiqué que
son pays condamne fermement l'agression israélienne
qui frappe le Liban depuis un mois. L'Egypte condamne fermement
les massacres de Cana et d'ailleurs, dans lesquels des enfants
ont été tués. Jusqu'à quand la communauté
internationale va-t-elle être hypocrite et continuer à
fermer les yeux, s'est-il interrogé ? Quel est le tort
des enfants de Cana ? Quelles que soient les raisons invoquées,
rien ne justifiera les massacres des enfants de Cana, a insisté
le représentant égyptien. Il a appelé à
l'adoption par consensus du projet de résolution dont est
saisi le Conseil des droits de l'homme et a indiqué que
son pays était favorable à l'envoi d'une commission
d'enquête qui devra aussi déterminer le type d'armes
utilisées par Israël au Liban.
M. CHOE MYONG NAM (République populaire démocratique
de Corée) a condamné les violations des droits
de l'homme commises par Israël au Liban depuis un mois. Il
a dénoncé les violations flagrantes du droit humanitaire
que représentent les attaques contre les civils, attaques
qui s'intensifient au motif de la légitime défense,
et au mépris du droit international. Cette attitude est
rendue possible par l'appui dont le pays bénéficie
de la part des Etats-Unis, a fait observer le représentant.
Il a déploré qu'à ce jour, aucune mesure
n'a été prise contre ce pays. Il a demandé
que cesse cet appui et que les principes du droit soient appliqués.
MME CAROLINE MILLER (Australie) s'est dite préoccupé
par le caractère tendancieux de cette session extraordinaire
du Conseil des droits de l'homme. Elle a exprimé son
soutien aux initiatives diplomatiques engagées et a estimé
que, dans ce contexte, la tenue de cette session extraordinaire
ne contribuera pas à la paix au Moyen-Orient. Assurant
que son pays partage les préoccupations de la communauté
internationale face à l'impact du conflit sur les civils
en Israël et au Liban, la représentante australienne
a fait part de ses condoléances aux gouvernements libanais
et israélien ainsi qu'aux familles de toutes les personnes
touchées. La représentante australienne a mis l'accent
sur le droit d'Israël de se protéger contre les
actions terroristes. En dehors de cette crise, a-t-elle déclaré,
il existe une occasion de parvenir à une paix durable autour
d'une solution au conflit israélo-palestinien fondée
sur le principe de deux Etats.
M. DHARAR ABDUL-RAZZAK RAZZOOQI (Koweït)
a dit que son pays condamnait aussi fermement qu'il était
possible l'agression d'Israël contre le Liban. Le représentant
a rappelé que le droit international humanitaire, bafoué
par Israël, a pour objectif de mitiger les effets des conflits
armés sur les populations. L'un de ses principes les plus
importants est celui de la distinction entre civils et combattants,
afin que les destructions inutiles soient évitées,
a aussi fait valoir le représentant, qui a évoqué
le porte-parole de l'armée d'Israël informant par
voie de presse les populations avant de les bombarder - une interprétation
très particulière du droit international, a ironisé
le représentant. Le nombre de victimes s'élève
à plus de mille à ce jour, surtout des femmes et
des enfants. Comment est-il possible qu'un pays puisse continuer
de violer ainsi le droit international ? Comment lutter contre
l'impunité dont bénéficie Israël? Le
représentant a espéré qu'il reste encore
quelqu'un en Israël pour entendre la voix de la raison.
M. NASSER RASHID AL NUAIMI (Qatar) a dénoncé
les violations de droits de l'homme causées depuis un mois
par l'agression israélienne contre le Liban. Israël
continue de priver les convois humanitaires d'accès aux
blessés et les organisations humanitaires ne peuvent donc
pas s'acquitter de leurs travailler. La communauté internationale
n'a rien fait pour mettre un terme aux massacres perpétrés
depuis un mois, a déploré le représentant
du Qatar. Israël viole impunément les conventions
internationales. Il va falloir se décider à
intervenir, en particulier pour lever l'embargo qui frappe le
Liban. La présente session extraordinaire du Conseil constitue
un véritable test: soit on agit, soit on poursuit dans
l'hypocrisie.
M. FAWZI ABUSAA (Libye) a déploré
le retard que la communauté internationale a mis à
répondre à la situation de crise au Liban, retard
qui a permis à la situation de dégénérer
avec son cortège des destructions systématiques
d'infrastructures et de massacres de femmes et d'enfants innocents.
La Libye demande qu'un cessez-le-feu inconditionnel soit imposé
par le Conseil de sécurité; l'agression israélienne
est un crime de guerre, dont les responsables devront être
punis, a dit le représentant, estimant qu'une commission
d'enquête doit être dépêchée au
Liban pour mesurer les effets de l'agression israélienne.
Des couloirs humanitaires doivent être dégagés
pour que les civils puissent être secourus, a-t-il aussi
fait valoir.
M. ELSADIG ALMAGLY (Soudan) a dénoncé
la démarche de la délégation qui a pris la
parole devant le Conseil pour tenter de cacher la vérité.
Les Etats-Unis dominent le Conseil de sécurité,
a-t-il par ailleurs affirmé. Ils sont parvenus à
faire toute une affaire de la crise du Darfour alors qu'il s'agit
d'une crise à caractère tribal, a poursuivi le représentant
soudanais. Le Conseil de sécurité n'est même
pas parvenu à condamner le massacre de Cana, a-t-il déploré.
Les Nations unies ont perdu toute utilité, a-t-il
estimé. La situation est très dangereuse, a déclaré
le représentant soudanais. S'il veut conserver sa légitimité,
ce Conseil doit s'activer et adopter une résolution, a-t-il
affirmé.
M. ALIREZA MOAYERI (Iran) a déclaré
que la punition collective brutale dont souffre le peuple libanais
porte la marque de l'agression israélienne, habituelle
dans la région depuis des décennies. Les mots manquent
pour décrire les massacres commis à Cana, qui semblent
répondre à des exactions similaires commises au
même endroit il y a dix ans. Il n'y a d'autre recours aujourd'hui
que l'appel, par le Conseil des droits de l'homme, au respect
des droits du peuple libanais, à l'instauration d'un cessez-le-feu
immédiat ainsi qu'à l'envoi d'une mission d'enquête
sur place pour faire la lumière sur les massacres commis
par Israël au Liban, en violation du droit international
humanitaire. La haut commissaire pourrait se rendre sans tarder
dans la région et enquêter sur les violations des
droits de l'homme au Liban, comme par exemple les bombardements
des infrastructures civiles ayant entraîné des milliers
de morts et de blessés civils, comme à Cana, a dit
le représentant.
Le représentant de la Palestine a déclaré
que le second massacre de Cana, où des civils libanais
sans défense ont trouvé la mort sous les bombes
lancées de sang-froid par Israël, est symptomatique
du mépris que ce pays témoigne pour le droit international
et les droits de l'homme. Le secrétaire général
et le haut commissaire ont tous deux condamné ce massacre.
Cependant l'incapacité de la communauté internationale
à réagir face à ces massacres ont précipité
les événements. Seule l'imposition d'un cessez-le-feu
immédiat pourra mettre un terme aux crimes de guerre commis
par Israël, qui devra être tenu pour responsable des
tragédies infligées au Liban. Une commission d'enquête
doit être dépêchée sur place conformément
à la résolution dont le représentant a espéré
l'adoption par consensus. Il a à cet égard déploré
que la résolution adoptée précédemment
par le Conseil au sujet de la Palestine n'ait pas encore été
appliquée, les autorités israéliennes n'ayant
pas répondu aux demandes de la commission d'enquête.
Il est temps qu'Israël réalise que l'utilisation
de la force au Liban ne lui apportera aucun gain politique.
Israël et ses partisans doivent enfin réaliser que
c'est l'occupation israélienne en Palestine, en Syrie et
au Liban qui est à la source de l'instabilité et
des troubles dans la région, a conclu le représentant.
Le représentant du Chili a déploré
les centaines de victimes civiles au Liban suite aux actions militaires
israéliennes hors de toute proportion. Il s'est inquiété
des conséquences à long terme que les destructions
causées auront pour la jouissance des droits de l'homme
des populations. Il a également condamné les attaques
du Hezbollah qui ont entraîné de nombreux déplacements
de population dans le nord d'Israël. La responsabilité
primordiale des parties est d'éviter toute souffrance inutile
parmi les populations civiles, a-t-il rappelé. Il a
demandé la cessation immédiate des hostilités
et a souhaité que l'aide humanitaire puisse parvenir en
toute sécurité aux populations qui en ont besoin.
Le Chili appuie tous les efforts multilatéraux déployés
dans le cadre de la Charte pour parvenir à une paix dans
la région.
Le représentant de la Syrie a déclaré
que la déclaration du représentant d'Israël
ne visait en fait qu'à taire la vérité sur
la réalité de l'occupation illégale à
laquelle se livre ce pays. Ce n'est d'ailleurs pas la première
fois que le Conseil doit se pencher sur des violations du droit
humanitaire par Israël, un thème qui devrait être
inscrit à l'ordre du jour permanent du Conseil des droits
de l'homme, a dit le représentant. L'agression militaire
israélienne n'épargne personne, a-t-il poursuivi,
et s'assimile à des crimes de guerre. Israël
a en effet commis massacre après massacre, à commencer
par celui de Cana, les victimes étant toujours des civils
de toutes les nationalités. Le représentant de la
Syrie a appelé la communauté internationale à
s'opposer à cette agression et à venir en aide aux
nombreuses victimes.
La représentante du Venezuela a rappelé
que son pays est co-auteur du projet de résolution dont
est aujourd'hui saisi le Conseil des droits de l'homme. Elle a
souligné que le Venezuela a apporté une aide humanitaire
avec l'envoi de trois tonnes d'aide alimentaire. Le gouvernement
vénézuélien a également lancé
une campagne nationale de solidarité avec le peuple libanais,
a-t-elle indiqué. Le plus important est qu'il y ait un
cessez-le-feu immédiat et que ce conflit prenne fin, a
souligné la représentante. Mais la décision,
en la matière, ne dépend pas du Conseil des droits
de l'homme mais du Conseil de sécurité, a-t-elle
ajouté.
M. WARREN TICHENOR (Etats-Unis) a déclaré que son pays était lui aussi très préoccupé par les souffrances du peuple libanais, assurant que les Etats-Unis, au sein du Conseil de sécurité, uvrent activement pour trouver une solution à ce conflit. De son côté, le Conseil des droits de l'homme doit se contenter d'agir de manière impartiale et non sélective, ce que la résolution proposée n'est pas. La situation actuelle résulte
de l'attaque du Hezbollah, qui n'a pas hésité à
lancer des milliers de missiles contre la population d'Israël.
Ce dernier a le droit de défendre son pays et ses citoyens,
dans le respect du droit international. Le Hezbollah ne respecte
pas ces principes et se cache délibérément
au sein de la population civile, ainsi qu'il a été
relevé dans le rapport du Secrétaire général
adjoint. La communauté internationale doit s'exprimer d'une
seule voix et le Conseil de droits de l'homme devrait s'abstenir
de prendre des initiatives qui viendraient saper l'action des
membres du Conseil de sécurité, a dit le représentant.
Le représentant du Yémen a souligné
que son pays est contre ceux qui voudraient transformer le Liban
en terre brûlée sous prétexte de l'autodéfense.
Ne faudrait-il pas se demander si la situation actuelle ne serait
pas plutôt due à l'occupation israélienne
en Palestine et au Liban, s'est-il interrogé ? Le Conseil
des droits de l'homme devrait condamner fermement l'agression
sanglante qui a détruit le Liban, a-t-il poursuivi. A l'heure
actuelle, c'est la crédibilité du Conseil de sécurité
qui est en jeu. Depuis 1948, les résolutions du Conseil
de sécurité contre Israël sont restées
lettre morte. En revanche, il adopte des résolutions
contre les pays arabes et impose leur mise en application.
Le représentant des Emirats arabes unis a dit
qu'Israël menait une guerre disproportionnée contre
le Liban, avec des bombardements au phosphore et aux obus à
fragmentation, qui sont des armes illégales. Israël
méprise ainsi les dispositions du droit international protégeant
les civils contre les actes de guerre. Le droit à la
vie du peuple libanais est compromis, avec le risque très
réel d'une catastrophe humanitaire de grande ampleur au
Liban. Israël commet des crimes horribles au nom de sa sécurité,
mettant en péril les efforts de la communauté internationale
de trouver une solution durable au conflit qui secoue la région,
a dit le représentant. Ce dernier a en outre estimé
qu'une commission d'enquête devrait être dépêchée
au Liban pour évaluer, notamment, l'ampleur des dommages
causés par l'attaque israélienne et l'utilisation
d'armes interdites par les conventions internationales.
Le représentant du Bélarus s'est dit gravement
préoccupé par l'escalade de la violence au Moyen-Orient
où les victimes innocentes se trouvent parmi la population
civile. Il s'est dit favorable à la résolution pacifique
du conflit, par la négociation. Il a dénoncé
la tendance actuelle à intervenir arbitrairement sur le
territoire d'un Etat souverain sans l'aval des Nations unies.
La communauté internationale doit mettre un terme au
conflit et demander la cessation immédiate des hostilités,
a-t-il affirmé. Il a souligné que le Bélarus
soutient le projet de résolution présenté
au Conseil des droits de l'homme par l'Organisation de la Conférence
islamique. En outre, le Bélarus est en train d'étudier
la question de l'envoi d'une aide humanitaire au Liban, a-t-il
indiqué.
Le représentant de la Mauritanie a dit que son
pays était particulièrement préoccupé
par l'ampleur des pertes humaines qui touchent des civils libanais
innocents et par la destruction délibérée
et à grande échelle des infrastructures du Liban.
La poursuite de cette escalade interpelle la conscience humaine
et chaque instant qui passe sans y mettre fin constitue une défaite
pour la communauté internationale, a estimé le représentant.
Le Conseil des droits de l'homme doit à cet égard
peser de tout son poids moral en vue d'un arrêt total, immédiat
et durable des hostilités, une condition indispensable
au retour à la raison. L'adoption à une large majorité
du projet de résolution présenté au Conseil
constituerait un signe fort et positif et marquerait du même
coup un bon départ pour cet organe. Le gouvernement libanais
ne cesse de manifester sa bonne volonté et sa détermination
à assumer ses responsabilités. Le plan en sept points
qu'il a proposé constitue une base globale à même
de parer, à l'avenir, à tout risque d'embrasement
dans la région, a dit le représentant, qui a fait
valoir la nécessité de relancer le dialogue et la
négociation. Les conditions d'un règlement juste
et durable sont bien connue : il suffit qu'Israël se retire
de tous les territoires arabes occupés en 1967 et que le
peuple palestinien recouvre ses droits légitimes et inaliénables,
a conclu le représentant.
Le représentant du Saint-Siège s'est dit
convaincu que le cercle vicieux du conflit au Liban et dans la
région du Moyen-Orient peut être rompu si l'on permet
à la raison, à la bonne volonté, à
la confiance mutuelle, au respect des engagements et à
la coopération entre partenaires responsables de prévaloir.
Une première étape immédiate d'une telle
approche éthique consisterait à parvenir à
un cessez-le-feu immédiat, avant tout pour protéger
la population civile. La violence de ces dernières semaines
détruit un modèle prometteur de convivialité
nationale, construit sur des siècles, alors que l'ensemble
de la région pourrait tirer profit de l'application de
ce modèle libanais. Aucune solution durable ne peut
être trouvée en ayant recours au terrorisme ou au
conflit armé.
Le représentant de la Ligue des Etats arabes
a rappelé que la population du Liban, pays arabe fondateur
de la Ligue en 1945, est aujourd'hui en butte à des violations
massives de ses droits les plus fondamentaux. Les bombardements
causent des morts, des destructions systématiques d'infrastructures,
ainsi qu'en témoignent des organisations internationales
comme Amnesty International ou la Croix-Rouge. Or, Israël
doit assumer la responsabilité morale et pénale
des auteurs de crimes contre l'humanité. Les Etats de l'Union
européenne doivent être attentifs à la nécessité
d'inciter Israël à respecter les droits des populations
civiles protégées par le droit international, a
dit le représentant. Ce dernier a enfin estimé que
le Conseil, sous peine de se décrédibiliser, doit
se prononcer fermement en faveur de la défense des droits
de l'homme des civils libanais.
La représentante de la Norvège s'est dite
gravement préoccupée par l'escalade du conflit au
Liban et a dénoncé les attaques répétées
contre les civils, telles que celle de Cana. Les attaques aveugles
contre des civils constituent des violations des Conventions de
Genève, a-t-elle rappelé. La Norvège demande
à Israël et au Hezbollah de respecter le droit humanitaire
international et le droit international relatif aux droits de
l'homme. La Norvège est gravement préoccupée
par l'intention d'Israël d'élargir ses attaques. Aussi,
la représentante norvégienne a-t-elle lancé
un appel en faveur de la cessation des hostilités. Elle
a également fait part de sa préoccupation face à
la situation de la population civile en Cisjordanie et à
Gaza qui continue d'être exposée à la violence.
La représentante de la Colombie a dit que son
pays déplore vivement la situation au Liban, la destruction
d'infrastructures civiles, les pertes humaines et le nombre immense
des personnes déplacées. Il salue aussi la mémoire
des quatre membres des forces des Nations unies récemment
tués en mission au Liban. La Colombie exprime ses condoléances
aux familles des victimes libanaises et compte expédier
vers le Liban une aide médicale. La Colombie demande l'arrêt
de la violence et prône le retour du dialogue, seul moyen
d'instaurer une paix durable.
Le représentant de l'Arménie a souligné
qu'il est difficile dans le présent conflit de démêler
qui agit en représailles. Il a néanmoins condamné
l'usage disproportionné de la force qui aboutit à
des souffrances parmi les civils. Il a fait part de la volonté
de son pays de participer à l'aide humanitaire pour soulager
les souffrances des Libanais. L'Arménie appelle à
une cessation immédiate et inconditionnelle des hostilités,
afin d'éviter davantage de pertes civiles. Elle appelle
à l'adoption rapide d'une résolution au Conseil
de sécurité et appelle toutes les parties à
ne ménager aucun effort pour parvenir à une solution
qui mette un terme à la violence.
La représentante de Human Rights Watch a insisté
sur la nécessité de considérer les cas de
violation du droit international humanitaire commis par les deux
parties et en particulier la confusion entre combattants et civils,
citant, à titre d'exemples, le stockage d'armes à
proximité de zones civiles par le Hezbollah et la prise
pour cible par Israël de véhicules sanitaires. Elle
a prié le Conseil de mandater une commission d'enquête
pour répertorier les violations commises et à
appeler toutes les parties à protéger les civils.
Elle a encore invité les deux parties à collaborer.
Le représentant de Amnesty International a rappelé
le principe d'impartialité que doit respecter le Conseil
des droits de l'homme. Il a souligné qu'Israël autant
que le Hezbollah ont perpétré des violations flagrantes
du droit international. Israël a tué plus de 800 civils
au Liban. Les allégations israéliennes selon lesquelles
les attaques d'Israël sont dirigées contre des cibles
légitimes ne résistent pas à l'épreuve
des faits. D'autre part, plusieurs attaques du Hezbollah ont ciblé
semble-t-il intentionnellement des zones résidentielles.
Amnesty International souhaite que le Secrétaire général
de l'ONU envoie une commission d'enquête chargée
d'examiner les violations du droit international perpétrées
par toutes les parties.
Le représentant du Congrès juif mondial
a estimé que la tenue de cette session du Conseil des droits
de l'homme au moment même où le problème était
examiné par une autre instance, contrevenait en elle-même
à la Charte des Nations unies. De quel droit la présente
assemblée, contrevenante à la Charte, se permettait-elle
de juger des tiers et particulièrement Israël, a-t-il
demandé ? La Syrie et l'Iran sont des sponsors massifs
du Hezbollah, a-t-il affirmé, et violent ainsi la Charte
des Nations Unies par leur soutien à une organisation terroriste
et leur appel à la disparition d'Israël. Indiquant
qu'il revenait de Londres où venait d'être déjoué
un complot terroriste, il a évoqué la situation
de menace dans laquelle vivait une partie du monde et en particulier
Israël.
La représentante de la Commission internationale
de juristes a déclaré que les victimes au Liban
et en Israël ne peuvent pas attendre et c'est pourquoi il
est bon que se tienne la présente session extraordinaire
du Conseil des droits de l'homme. L'objectif du Conseil n'est
pas d'être équilibré mais bien d'être
impartial, a-t-il souligné. L'équilibre est une
notion politique, a souligné le représentant, pas
une notion de droits de l'homme. Il a plaidé en faveur
de l'envoi d'une commission d'enquête sur les violations
perpétrées par toutes les parties dans le cadre
du conflit actuel. Le représentant de la Commission
internationale de juristes a indiqué que son organisation
a décidé de mettre en place une enquête juridique
pour enquêter sur les violations du droit humanitaire au
Liban.
La représentante de la Fédération internationale
des Ligues des droits de l'homme a appelé la communauté
internationale à prendre des mesures immédiates
pour protéger la population civile libanaise, déjà
lourdement touchée par les frappes israéliennes.
Elle a fait mention des déplacements massifs de population
et dénoncé les attaques contre des objectifs civils
par les deux parties, en violation des Conventions de Genève.
Elle a invité à un cesser le feu immédiat,
à la création d'une commission d'enquête
et a demandé que les coûts pour la reconstruction
des infrastructures civiles détruites dans le cadre du
conflit soient imputés aux responsables.
Le représentant du Coordinating Board of Jewish Organizations
et B'nai B'rith International a appuyé les négociations
en cours au Conseil de sécurité et ailleurs visant
à mettre un terme aux hostilités actuelles. La présente
session extraordinaire porte atteinte à la réforme
des Nations unies dans le domaine des droits de l'homme sans contribuer
à une solution viable, tout en empêchant le Conseil
des droits de l'homme de traiter d'autres questions. Israël
vise des cibles militaires alors que le Hezbollah envoie des milliers
de roquettes sur Israël. Le Conseil doit rejeter le projet
de résolution partial dont il est aujourd'hui saisi.
Le représentant de Habitat International Coalition
a relevé que l'invasion israélienne n'était
pas exceptionnelle et reflétait une politique systématique
visant à terroriser des populations civiles. Il a demandé
que le Conseil prenne des mesures immédiates et concrètes.
Il a notamment évoqué la nécessité
de mesures de prévention et d'indemnisation, la démilitarisation
du Sud-Liban, l'arrêt immédiat des frappes contre
des civils et l'envoi d'observateurs dans la région, sous
l'égide de l'ONU.
Le représentant de l'Association internationale
des juristes démocrates a déclaré que
nous sommes témoins actuellement de l'échec du Conseil
de sécurité à protéger les droits
de l'homme. En effet, Israël bombarde le Liban depuis un
mois, sans que cela n'entraîne de réaction de cet
organe. La responsabilité d'Etats tiers est souvent évoquée
dans le financement et le soutien militaire à Israël.
A cet égard, le représentant a estimé que
les Etats qui facilitent l'occupation illégale sont coresponsables
des violations des droits de l'homme commises au Liban.
La représentante de Franciscain international a rappelé que les franciscains travaillent dans la région, notamment au Liban, depuis des siècles. A ce titre, ils ont été des témoins privilégiés des souffrances endurées par la population civile libanaise. Informant le Conseil que Franciscain international prévoyait d'envoyer sur place des observateurs, elle a demandé à Israël de faciliter le travail de cette délégation lors de ce voyage et de lui permettre l'accès à la population. Au nom de son organisation, elle a affirmé ses regrets et sa désapprobation à l'égard des menaces formulées contre Israël tout en relevant le caractère disproportionné de la réplique mise en uvre par le Gouvernement israélien.
Le représentant de Pax Romana a déclaré
que voici cinq jours, la Sous-Commission des droits de l'homme
exprimaient ses condoléances aux victimes des hostilités
actuelles au Liban. Aujourd'hui, après quatre semaines
de conflit, la population civile du Liban et du nord d'Israël
est soumise aux horreurs de la guerre. La communauté internationale
a failli dans sa mission de protection, a déploré
le représentant, qui s'est demandé pendant combien
de temps encore les efforts pour mettre un terme à la guerre
resteront vains. Le Conseil doit protéger la population
civile et c'est pourquoi Pax Romana exige la fin immédiate
de la guerre et l'acheminement des secours aux populations civiles.
M. SOTTAS (Organisation mondiale contre la torture)
a appelé le Conseil à jouer un rôle nouveau,
dans le contexte présent, en permettant de parvenir à
des résultats concrets et en évitant la rhétorique
et les résolutions déséquilibrées
et sans suivi qui ont disqualifié la Commission des droits
de l'homme, sans pour autant renoncer à sa spécificité
qui est de faire respecter le droit humanitaire par toutes les
parties. L'OMCT a regretté les violations graves commises
par les deux parties, notamment la prise d'otage du Hezbollah
ayant conduit Israël à attaquer le Liban, visant,
sans distinction, population et infrastructure civiles. Au nom
de l'OMCT il a finalement demandé que soit mise en place
une commission d'enquête, que soient répertoriées
les violations commises contre les droits de l'homme et le droit
humanitaire, d'identifier les auteurs de ces violations et
d'engager des poursuites à leur encontre, d'identifier
les victimes et les dommages subis et à assurer la pleine
réparation desdits dommages.
Le représentant del'Union mondiale pour le
judaïsme progressiste a dit que les liens étroits
entre le Hezbollah et l'Iran sont bien connus, comme en témoignent
plusieurs documents irréfutables. Or l'Iran, par la voie
de son gouvernement, exige l'éradication de l'Etat d'Israël
tout en niant la réalité de la Shoah. Le représentant
a demandé la condamnation du Hezbollah pour avoir continuellement
appelé à la destruction d'Israël, mais
aussi pour être à l'origine du conflit actuel. Il
est temps de prendre des mesures radicales contre le terrorisme,
seule condition de survie des démocraties, a conclu le
représentant.
Le représentant du Mouvement indien Tupaj Amaru
a dit que l'hypocrisie de l'ancienne Europe, complice de l'état
d'Israël armé jusqu'aux dents, a permis à cet
Etat de se lancer depuis un mois dans une entreprise meurtrière
au Liban, entraînant des massacres de civils et le déplacement
massif de centaines de milliers de réfugiés. Ce
plan s'inscrit dans la stratégie plus vaste des Etats-Unis
de modeler la région conformément à ses intérêts,
sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Les Etats-Unis
et l'Europe s'opposent à toute résolution du conflit
au sein des Nations unies, a dit le représentant, qui
a demandé l'envoi d'une mission d'enquête sur place.
Le représentant de United Nations Watch a regretté
que le Conseil des droits de l'homme tienne une session spéciale
mettant en cause Israël alors que le conflit a été
initié par le Hezbollah. Cette session se tient aujourd'hui alors que des violations se poursuivent au Soudan, à Cuba, en Arabie Séoudite et dans d'autres pays, que le Conseil ignore totalement. Il a évoqué une conspiration et mentionné la partialité des Nations unies qui contournent certaines règles pour dénoncer certaines nations. Pas un mot n'a été dit, a-t-il regretté, sur les attaques du Hezbollah contre des femmes et des enfants israéliens. Accusant le Hezbollah d'être une organisation terroriste aux ordres de la Syrie et de l'Iran, il a affirmé que ces pays sont justifiés dans leur objectif de destruction de l'État d'Israël par les nombreuses résolutions prises par l'ONU et ses organes, noyautés par le bloc arabe et islamique.
L'EXAMEN DU PROJET DE RESOLUTION
DECLARATIONS DES PAYS INTERESSES
Le représentant d'Israël, intervenant également
à titre de pays concerné, a affirmé que l'appel
visant à convoquer cette session extraordinaire était
unilatéral car ne sont pas ici abordés tous les
aspects du conflit qui touche actuellement la région. Adopter
une résolution partisane constituerait un échec
pour le Conseil des droits de l'homme, qui ne devrait pas
distinguer entre les souffrances endurées. Il faut faire
preuve de courage en votant contre cette résolution.
Le représentant du Liban, intervenant également
à titre de pays concerné, a demandé si un
Etat avait le droit d'en détruire un autre. Le gouvernement
du Liban n'a pas été informé de l'opération
menée par le Hezbollah. Il était prêt à
recourir à l'arbitrage des Nations unies à ce sujet.
Israël a décidé d'avoir recours à
des mesures de rétorsion complètement disproportionnées, comme en témoigne l'étendue des dommages respectifs subis par Israël et par le Liban. Si les violences et les violations des droits de l'homme ne cessent pas, le Liban a le droit de se plaindre du traitement qui lui est infligé de même qu'il a le droit d'exiger de pouvoir vivre dans la dignité. C'est pourquoi le représentant a appelé au vote en faveur de la résolution.
LES DECLARATIONS DES MEMBRES DU CONSEIL SUR LE PROJET DE RESOLUTION ET EXPLICATIONS DE VOTE
Le représentant du Canada a souligné que
le conflit israélo-libanais a entraîné des
actions contraires au droit humanitaire international qui doivent
donc être examinées par les parties contractantes
aux conventions de Genève. Le Canada ne juge pas constructif
que ce Conseil des droits de l'homme traite de questions analogues
à celles traitées par le Conseil de sécurité.
Le Canada votera donc contre ce projet de résolution.
Le représentant de la Suisse a dit que son pays
avait soigneusement examiné le projet de résolution
et avait envisagé d'y apporter des modifications, afin
que le Conseil puisse adopter une position utile et spécifique
à la situation portée à son attention. La
Suisse a souhaité que le Conseil réponde de manière
appropriée à la situation grave résultant
du conflit au Liban et fasse preuve d'une approche équilibrée
et non discriminatoire. Le rôle du Conseil doit
en effet de se préoccuper du sort de toutes les victimes
des violations des droits de l'homme. Or, le texte proposé
ne reflète pas complètement cette exigence et
est encore trop sélectif, ce que regrette la Suisse, même
si certains de ses éléments sont positifs. Pour
cette raison la Suisse s'abstiendra lors du vote , a dit son représentant.
Le Conseil devra à l'avenir renforcer ses capacités
de dialogue et de recherche du consensus, a-t-il fait valoir.
Le représentant de la République de Corée
a jugé très grave la situation au Liban et ailleurs
au Moyen-Orient. La situation tragique au Sud-Liban et au nord
d'Israël est préoccupante eu égard au grand
nombre de victimes et de personnes déplacées et
eu égard à la destruction de nombreuses infrastructures
essentielles. Il faut que toutes les parties au conflit respectent
les droits de l'homme et le droit humanitaire international, s'abstenant
de toute violence contre les populations civiles. Il s'agit néanmoins
surtout d'une question touchant la paix et la sécurité
internationales. Etant donné que le Conseil de sécurité
est déjà saisi de la question, il faut espérer
qu'il prendra des mesures positives pour susciter une cessation
des hostilités et un règlement du conflit. En outre,
le projet de résolution dont est saisi le Conseil des
droits de l'homme n'envisage qu'un aspect du conflit et c'est
pourquoi la délégation de la République de
Corée s'abstiendra lors du vote sur ce texte.
Le représentant de la Finlande, au nom de l'Union
européenne, a fait part de sa grande préoccupation
devant les destructions et les pertes de vies civiles au Liban.
L'Union, qui appelle à la fin des hostilités, déplore
qu'aucune véritable discussion n'ait eu lieu autour du
texte proposé, même s'il faut saluer les efforts
de dernière minute pour modifier la résolution.
L'Union appuie les efforts du Secrétaire général
concernant le lancement d'une enquête sur la situation au
Liban. Le Conseil devrait se pencher sur toutes les violations
des droits de l'homme. En l'état, la résolution
ne prend en compte que le point de vue d'une seule partie.
C'est pourquoi les États membres de l'Union et du Conseil
s'abstiendront lors du vote.
Le représentant de l'Inde a indiqué que
son pays aurait préféré une résolution
tenant compte des préoccupations de tous afin que puisse
être envoyé un message sans équivoque en faveur
d'un cessez-le-feu et de la possibilité d'acheminer sans
entrave l'aide humanitaire. Néanmoins, étant donné
la situation, l'Inde donnera son aval à ce projet de résolution
tel que révisé.
Le représentant de la Fédération de
Russie a dit que le projet de résolution n'était
pas un document simple, même s'il faut reconnaître
qu'il reflète dans une grande mesure la réalité
de la situation. Le représentant a remercié les
efforts de la Suisse et des coauteurs pour parvenir à une
version plus équilibrée du texte, sinon parfaite.
La Russie appuiera l'adoption de la résolution.
Le représentant des Philippines a indiqué
que son pays a appuyé l'appel en vue de la convocation
de cette session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme.
Pour l'essentiel, les Philippines appuient le projet de résolution
tel que révisé présenté aujourd'hui
au Conseil. Elles auraient néanmoins souhaité qu'il
soit plus équilibré. Aussi, les Philippines vont-elles
s'abstenir lors du vote sur ce projet.
Le représentant du Guatemala a dit que son pays
avait condamné les violences commises contre les civils
dans le conflit qui oppose le Hezbollah et les forces israéliennes.
Le Guatemala s'abstiendra cependant lors du vote, car il estime
qu'il eut été préférable d'attendre
le résultat des négociations en cours au Conseil
de sécurité. D'autre part, il est difficile pour
les observateurs de se faire une idée précise de
la situation, le seul élément indubitable étant
les souffrances des peuples israélien et libanais. En l'état
actuel des choses, il faut se préoccuper du sort de ces
populations dans les plus brefs délais, a dit le représentant
qui a annoncé que son pays s'abstiendrait lors du vote.
Le représentant du Pérou, au nom également
de l'Argentine, de l'Equateur, du Brésil
et de l'Uruguay, a fait part de sa satisfaction face à
la révision orale dont a fait l'objet la résolution
adoptée par le Conseil. Il a souligné que les pays
au nom desquels il s'exprime ont voté en faveur de ce texte.
Il a fait part de sa préoccupation face à la spirale
de la violence des deux côtés de la frontière
israélo-libanaise. Il a exhorté les parties à
ouvrir des couloirs humanitaires sûrs afin de permettre
l'acheminement de l'aide humanitaire aux populations qui en ont
besoin. Il faut espérer que les débats en cours
au Conseil de sécurité aboutiront à une cessation
des hostilités ouvrant la voie à une résolution
durable des problèmes de la région. Les deux
parties - Israël et le Hezbollah - doivent s'abstenir de
recourir à la force et garantir la protection de la population
civile, a insisté le représentant péruvien.
Le représentant du Japon a dit sa tristesse de
n'avoir pu soutenir le projet de résolution. Le Japon est
conscient de la gravité de la situation et a souvent exprimé
son inquiétude vis-à-vis des souffrances du peuple
libanais, qui ne mérite pas le sort qui lui est fait aujourd'hui.
Le Japon regrette qu'Israël continue ses bombardements
malgré les appels de la communauté internationale.
Il appelle à un cessez-le-feu immédiat et exhorte
les parties concernées à faire preuve de la plus
grande retenue. Les attaques du Hezbollah doivent être
elles-aussi prises en compte, a précisé le représentant.
Les amendements apportés par les coauteurs sont encore
insuffisants, même s'ils vont dans le bon sens, a encore
dit le représentant du Japon, regrettant que tous les efforts
d'inclusion n'aient pas été consentis pour aboutir
au consensus autour de la résolution.
Le représentant de la France a indiqué
que son pays regrette profondément qu'aucune discussion
sur le texte soumis au Conseil des droits de l'homme n'ait été
possible en temps utile, alors que la situation sur le terrain
requiert une réaction consensuelle de la communauté
internationale. Si les activités militaires d'Israël
constituent une violation des droits de l'homme et du droit humanitaire
international, le Hezbollah viole également, notamment
par ses attaques de roquettes, le droit humanitaire. Il est
regrettable que n'ait pu s'établir une démarche
coopérative sur un sujet aussi grave et que le texte de
la résolution n'ait pu être négocié.
La France a donc dû voter contre ce texte, en dépit
des efforts de dernière minute consentis par les auteurs
de la résolution afin de prendre en compte ses préoccupations,
efforts qui ont toutefois été insuffisants.
Le représentant du Cameroun s'est dit préoccupé
par la situation au Liban et par la grave crise humanitaire qui
en découle. Le Cameroun estime cependant que la résolution
adoptée interfère avec les efforts en cours au Conseil
de sécurité pour résoudre cette crise, c'est
pourquoi il s'est abstenu lors du vote.
Le représentant du Mexique a fait part de la
préoccupation de son pays face à la dégradation
de la situation au Moyen-Orient. Le Mexique lance un appel en
faveur de l'intensification des efforts diplomatiques afin que
cessent toutes les hostilités. Il rappelle à toutes
les parties leur devoir de respecter le droit humanitaire international
et le droit relatif aux droits de l'homme. Les droits de l'homme
ne peuvent être limités que dans des situations exceptionnelles
clairement définies par le droit international. Il existe
des droits de l'homme qui ne sont pas susceptibles de dérogation
à des fins d'activités militaires. La résolution
qu'a adoptée le Conseil met l'accent sur des faits qui
ne constituent pas la totalité des faits de violence dans
la région. Il aurait été souhaitable que
ce texte fasse mention de la violence commise par le Hezbollah.
En outre, le Mexique aurait souhaité que la résolution
définisse un mandat plus large pour la commission d'enquête
de haut niveau dont il appelle de ses vux la création.
Le représentant du Pakistan a remercié
le président du Conseil des droits de l'homme de la façon
digne et efficace dont il a dirigé les travaux de la session
extraordinaire et la haut commissaire pour sa présence.
Des hommes, des femmes et des enfants innocents sont tués
tous les jours, ils doivent être sauvés, a dit le
représentant. La clé de la résolution du
problème se trouve à Tel Aviv, qui doit mettre un
terme à ses bombardements. La cessation immédiate
du conflit doit être imposée; le représentant
pakistanais a demandé au Conseil de sécurité
de se prononcer à ce sujet dans un délai de quelques
heures, et non pas de quelques semaines comme il semble être
question. Le Pakistan est par ailleurs affligé des votes
négatifs enregistrés ce jour, estimant qu'ils seront
difficiles à justifier dans les médias et devant
l'opinion publique. La décision du Conseil ne résout
rien cependant. Il importe maintenant que la commission d'enquête
puisse accomplir sa mission dans les plus brefs délais, a ajouté le représentant. Il a insisté sur la nécessité d'apporter une aide humanitaire urgente au peuple palestinien, dont la situation menace de s'empirer encore. La politique ne doit pas l'emporter au point d'empêcher les membres du Conseil de rester aveugles aux souffrances des enfants libanais, a conclu le représentant pakistanais.
Source : Nations unies, Genève, août 2006.
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