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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, SEPTEMBRE-OCTOBRE 2006/ 2e SESSION
__Les rapports : les personnes d'ascendance africaine
Le Conseil des droits de l'homme a examiné, le
18 septembre 2006, le rapport présenté par
le Président-Rapporteur du Groupe de travail d'experts
sur les personnes d'ascendance africaine.
M. Peter Lesa Kasanda, Président-Rapporteur
du Groupe de travail d'experts sur les personnes d'ascendance
africaine, a relevé que malgré les efforts entrepris,
les personnes d'ascendance d'africaine continuent à vivre
dans la pauvreté, dans les pays en voie de développement
comme dans les pays développés. Il a aussi rendu
compte de la visite que le Groupe de travail a effectuée
en Belgique. La Belgique a fait une déclaration en tant que pays concerné.
LA PRESENTATION DU RAPPORT
M. PETER LESA KASANDA, Président-Rapporteur du Groupe de travail d'experts sur les personnes d'ascendance africaine, a présenté le rapport du Groupe en rappelant que celui-ci s'était penché sur trois thèmes, à savoir l'intégration de la situation des personnes d'ascendance africaine dans les plans pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, l'autonomisation des femmes d'ascendance africaine et le rôle des partis politiques dans l'intégration des personnes d'ascendance africaine dan la vie politique et les processus décisionnels. Il a fait observer qu'en dépit des efforts en cours afin d'appliquer les recommandations adoptées à l'issue de la Conférence mondiale contre le racisme de Durban, les personnes d'ascendance africaine continuent de vivre dans
une situation de pauvreté et de marginalisation dans la
plupart des régions du monde, tant dans les pays développés
que dans les pays en développement.
Les femmes et les fillettes noires sont parmi les groupes les
plus défavorisés et les plus vulnérables,
a poursuivi M. Kasanda. Il a souligné que le Groupe de
travail avait encouragé les partis politiques à
prendre des mesures concrètes pour promouvoir la solidarité,
la tolérance et le respect de tous les droits de l'homme
pour tous, sans distinction aucune.
S'agissant de la mission qu'il a effectuée
en Belgique, M. Kasanda a noté avec satisfaction
les efforts déployés par le gouvernement belge pour
protéger les droits de l'homme des personnes d'ascendance
africaine et traiter les questions relatives à leur bien-être.
Souvent, a fait observer M. Kasanda, les enfants d'ascendance
africaine ou d'origine étrangère ne commencent pas
leur cursus scolaire avec le même capital social et culturel
que les autres enfants. Il a en outre jugé préoccupant
que dans certaines zones fortement peuplées par des personnes
d'origine étrangère, des classes sont composées
essentiellement d'élèves d'origine étrangère,
ce qui nuit aux efforts d'intégration déployés
par les autorités nationales. La question de la reconnaissance
des diplômes obtenus dans un pays étranger constitue
un autre sujet de préoccupation, a ajouté le Président-Rapporteur.
M. Kasanda a par ailleurs souligné que le Groupe de travail
avait relevé des pratiques et des comportements discriminatoires
en matière d'emploi, en particulier dans les processus
de recrutement.
LE RAPPORT
Le rapport du Groupe de travail d'experts sur les personnes
d'ascendance africaine sur les travaux de sa cinquième
session (E/CN.4/2006/19) prie instamment les Etats de prendre
en considération le contenu des paragraphes 1 et 5 du Programme
d'action de Durban, où il est recommandé, entre autres, de prendre des mesures en vue de l'éradication de la pauvreté, particulièrement dans les zones où prédominent des victimes du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, et d'envisager favorablement d'investir davantage dans le secteur médico-sanitaire, l'enseignement, la santé publique, la distribution d'électricité, l'approvisionnement en eau potable et la protection de l'environnement, entre autres secteurs. De plus, considérant les conditions d'extrême pauvreté dans lesquelles vivent dans leur majorité les personnes d'ascendance africaine, tant dans les pays en développement que dans les pays développés, le Groupe de travail prie instamment les Etats à élaborer, en coopération avec la société civile, des stratégies visant à mettre en uvre les objectifs de développement du Millénaire vis-à-vis des personnes d'ascendance africaine, quel que soit le pays dans lequel elles vivent.
D'autre part, le Groupe de travail prie instamment les Etats de collecter des données ventilées par race et par sexe dans le but de réaliser des évaluations économiques, sociales et culturelles fiables des problèmes qui touchent plus particulièrement les femmes d'ascendance africaine, afin d'élaborer et mettre en uvre des programmes de lutte contre les discriminations fondées sur la race et le sexe et d'évaluer les progrès en la matière. Les Etats doivent adopter des mesures spécifiques telles que la discrimination positive, le traitement préférentiel ou les quotas pour s'attaquer aux formes multiples et exacerbées de discrimination, aux handicaps, aux obstacles et aux difficultés auxquels se heurtent les femmes d'ascendance africaine et promouvoir leur intégration dans des domaines tels que l'éducation, l'économie ou la politique.
Par ailleurs, le Groupe de travail pense que les Etats doivent impérativement collecter des données ventilées sur la participation des personnes d'ascendance africaine à la vie politique, telles que le taux de participation aux scrutins lors des élections présidentielles et parlementaires, tant au niveau national que local, les adhésions aux partis politiques, la présence au sein des organes législatifs et les fonctions politiques que ces personnes exercent, dans le but de déterminer leur niveau de participation à la vie politique. Le Groupe de travail encourage enfin les Etats à élaborer des initiatives visant à combattre la discrimination et à faciliter la participation des personnes d'ascendance africaine à la vie politique et aux processus décisionnels.
LA DECLARATION DE LA BELGIQUE
M. ALEX VAN MEEUWEN (Belgique) a exprimé la satisfaction
de son pays sur la façon dont s'est déroulée
la visite du Groupe de travail d'experts sur les personnes d'ascendance
africaine. Il a souligné que cette disponibilité
de la Belgique à recevoir ce Groupe de travail s'inscrit
dans la ligne de son engagement à recevoir toute procédure
spéciale qui en ferait la demande. Toutes les autorités
belges compétentes, que ce soit au niveau fédéral,
régional ou local, se sont investies dans la réussite
de cette visite et ont souligné la volonté et les
efforts des autorités belges pour lutter contre le racisme
et promouvoir la diversité, a-t-il poursuivi, avant de
se réjouir que ceci ait été reconnu par les
experts dans leur rapport "qui présente une vision
équilibrée de la visite". Le représentant
belge a par ailleurs souligné le caractère constructif
des recommandations du Groupe de travail, qui identifient bien
les défis et les enjeux d'une réelle intégration
des personnes étrangères en Belgique.
Ce rapport et ses recommandations ont été répercutés
auprès de toutes les instances concernées; ils sont
d'ailleurs à la base de plusieurs réflexions en
cours, a-t-il indiqué. Sur le plan législatif, la
Belgique s'est dotée d'un arsenal complet pour lutter contre
le racisme et toutes les formes de discriminations, a insisté
le représentant. En 1993, le Centre pour l'égalité
des chances et la lutte contre le racisme a été
créé, qui dispose entre autres de la possibilité
d'ester en justice, a-t-il ajouté. En 2003, les compétences
de ce Centre ont été élargies à toutes
les formes de discriminations ainsi qu'aux questions de migration
et de traite des êtres humains, a-t-il précisé.
Il a indiqué que le Centre pour l'égalité
des chances a été chargé de procéder
à l'évaluation du plan d'action national de lutte
contre le racisme; cette évaluation devrait aboutir début
2007.
Les autorités belges sont conscientes de la nécessité
de trouver un moyen de quantifier les discriminations et d'évaluer
l'efficacité des mesures prises pour les combattre, a poursuivi
le représentant. Toutefois, de telles récoltes de
données sur base ethnique posent des difficultés,
notamment d'ordre éthique et juridique, a-t-il souligné.
Les autorités belges sont également conscientes
des discriminations existantes dans le domaine de l'emploi, du
logement et de l'éducation. Toutefois, il convient de
rappeler que les politiques d'aides à l'emploi et au logement
ne sont aucunement discriminatoires. Ainsi, la Région
wallonne a adopté un ensemble de mesures visant à
faciliter l'accès à l'emploi et au logement par
les personnes étrangères. Pour ce qui est de l'enseignement,
les Communautés flamande et française ont également
pris des mesures pour y assurer l'égalité des chances.
Les autorités judiciaires se sont dotées récemment
d'instruments visant à mieux appréhender et enregistrer
les crimes racistes, a ajouté le représentant.
Les motifs racistes et xénophobes de certaines infractions
seront systématiquement encodés, ce qui devrait
permettre de disposer d'une image plus fidèle de ce phénomène,
a-t-il indiqué. Lors des élections communales du
8 octobre 2006, pour la première fois, les résidents
étrangers non-européens auront la possibilité
de voter, a enfin souligné le représentant.
Source : Nations unies, Genève, septembre 2006.
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