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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, SEPTEMBRE-OCTOBRE 2006/ 2e SESSION
__Les rapports : les personnes déplacées
Le Conseil des droits de l'homme a examiné, les
19 et 20 septembre 2006, le rapport du Représentant
spécial du secrétaire général des
Nations unies sur la situation des personnes déplacées
dans leur propre pays.
Le Représentant spécial de Kofi Annan pour les
droits de l'homme des personnes déplacées à
l'intérieur de leur propre pays, M. Walter Kälin,
a notamment salué les efforts déployés dans
la région des Grands Lacs pour mettre en place des
dispositifs protégeant les personnes déplacées.
S'agissant du Népal, il a indiqué qu'un retour
à la paix et à la stabilité semblait aujourd'hui
plus probable que lors de sa visite dans ce pays en 2005; il a
toutefois recommandé l'application d'un plan d'action sur
les déplacements internes qui tienne compte de la volonté
des personnes déplacées et des conditions de sécurité
nécessaires.
En ce qui concerne la Croatie, et en dépit de
l'excellente collaboration du gouvernement, il a relevé
l'insuffisance des progrès réalisés en faveur
des personnes déplacées dont la situation n'était
pas encore réglée. En Bosnie-Herzégovine
également, les progrès restent lents pour régler
les derniers problèmes qui subsistent. Il a invité
le gouvernement du Monténégro à veiller
à ce que les personnes déplacées ne fassent
pas l'objet de discrimination.
Evoquant par ailleurs le Soudan, il a insisté
sur les graves préoccupations que suscite la situation
au Darfour, insistant également sur les nombreux obstacles
qui s'opposent à un retour des populations au sud du pays.
M. Kälin a en outre engagé les autorités géorgiennes
à ne pas prendre des mesures incompatibles avec les droits
de l'homme, particulièrement au regard de l'obtention de
la citoyenneté et de la langue.
La Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la
Serbie, la Géorgie et le Népal sont intervenus en tant que pays concernés par le rapport de M. Kälin.
LA PRESENTATION DU RAPPORT
M. WALTER KÄLIN, Représentant du Secrétaire général pour les droits de l'homme des personnes déplacées dans leur propre pays, a fait état de ses activités depuis le mois de mars 2005. Il a rappelé que son mandat exigeait un dialogue permanent avec les gouvernements, les organisations non gouvernementales et toutes les autres instances concernées.
Trois éléments sont essentiels pour assurer
le respect des droits et la protection des personnes déplacées,
a-t-il affirmé: l'existence d'un cadre normatif fort, la
volonté politique pour donner effet à ce cadre,
et enfin, la capacité de le faire. S'agissant du cadre
normatif, M. Kälin a mentionné les efforts réels
fournis particulièrement dans la région des Grands
Lacs pour mettre en place des dispositifs protégeant
les personnes déplacées. Il a indiqué que
l'essentiel de sa mission, sur cette question, a consisté
à dialoguer et donner des conseils aux gouvernements, notamment
ceux des pays visités.
M. Kälin a aussi évoqué la situation
au Népal, notant toutefois que la situation dans ce
pays avait considérablement évolué depuis
sa visite, en 2005. Un gouvernement a depuis été
mis en place, et un retour à la paix et à la stabilité
semble aujourd'hui plus probable que cela n'était le cas
alors. A la lumière de la situation actuelle, il a toutefois
recommandé l'application d'un plan d'action sur les déplacements
internes qui tienne compte de la volonté des personnes
déplacées et des conditions de sécurité
nécessaires.
S'agissant de la Croatie, en dépit de l'excellente
collaboration du gouvernement, il a regretté les faibles
progrès réalisés en faveur des personnes
dont la situation n'était pas encore réglée.
En Bosnie Herzégovine également, les progrès
restent lents pour régler les derniers problèmes
qui subsistent. Apparemment, a-t-il indiqué, les directives
ne sont pas appliquées de manière uniforme à
l'échelon local.
Concernant le Monténégro, il a invité
le Gouvernement à veiller à ce que les personnes
déplacées ne fassent pas l'objet de discrimination.
Il a préconisé l'accès à la citoyenneté
pour un certain nombre de personnes qui risquent de devenir apatrides,
et la création de conditions qui permettent un retour sûr
et viable économiquement.
Evoquant le Soudan, il a insisté sur les graves
préoccupations que suscite la situation au Darfour, soulignant
les nombreux obstacles qui s'opposent à un retour des populations
au sud du pays. Il a souhaité, à cet égard,
réitérer son appel à toutes les parties prenantes
pour qu'elles s'engagent d'avantage.
La dernière mission du Représentant spécial
a eu lieu en Géorgie; dans ce pays, il a engagé
les autorités à ne pas prendre des mesures incompatibles
avec les droits de l'homme, particulièrement en regard
de l'obtention de la citoyenneté et de la langue. Il a
aussi encouragé le gouvernement à mettre en place
une politique globale tenant compte des besoins des personnes
vulnérables, soit, en particulier, les personnes âgées
et les personnes handicapées.
Le Représentant spécial a également informé
le Conseil d'un voyage effectué en Turquie, dans le cadre de la participation à deux ateliers sur la problématique des personnes déplacées, et a indiqué qu'un nouveau voyage était prévu pour vérifier la mise en uvre du plan d'action national pour les personnes déplacées.
LE RAPPORT
Le rapport sur les droits de l'homme des personnes déplacées
dans leur propre pays (E/CN.4/2006/71) relève que l'année
2005 a été marquée par le grand nombre et
la vulnérabilité des personnes qui ont été
également déplacées par des catastrophes
naturelles. Le rapport fait état des processus de réforme
de l'assistance humanitaire et de l'ensemble du système
des Nations unies ont créé de nouvelles possibilités
d'accentuer la réaction aux déplacements internes,
quelle qu'en soit la cause.
S'agissant des pays dans lesquels il s'est rendu, le Représentant
recommande notamment à ces pays de structurer leurs interventions
dans les situations de déplacement interne dans le cadre
d'un dispositif global de protection des droits de l'homme et
invite les institutions nationales de protection de droits de
l'homme et la société civile à suivre ces
efforts et à tenir les institutions pertinentes informées
des problèmes de droits de l'homme liés aux déplacements
internes.
Le rapport encourage tous les Etats, en application des Principes
directeurs relatifs au déplacement de personnes à
l'intérieur de leur propre pays, à prévenir
et réduire au minimum les déplacements internes,
en particulier à s'abstenir de procéder à
des déplacements arbitraires. Il invite par ailleurs la
société civile à continuer de recueillir
des informations sur les aspects des déplacements internes
intéressant les droits de l'homme et à engager le
dialogue avec leur gouvernement, lui-même, la haut commissaire
aux droits de l'homme et d'autres intervenants du système
des Nations unies qui participent aux secours humanitaires dans
le pays concerné. Il invite aussi les Etats à soutenir
les efforts visant à renforcer les capacités des
pays touchés par un phénomène de déplacement,
notamment en envoyant des fonctionnaires suivre des formations
tel le cours de San Remo sur les aspects juridiques des déplacements
internes.
S'agissant de l'ONU et de ses partenaires du Comité
directeur interinstitutions, le Représentant encourage
le Comité directeur à s'efforcer de mettre au point
une action unifiée, globale et institutionnelle face à
toutes les situations de déplacement interne, qu'elles
soient causées par un conflit ou une catastrophe naturelle,
moyennant des dispositifs sûrs, fiables et responsables.
Ces dispositifs, tout en étant suffisamment souples pour
s'adapter à des situations nationales particulières,
devraient répondre systématiquement à l'ensemble
des besoins relatifs aux droits de l'homme existant sur le terrain
et devraient considérer invariablement la protection comme
un problème intersectoriel et systémique qui exige
une attention spécifique dans tous les domaines d'intervention
humanitaire.
Le rapport encourage le haut commissaire aux droits de l'homme
à promouvoir systématiquement une intervention
d'ensemble du Haut-Commissariat dans les situations de déplacement
interne, qu'il soit ou non présent sur le terrain,
afin de veiller à ce que les problèmes de protection
des droits de l'homme soient signalés à un stade
précoce aux responsables gouvernementaux, à l'équipe
de pays du Comité directeur inter-institutions et par cette
équipe, aux organes conventionnels et aux titulaires des
procédures spéciales de la Commission des droits
de l'homme et par ceux-ci.
. Dans un premier additif au rapport, M. Kälin
présente un cadre d'action pour la responsabilité
à l'échelon national. Ce cadre vise à aider
les Etats à faire face à tous les aspects du problème
des personnes déplacées. Il devrait également
permettre aux organisations internationales, aux organismes régionaux,
aux institutions nationales des droits de l'homme, à la
société civile et aux personnes déplacées
elles-mêmes de déterminer dans quelle mesure la responsabilité
nationale est réellement exercée et sert de base
pour les activités de mobilisation en faveur des droits
des personnes déplacées.
. S'agissant de sa mission au Népal en avril
2005, (Add.2), le représentant spécial a constaté
que ce pays était face à un problème grave
de personnes déplacées en raison d'un conflit. Les
principaux problèmes et besoins des déplacés
népalais sont notamment la sécurité et la
protection; l'accès à l'éducation pour les
enfants; les abus sexuels et l'augmentation de la violence dans
la famille; et le déni du droit de vote et des droits électoraux.
Dans l'ensemble, les Népalais déplacés
dans leur propre pays ont été jusqu'à présent
laissés à eux-mêmes. Le Représentant
du Secrétaire général conclut en demandant
au gouvernement népalais et aux membres du PCN (maoïste)
de respecter et de protéger les droits de ces personnes,
et à la communauté internationale de les y aider.
. M. Kälin conclut dans un rapport sur sa mission en
Croatie (Add.3) que, contrairement à la situation concernant le rapatriement des réfugiés où subsistent des problèmes non résolus, les problèmes des déplacements internes massifs provoqués en Croatie par les conflits armés sur le territoire de l'ex-Yougoslavie ont pour une grande part été résolus. M. Kälin recommande toutefois encore au gouvernement central de mettre en uvre un programme d'action final en vue d'achever la remise en état des locaux endommagés et la construction de logements de remplacement, ainsi que la mise en uvre du droit à la restitution d'ici la fin de 2007.
. S'agissant de la Bosnie-Herzégovine (Add.4)
M. Kälin constate que les principaux obstacles à un
retour durable des populations déplacées sont l'insécurité
physique, la lenteur de la restitution de leurs biens aux propriétaires
d'origine et de la reconstruction des bâtiments notamment.
Le représentant s'inquiète de l'insuffisance de
la protection accordée à certains groupes vulnérables
particulièrement exposés aux risques d'agressions,
comme les victimes et les témoins de crimes de guerre,
ainsi que les minorités ethniques comme les Roms. Les mines
antipersonnel continuent de mettre en péril la sécurité
des rapatriés et les empêchent de se consacrer à
l'agriculture. Le Représentant prie instamment la communauté
internationale à continuer à soutenir le processus
actuel de rapatriement et à fournir des moyens supplémentaires
pour soulager la détresse des groupes vulnérables
afin de leur permettre de jouir pleinement de leurs droits fondamentaux.
. Suite à sa mission en Serbie-et-Monténégro
(Add.5), où des milliers de personnes déplacées
vivent encore dans des conditions très difficiles dans
des centres collectifs et des camps de fortune, M. Kälin
estime peu probable que ces personnes regagnent leur lieu d'origine,
même si la situation changeait radicalement, ou qu'elles
deviennent capables de se prendre en charge. Le Représentant
appelle l'attention sur les problèmes particuliers que
connaissent les personnes déplacées pour obtenir
des papiers en République serbe. Il reconnaît que
le système administratif y est contraignant pour tous,
mais pour la plupart des personnes déplacées originaires
du Kosovo les obstacles sont insurmontables. En ce qui concerne
la République du Monténégro, tout en saluant
les efforts consacrés à l'élaboration d'une
stratégie nationale globale pour régler les problèmes
des réfugiés et des personnes déplacées,
le Représentant demeure préoccupé par le
fait que, pour les services qui vont au-delà de la santé
primaire et en ce qui concerne l'éducation et le travail,
les personnes déplacées qui ne sont pas monténégrines
sont systématiquement victimes de discrimination.
. Au Soudan (Add.6), où il s'est rendu en octobre
2005, M. Kälin indique notamment que la plupart des interlocuteurs
ont confirmé qu'on s'attendait au retour de centaines de
milliers de personnes déplacées dans les mois à
venir. D'après les informations dont le Représentant
du Secrétaire général disposait, la capacité
d'absorption de personnes déplacées dans le sud
était très limitée en raison du manque d'infrastructures
de base et de services publics après des décennies
de guerre civile. Il a que, souvent, les autorités locales
n'étaient pas en mesure de protéger les personnes
rentrées chez elles.
Les principales recommandations faites par le Représentant
aux autorités nationales ainsi qu'aux autorités
du Sud-Soudan sont essentiellement de trois ordres : il recommande
tout d'abord que les personnes déplacées aient la
possibilité de choisir librement et véritablement
de rentrer chez elles ou de s'installer là où elles
se trouvent; deuxièmement, il a demandé aux autorités
et à l'ONU de mettre en place dans les meilleurs délais
des mécanismes de protection à l'intention des personnes
déplacées rentrant chez elles. En troisième
lieu, il convient que les autorités s'emploient à
éliminer les obstacles à un retour durable dans
le sud et à créer des conditions qui le favorisent,
y compris la protection de l'ensemble des droits civils, politiques,
sociaux, économiques et culturels des personnes déplacées
ou rentrées chez elles.
. Pour ce qui concerne la Géorgie (Add.7), où il s'est rendu en décembre 2005, le représentant spécial invite le Gouvernement à accélérer le processus d'élaboration et de mise en uvre de la politique nationale envisagée pour faire face à la crise liée aux déplacements de population. Une assistance humanitaire devrait continuer d'être fournie aux groupes particulièrement vulnérables et des solutions durables devraient être trouvées pour ceux qui ne peuvent vivre de manière autonome. Le Représentant invite instamment les autorités de facto d'Abkhazie, en Géorgie, à s'abstenir d'adopter des mesures incompatibles avec le droit au rapatriement et avec les normes internationales relatives aux droits de l'homme, telles que les lois discriminatoires, en particulier "la loi sur la citoyenneté". Il leur a également demandé instamment de coopérer pour créer un bureau international permanent des droits de l'homme à Gali et à accepter sans délai une police civile des Nations unies.
LES DECLARATIONS DES PAYS CONCERNES
MME JADRANKA KALMETA (Bosnie-Herzégovine) a fait
valoir que son gouvernement a pleinement collaboré avec
le Rapporteur spécial, qui a donné dans son rapport
une vision exhaustive de la situation des personnes déplacées
en Bosnie-Herzégovine. Toutes les activités engagées
par le Gouvernement en vue de réduire les difficultés
des personnes déplacées sont prises en concertation
avec les représentants locaux des Nations unies, a poursuivi
la représentante bosniaque. Le processus de réinscription
des personnes déplacées est en voie d'achèvement
dans toute la Fédération. Le nombre total de personnes
déplacées serait d'environ 125'000.
Environ un demi-million de personnes réfugiées ont été accueillis par près de quarante pays dans le monde. Les retours s'effectueront sur une base volontaire. Dans cette perspective, un projet de construction de logements est mis en uvre grâce à un financement de la Commission européenne et l'aide du Programme des Nations unies pour le développement, a précisé la représentante. Quarante-deux mille demandes de reconstruction de logements ont été reçues à ce jour par les autorités, dont le fonds de rapatriement prévoit une ligne de crédit pour les cas d'urgence. Pour résoudre les autres problèmes de déplacement de populations, un important effort est consenti au niveau régional par les autorités de la Bosnie-Herzégovine, a dit sa représentante.
M. G. MARKOTIC (Croatie) s'est félicité de ce que le rapport de M. Kälin ait pu constater que les problèmes des déplacements internes massifs provoqués en Croatie par les conflits armés sur le territoire de l'ex-Yougoslavie ont pour une grande part été résolus. Il a annoncé que, depuis la visite de M. Kälin, le gouvernement s'était attaché à mettre en uvre ses recommandations. Il a notamment fait mention de l'adoption d'une stratégie de réforme du système judiciaire visant à renforcer son indépendance et son efficacité. Les mesures concrètes envisagées dans ce cadre ont notamment pour but de pouvoir régler rapidement les conflits relatifs à la propriété.
Depuis novembre 2005, a-t-il indiqué, la Croatie participe
également au programme de formation à l'intention
des agents responsables de l'application des lois pour combattre
la haine raciale et qui vise à augmenter les capacités
institutionnelles et à sensibiliser le public aux incidents
fondés sur des critères ethniques. Dans le cadre
de la coopération régionale, M. Markotic a relevé
l'importance de la Déclaration de Sarajevo qui engage
les gouvernements signataires à trouver des solutions durables
pour les réfugiés qui se trouvent encore sur leur
territoire, soit au travers de mesures favorisant leur intégration,
soit en facilitant leur retour dans leur pays d'origine. La Croatie
a aussi adopté un programme global pour permettre aux personnes
déplacées de récupération leurs biens.
Selon les statistiques disponibles, à la fin août
2006, 341'081 rapatriés ont été enregistrés
depuis le début du processus de retour, parmi lesquels
219'000 personnes déplacées. Depuis le début
2006, 2'817 personnes sont retournées chez elles, parmi
lesquelles 24% de déplacés et 76% de personnes d'origine
serbe, a-t-il indiqué.
M. SLOBODAN VUKCEVIC (Serbie) a remercié
M. Kälin pour l'intérêt qu'il a manifesté
s'agissant de la situation des personnes déplacées
dans la région des Balkans et pour sa visite en Serbie
et au Monténégro en juin dernier. La Serbie continue
d'abriter 108'000 personnes ayant le statut de réfugiés
et plus de 200'000 personnes déplacées internes
de la Province du Kosovo et Metohija, alors que le problème
remonte à 1999. Depuis 1999 jusqu'à ce jour, le
nombre de personnes déplacées internes en provenance
du Kosovo et de Metohija est passée de 187'000 en 2000
à 208'000 en 2006. En outre, le nombre de personnes déplacées
internes qui sont retournées au Kosovo et Metohija est
resté extrêmement faible puisqu'il ne dépasse
pas les 12'000. Le principal objectif de la stratégie nationale
à l'égard de ces personnes, adoptée en 2002,
consiste à créer des conditions propices à
leur retour volontaire et à leur intégration locale,
a rappelé le représentant. Toutes les conditions
préalables et les garanties nécessaires à
leur retour au Kosovo et Metohija doivent être crées.
Malheureusement, c'est loin d'être le cas, a-t-il souligné.
Il vaudrait mieux s'occuper de la situation très insatisfaisante
des minorités dans cette province plutôt que de s'attacher
à la question d'un statut futur, a-t-il ajouté.
M. TEIMURAZ BAKRADZE (Géorgie) a rappelé
que le Représentant spécial Walter Kälin a,
dans son rapport, exhorté les autorités de l'Abkhazie
à garantir le retour en toute sécurité des
personnes déplacées vivant sur son territoire. Malheureusement
les autorités séparatistes abkhazes continuent de
se montrer réticentes à cet égard, ce que
déplore le Gouvernement de la Géorgie. Des citoyens
géorgiens sont victimes de tortures et de conscription
forcée, a fait valoir le représentant, lequel a
aussi regretté que les forces armées russes stationnées
dans la région montrent peu d'empressement à remédier
à cette situation. La Géorgie s'efforce de son côté
d'ouvrir un bureau des droits de l'homme dans la région
avec l'aide des Nations unies, dans l'idée de participer
à la résolution pacifique du conflit. Suite à
une récente conférence des donateurs à Bruxelles,
un projet d'aide à la région de l'Ossétie
du Sud devrait pouvoir être lancé prochainement,
a ajouté le représentant, relevant à cet
égard qu'un nombre croissant de pays sont maintenant conscients
que les conflits prolongés entraînent de fortes souffrances
pour les populations qui les subissent.
M. GYAN CHANDRA ACHARYA (Népal) a noté
qu'avec la nouvelle situation qui prévaut, le gouvernement
népalais s'était engagé fermement à
promouvoir les droits de l'homme et notamment ceux des personnes
déplacées. Il a relevé que le nombre total
de personnes déplacées était actuellement
relativement bas, mais que les statistiques précises faisaient
défaut. Il a soutenu que le code de conduite signé
entre le gouvernement et les maoïstes a apporté des
progrès notoires, en renforçant la sécurité
des personnes déplacées retournant dans leurs villages.
Il a aussi informé le Représentant spécial
que le gouvernement avait dégagé un budget considérable
pour la reconstruction des infrastructures endommagées
dans le cadre du conflit, ce qui constitue également une
mesure d'encouragement au retour des personnes déplacées.
M. ABDUL MONEIM OSMAN (Soudan) a félicité le Représentant spécial sur les personnes déplacées internes, M. Walter Kälin, pour l'excellence de son rapport concernant le Soudan. Les efforts ayant conduit au retour de nombreuses personnes dans le sud du Soudan sont essentiellement à porter au crédit du gouvernement, a souligné le représentant soudanais. La communauté internationale, qui avait promis 174 millions de dollars, n'a versé que deux millions au gouvernement soudanais et ne s'est donc pas montrée à la hauteur de ses engagements, a-t-il insisté. Il a rappelé que l'accord d'Abuja contient de nombreuses dispositions régissant le retour des personnes déplacées, affirmant notamment le principe du retour volontaire et insistant sur le rôle de la communauté internationale pour aider le Gouvernement à promouvoir ces retours. Le représentant soudanais a dénoncé les attaques continues dont font l'objet les convois humanitaires, en violation des dispositions du droit humanitaire et du droit international; il s'agit d'un phénomène odieux dont il conviendrait de parler.
LES COMMENTAIRES DU RAPPORTEUR
M. WALTER KÄLIN a exprimé sa reconnaissance aux pays qui l'ont reçu pour la collaboration dont ils ont fait preuve. Il s'est adressé particulièrement aux pays des Balkans en exprimant le souhait que la mise en uvre de ses recommandations conduiront rapidement à un règlement de la situation des personnes encore déplacées.
En réponse à la question du Canada sur les moyens
de parvenir à un meilleur accès aux populations
du Darfour, M. Kälin a évoqué d'une part la nécessité de mettre en uvre sans réserve l'accord de paix d'Abuja, d'autre part celle d'une présence forte des forces de maintien de la paix.
Concernant le Zimbabwe, le Représentant spécial
a noté avec regret que la situation des personnes déplacées
ne se soit pas améliorée.
Il a souscrit à la déclaration du gouvernement
sri-lankais notant que l'action d'urgence suivant un drame
était essentielle et a salué à cet égard
l'action du gouvernement. Il a toutefois relevé la nécessité
de mettre en place en parallèle une action préventive.
Pour ce qui est de la situation des travailleurs humanitaires
dans ce pays, il a soulevé la possibilité d'une
mission à Sri Lanka qui pourrait engendrer des recommandations
utiles à cet égard.
Répondant à la question de savoir s'il fallait
opérer une distinction entre les déplacements
dus à des conflits internes ou internationaux, il a estimé qu'il n'y avait pas véritablement à faire de distinction, et qu'il convenait dans les deux cas de tenir compte du souhait des personnes déplacées de retourner ou non dans leurs lieux d'origine.
Source : Nations unies, Genève, septembre 2006.
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