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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, SEPTEMBRE-OCTOBRE 2006/ 2e SESSION
__Les rapports : le droit au logement
Le Conseil des droits de l'homme a examiné, le
25 septembre 2006, un rapport sur le droit à
un logement convenable.
Le Rapporteur spécial sur le droit à un logement
convenable, M. Miloon Kothari, a relevé la problématique
toujours plus aiguë d'expulsions et de déplacements
forcés, prétendument menés à des fins
de développement. Il a relevé qu'aujourd'hui,
le nombre de personnes déplacées en raison de projets
ou de processus de développement dépasse le nombre
de celles qui sont déplacées par des conflits armés
et ethniques.
Il a insisté sur la vulnérabilité des
femmes à l'égard de ce problème, appelant
les Etats à renforcer leurs cadres politiques et juridiques
nationaux pour protéger leur droit à un logement
convenable, à la terre et à l'héritage. Il
a aussi rendu compte de sa mission en Iran et au Cambodge.
Ces deux pays concernés sont intervenus, ainsi que l'Australie.
LA PRESENTATIOIN DU RAPPORT
M. MILOON KOTHARI a indiqué recevoir de plus en plus fréquemment des informations faisant état d'expulsions et de déplacements forcés à travers le monde, que ce soit dans des Etats démocratiques ou dans des Etats autoritaires. Nombre des pratiques d'expulsions sont prétendment menées à des fins de développement, sous prétexte de servir le "bien public". Le fait est qu'aujourd'hui, le nombre de personnes déplacées
en raison de projets ou de processus de développement dépasse
le nombre de celles qui sont déplacées par des conflits
armés et ethniques, a souligné M. Kothari. Les
expulsions forcées constituent des violations massives
de toute une série de droits de l'homme et témoignent,
de la part des Etats, d'un mépris systématique de
normes reconnues des droits de l'homme.
Les expulsions forcées font des gens des sans-abri
et leur imposent des conditions de logement inadéquates
ainsi que la pauvreté. Elles affectent presque sans
exception les secteurs les plus pauvres, les plus marginalisés
et les plus vulnérables, économiquement et socialement,
de la société, a insisté le Rapporteur; elles
se traduisent par la perte des moyens de subsistance et intensifient
les inégalités et les conflits sociaux, contribuant
à la ségrégation et à la création
de ce que l'on peut appeler "des villes et des villages d'apartheid".
L'impact sur les communautés affectés peut être
qualifié de tragédie humaine, a insisté M.
Kothari. Pourtant, les expulsions forcées continuent
de se produire en toute impunité sans susciter de réactions,
ou seulement rarement, de la part de la communauté internationale.
M. Kothari a rappelé qu'en juin 2005, un atelier international
s'est tenu à Berlin sur le thème des expulsions
forcées. A la lumière des résultats de cet
atelier, le Rapporteur a préparé un ensemble
de principes et directives fondamentaux sur les évictions
et les déplacements fondés sur le développement.
Au nombre de ces directives figure la nécessité
pour les Etats de mener des évaluations d'impact avant
toute expulsion et d'intervenir afin d'assurer que les forces
du marché - notamment la spéculation débridée
sur les terres et les propriétés - n'accroissent
pas la vulnérabilité des groupes marginalisés
et à faibles revenus face aux expulsions forcées.
Une autre directive serait que les personnes affectées
reçoivent par écrit et suffisamment à l'avance
une notification afin de minimiser les conséquences néfastes
des évictions.
S'agissant de son rapport sur les femmes et le logement
adéquat, le Rapporteur spécial a notamment indiqué
qu'un besoin se fait encore sentir, pour les États, de
renforcer les cadres politiques et juridiques nationaux de protection
des droits des femmes à un logement convenable, à
la terre et à l'héritage et de prévoir des
moyens de recours en cas d'abus à cet égard, compte
tenu de la véritable «loi du silence» qui contribue
à les priver de leurs droits.
En ce qui concerne la mission qu'il a effectuée en
Iran en juillet 2005, M. Kothari a notamment pris note des
mesures positives prises par un certain nombre d'organes gouvernementaux
pour améliorer les conditions de logement dans le pays.
Il a toutefois soulevé un certain nombre de sujets de préoccupation
s'agissant en particulier des coûts prohibitifs du logement
et du fait que les politiques et programmes existants ne semblent
pas se traduire par un accès amélioré à
un logement convenable pour les personnes très pauvres.
En ce qui concerne la mission qu'il a effectuée au
Cambodge du 22 août au 3 septembre 2005, M. Kothari
a notamment exprimé un certain nombre de préoccupations
s'agissant notamment de la faible application de la législation;
de la question des échanges de terres; de la situation
des populations autochtones; ou encore du manque de services publics
dans les zones rurales, ce qui pousse les habitants de ces zones
à partir vers les villes où ils sont confrontés
à des situations précaires.
L'une des caractéristiques les plus inquiétantes
au Cambodge reste la pratique des expulsions forcées. Cette
année seulement, des milliers de personnes ont été
expulsées par la force ou sont exposées à
des expulsions à Phnom Penh et aux alentours. La situation
ne se limite pas à la capitale, a souligné M. Kothari.
S'agissant de la visite qu'il a effectuée en Australie
en 2006, M. Kothari a indiqué qu'il présenterait
un rapport sur cette missionen 2007. Il a toutefois indiqué
que l'Australie avait mis en place des outils intéressants
pour rendre le logement plus accessible aux groupes de personnes
à faibles revenus. Néanmoins, l'Australie est
confrontée à une crise du logement, en particulier
en termes de croissance du nombre des sans-abri et en termes de
disponibilité de logements publics et de logements privés
à louer ainsi qu'en termes d'accès à ces
logements, a souligné le Rapporteur spécial.
LE RAPPORT
Le rapport du Rapporteur spécial sur le logement
convenable en tant qu'élément du droit à
un niveau de vie suffisant ainsi que sur le droit à la
non-discrimination à cet égard (E/CN.4/2006/41
et Add.1 à 3) souligne qu'une analyse approfondie des multiples
éléments du droit fondamental à un logement
adéquat requiert l'étude des liens avec les autres
droits, comme le droit à la terre, à l'alimentation,
à l'eau, à la santé, au travail, à
la propriété, à l'égalité,
à l'héritage, à la sécurité
de la personne et à la protection contre les traitements
inhumains et dégradants, la non-discrimination et la sécurité
de jouissance étant le fondement commun.
Le rapport met en relief un certain nombre de domaines clefs dans lesquels un effort accru devra à l'avenir être consenti par différents acteurs, par exemple les questions de la terre et de la propriété et les conséquences des catastrophes naturelles et des urgences humanitaires pour l'exercice du droit à un logement adéquat. Enfin, le Rapporteur spécial donne à l'intention des Etats des directives concernant les expulsions au motif de projets de développement, qui devraient servir d'outils concrets de mise en uvre.
Dans ses recommandations, le Rapporteur spécial
prie la Commission, dans le contexte de la crise mondiale persistante
du logement, de maintenir le mandat thématique sur le logement
adéquat, d'engager un processus visant à faire adopter
les directives sur les expulsions forcées proposées
par le Rapporteur, d'envisager de reconnaître le droit
à la terre comme un droit fondamental et de demander
aux États de cesser de pratiquer l'apartheid et la ségrégation
entre zones urbaines et zones rurales et de mettre un frein
à la spéculation immobilière et aux confiscations
de terres débridées.
Les communications du Rapporteur spécial avec
les gouvernements donnent lieu à additif (Add.1).
Le rapport sur la mission que le Rapporteur a effectuée
en Iran (Add.2) du 19 au 31 juillet 2005 relève
avec satisfaction la volonté du gouvernement iranien
d'assurer l'exercice du droit à un logement adéquat
et des droits connexes reconnus dans la Constitution de l'Iran
et dans les instruments relatifs aux droits de l'homme. Le Rapporteur
met en lumière un certain nombre de tendances positives
et de bonnes pratiques qu'il a constatées pendant sa mission,
comme le nombre considérable d'organes gouvernementaux
qui travaillent à améliorer les conditions de logement
dans le pays, les réels efforts déployés
depuis la révolution par le gouvernement pour garantir
l'accès à l'eau, à l'électricité
et à des systèmes d'assainissement dans tout le
pays, la place accordée dans les politiques gouvernementales
relatives au logement aux groupes vulnérables et marginalisés,
ainsi que les efforts de reconstruction à Bam et les mesures
de prévention engagées dans les zones sujettes aux
catastrophes.
Le Rapporteur relève aussi avec préoccupation les obstacles qui entravent la réalisation du droit fondamental à un logement adéquat. Les difficultés sont principalement le coût prohibitif des logements dans le pays et la mise en uvre de politiques et de programmes qui ne semblent pas aboutir à une amélioration de l'accès à un logement pour les catégories de la population très pauvres. Le Rapporteur constate les mauvaises conditions
de vie et de logement dont souffrent de façon disproportionnée
les minorités ethniques et religieuses et les groupes
nomades, le nombre considérable de cas de confiscations
de terres et d'expulsions forcées, la discrimination à
l'égard des femmes en ce qui concerne le droit au logement,
la propriété foncière, l'héritage
et le droit de propriété.
Il note aussi l'insuffisance des services essentiels assurés dans les zones d'habitat spontané et dans les quartiers pauvres. Le Rapporteur recommande notamment la révision légale et administrative de la théorie du "domaine éminent", qui empêche les particuliers et les groupes de s'opposer à l'acquisition par l'Etat de logements et de terrains; la mise en place de nouvelles politiques pour garantir aux femmes l'accès en toute égalité au logement et à la terre ainsi que leurs droits de propriété et d'héritage; l'adoption de politiques visant à éviter la spéculation foncière; une plus grande attention aux provinces historiquement marginalisées; la participation de la population à l'élaboration de plans de développement et à l'établissement et à l'évaluation des projets de logement; le renforcement, l'expansion et la mise en uvre de politiques spécialement destinées aux groupes en situation de vulnérabilité et aux minorités religieuses et ethniques, comme les Kurdes, les Baha'is, les Laks et les Arabes.
Le rapport sur la mission que le Rapporteur spécial
a effectuée au Cambodge (Add.3) du 22 août au 3 septembre 2005 souligne que cette visite s'est déroulée à une période où le pays avait beaucoup de peine à mettre en place des institutions démocratiques dans le respect de la légalité. Pendant sa mission, il a pu constater que les problèmes et les affaires sur lesquels il s'était penché (échanges fonciers, expulsions forcées, etc.) étaient principalement dus aux carences dans la mise en uvre du Code foncier de 2001 et au non-respect de la Constitution. Le Rapporteur a toutefois été encouragé par certaines initiatives prises par des organisations non gouvernementales et la municipalité de Phnom Penh, telles que la "Déclaration de principes
pour les bonnes pratiques dans le domaine du logement et le développement
en faveur des pauvres au Cambodge: promouvoir une approche
de l'aménagement urbain fondée sur les droits"
(4 octobre 2005).
Il félicite aussi la municipalité des mesures
qu'elle a adoptées en faveur des populations pauvres des
zones urbaines et de la création d'un poste de responsable
municipal des droits en matière de logement, ainsi que
de ses efforts en vue d'élaborer un plan directeur. À
la suite de sa visite, le Rapporteur a en outre noté avec
satisfaction que le gouvernement avait adopté, le 30 septembre
2005, un décret d'application sur la gestion des terres
relevant du domaine public. Dans l'ensemble, le Rapporteur reste
toutefois très préoccupé par la situation
du logement au Cambodge et demande instamment au Gouvernement
d'adopter des mesures progressives pour garantir à tous
les Cambodgiens un logement convenable, conformément aux
engagements internationaux auxquels il a souscrit dans le domaine
des droits de l'homme.
LES DECLARATIONS DES PAYS CONCERNES
M. SEYED SAJJADPOUR (Iran) a souligné les tendances
positives enregistrées en matière de droit au logement
dans son pays depuis la Révolution. En effet, si la population
iranienne de 75 millions de personnes connaît une forte
croissance, on constate néanmoins des progrès constants
dans la protection de ce droit fondamental. On enregistre ainsi
des améliorations importantes dans l'accès à
l'eau et à l'électricité.
Des programmes de logement ont été axés
sur les couches les plus pauvres de la population, avec notamment
la construction de très nombreuses unités d'habitation
et l'octroi de prêts aux plus démunis. Trois mille
villages ont fait l'objet de mesures de soutien au logement, et
des dispositions ont été prises pour favoriser à
l'accès à la propriété en zone rurale.
Reste une tendance à l'exode rural qu'il faudra enrayer,
a convenu le représentant, qui a aussi relevé que,
dans les zones touchées par les catastrophes naturelles,
de nombreuses personnes sont encore en attente de relogement.
Le rapport n'est pas toujours très précis, a déploré
le représentant, disant ne pas comprendre quelles couches
de la population devraient faire l'objet d'autres mesures de soutien.
Le représentant a dit que son gouvernement entendait collaborer
pleinement avec M. Kothari dans la réalisation de son mandat.
M. VUN CHHEANG (Cambodge) a rappelé que
de 1975 à 1979, le pays a traversé une période
sombre de son histoire, les Khmers Rouges ayant dès le
début utilisé l'armée pour évacuer
en masse la population de la capitale et des villes vers les zones
rurales, forestières et montagneuses, déportant
la population d'une zone à l'autre et supprimant totalement
le régime de la propriété privée.
En 1979, le Cambodge a été libéré;
les citoyens sont revenus des différents endroits où
ils avaient été forcés à vivre. Ils
s'installaient librement et dans la mesure de leurs possibilités;
les grandes villes et la capitale furent alors les endroits cibles
que les personnes déplacées choisirent pour s'installer.
En 1989, le Cambodge a proclamé la reconnaissance
du droit à la propriété privée des
citoyens, y compris celle des minorités ethniques.
Le Cambodge a alors entamé son programme de développement
rural et urbain. Par cause d'insuffisance de lois et de procédures,
ce développement rapide a entraîné différents
problèmes: apparition de squatters sur des propriétés
privées et occupation illégale des jardins publics,
des terres et des sites appartenant au Domaine de l'Etat. Dans
l'intérêt public, les autorités compétentes
des villes ont facilité le changement des lieux d'habitation
des occupants illégaux.
En mars 2006, pour l'assister dans le règlement des
litiges fonciers, le gouvernement a créé une Autorité
nationale qui a reçu plus de 2400 plaintes, lesquelles
ont été traitées par ordre de priorité.
Il est à noter que le nombre de litiges fonciers dans le
pays a connu une baisse sensible depuis la création de
cette Autorité nationale. Le représentant a par
ailleurs souligné l'éparpillement des minorités
ethniques sur le territoire cambodgien. Il n'existe pas de lois
portant sur la propriété de la communauté
des minorités ethniques; le ministère de l'Intérieur
et celui du Développement rural travaillent à l'élaboration
d'une loi sur le statut des minorités ethniques à
titre d'essai et pour une période de cinq ans. C'est lorsque
cette loi sera en vigueur que les démarches seront engagées
pour sa gestion, a précisé le représentant.
MME ROBYN MUDIE (Australie) a déclaré
que son pays estime que les dispositions qu'il a prises pour assurer
l'exercice du droit au logement sont suffisantes pour assurer
l'absence de discrimination, même s'il y a toujours place
pour des améliorations de détail. Les autorités
australiennes ont mis sur pied une série d'accords et de
mécanismes consultatifs destinés à garantir
que les besoins et aspirations des groupes vulnérables
sont pris en compte. Le gouvernement considère avec le
plus grand sérieux la question de l'accessibilité
au logement et a institué plusieurs organismes de financement
de l'accession à la propriété. Le logement
des populations aborigènes exige des réponses à
tous les niveaux de gouvernement, de la communauté aborigène
elle-même et du monde associatif. En 2006-2007, le gouvernement
va débloquer plus de 380 millions de dollars australiens
pour répondre à ces besoins spécifiques,
a aussi précisé la représentante.
LES COMMENTAIRES DU RAPPORTEUR
M. MILOON KOTHARI, répondant à une intervention
du représentant de l'Iran, s'est dit conscient des
efforts accomplis par ce pays en faveur du logement, mais a appelé
à une meilleure coordination entre l'action des nombreuses
instances chargées de cette action. L'Iran devrait aussi
revoir les procédures de recours contre les expropriations.
Par ailleurs, certaines communautés sont toujours confrontées
à des discriminations dans l'accès au logement,
s'est inquiété M. Kothari.
Le Cambodge n'est pas le seul pays confronté
à des squatters ruraux installés dans les villes,
a, par ailleurs, fait remarquer M. Kothari, qui a souligné
que ce phénomène témoigne de l'échec
des politiques d'intégration de ces populations. Certains
décrets qui auraient pu améliorer cette situation
n'ont pas été adoptés, ce qu'a déploré
le Rapporteur.
La Suisse a posé des questions importantes, notamment
sur la conception sociale de la propriété foncière.
Le fait est que cette conception a tendance à se rapprocher
du modèle libéral, et qu'il n'y a en outre pas vraiment
de preuves que l'octroi de titres de propriété permet
de sortir les populations de la misère, a souligné
M. Kothari. Il a aussi fait valoir que les directives peuvent
aisément être intégrées dans les politiques
nationales et que les Etats doivent garantir la sécurité
des personnes menacées d'expulsion : c'est pourquoi des
analyses des conséquences doivent réalisées
avant les expulsions. En ce qui concerne le Zimbabwe, le Rapporteur a dit attendre des réponses du gouvernement de ce pays. Les informations dont dispose M. Kothari indiquent cependant l'existence d'une grave crise du logement.
EXERCICE DU DROIT DE REPONSE
M. ENOS MAFEMBA (Zimbabwe) a souhaité
rectifier certaines affirmations du Rapporteur, insistant sur
le fait que les expulsions qui ont eu lieu dans son pays n'étaient
ni arbitraires, ni illégales; les personnes concernées
ont été informées à l'avance et ont
eu le temps de s'y préparer, a-t-il dit. Il a relevé
que les politiques du gouvernement ne vont pas à l'encontre
du peuple, au contraire, comme le démontre le soutien que
le peuple a accordé au gouvernement aux dernières
élections.
M. VUN CHHEANG (Cambodge) a exprimé la volonté de son pays de continuer à travailler avec les Nations unies. Le Cambodge a besoin d'assistance technique, a-t-il indiqué. Pour le Cambodge, le rapport de M. Kothari ne reflète pas la réalité de la situation du logement dans le pays.
Source : Nations unies, Genève, septembre 2006.
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