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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, SEPTEMBRE-OCTOBRE 2006/ 2e SESSION
__Les rapports : droits de l'homme et extrême pauvreté
Le Conseil des droits de l'homme a examiné le
27 septembre 2006, un rapport sur les droits de l'homme
et l'extrême pauvreté, qui porte notamment sur
une mission de l'expert indépendant aux Etats-Unis.
M. Arjun Sengupta, expert indépendant sur les
droits de l'homme et l'extrême pauvreté, a expliqué
comment l'amélioration du respect des droits de l'homme
pouvait aider à lutter contre la pauvreté. Affirmant
que des solutions existent pour éradiquer le phénomène,
il a dénoncé l'absence de volonté politique
qui explique la persistance de l'extrême pauvreté
dans le monde.
Notant que la pauvreté extrême est multidimensionnelle,
l'expert a invité les Etats à mettre au point des
indicateurs, à travailler dans le domaine de la santé
publique, de l'emploi et de l'éducation pour y pallier.
Il faut admettre que la pauvreté extrême est une
violation des droits de l'homme, a déclaré l'expert.
M. Arjun Sengupta a rendu compte de sa visite aux Etats-Unis
où il a constaté que, malgré la richesse
économique du pays et les efforts déployés
par le Gouvernement, le taux de pauvreté demeure élevé
comparé à d'autres nations riches, et cela particulièrement
au sein de certaines communautés.
Les Etats-Unis sont intervenus en tant que pays concerné._Ont
participé au "dialogue interactif" sur l'extrême
pauvreté les pays suivants : Algérie, Mali, Brésil,
Philippines, Indonésie, Cameroun, Pérou, Sénégal,
Finlande (Union européenne), Equateur, Cuba, Maroc, Arabie
saoudite, Inde et Chine.
LA PRESENTATION DU RAPPORT
M. ARJUN SENGUPTA a souligné qu'éliminer
la pauvreté est une intention affirmée par tous
les gouvernements. Cet objectif leur est cher. Mais la pauvreté
existe malgré tout, faute d'action sociale.
Dans son rapport, l'expert indépendant montre par ailleurs
comment l'amélioration du respect des droits de l'homme
pouvait aider à lutter contre la pauvreté. L'expert
indépendant s'est efforcé de parvenir à
une définition de la pauvreté extrême,
qui doit être considérée comme une violation
des droits de l'homme. La pauvreté extrême est multidimensionnelle.
La société doit mettre au point des indicateurs,
renforcer les efforts dans le domaine de la santé publique,
de l'emploi et de l'éducation.
Il faut admettre que l'extrême pauvreté est
une violation des droits de l'homme, a insisté l'expert indépendant. Les Etats doivent tout faire pour éliminer la pauvreté extrême. Toutes les sociétés peuvent éliminer la pauvreté extrême en adoptant des objectifs précis. Des politiques réalisables existent. Ce qui manque c'est la volonté politique ou la motivation des autorités pour surveiller la mise en uvre.
A titre d'illustration, l'expert indépendant a réalisé
une étude sur le cas des États-Unis. Ce pays
est engagé à éliminer la pauvreté
extrême et dispose de toutes les ressources pour la combattre,
et pourtant il ne parvient pas à l'éliminer. Quand
il est possible de prendre des mesure pour élimer la pauvreté
extrême et quand rien n'est fait, cela devient une violation
des droits de l'homme, a estimé l'expert indépendant.
Il ne fait aucun doute que les autorités sont sensibles
à cette question, mais n'ont pas su prendre des mesures
efficaces. Les pauvres accusent les autorités de violer
ouvertement les droits de l'homme et de ne pas tout faire pour
répondre à leur situation.
Le problème de pauvreté extrême est le
même qu'il s'agisse de noirs, d'hispano-américains
ou d'asiatiques. On ne dit pas que les autorités ne font
rien mais elles ne font pas suffisamment. La manière dont
elles procèdent ne permettra jamais de répondre
aux besoins, a relevé l'expert indépendant.
La seule façon de voir le problème de l'extrême
pauvreté est d'envisager une action sociale et d'adopter
des mesures concrètes. Il faut mettre sur pied un mécanisme chargé de surveiller la mise en uvre de ces mesures, a également indiqué l'expert indépendant. Si les pauvres pouvaient participer à la prise de décision, on pourrait apporter des solutions au problème de pauvreté. L'exemple des Etats-Unis montre qu'il ne s'agit pas d'une question de revenu par habitant. La démarche doit être fondée sur les droits de l'homme pour donner aux pauvres les meilleurs moyens de sortir de cette pauvreté.
Pour conclure, l'expert indépendant a déclaré
qu'il ne s'agissait pas de condamner quiconque. Il est largement
reconnu que la pauvreté extrême est une condition
qui peut toucher toute société. L'extrême
pauvreté viole la dignité des êtres humains.
Etant donné l'état du développement international,
des solutions réalisables existent dans toutes les sociétés
et des mécanismes peuvent être élaborés.
La nécessité fondamentale d'élaborer une
approche transparente est réaliste. La volonté politique
reste déterminante. Si chaque pays estime que la pauvreté
extrême est une violation des droits de l'homme, il doit
être possible de régler les problèmes et de
mettre sur pied un mécanisme de surveillance. L'expert
indépendant recommande au Conseil des droits de l'homme
de décider d'une telle approche. Il faut éliminer
la pauvreté extrême qui est une violation des droits
de l'homme, comme l'était l'esclavage.
LE RAPPORT
Le rapport sur les droits de l'homme et l'extrême
pauvreté (E/CN.4/2006/43) étudie le lien
entre les droits de l'homme et l'extrême pauvreté
et entend montrer l'apport indéniable que constitue
le fait d'envisager l'extrême pauvreté en tant que
violation ou déni des droits de l'homme. Il relève
l'importance de cibler une petite frange de la population qui
est à l'évidence et sans conteste la plus exposée
à toutes sortes de privations.
Si l'on définit la pauvreté comme une combinaison
de facteurs (pauvreté monétaire, pauvreté
en termes de développement humain et exclusion sociale),
dit le rapport, l'extrême pauvreté doit être
considérée comme la forme la plus aiguë de
ce phénomène, cumulant les trois types de pauvreté.
Toutefois, dans certains pays, en particulier ceux qui sont
relativement développés et où il n'y a pas
forcément de grave problème de pauvreté en
termes de revenu ou de développement humain, ce sont surtout
les personnes socialement exclues qui comptent parmi les plus
pauvres, d'autant plus lorsqu'elles souffrent aussi, mais dans
une moindre mesure, de pauvreté en termes de revenu et
de développement humain. L'idée est donc d'identifier
un groupe restreint de personnes extrêmement pauvres de
sorte que la société ne juge pas impossible de régler
leurs problèmes. Le rapport propose de faire de l'élimination
de l'extrême pauvreté dont souffrent ces personnes
une obligation relevant des droits de l'homme. Si les pays
concernés ne peuvent pas garantir la réalisation
de tous les droits de l'homme, les droits dont le déni
est un facteur direct d'extrême pauvreté doivent
faire l'objet d'une réalisation immédiate. La communauté
internationale et tous les Etats membres devraient donc honorer
l'obligation d'éliminer l'extrême pauvreté
en tant que composante élémentaire de leurs obligations
relevant des droits de l'homme.
. Dans son rapport sur la mission qu'il a effectuée
aux Etats Unis (Add.1) du 24 octobre au 4 novembre
2005, l'expert indépendant constate notamment que, malgré
la richesse économique des Etats-Unis et les efforts faits
par le gouvernement, le taux de pauvreté demeure élevé
comparé à d'autres nations riches, et cela particulièrement
au sein des communautés afro-américaine, hispanique,
parmi les immigrants et chez les mères célibataires.
Il fait état des insuffisances du cadre juridique visant
à lutter contre la pauvreté et recommande notamment
aux Etats-Unis d'identifier la fraction de la population qui souffre
d'extrême pauvreté et de prendre des mesures en faveur
des familles pauvres en s'assurant de la participation des personnes
concernées dans ces programmes.
LA DECLARATION DES ETATS-UNIS
M. STEVEN HILL (Etats-Unis) a dit que son pays avait
été heureux d'accueillir l'expert indépendant
et noté avec satisfaction que son rapport mentionne l'existence
de près de 80 programmes de lutte contre la pauvreté
au niveau fédéral, sans compter ceux adoptés
au niveau des Etats de l'Union.
Le rapport se fonde parfois sur des informations partielles
et M. Sengupta aurait dû consulter des sources d'informations
plus variées. Quoi qu'il en soit, il est certain que la
transparence est une bonne part de la solution au problème
de l'extrême pauvreté, a reconnu le représentant
américain. Ce dernier a demandé à M. Sengupta
ce qu'il envisageait de faire pour contribuer à la réflexion
sur ce problème dans d'autres pays du globe.
LE DEBAT
M. IDRISS JAZAÏRY (Algérie) a déclaré
que la pauvreté représente une violation des droits
de l'homme car il s'agit avant tout d'une question de responsabilisation
des peuples. La pauvreté non matérielle est encore
plus grave et c'est pour cela que c'est du ressort des droits
de l'homme. Éradiquer la pauvreté ne passe pas systématiquement
par des soupes populaires et la charité. Il faut penser
aux gens en tant que paysans et pêcheurs et non pas en tant
que pauvres. La communauté internationale a le devoir d'éliminer
la pauvreté par la voie de la coopération internationale
mais aussi par des solutions efficaces. Le représentant
de l'Algérie a souligné l'appauvrissement entraîné
par les politiques des pays riches, notamment par le biais des
subventions qui débouchent sur une pauvreté extrême
dans les pays de la côte occidentale de l'Afrique.
MME FATOUMATA DIALL (Mali) a félicité
l'expert indépendant pour avoir fait le lien entre pauvreté
et développement. Le gouvernement du Mali a adopté
un cadre stratégique de lutte contre la pauvreté,
axé en particulier sur l'action sociale. Le Mali est un
pays rural, affecté par des menaces naturelles telles que
sécheresse et invasions d'acridiens. Le gouvernement malien
estime que les subventions octroyées par les pays du Nord
à leurs secteurs agricoles entraînent des effets
négatifs sur la qualité de vie des populations des
pays du Sud en général, et du Mali en particulier.
La représentante s'est étonnée de ce que
M. Sengupta se soit rendu dans le pays le plus riche du monde
pour y enquêter sur la pauvreté, lui demandant s'il
avait l'intention de se rendre dans des pays peut-être plus
représentatifs d'une autre conception de la richesse.
M. SÉRGIO ABREU E LIMA FLORENCIO (Brésil),
estimant que le rapport sur l'extrême pauvreté apporte
des éléments novateurs, a indiqué que malgré
la persistance de l'extrême pauvreté, le Brésil
avait réalisé des progrès, du fait notamment
de l'augmentation des investissements sociaux et d'une politique
sociale bien ciblée. Comment, a-t-il demandé au
Rapporteur, peut-on au mieux concilier des politiques bien ciblées
avec l'intégration de l'approche assurant la promotion
des droits de l'homme.
M. JESUS ENRIQUE GARCIA (Philippines) a déclaré
que l'éradication de la pauvreté extrême continue
d'être une priorité pour le Gouvernement philippin.
Le représentant a demandé s'il existait une estimation
du nombre de personnes au niveau mondial qui vit dans la pauvreté
extrême. L'expert indépendant compte-t-il développer
le rôle de la société civile pour lutter contre
ce phénomène ? Les philippines considèrent
qu'il faudrait, à l'avenir, compiler plusieurs exemples
de bonnes pratiques qui ont permis d'éradiquer la pauvreté
extrême avec une dimension droits de l'homme.
M. DEDE A. RIFAI (Indonésie) s'est félicité
du lien établi par l'expert indépendant entre pauvreté
extrême et droits de l'homme, et fait valoir que les Etats
doivent s'engager à supprimer la pauvreté extrême
dans le respect des droits civils et politiques mais aussi sociaux
et culturels. Le gouvernement de l'Indonésie est fermement
engagé dans cette action, comme devraient l'être
tous les autres Etats, y compris les pays riches qui n'échappent
pas au phénomène de l'extrême pauvreté.
M. ALEJANDRO NEYRA (Pérou) a déclaré
qu'il était indispensable de procéder à une
démarche juridique visant à définir la pauvreté
comme un déni des droits fondamentaux. Le Pérou
salue le projet des principes directeurs sur la lutte contre la
pauvreté approuvé par la Sous-Commission des droits
de l'homme, qui renferme des démarches pédagogiques
intéressantes. Il faut maintenant poser une méthodologie
permettant d'identifier comment les Etats respectent peu à
peu leurs obligations de lutter contre l'extrême pauvreté.
M. ABDOUL WAHAB HAIDARA (Sénégal)
a rappelé la réalité d'une pauvreté
extrême qui entraîne la marginalisation et la précarisation
de populations qui ne peuvent plus jouir de leurs droits sociaux
et politiques. Certes, des initiatives louables sont prises au
plan international pour éradiquer ce phénomène,
mais les inégalités ne font malgré tout que
s'accentuer. Il est urgent que la lutte contre l'extrême
pauvreté fasse l'objet d'un effort durable de la communauté
internationale. La frustration et le sentiment d'abandon risquent
de conduire à des crises sociales aux conséquences
difficilement évaluables.
MME MIIA RAINNE (Finlande, au nom de l'Union
européenne) a demandé au Rapporteur, en référence
à sa recommandation d'encourager la participation des personnes
souffrant d'extrême pauvreté à l'élaboration
de programmes pour lutter contre le phénomène, comment,
concrètement, il faudrait procéder. Comment, a-t-elle
encore demandé, l'expert indépendant envisage-t-il
la récolte d'informations sur l'extrême pauvreté
dans le cadre de ces prochaines visites sur le terrain.
M. GALO LARENAS SERRANO (Equateur) a noté la
conclusion du Rapporteur selon lequel la pauvreté extrême
est le résultat de l'échec de modèles économiques
libéraux outranciers. Sans nier la volonté politique
des Etats de lutter contre la pauvreté, il faut dire que
les pays pauvres sont soumis à des contraintes extérieures
qui les rendent incapables de résoudre leurs problèmes.
La coopération internationale, perçue comme une
obligation des riches envers les pauvres et non comme une manifestation
de la charité, doit contribuer à éradiquer
ce phénomène.
M. JUAN ANTONIO FERNANDEZ PALACIOS (Cuba) a déclaré
être d'accord avec la déclaration du Mali. Il faudrait
donc peut-être faire un voyage dans un pays du Tiers-Monde.
Toutefois il est bon que l'expert indépendant ait fait
une visite aux États-Unis. Même dans ce pays, il
existe un tiers-monde composé des Noirs et des migrants.
L'expert indépendant a-t-il fait une recommandation spécifique
s'agissant des personnes toujours marginalisées, c'est-à-dire
la population noire ? Et a-t-il pu constater qu'il y a un schéma
raciste lié à l'extrême pauvreté dans
les Etats du Sud des Etats Unis, a demandé le représentant
cubain ?
M. DRISS ISAYENE (Maroc) a souligné que
la lutte contre la pauvreté se mesurait en particulier
en termes de respect de la dignité humaine et d'accès
au logement et à l'éducation. L'extrême pauvreté
est un défi pour la communauté internationale et
interpelle notre sens commun de la solidarité. Le Maroc
a fait de l'extrême pauvreté le centre des préoccupations
de son gouvernement. Le représentant a assuré M.
Sengupta de l'appui de son gouvernement pour la suite de son action.
M. ABDUL AZIZ AL-HUNAIDI (Arabie Saoudite) a salué le rapport franc de l'expert indépendant sur l'extrême pauvreté. La coopération entre les Etats est particulièrement importante pour lutter contre la pauvreté extrême. Les programmes mis en uvre en Inde pourrait être repris dans d'autres pays, a-t-il suggéré. L'une des raisons de la pauvreté est l'ignorance, c'est pourquoi il faut renforcer les efforts dans le domaine de l'éducation.
M. SWASHPAWAN SINGH (Inde) salué l'analyse détaillée, dans le rapport de M. Sengupta, de l'articulation des concepts de privation des droits de l'homme et d'extrême pauvreté. Il s'agit là d'une véritable innovation conceptuelle, a estimé le représentant, car elle pose clairement le principe de la restauration des droits de l'individu dans sa dignité tout en mettant sur pied les institutions qui s'y prêtent. Le représentant a demandé à M. Sengupta de conseiller le Conseil sur la manière dont il pourrait uvrer pour la réalisation de son approche conceptuelle.
M. ZHANG YI (Chine) a noté que dans le
rapport sur l'extrême pauvreté, il est dit que la
pauvreté est également une menace pour la protection
des droits de l'homme. La Chine est un grand pays, mais beaucoup
de Chinois vivent dans la pauvreté et pourtant le gouvernement
a fait beaucoup d'efforts, a déclaré le représentant
de la Chine. Une fois que les droits civils et politiques sont
respectés, les autres droits peuvent s'améliorer.
Comment l'expert indépendant voit-il les rapports entre
la pauvreté extrême et les droits civils et politiques,
a-t-il demandé ?
LES INTERVENTIONS DES ONG
MME CHERI HONKALA (Centre on Housing Rights and Evictions)
a rappelé que des gens meurent tous les jours des causes
de l'extrême pauvreté dans les pays riches, alors
que ces morts pourraient être évitées. Elle
a dénoncé les politiques du président Bush
et émis des réserves quant à sa volonté
de protéger le peuple américain.
M. XAVIER VERZAT (Mouvement international ATD Quart
Monde au nom également de l'Association internationale
contre la torture; Conseil international des femmes; et la Fédération
internationale des assistants sociaux et des assistantes sociales)
a félicité M. Sengupta de sa visite dans un pays
industrialise, et d'avoir entretenu des contacts avec des femmes
et des hommes touchés par ce fléau. Que retient-il
des initiatives de ces personnes pour recouvrer leurs droits,
et de quelle manière la Journée internationale pour
l'élimination de la pauvreté peut servir à
la mobilisation contre la misère, a demandé le représentant.
M. VIJAV K. SAZAWAL (Interfaith International)
a rappelé que l'élimination de la pauvreté
est liée à la pleine jouissance des droits économiques,
sociaux et culturels. Au Cachemire, la plupart des membres de
la minorité ethnique des Pandits ont été
tués. La population pandit ne compte plus que 7'000 personnes
qui vivent dans une pauvreté extrême dans l'indifférence
de l'Etat indien et du gouvernement du Jammu-et-Cachemire. Ils
ne reçoivent aucune assistance financière. Près
de 150 familles pandit continuent d'être sans-abri.
LES COMMENTAIRES DU RAPPORTEUR
M. ARJUN SENGUPTA a indiqué qu'il s'était rendu aux Etats-Unis pour bien montrer que l'extrême pauvreté
est un problème qui a une dimension sociale, et non pas
seulement économique.
Son rapport a pour but d'informer sur le sort de certains groupes dans ce pays, sans intentions particulières. L'expert a relevé que tous les pays ne mettent pas en uvre les droits économiques sociaux et culturels, ce qui contribue à la perpétuation de l'extrême pauvreté. L'objectif était aussi de parvenir à un consensus international au sujet des politiques à adopter pour éradiquer le phénomène.
L'exclusion sociale a été évoquée de manière délibérée, car l'approche doit consister à aborder tous les problèmes. Cette forme d'exclusion est à l'uvre en Europe aussi, a souligné M. Sengupta. Il a rappelé que la pauvreté est
considérée par tous les systèmes politiques,
par toutes les religions comme un fléau qu'il faut combattre.
Dans notre monde où existent toutes les ressources nécessaires, la résolution du problème dépend en fait d'une volonté forte et d'application de méthodes adéquates. Ces méthodes ne sauraient être universelles, mais adaptées aux réalités des différents pays, comme il a été relevé. La pauvreté extrême touche une petite proportion de la population du monde entier, la communauté internationale devant coordonner son action en leur faveur. On voit mal que certains Etats refusent de coopérer à une telle entreprise, a dit M. Sengupta. Les Etats-Unis doivent donner l'exemple dans ce contexte et assumer un véritable leadership.
Source : Nations unies, Genève, septembre 2006.
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