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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, SEPTEMBRE-OCTOBRE 2006/ 2e SESSION
__Les rapports : la solidarité internationale
Le Conseil des droits de l'homme a entendu, le 4
octobre 2006, M. Rudi Muhammad Rizki, expert indépendant
sur les droits de l'homme et la solidarité internationale.
M. Rizki a rappelé que la solidarité internationale
est un élément vital pour assurer le plein développement
de tous les pays et la réalisation des droits économiques,
sociaux et culturels de tous. Il a cité les trois domaines
qu'il se propose de développer, soit la coopération
internationale, les réponses mondiales aux catastrophes
naturelles, et la "troisième génération
de droits", à savoir les droits collectifs.
Cuba, l'Argentine, la Finlande, l'Indonésie
et l'Equateur sont intervenus au cours du débat qui a suivi, ainsi que le Service international des droits de l'homme et Pax Romana.
LA PRESENTATION DU RAPPORT
M. MUHAMMAD RIZKI, expert indépendant sur la solidarité internationale et les droits de l'homme, a déclaré que la solidarité internationale est un élément
vital pour assurer le plein développement de tous les pays
dans le monde et la réalisation des droits économiques,
sociaux et culturels de tous.
Le document de travail sur la question présenté
en 2003 à la Sous-Commission concluait que, dans le contexte
actuel de mondialisation favorisant l'élargissement du
fossé entre pays pauvres et pays riches, le renforcement
de la solidarité internationale est nécessaire pour
établir un ordre mondial plus juste, favorable à
la réalisation des droits de l'homme. L'expert a indiqué
que sa préférence allait à l'utilisation
du terme "solidarité mondiale" et que c'est ce
terme qu'il emploierait désormais.
Présentant les principaux éléments de
son rapport, il a précisé que le rapport final serait
fondé sur une recherche théorique prenant en compte,
notamment, la notion du droit au développement.
Il a cité les trois domaines qu'il se propose de développer,
soit la coopération internationale, les réponses
mondiales aux catastrophes naturelles, et la troisième
génération de droits - généralement
considérés comme des droits collectifs.
M. Rizki s'est dit conscient des divergences de vues qui prévalent
concernant son mandat et a indiqué que son approche et
le choix des domaines sur lesquels il souhaite porter son attention
vise à éviter tout double emploi. Il a conclu en
disant que le bon exercice de son mandat ne sera possible qu'avec
la collaboration des Etats membres et du soutien du Haut Commissariat
et des autres organisations onusiennes et internationales.
LE RAPPORT
Le rapport sur les droits de l'homme et la solidarité
internationale (E/CN.4/2006/96) comprend un aperçu de la façon dont l'expert indépendant conçoit son mandat, y compris les objectifs et les méthodes retenus pour le mener à bien. Il prévoit notamment que ses principaux domaines d'étude porteront sur la coopération internationale, notamment dans le contexte de la mise en uvre de la Déclaration du Millénaire et des objectifs
du Millénaire pour le développement, la question
des interventions mondiales face aux catastrophes naturelles,
et les "droits de la troisième génération".
Ces droits, étroitement liés à
la valeur fondamentale de solidarité, doivent être
progressivement précisés au sein du mécanisme
des Nations unies en faveur des droits de l'homme, en vue de faire
face aux défis croissants de la coopération internationale
dans ce domaine. Les droits de la troisième génération,
qui font encore l'objet de discussions dans les milieux universitaires
et dans les instances internationales, renvoient essentiellement
à la notion de fraternité et pourraient être
désignés sous le terme générique de
"droits solidaires".
L'expert indépendant souhaite insister sur la nécessité
d'apporter une contribution constructive et fédératrice
au débat sur le sujet et de mettre l'accent sur les thèmes
qui méritent plus d'attention sous la forme d'études
et de travaux de recherche approfondis. Il souligne enfin qu'il
ne pourra s'acquitter efficacement de sa mission qu'avec la pleine
coopération des Etats membres, des organisations internationales
et des organisations non gouvernementales, ainsi qu'un appui suffisant
du Haut-Commissariat aux droits de l'homme.
LE DEBAT
M. YURI ARIEL GALA LÓPEZ (Cuba) a remercié
l'expert indépendant et a réitéré
le ferme appui de son pays à son mandat. La solidarité
est l'une des valeurs reconnues dans la Déclaration du
Millénaire, a-t-il rappelé. Le représentant
a demandé quelles mesures pourraient être prises pour transformer cette valeur de la société internationale en norme claire du droit international ? Comment qualifier
cette valeur dans une convention sur le droit au développement
ou dans un autre instrument international, a également
demandé le représentant ?
M. SERGIO CERDA (Argentine) a indiqué
qu'il fallait bien mettre l'accent sur les droits de l'homme dans
la base théorique, il faut donc tenir compte des deux Pactes
internationaux relatifs aux droits de l'homme. La tâche
déjà accomplie par le Comité des droits économiques,
sociaux et culturels fournit déjà suffisamment d'éléments
à cette base théorique. Les instruments régionaux
existants en matière de droits économiques, sociaux
et culturels doivent également servir de base. Au-delà
d'un débat théorique, il faudra déterminer
des éléments d'application concrète, a souligné
le représentant.
MME ANN MARI FROBERG (Finlande, au nom de l'Union
européenne), indiquant que la solidarité internationale
est effectivement importante, a estimé que la réalisation
des droits de l'homme relève toutefois en premier chef
de la responsabilité des Etats qui doivent assurer la protection
de leur population. Elle a demandé à l'expert indépendant
de développer son point de vue sur ce sujet.
M. DEDE A. RIFAI (Indonésie) a indiqué
avoir apprécié la présentation de ce rapport
et de la façon dont l'expert indépendant à
l'intention de s'acquitter de son mandat en prenant en considération
le droit au développement. Il faut une contribution
de tous acteurs dans cette étude pour essayer de rapprocher
pays développés et en voie de développement.
L'Indonésie appuie cette initiative et pense qu'il est
particulièrement utile d'insister sur la réalisation
du droit au développement. L'Indonésie souhaite
voir se développer une étude détaillée
de cette question complexe. Les pays doivent collectivement garantir
le respect de ces droits pour tous.
M. GALO LARENAS SERRANO (Equateur), rappelant que la Charte des Nations unies consacre le lien entre la coopération internationale et la résolution des problèmes économiques, sociaux et humanitaires, a déclaré que le développement des pays non industrialisés ne réside pas seulement entre leurs mains. A cet égard, il a demandé quelles sont les moyens à mettre en uvre pour que ce principe soit rapidement intégré dans le droit international.
M. CHRIS SIDOTI (International Service for Human
Rights) a souligné que la solidarité internationale
est un droit individuel des peuples et des personnes et non pas
un droit des Etats. Il a souhaité qu'il soit demandé
à la communauté internationale d'agir lorsque des
droits fondamentaux sont bafoués. Il faut affirmer le droit
des peuples de faire appel à la communauté internationale
lorsque leurs droits sont violés.
M. BUDI TJAHJONO (Pax Romana) a demandé
si l'expert indépendant pouvait expliquer plus en détail
le rôle du droit au développement dans le cadre de
la question de la solidarité internationale.
LES COMMENTAIRES DE L'EXPERT
M. RUDI MUHAMMAD RIZKI a indiqué qu'il tiendrait compte dans son prochain rapport des questions soulevées et des observations faites ce matin. Il a rappelé qu'il s'est efforcé d'établir une base théorique aussi exhaustive que possible pour son travail. Il s'est dit reconnaissant pour les contributions soumises à ce jour par les différentes parties prenantes. M. Rizki a indiqué avoir l'intention de poursuivre un dialogue ouvert et transparent avec toutes les parties concernées.
Source : Nations unies, Genève, 4 octobre 2006.
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