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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME / NOVEMBRE 2006, 2e SESSION
__Le Conseil adopte une résolution sur les colonies de peuplement israéliennes
Le Conseil des droits de l'homme a adopté, le
27 novembre 2006, par 45 voix pour, une contre et une abstention,
une résolution, portant sur les colonies de peuplement
israéliennes dans le territoire palestinien occupé
et le Golan syrien occupé, dans laquelle il demande
au Gouvernement israélien de coopérer avec le Rapporteur
spécial sur la situation des droits de l'homme dans les
territoires palestiniens occupés afin de lui permettre
de s'acquitter pleinement de son mandat.
Le Conseil se déclare profondément préoccupé
par la poursuite des activités de colonisation israéliennes
et les activités connexes, en violation du droit international,
et demande instamment à la puissance occupante de renoncer
à sa politique d'implantation dans les territoires occupés.
Aux fins de cette résolution, le Conseil exige en outre qu'Israël mette en uvre les recommandations relatives aux colonies formulées par la haut commissaire aux droits de l'homme. Les représentants d'Israël, de la Palestine et de la Syrie se sont exprimés en tant que parties concernées, suivis d'autres délégations qui ont expliqué leur vote.
LA RESOLUTION
Par une résolution sur les colonies de peuplement
israéliennes dans le territoire palestinien occupé,
y compris Jérusalem-Est, et le Golan syrien occupé
(A/HRC/2/L.12/Rev.1), adoptée par 45 voix pour, une contre
et une abstention, le Conseil accueille avec satisfaction
le rapport du Rapporteur spécial sur la situation des
droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés
depuis 1967 (E/CN.4/2006/29 et A/HRC/2/5) et demande au gouvernement
israélien de coopérer avec le Rapporteur spécial
afin de lui permettre de s'acquitter pleinement de son mandat.
Le Conseil se déclare profondément préoccupé
par la poursuite des activités de colonisation israéliennes
et les activités connexes, en violation du droit international.
Il demande instamment à la puissance occupante de renoncer
à sa politique d'implantation dans les territoires occupés,
y compris Jérusalem-Est et le Golan syrien, et, à
titre de premier pas sur la voie de leur démantèlement,
de mettre immédiatement un terme à l'expansion des
colonies existantes, y compris à leur "croissance
naturelle", et aux activités connexes. Il lui demande
aussi instamment d'empêcher toute nouvelle installation
de colons dans les territoires occupés.
Le Conseil exige qu'Israël mette en uvre les recommandations relatives aux colonies formulées par la haut commissaire aux droits de l'homme alors en poste, dans le rapport sur sa visite dans les territoires palestiniens occupés, en Israël, en Egypte et en Jordanie, qu'elle a présentées à la Commission à sa 57e session (E/CN.4/2001/114).
Le Conseil appelle Israël à prendre et appliquer
des mesures sérieuses, notamment de confisquer les armes
et de prononcer des sanctions pénales, dans le but d'empêcher
les colons israéliens de perpétrer des actes de
violence. Le Conseil exige qu'Israël, la puissance occupante,
s'acquitte pleinement de ses obligations juridiques, telles qu'elles
sont énoncées dans l'avis consultatif rendu le 9
juillet 2004 par la Cour internationale de justice.
Le Conseil salue l'initiative de trêve palestinienne
et son acceptation du côté israélien -
trêve entrée en vigueur le 26 novembre 2006 - et
prie instamment toutes les parties de respecter cette trêve,
laquelle pourrait ouvrir la voie à de véritables
négociations vers une résolution juste du conflit.
Il prie instamment les parties de donner un nouvel élan
au processus de paix et d'appliquer pleinement la "Feuille
de route" en vue de parvenir à un règlement
politique global.
Ont voté pour (45). Afrique du Sud, Algérie,
Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Azerbaïdjan, Bahreïn,
Bangladesh, Brésil, Chine, Cuba, Djibouti, Équateur,
Fédération de Russie, Finlande, France, Gabon, Ghana,
Guatemala, Inde, Indonésie, Japon, Jordanie, Malaisie,
Mali, Maurice, Maroc, Mexique, Nigéria, Pakistan, Pays-Bas,
Pérou, Philippines, Pologne, République de Corée,
République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Sénégal,
Sri Lanka, Suisse, Tunisie, Ukraine, Uruguay et Zambie.
A voté contre (1). Canada.
Abstention (1). Cameroun.
OBSERVATIONS ET EXPLICATIONS DE VOTE
M. ITZHAK LEVANON (Israël) a fait observer que
la haut commissaire aux droits de l'homme avait été
témoin, au cours de sa dernière mission dans la
région, d'attaques de missiles palestiniens qui ont fait
un mort parmi les civils israéliens. Les Palestiniens,
a rappelé le représentant, ont envoyé
plus de 1'700 roquettes sur Israël depuis septembre 2005,
en infligeant des dommages à des cibles civiles, en contravention
avec le droit international.
Le représentant israélien a souligné qu'un
cessez-le-feu est néanmoins intervenu le 26 novembre entre
les gouvernements israélien et palestinien et informé
le Conseil qu'en vertu de ce progrès, le gouvernement palestinien
avait demandé au représentant palestinien de retirer
le projet de résolution L.12. Le texte présenté
au vote, a poursuivi le représentant, reprend les principes
des Accords d'Oslo, mais omet de mentionner que la question des
colonies doit faire l'objet de négociations entre les parties
concernées. Le projet préjuge donc du résultat
de ces négociations, a souligné le représentant.
Ceux qui voteront en faveur de ce texte, a-t-il conclu, ne contribueront
pas à la résolution de ce conflit, mais, au contraire,
l'envenimeront.
M. MOHAMMAD ABU-KOASH (Palestine) a indiqué
que l'ambassadeur d'Israël avait omis de citer la réponse
qu'il avait donnée à sa demande de retirer le projet
de résolution. "Vous occupez trois-quarts de notre
pays, y compris la ville dans laquelle je suis né. Si vous
êtes d'accord de nous laisser vivre en paix dans le quart
restant, nous retirerons non seulement cette résolution,
mais toutes les autres", a dit le représentant palestinien.
Il a appelé le Conseil à juger Israël sur ses
actes plutôt que sur ses paroles. Le représentant
palestinien a indiqué que, compte tenu de l'instauration
de la trêve, il ne répondrait pas au représentant
d'Israël sur le ton que celui-ci a choisi d'adopter. Il a,
finalement, remercié toutes les délégations
qui, au cours des négociations, ont fait preuve d'un esprit
constructif et ont soutenu le projet de résolution.
M. AYMAN RAAD (Syrie) a souligné que les
implantations de colonies ne constituent qu'une partie des pratiques
déplorables d'Israël. Israël poursuit ses politiques
inhumaines et considère le massacre de femmes et d'enfants
comme un acte de légitime défense. Les paysans syriens
ne peuvent plus jouir de leurs propriétés sur leur
propre territoire. Les autorités d'occupation cherchent
à falsifier la réalité et font fi de toutes
les résolutions des Nations unies. Israël est responsable
de l'instabilité qui règne dans la région.
Pour que la paix prévale, la communauté internationale
doit interdire à Israël de poursuivre ses pratiques.
Jour après jour, on assiste à un exode des populations
arabes et notamment des Syriens du Golan. La construction
par Israël du mur est une honte pour l'humanité entière
et ne manque pas de rappeler l'apartheid.
M. PAUL MEYER (Canada) a affirmé que l'Assemblée
générale, et non pas le Conseil des droits de l'homme,
est l'instance appropriée pour débattre des questions
soulevées par le projet de résolution L.12/Rev.1.
En outre, ce projet ne reconnaît pas toutes les victimes
du conflit et ne contribue pas à un règlement pacifique
et juste. Pour ces raisons, le Canada demande un vote sur ce texte
et votera contre.
MME ELIANA BERAUN (Pérou), intervenant
après le vote, a indiqué que son pays avait voté
en faveur de la résolution mais a souligné qu'il
n'en demeurait pas moins opposé à tout acte de violence
perpétré contre des civils, et demandait à
toutes les parties en conflit de s'en abstenir.
M. TAPANI KIVELA (Finlande, au nom de l'Union européenne
et des pays associés) a fait observer que l'attitude de
l'Organisation de la Conférence islamique et de l'Autorité
palestinienne montre qu'il est possible de faire preuve de coopération,
même en ce qui concerne les questions politiques. Le
représentant a demandé à Israël de s'abstenir
de toute mesure pouvant aller à l'encontre du droit international
et rappelé que l'Union européenne ne reconnaîtra
aucune modification des frontières autres que celles agréés
par les deux parties. Enfin, il a exhorté les deux
parties à mettre un terme à la violence, à
revenir à la table des négociations et à
s'entendre. Nous avons besoin de raviver le processus de paix
en relançant les négociations, a-t-il conclu.
M. ALBERTO J. DUMONT (Argentine) a rappelé
que son pays condamne tous les actes de violence et de terrorisme
et souligné qu'il aurait voulu que cette attitude soit
reflétée dans la résolution.
M. USMAN SARKI (Nigéria) a indiqué
que son pays appuyait les résolutions susceptibles de contribuer
à un accord pacifique des conflits entre deux Etats, particulièrement
ceux ayant pour motif des problèmes territoriaux. Le représentant
nigérian a observé que son pays avait appliqué
ces principes dans sa gestion des relations avec le Cameroun et
s'était affirmé dans un rôle de médiateur
pour contribuer au règlement de conflits en Afrique de
l'Ouest. Dans le cas présent, le Nigéria appelle
les acteurs principaux mais également la communauté
internationale à s'engager sur la voie de la sagesse et
de la paix.
M. GALO LARENAS SERRANO (Equateur) a indiqué
que son pays a voté en faveur de la résolution L.12/Rev.1
étant donné l'amendement apporté au texte
original mettant l'accent sur les signes encourageants dont témoigne
l'initiative visant à l'instauration d'une trêve
et au démantèlement de colonies à Gaza.
Source : Nations unies, Genève, novembre 2006.
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