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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, SEPTEMBRE-OCTOBRE 2006/ 2e SESSION
__Le Conseil tient un bref débat sur des question relatives à son fonctionnement

Le Conseil des droits de l'homme a procédé,
le 3 octobre 2006, à un bref échange de vues
sur diverses questions touchant à la fois au fonctionnement
du Conseil, aux réformes en cours et aux domaines de travail
prioritaires.
Au cours du débat, certains orateurs ont notamment souligné
la nécessité pour le Conseil d'agir sans délai
dans les cas d'urgence, évoquant en particulier la
situation des droits de l'homme au Darfour et appelant
le Conseil à se mobiliser sans délai face à
cette crise. Les intervenants ont également insisté
sur l'importance pour le Conseil de s'assurer que ses décisions
et résolutions seront suivies d'effet. La question
de la participation des organisations non gouvernementales aux
travaux du Conseil a aussi été évoquée
à plusieurs reprises.
Quant au problème de la politisation des débats,
le représentant de la Suisse, tout en reconnaissant qu'il
serait illusoire de chasser la politique du Conseil, a insisté
pour que le dialogue soit basé sur le droit afin de
favoriser la coopération. Le représentant du
Cuba a pour sa part rappelé que la Déclaration universelle
des droits de l'homme se fondait sur des principes d'impartialité
et d'objectivité et que, dans cet esprit, il n'est pas
question de contraindre un Etat à collaborer.
Les représentants des Etats suivants se sont
exprimés sur les questions de fond : Brésil, Finlande
(au nom de l'Union européenne), Cuba, Argentine et Suisse.
LE DEBAT
M. SÉRGIO ABREU E LIMA FLORENCIO (Brésil) a déclaré que le Brésil attache une grande importance au rôle
croissant des organisations non gouvernementales au sein du Conseil.
Les règles du Conseil économique et social (ECOSOC)
concernant l'admissibilité des organisations non gouvernementales
devraient être adaptées.
Le représentant brésilien a par ailleurs souligné
que le Brésil s'oppose à la sélectivité
politique et que la situation des droits de l'homme dans tous
les pays devrait faire l'objet d'un examen par le Conseil,
c'est l'élément clé sous-jacent à
l'examen périodique universel. L'examen périodique
universel aidera à éliminer la sélectivité
politique.
En ce qui concerne la rationalisation des mandats, cela ne devrait pas être interprété comme une possibilité de restriction des mandats, ni comme des restrictions frappant les titulaires de mandats. Le Brésil tient par ailleurs à souligner l'importance d'accorder la priorité à la mise en uvre des décisions, résolutions et initiatives du Conseil. Ceci doit aller de pair avec l'idée d'aborder de nouvelles questions relatives aux droits de l'homme qui sont soulevées par les changements de la société.
Le Brésil approuve d'autre part l'idée de disposer
d'organes conventionnels plus efficaces, mais sans perdre de vue
la préservation des particularités de chaque organe
conventionnel. Enfin, le Brésil a annoncé qu'il
présenterait trois initiatives qui concernent le droit
à la santé, l'accès aux médicaments
et l'incompatibilité entre racisme et démocratie.
M. VESA HIMANEN (Finlande, au nom de l'Union
européenne) a déclaré que l'Union européenne
attache la plus grande importance au mandat du Conseil de contribuer
à la prévention des violations des droits de l'homme
et d'agir rapidement face aux violations commises partout dans
le monde. Il convient notamment d'empêcher une escalade
de la violence au Darfour contre les civils. L'Union européenne
mène actuellement des discussions avec le Groupe africain
pour déterminer comment le Conseil peut contribuer à
la situation des droits de l'homme dans cette région.
L'Union est aussi engagée à la promotion d'une
paix durable au Proche-Orient et en Irak, a dit
le représentant, relevant dans le second cas que son objectif
est d'aider ce pays à appliquer la stratégie du
gouvernement en matière de droits de l'homme et à
respecter ses engagements à l'égard des instruments
internationaux dans le domaine des droits de l'homme. L'Union
européenne appuie sans réserve l'action en faveur
des droits de l'homme des Nations unies en Irak.
Par ailleurs l'Union estime que la lutte contre le terrorisme
doit se faire dans le respect des normes humanitaires et des droits
de l'homme. Elle souligne également le lien entre l'éradication
de la pauvreté et le renforcement des droits de l'homme
et est favorable au travail de promotion des droits fondé
sur l'approche du développement dans le contexte des stratégies
de réduction de pauvreté. L'Union européenne
souligne également l'importance de la lutte contre l'intolérance
et la discrimination religieuses.
M. JUAN ANTONIO FERNÁNDEZ PALACIOS (Cuba)
a rappelé que la Déclaration universelle des
droits de l'homme se fondait sur des principes d'impartialité
et d'objectivité et non pas de sélectivité,
et que, dans cet esprit, il n'est pas question de contraindre
un Etat à collaborer. Il a encore insisté sur l'importance
de rationaliser les mandats.
M. SERGIO CERDA (Argentine) a rappelé
qu'il fallait que le futur organe consultatif d'experts dispose
de ressources suffisantes pour s'acquitter de son mandat. Il s'est
félicité, à cet égard, de la volonté
de la haut commissaire des Nations unies de rechercher dès
à présent des ressources pour la prochaine réunion
de cet organe.
M. JEAN-DANIEL VIGNY (Suisse) a déclaré
qu'il fallait encore progresser pour insuffler un esprit de renouveau.
"Une piste sur la voie d'une meilleure coopération
consiste à nous encourager à adopter une approche
fondée sur le droit pour adopter un langage commun. Il
serait illusoire de chasser la politique de cette instance, mais
tentons de baser le dialogue sur le droit", a déclaré
le représentant.
La Suisse a toujours défendu une participation pleine
et entière de la société civile, a poursuivi
M. Vigny. Le Conseil étant désormais un organe quasi
permanent, les organisations non gouvernementales ont besoin de
nouvelles méthodes, notamment des retransmissions permanentes
sur Internet. La Suisse est très préoccupée
par les violations de droits de l'homme au Darfour et appelle
toutes les parties à y mettre un terme. La Suisse demande
que le gouvernement d'unité nationale garantisse les normes
de droit humanitaire et espère que le Rapporteur spécial
sur la situation des droits de l'homme au Soudan puisse poursuivre
son étude dans les meilleurs délais.
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