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CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, JUIN 2006 / LA SESSION INAUGURALE
__Le Conseil adopte des textes sur les disparitions forcées et les droits des peuples autochtones
Le Conseil des droits de l'homme a adopté, le
29 juin 2006, la Convention internationale pour la protection
de toutes les personnes contre les disparitions forcées
et la Déclaration des Nations unies sur les droits des
peuples autochtones. Ces textes sont soumis à l'Assemblée
générale pour adoption. Le Conseil des droits de
l'homme a aussi décidé de prolonger de deux ans
le mandat du Groupe de travail chargé d'élaborer
un protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif
aux droits économiques, sociaux et culturels.
 La Convention internationale pour la protection de toutes
les personnes contre les disparitions forcées, adoptée
sans vote, prévoit notamment qu'aucune circonstance
exceptionnelle, qu'il s'agisse de l'état de guerre
ou de menace de guerre, d'instabilité politique intérieure
ou de tout autre état d'exception, ne peut être
invoquée pour justifier la disparition forcée.
Tout Etat partie prend les mesures appropriées pour enquêter
sur les agissements commis par des personnes ou des groupes de
personnes agissant sans l'autorisation, l'appui ou l'acquiescement
de l'Etat et pour traduire les responsables en justice; il garantit
à la victime d'une disparition forcée le droit d'obtenir
réparation et d'être indemnisée.
La Déclaration des Nations unies sur les droits des
peuples autochtones a été adoptée par
30 voix pour, 2 contre (Canada et Fédération de
Russie) et 12 abstentions. La Déclaration affirme notamment
que les peuples autochtones ont le droit à l'autodétermination
et qu'en vertu de ce droit ils déterminent librement leur
statut politique et recherchent librement leur développement
économique, social et culturel. Les États doivent
accorder réparation par le biais de mécanismes efficaces,
y compris en matière de restitution, mis au point en concertation
avec les peuples autochtones, en ce qui concerne les biens culturels,
intellectuels, religieux et spirituels qui leur ont été
pris sans leur consentement libre, préalable et éclairé,
ou en violation de leurs lois, traditions et coutumes.
Le Conseil des droits de l'homme a enfin décidé, sans procéder à un vote, de prolonger de deux ans le mandat du Groupe de travail chargé d'élaborer
un protocole facultatif (sur une procédure de plaintes)
se rapportant au Pacte international relatif aux droits économiques,
sociaux et culturels, et prie à cet égard la Présidente
du Groupe de travail d'établir un avant-projet de protocole
facultatif devant servir de base aux négociations ultérieures.
CONVENTION POUR LA PROTECTION CONTRE LES DISPARITIONS FORCEES
Par une résolution adoptée sans vote (A/HRC/1/L.2),
le Conseil des droits de l'homme a adopté la Convention
internationale des Nations Unies pour la protection de toutes
les personnes contre les disparitions forcées. Le projet
de Convention, dont le texte intégral figure en annexe
de la résolution, prévoit notamment qu'aucune
circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, qu'il s'agisse
de l'état de guerre ou de menace de guerre, d'instabilité
politique intérieure ou de tout autre état d'exception,
ne peut être invoquée pour justifier la disparition
forcée. Tout Etat partie prend les mesures appropriées
pour enquêter sur les agissements commis par des personnes
ou des groupes de personnes agissant sans l'autorisation, l'appui
ou l'acquiescement de l'Etat et pour traduire les responsables
en justice. De même, il garantit à la victime d'une
disparition forcée le droit d'obtenir réparation
et d'être indemnisée rapidement, équitablement
et de manière adéquate.
L'Etat prend les mesures nécessaires pour prévenir
et réprimer pénalement la soustraction d'enfants
soumis à une disparition forcée ou dont le père,
la mère ou le représentant légal sont soumis
à une disparition forcée, ou d'enfants nés
pendant la captivité de leur mère soumise à
une disparition forcée. Tout Etat partie qui, à
l'égard de la disparition forcée, applique un régime
de prescription, prend les mesures nécessaires pour que
le délai de prescription de l'action pénale soit
de longue durée et proportionné à l'extrême
gravité de ce crime.
COMMENTAIRES ET EXPLICATIONS DE VOTE SUR LE TEXTE
M. JORGE TAIANA (Argentine), intervenant avant
l'adoption, a déclaré qu'il s'agissait d'un moment
historique pour la cause des droits de l'homme d'adopter le projet
de Convention internationale pour la protection de toutes les
personnes contre les disparitions forcées. "Ce n'est
pas la fin du chemin mais le début d'une nouvelle étape»,
a-t-il déclaré. Le représentant a dit espérer
que la Convention soit entérinée par consensus et
par acclamation. Ce sera un outil fort utile dans la tâche
de prévention des violations des droits de l'homme. Il
a enfin tenu a saluer tous les militants des droits de l'homme
présents dans cette salle et notamment les organisations
non gouvernementales d'Argentine «car c'est en grande partie
grâce à leurs efforts que nous sommes réunis
en ce moment essentiel, et je tiens tout particulièrement
à saluer Marta Vásquez, mère de la Place
de mai".
MME CARLA RODRIGUEZ MANCIA (Guatemala) a lancé
un appel aux membres du Conseil afin qu'ils adoptent le projet
de Convention sur la protection de toutes les personnes contre
les disparitions forcées. Le Guatemala espère que
l'Assemblée générale pourra adopter ce projet
de Convention à sa prochaine session.
M. VESA HIMANEN (Finlande), au non de l'Union
européenne, a lancé un appel à l'ensemble
des membres du Conseil en faveur de l'adoption du projet de résolution
par consensus. Cette année, a-t-il souligné, plus
de 500 familles partout dans monde sont torturées par cette
question terrible de la disparition. L'adoption par consensus
du projet de Convention sur les disparitions forcées et
une bonne façon pour le Conseil de mettre un point final
aux travaux de la Commission et de montrer qu'il souhaite promouvoir
les droit de l'homme.
M. MANUEL RODRIGUEZ CUADROS (Pérou) a
déclaré que la présence dans la salle d'une
mère de la Place de mai rehausse la dignité de tous
les disparus. La disparition forcée ne se présente
jamais seule et isolée, elle vient s'ajouter à une
violation du droit à la liberté, du droit à
la vie et de la torture. Le Pérou souhaite le consensus
pour l'adoption du projet de Convention.
M. HIROSHI MINAMIAL (Japon) a dit que son pays
appuyait le projet de Convention. Le représentant s'est
félicité que, grâce aux efforts sincères
consentis par tous les membres du Groupe de travail, les disparitions
forcées sont qualifiées de crime. Chaque victime
a le droit de connaître la vérité, a ajouté
le représentant. Il faut écouter les voix des familles
qui demandent la vérité. L'adoption de la Convention
est un point de départ et non la fin du travail. Le Japon
espère que chaque personne victime d'une disparition forcée
soit libérée et rendue à sa famille.
M. IDRISS JAZAIRY (Algérie) a souligné
que son pays, qui a fort heureusement émergé de
la période sombre des années 90, s'engage dans la
voie de la réconciliation nationale et de la généralisation
de l'application de tous les droits de l'homme. Tournée
vers l'avenir, l'Algérie se dit «Plus jamais ça»,
ce qui s'applique aussi à la question des disparus. C'est
dans cet esprit que l'Algérie a exprimé le vu que
ce projet de Convention soit adopté par consensus.
M. NICHOLAS THORNE (Royaume-Uni) s'est félicité
de l'adoption à venir de cette Convention. Le Conseil ouvre
ainsi la voie à la conclusion d'un processus important.
Il a notamment salué les organisations non gouvernementales
qui ont joué un rôle important dans l'élaboration
de cet instrument.
Expliquant son vote, M. JOHN VON KAUFMANN (Canada)
a tenu à préciser la manière selon laquelle
devraient être interprétées des dispositions
de la Convention, soulignant en particulier que la définition
qui figure à l'article 2 doit s'entendre compte tenu des
dispositions du droit interne des pays en matière pénale.
M. O. AMEER AJWAD (Sri Lanka) a rappelé
qu'une lacune existait dans la Convention car des acteurs non
étatiques sont aussi coupables de disparitions forcées.
Selon les termes de la Convention, ils échappent à
la reconnaissance de leur culpabilité.
M. GALO LARENAS SERRANO (Equateur), tout en appuyant
le présent projet de Convention, a déclaré
que son pays estime que l'article 7 alinéa a du dispositif
sur les circonstances atténuantes ne devrait jamais être
appliqué d'une manière qui conduise à assurer
l'impunité aux auteurs de disparitions forcées,
un acte d'une extrême gravité.
DECLARATION DES NATIONS UNIES SUR LES DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES
Par 30 voix pour, 2 contre (Canada et Fédération
de Russie) et 12 abstentions, le Conseil des droits
de l'homme a adopté une résolution (A/HRC/1/L.3)
aux termes de laquelle elle adopte la Déclaration des
Nations unies sur les droits des peuples autochtones, telle
que proposée par le Président-Rapporteur du groupe
de travail de la Commission des droits de l'homme chargé
d'élaborer un projet de déclaration. La Convention,
contenue dans une annexe à la résolution et portant
la cote E/CN.4/2006/79, affirme notamment que les peuples autochtones
ont le droit à l'autodétermination et qu'en vertu
de ce droit ils déterminent librement leur statut politique
et recherchent librement leur développement économique,
social et culturel. Les Etats doivent accorder réparation
par le biais de mécanismes efficaces, y compris en matière
de restitution, mis au point en concertation avec les peuples
autochtones, en ce qui concerne les biens culturels, intellectuels,
religieux et spirituels qui leur ont été pris sans
leur consentement libre, préalable et éclairé,
ou en violation de leurs lois, traditions et coutumes.
Les peuples autochtones ont le droit de posséder, d'utiliser,
de mettre en valeur et de contrôler les terres, territoires
et ressources qu'ils possèdent parce qu'ils leur appartiennent
ou qu'ils les occupent ou les utilisent traditionnellement, ainsi
que ceux qu'ils ont acquis.
Ont voté pour : (30) : Afrique
du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Azerbaïdjan, Brésil,
Cameroun, Chine, Cuba, Équateur, Finlande, France, Guatemala,
Inde, Indonésie, Japon, Malaisie, Maurice, Mexique, Pakistan,
Pays-Bas, Pérou, Pologne, République tchèque,
République de Corée, Roumanie, Royaume-Uni, Sri
Lanka, Suisse, Uruguay et Zambie.
Ont voté contre : (2) Canada et Fédération
de Russie.
Abstentions : (12) Algérie, Argentine, Bahreïn,
Bangladesh, Ghana, Jordanie, Maroc, Nigeria, Philippines, Sénégal,
Tunisie et Ukraine.
Absents : Gabon, Mali et Djibouti.
COMMENTAIRES ET EXPLICATIONS DE VOTE SUR LE TEXTE
MME CARLA RODRIGUEZ MANCIA (Guatemala) a déclaré
que le Conseil était sur le point de conclure plus de vingt
ans de travail. Le Guatemala a estimé que repousser l'adoption
de la Convention ferait reculer le point d'équilibre auquel
les parties sont parvenues.
M. JEAN-DANIEL VIGNY (Suisse) a dit souhaiter
voir ce texte, qui est un compromis, être adopté
par consensus.
M. XÓCHITI GÁLVEZ (Mexique) a dit
que la communauté internationale était arrivée
à la fin d'un cycle et qu'il n'était plus possible
de reculer. Nous sommes arrivés à un moment historique
puisqu'il s'agit enfin de reconnaître les droits fondamentaux
des peuples autochtones. Cette Déclaration, a-t-elle souligné,
ne fait que répondre à une demande juste et historique.
Le chemin n'a pas été simple mais nous avons appris
au cours de ces dernières années que lorsque la
volonté politique est de mise, il est possible d'aller
de lavant. Le Mexique se prononcera en faveur du projet de déclaration
et lance un appel aux Etats membres pour qu'ils en fassent de
même.
Expliquant le vote de sa délégation avant le
vote, M. PAUL MEYER (Canada) a estimé qu'il
était possible et souhaitable d'améliorer le projet
de déclaration des Nations unies sur les droits des peuples
autochtones. Le Canada aurait souhaité une déclaration
en mesure de promouvoir les droits des peuples autochtones sans
discrimination. Le Canada se voit donc au regret de voter contre
le texte déposé et souhaite déclarer, par
souci de clarté qu'à son avis, ce texte n'a pas
d'effet légal au Canada et n'est pas conforme au droit
coutumier.
M. AJAI MALHOTRA (Inde) a rappelé que
le fait que les parties ne soient pas parvenues à un consensus
ne fait que témoigner de la complexité de la question.
Le droit à l'autodétermination ne s'applique qu'aux
peuples sous domination étrangère, a rappelé
le représentant.
M. GUSTI AGUNG WESAKA PUJA (Indonésie)
a souligné que la communauté internationale attend
l'adoption de ce projet de déclaration. L'Indonésie
appuie cette adoption afin de promouvoir la cause des peuples
autochtones. Le représentant a tenu à préciser
que le principe du droit à l'autodétermination ne
doit pas être interprété comme encourageant
ou autorisant toute mesure démantelant l'intégrité
territoriale d'un Etat souverain.
M. TOUFIQ ALI (Bangladesh) a dit que son pays
aurait souhaité que le projet de déclaration soit
adopté sans vote. En effet, le texte n'a pas suivi la procédure
habituelle et le Bangladesh est d'avis qu'une déclaration
qui ne fait pas l'objet d'un consensus ne peut pas avoir de valeur
réelle pour les peuples autochtones. Le projet de déclaration
devrait être soumis à l'examen d'une prochaine session
du Conseil, c'est pourquoi le Bangladesh s'abstiendra.
M. ALEXEY AKZHIGITOV (Fédération de
Russie) a dit que son pays accordait une grande importance
à cette problématique. De nombreuses dispositions
du projet conviennent d'ailleurs très bien à la
Russie, mais elle doit aussi constater que le texte ne fait pas
le consensus complet car il n'a pas fait l'objet d'une concertation
suffisante. L'adopter dans ces conditions serait créer
un précédent négatif. Aussi la Fédération
de Russie votera-t-elle contre ce texte. Par contre, elle n'est
pas du tout opposée à ce que ce thème continue
d'être débattu au sein du Conseil.
M. SHA ZUKANG (Chine) a déclaré
que la Chine votera en faveur du projet de déclaration.
La Chine a dit regretter qu'un vote soit demandé.
M. ENRIQUE MANALO (Philippines) a déclaré
que son pays avait déjà pris des mesures nationales
en faveur du respect des peuples autochtones et appuie le projet
de résolution.
Intervenant après avoir voté en faveur du texte,
M. CLODOALDO HUGUENEY (Brésil) a souligné
que la Déclaration est une réalisation d'importance
qui est de bon augure pour les travaux du Conseil. Elle permettra
de donner un élan nouveau au principe clé de la
discrimination qui inspire l'ensemble du système des Nations
Unies. Le Brésil reconnaît les apports précieux
des peuples autochtones à la société. Cette
déclaration est conforme au principe de l'intégrité
territoriale des Etats, a-t-il ajouté.
M. IDRISS JAZAÏRY (Algérie) a regretté,
auprès des peuples autochtones, de s'être abstenu.
L'Algérie est solidaire des peuples autochtones qui ont
subi la discrimination pendant de nombreuses années. L'Algérie
se serait associée au consensus si tel avait été
le mode d'adoption de la Déclaration. Toutefois, certains
articles de la Déclaration se référant à
des droits collectifs sont contraires à l'article 42 de
la Constitution algérienne.
M. HIROSHI MINAMI (Japon) a déclaré
que son pays, qui a voté en faveur de la Déclaration,
avait pris une part active dans le Groupe de travail depuis sa
création. Il a dit regretter que la Déclaration
n'ait pas été adoptée par consensus. Au sujet
du droit à l'autodétermination, ce droit ne permet
pas à des peuples de se séparer d'un Etat souverain,
a tenu à préciser le représentant.
M. SERGIO CERDA (Argentine) a indiqué
que sa délégation avait été contrainte
de s'abstenir lors du vote malgré la volonté politique
claire de l'Argentine de reconnaître les peuples autochtones.
L'Argentine déplore le manque de temps pour débattre
de certains points. Elle espère pouvoir corriger ce vote
devant l'Assemblée générale afin de reconnaître
comme il se doit les droits des peuples autochtones.
M. VOLODYMYR VASSYLENKO (Ukraine) a déclaré
que son pays souhaitait une stricte observation des droits et
libertés des peuples autochtones. Par conséquent,
l'Ukraine a travaillé avec d'autres Etats membres des Nations
unies et des représentants des peuples autochtones. L'Ukraine
estime cependant que le texte voté contient des dispositions
fort utiles mais aussi des défauts assez criants, ouvrant
la porte à des exigences séparatistes et ne garantissant
pas assez fermement les prérogatives des Etats souverains.
C'est pourquoi l'Ukraine s'est abstenue lors du vote.
M. NARSINGHEN HAMTYRAGEN (Maurice) a déclaré
qu'en tant que petit Etat, Maurice a l'honneur de contribuer à
cet événement historique de l'adoption d'une déclaration
des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Cette
Déclaration, a estimé le représentant, atteste
la volonté du Conseil de conforter les droits de l'homme.
Maurice souhaite toutefois souligner que certains groupes pourraient
exploiter l'absence de définition de peuple autochtone
pour se prévaloir de cette qualité et revendiquer
un droit à l'autodétermination. Maurice espère
qu'aucun groupe ne sera autorisé à mettre en cause
l'intégrité territoriale d'un Etat. Cela étant,
Maurice a voté en faveur de la déclaration pour
ne pas faire obstacle à l'évolution des droits de
l'homme.
M. ANDREAS PFAFFERNOSCHKE (Allemagne) a déclaré
que son pays a appuyé l'adoption de cette déclaration.
Cela prouve que le nouveau Conseil des droits de l'homme est en
mesure d'adopter des mesures concrètes en faveur des peuples
autochtones. Le représentant a salué l'importance
primordiale accordée aux droits de l'homme de la personne.
Au sujet du droit à l'autodétermination, il s'agit
bel et bien d'un nouveau droit spécifique aux peuples autochtones,
a précisé le représentant.
M. NICHOLAS THORNE (Royaume-Uni) a déclaré
que cet instrument sera utile mais regrette qu'il n'ait pas été
possible de parvenir à un consensus plus important. Les
droits individuels doivent être entièrement protégés
sur un pied d'égalité avec tous les autres droits.
Le Royaume-Uni a déclaré qu'il n'acceptait pas l'idée
de droits collectifs en droit international. Le Royaume-Uni insiste
sur le fait que cette déclaration n'est pas juridiquement
contraignante. Les peuples des territoires d'outre-mer sous la
souveraineté du Royaume-Uni ne relèvent donc pas
de cette appellation de peuples autochtones.
M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a précisé
que son pays s'était abstenu lors du vote, malgré
son souhait d'aboutir à un consensus autour du texte, qui
conserve encore en effet des ambiguïtés qui auraient
pu être levées moyennant d'autres discussions. Le
Maroc n'en continuera pas moins de continuer de garantir les droits
de toutes les ethnies qui composent le Royaume.
MME ADELE WILDSCHUT (Indigenous People's Caucus) s'est dite heureuse d'avoir contribué, avec les représentants des peuples autochtones dans leur ensemble, à sensibiliser la communauté internationale à la situation des peuples autochtones. Elle a espéré que ces peuples, agissant de concert avec les Etats donneront vie aux termes de la Déclaration. En effet, c'est la mise en uvre de ce texte au niveau des communautés qui permettra d'assurer à nos enfants un avenir meilleur. La représentante a salué les Etats qui ont joué un rôle essentiel pour que cet instrument soit adopté. Nous ne les oublierons pas, a-t-elle ajouté. Elle a enfin remercié le Président-Rapporteur du Groupe de travail sur les droits des peuples autochtones, M. Luis Enrique Chávez, pour les efforts soutenus qu'il a déployés afin de parvenir au texte final.
PROJET DE PROTOCOLE FACULTATIF SE RAPPORTANT AU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS ÉCONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS
Par une résolution adoptée sans vote (A/HRC/1/L.4/Rev.1),
le Conseil décide de prolonger de deux ans le
mandat du Groupe de travail chargé d'élaborer un
protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif
aux droits économiques, sociaux et culturels, et prie
à cet égard la Présidente du Groupe de travail
d'établir, en tenant compte de toutes les vues exprimées
durant les sessions du Groupe de travail, un avant-projet de protocole
facultatif comprenant des projets de dispositions correspondant
aux principales approches présentées dans le document
analytique qu'elle a établi, qui servira de base aux négociations
ultérieures.
Le Conseil demande également au Groupe de travail de
se réunir chaque année pendant dix jours et de faire
rapport au Conseil des droits de l'homme et décide d'inviter
un représentant du Comité des droits économiques,
sociaux et culturels à participer à ces réunions
en qualité de conseiller.
DECLARATIONS
MME ANGELA CHAVEZ (Guatemala) a estimé
qu'il fallait maintenant passer à l'étape suivante,
c'est-à-dire élaborer une proposition concrète
de protocole facultatif. Le Guatemala a dit espérer que
la résolution soit adoptée par consensus.
M. ABDULWAHAB A. ATTAR (Arabie saoudite) a salué
les efforts du Portugal, qui a soumis ce texte, mais a estimé
que le protocole facultatif devrait contenir une référence
claire à l'importance de la coopération internationale
envers les pays en voie de développement. L'Arabie saoudite
émet donc une réserve concernant ce projet.
M. HENRI-PAUL NORMANDIN (Canada) s'est dit heureux de
se joindre au consensus sur ce projet de résolution. Il
est important que le Groupe de travail puisse poursuive ses travaux
sur la base du consensus le plus large possible.
Source : Nations unies, Genève, 29 juin 2006.
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