Retour



CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME, MARS 2007 | LES RESOLUTIONS
__Mondialisation et droits de l'homme : l'écart ne cesse de se creuser entre les pays développés et les pays en développement

Le Conseil des droits de l'homme a adopté, le 30 mars 2007, une résolution portant sur "la mondialisation et ses effets sur les droits de l'homme".

LA RESOLUTION

Dans sa résolution sur la mondialisation et ses effets sur la pleine jouissance des droits de l'homme (A/HRC/4/L.16), adoptée par 34 voix contre 13, le Conseil des droits de l'homme, vivement préoccupé par l'insuffisance des mesures prises pour réduire l'écart qui ne cesse de se creuser entre les pays développés et les pays en développement, faisant obstacle à la pleine jouissance des droits de l'homme, en particulier dans les pays en développement, souligne que le développement devrait être au cœur du programme économique international, et que la cohérence entre les stratégies nationales de développement et les obligations et engagements internationaux, aiderait à créer un climat économique favorable au développement, qui serait propice à la pleine réalisation des droits de l'homme pour tous.

Le Conseil prie instamment la communauté internationale de faire le point sur le peu de progrès accomplis au regard des objectifs de développement énoncés dans la Déclaration du Millénaire, afin de prendre toutes les mesures nécessaires et appropriées, parmi lesquelles une augmentation de l'aide publique au développement, la recherche d'une solution durable au problème de la dette extérieure, l'accès aux marchés, le renforcement des capacités et la diffusion des connaissances et des techniques, pour parvenir à l'intégration des pays en développement dans l'économie mondiale.

Ont voté pour (34) : Afrique du Sud, Algérie, Arabie Saoudite, Argentine, Azerbaïdjan, Bahreïn, Bangladesh, Brésil, Cameroun, Chine, Cuba, Djibouti, Equateur, Fédération de Russie, Gabon, Ghana, Guatemala, Inde, Indonésie, Jordanie, Malaisie, Mali, Maurice, Maroc, Mexique, Nigéria, Pakistan, Pérou, Philippines, Sénégal, Sri Lanka, Tunisie, Uruguay et Zambie.

Ont voté contre (13) : Allemagne, Canada, Finlande, France, Japon, Pays-Bas, Pologne, République de Corée, Roumanie, République tchèque, Royaume-Uni, Suisse et Ukraine.

LES DECLARATIONS

Présentant le projet de résolution (A/HRC/4/L.16) sur la mondialisation et ses effets sur la pleine jouissance des droits de l'homme, M. LA YIFAN (Chine) a fait observer que le monde attend toujours les bienfaits de la mondialisation, et il attend aussi qu'ils soient globaux. Il a ainsi fait observer que dans la réalité les bénéfices de la mondialisation sont loin d'être également répartis et que le fossé entre riches et pauvres s'élargit.

Les pays en développement risquent fortement d'être marginalisés et il est indispensable de prendre des mesures pour faire face à cette situation et aider les exclus de la mondialisation, a souligné le représentant. Il a expliqué qu'il faut mettre en œuvre un programme économique international de manière à créer un environnement favorable aux pays en développement. Pour conclure, le représentant chinois a souligné que, tout au long des réunions de consultation sur ce projet de résolution, une grande attention a été accordée aux commentaires et il espéré qu'elle sera adoptée avec le soutien le plus large possible, pour témoigner de la bonne volonté de tous à l'égard des plus pauvres.

MME BIRGITTA MARIA SIEFKER-EBERLE (Allemagne au nom de l'Union européenne) a reconnu que la mondialisation peut avoir des effets négatifs pour l'exercice des droits de l'homme dans certains cas, toutefois elle peut aussi ouvrir de nouvelles chances pour l'amélioration des droits de l'homme. Le texte est déséquilibré et inexact, a-t-elle estimé, dans le sens où il laisse entendre que tous les droits sont affectés négativement par la mondialisation. Pour cette raison, l'Union européenne votera contre ce texte et demande la mise aux voix.

M. MAKIO MIYAGAWA (Japon) a estimé que la mondialisation a des impacts significatifs sur le monde, mais que ses incidences sur les droits de l'homme pourraient être sujettes à discussion.

Toutefois, a-t-il souligné, le projet de résolution L.16 ne traite que des questions économiques et non des effets sur les droits de l'homme. Il a, à cet égard, fait observer que les questions de l'aide publique au développement, de l'accès aux marchés et de la réduction de la dette doivent être traitées dans une autre enceinte que celle des droits de l'homme, raison pour laquelle sa délégation s'est prononcée contre cette résolution. Il a toutefois tenu à remercier les co-auteurs d'avoir organisé des consultations et d'avoir ajouté dans le préambule un paragraphe liant la résolution aux droits de l'homme.

Source : Nations unies, Genève, mars 2007.
Haut de page