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CHINE, AOUT 2005 / LA SITUATION DES DROITS DE LHOMME EN CHINE
__Après sa visite en Chine, Louise Arbour reste préoccupée par les droits de l'homme dans le pays
"Prudemment optimiste" face à une Chine en pleine
évolution, la haut commissaire des Nations unies aux droits
de l'homme, Louise Arbour, reste préoccupée,
à l'issue de sa première visite à Pékin,
par la situation des droits de l'homme dans le pays et notamment
par l'usage abusif de la peine de mort.
"Une Chine qui évolue rapidement a un énorme
potentiel dans le domaine des droits de l'homme, bien que des
préoccupations demeurent dans beaucoup de domaines et que
des défis intimidants doivent être affrontés",
a déclaré Louise Arbour, lors d'une conférence
de presse donnée le 2 septembre 2005, à Pékin,
à l'issue d'une visite de cinq jours en Chine.
Louise Arbour s'est félicitée des progrès
accomplis par la Chine dans le domaine des droits économiques
et sociaux, soulignant combien la croissance économique
avait joué un rôle déterminant dans l'allongement
de la durée de vie, réduisant la mortalité
infantile et favorisant l'alphabétisation. Elle a aussi
remarqué que la Chine avait ratifié cinq des sept
traités internationaux sur les droits de l'homme et qu'elle
coopérait avec les mécanismes des droits de l'homme
des Nations unies.
Cependant, la haut commissaire des Nations unies reste préoccupée
par un certain nombre de questions, soulevées avec les
autorités chinoises, comme notamment la nécessité
d'un réexamen des décisions de justice concernant
la privation de liberté. Elle a notamment appelé
à une révision immédiate du système
de détention administrative connu sous le nom "la
rééducation par le travail".
Elle s'est également déclarée préoccupée
par l'usage abusif de la peine de mort, y compris pour
des délits qui ne sont pas considérés comme
"les crimes les plus graves" par les lois internationales.
Louise Arbour a par ailleurs appelé la Chine à
soutenir la proposition de Kofi Annan, le secrétaire
général des Nations unies, de créer un Conseil
des droits de l'homme pour remplacer la Commission qui a perdu
de sa crédibilité.
"J'ai aussi exhorté la Chine à prendre un
rôle de leader pour faire progresser les droits de l'homme,
non seulement au Conseil de sécurité mais aussi,
d'une manière plus générale, dans les instances
où elle peut exercer son influence de manière constructive",
a-t-elle ajouté.
Concluant sur sa visite en Chine, Louise Arbour a affirmé
que la signature d'un accord sur les droits de l'homme
était la preuve que le gouvernement chinois voulait travailler
de manière constructive avec le Haut Commissariat pour
améliorer la situation des droits de l'homme.
"Je quitte la Chine encouragée par le fait que
les choses ont avancé, stimulée par la perspective
d'aider ce pays qui doit faire face à des défis
intimidants, et prudemment optimiste sur son énorme
potentiel pour effectuer de réels changements", a-t-elle
dit.
[Le 31 août, la Haut-commissaire et le vice-ministre
des Affaires étrangères ont signé un accord
visant à aider la Chine à ratifier le Pacte international
relatif aux droits civils et politiques (qu'elle a signé en 1998), entré en vigueur en 1976, à mettre en uvre les recommandations relatives au Pacte international relatif
aux droits économiques, sociaux et culturels, ratifié
en 2001.
Au cours de sa visite, Louise Arbour a rencontré des
représentants d'organisations non gouvernementales (Ong)
et s'est entretenue avec le ministre de la Justice, Wu Aiying.
Elle a aussi participé aux cérémonies
marquant le 10e anniversaire de la Conférence de Pékin
sur les femmes où elle a rencontré le président
chinois Hu Jintao et le vice-président de l'Assemblée
populaire nationale chinoise Gu Xiulian. Enfin, elle a
inauguré le 13e atelier de travail sur les droits de
l'homme pour la région Asie et Pacifique.
Cette visite constitue la huitième effectuée
par un Haut-commissaire aux droits de l'homme en Chine. Elle sera
suivie en novembre 2005 de la première tournée en
Chine de Manfred Nowak, Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme sur la torture et autres peines ou traitements cruels.]
LU DANS LA PRESSE
AGENCE FRANCE-PRESSE
La Chine doit mieux faire, dit Louise Arbour. Louise Arbour a demandé [
] à la Chine de se fixer des objectifs plus ambitieux dans ce domaine et de respecter les critères internationaux. "Au cours de mes entretiens avec les dirigeants chinois, il m'a souvent été dit que les changements devaient être progressifs", ajoutant : "Même si je ne suis pas en désaccord avec cela, on est en droit d'attendre des progrès plus que modestes dans les années à venir". [
]
Mme Arbour a estimé que les progrès économiques
dans le pays le plus peuplé au monde étaient "très
prometteurs" dans l'objectif d'une amélioration des
droits de l'homme. "La Chine a pris des engagements en matière
de droits de l'homme et, en Chine comme à l'étranger,
les attentes sont grandes pour que la prospérité
s'accompagne de progrès dans les droits de l'homme",
a déclaré le Haut commissaire de l'ONU.
Mme Arbour, qui a soulevé des cas individuels durant
ses rencontres avec les responsables chinois, a encore estimé
que la Chine se rapprochait de la ratification du pacte des Nations
unies sur les droits civils et politiques qu'elle a signé
en 1998. Agence France-Presse, Pékin, 2 septembre 2005.
LIBERATION
En Chine, Louise Arbour fait profil bas. Largement ignorée par les médias officiels chinois, la venue de la responsable onusienne ne l'a pas été, en revanche, par les services de police, qui ont effectué [
] une descente dans les bureaux d'une organisation non gouvernementale chinoise d'aide légale, l'Empowerment and Rights Institute.
La directrice de l'Ong, Huo Wenzhuo, a été placée
de fait en résidence surveillée sans possibilité
de communiquer avec l'extérieur le temps de la visite de
Louise Arbour, tout comme plusieurs dissidents chinois. Les personnes
visées ont été à l'origine d'une lettre
ouverte au haut commissaire, attirant son attention sur certains
dossiers concrets.
Pour sa première visite, Louise Arbour a choisi de faire
relativement profil bas, s'abstenant par exemple de critiquer
directement ces mesures restrictives. Mais elle n'a pas laissé
passer la réaffirmation, par la Chine, de
son droit à avoir sa "propre voie"
en matière de droit de l'homme. Elle a répondu [
] : "On peut admettre que les droits de l'homme soient appliqués en fonction du contexte culturel, mais il y a un cadre et des critères internationaux. On ne peut donc pas dire "nous avons notre propre voie". Elle a aussi soulevé avec ses interlocuteurs des dossiers brûlants comme la peine de mort, dont la Chine détient le record du monde, ou le très critiqué système administratif de la "rééducation par le travail". Sans résultat visible immédiat. Libération, Paris, 3 septembre
2005.
LE QUOTIDIEN DU PEUPLE
La vice-secrétaire générale des Nations
unies fait l'éloge des droits de l'homme en Chine.
Lors de sa rencontre avec le Conseiller d'Etat [et ancien ministre
des Affaires étrangères] Tang Jiaxuan à [Pékin] le 30 août, Louise Arbour [
] a porté une appréciation favorable sur les progrès que la Chine a accomplis dans le domaine des droits de l'homme. [
]
Lors d'une interview, Arbour a hautement apprécié
les progrès accomplis par la Chine dans le domaine des
droits de l'homme. "En mars 2004, le gouvernement chinois
a inscrit "la protection des droits de l'homme" dans
sa Constitution. Cela montre que la Chine, en tant que membre
permanent du Conseil de sécurité des Nations unies
et grand pays économique et politique mondial, est un pays
responsable".
Le problème des droits de l'homme existe plus ou moins
dans tous les pays et la Chine n'est pas une exception, a-t-elle
remarqué. Ce qui mérite l'attention, c'est que la
Chine a accompli d'immenses réalisations en matière
d'édification juridique et institutionnelle et s'aligne
de plus en plus sur les normes étrangères. [Le Haut
Commissariat] se félicite de voir les résultats
brillants que la Chine a obtenus sur le plan économique,
social et culturel.
Actuellement, cependant, le trafic d'êtres humains, la
discrimination contre la femme et la réduction de petites
filles et de femmes à l'esclavage sexuel sévissent
encore dans certaines régions du monde, a-t-elle ajouté.
Le Quotidien du peuple, Pékin, 31 août 2005.
AGENCE XINHUA
Un conseiller d'Etat appelle à coopérer dans
le domaine des droits de l'homme dans la région Asie-Pacifique.
Un fonctionnaire chinois de haut rang a dit, [le 30 août]
à Pékin, que la priorité dans la coopération
en matière des droits de l'homme devait être donnée
à la promotion des droits économiques, sociaux et
culturels et du droit au développement.
Le Conseiller d'Etat Tang Jiaxuan a fait ces remarques lors
de la cérémonie d'ouverture du 13e Atelier annuel
sur la coopération régionale en matière de
promotion et de protection des droits de l'homme dans la région
Asie-Pacifique.
"La situation historique et cruciale de développement
dans laquelle se trouve la région Asie-Pacifique ouvre
d'infinies possibilités à la cause des droits de
l'homme", a indiqué M. Tang. Il a souligné
que cette coopération devait respecter les principes d'égalité
et de respect mutuel, faire rayonner le patrimoine culturel, mettre
en valeur de la région et s'inspirer d'autres régions.
Elle devra être "graduelle et consensuelle", et
tenir compte des spécificités de la région
Asie-Pacifique.
Après la cérémonie, M. Tang a dit [a]
Mme Louise Arbour que la Chine était en train de bâtir
une société moyennement aisée et que le gouvernement
chinois considérait les intérêts du peuple
comme sa priorité. "La Chine s'efforce de bâtir
une société socialiste harmonieuse. .. Nous sommes
convaincus que les droits de l'homme en Chine n'en seront que
plus forts", a-t-il indiqué.
La Chine jouera un rôle constructif dans la réforme
des agences des Nations unies pour les droits de l'Homme, a dit
M. Tang, pour qui la réforme devra se concentrer sur le
développement des pays et la résolution des problèmes
de développement. Agence Xinhua, Pékin, 30
août 2005.
Sources : Nations unies, New York, et agences de presse
internationales, septembre 2005.
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