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NATIONS UNIES, GENEVE, JUILLET 2005 / LA SESSION DETE DU COMITE POUR L'ELIMINATION DE LA DISCRIMINATION RACIALE
__Louise Arbour souhaite la création dun organe de traité unique chargé de la surveillance de tous les instruments internationaux dans le domaine des droits de l'homme
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Le Comité pour l'élimination de la discrimination
raciale a entendu, le 2 août 2005, à Genève,
à l'ouverture de sa 67e session, Maria-Francisca Ize-Charrin,
chef de la Division de la Commission et des traités du
Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, qui
a rappelé les propositions de la haut commissaire aux droits
de l'homme, Louise Arbour, dans le cadre de la réforme
des Nations unies. Elle a notamment indiqué que la haut
commissaire compte faire des propositions visant à créer
un organe de traité unique chargé de la surveillance
de tous les instruments internationaux des Nations Unies dans
le domaine des droits de l'homme.
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Plusieurs membres du Comité se sont ensuite exprimés
sur la proposition de créer un organe permanent unifié
qui viendrait se substituer aux sept organes conventionnels actuels.
Ils se sont demandés s'il s'agissait de la meilleure méthode
pour renforcer l'efficacité de la protection des droits
de l'homme. Ils se sont interrogés sur l'utilité
et la viabilité d'une telle réforme, se demandant
en outre si une structure permanente et unique sera en mesure
de s'acquitter convenablement de son mandat.
L'échange de vues entre le Comité et le Haut Commissariat
Maria-Francisca Ize-Charrin, Chef de la Division de la Commission
et des traités du Haut Commissariat aux droits de l'homme,
a souligné que le Haut Commissariat suivait avec attention
la jurisprudence du Comité au titre de l'article 14 de
la Convention sur l'élimination de la discrimination raciale,
espérant que son impact aux plans régional et national
pourrait se renforcer. Elle s'est félicitée les
décisions prises par le Comité à sa dernière
session afin d'améliorer ses méthodes de travail
au titre de l'article 14 de la Convention. Mme Ize-Charrin a en
outre espéré que la procédure de suivi des
observations finales récemment adoptée par le Comité
portera ses fruits.
A cet égard, elle a précisé que le gouvernement irlandais avait d'ores et déjà exprimé sa volonté d'assurer un suivi adéquat et efficace des observations faites par le Comité lors de l'examen de son dernier rapport périodique en mars dernier. Mme Ize-Charrin a par ailleurs déclaré que le Haut Commissariat s'était activement engagé dans la mise en uvre des recommandations des organes de traités en organisant différents projets de formation. Elle a par ailleurs salué l'approche dynamique et créative du Comité dans l'élaboration de sa recommandation générale concernant la prévention de la discrimination raciale dans l'administration et le fonctionnement de la justice. Cette nouvelle recommandation générale, a-t-elle estimé, permettra de guider les Etats parties dans l'élaboration et la mise en uvre effective de réponses efficaces aux menaces que font peser sur les droits de l'homme la xénophobie et l'intolérance liées à une immigration accrue.
Mme Ize-Charrin a par ailleurs déclaré que la
haut commissaire, Louise Arbour, était pleinement consciente
de l'impact positif du système des organes de traité
et qu'elle appuyait les efforts déployés par ces
instances pour relever les défis auxquels elles sont confrontées,
en particulier le retard pris par certains Etats dans la présentation
de rapports. Elle a précisé que dans son plan d'action,
la Haut-Commissaire souhaitait faire des propositions visant à
créer un organe de traité unique. Cette question
devrait faire l'objet de consultations intergouvernementales en
2006. Dans ce contexte, elle a souligné que, forts de leur
expérience, les membres des différents comités
seraient appelés à jouer un rôle clé
dans la réforme. Un document conceptuel relatif à
la création d'une instance unique sera finalisé
au début de l'année prochaine, a-t-elle précisé,
soulignant que ce document serait porté à la connaissance
des membres des organes conventionnels afin de recueillir leurs
précieux commentaires.
Plusieurs membres du Comité se sont exprimés
sur la proposition de la Haut-Commissaire visant à créer
un organe permanent unifié qui viendrait se substituer
aux sept organes conventionnels actuels. Ils ont souligné
que les organes de surveillance des traités constituaient
aujourd'hui le socle de la protection des droits de l'homme et estimé qu'il était important de les maintenir au cur du système. Ce qui compte, ont-ils fait valoir, c'est le renforcement de la protection des droits de l'homme.
Dès lors, quelle est la meilleure méthode pour renforcer
l'efficacité de la protection des droits de l'homme, se
sont-ils demandés. Soulignant que l'idée de la création
d'un organe permanent et unique n'était pas nouvelle, plusieurs
experts ont estimé que le point de départ de la
réforme devait être les traités.
A cet égard, plusieurs d'entre eux se sont demandés
si les suggestions de réforme de la Haut-Commissaire incluaient
la possibilité d'amender les instruments internationaux
relatifs aux droits de l'homme. Des modalités ont-elles
été prévues qui permettraient d'éviter
la réouverture d'une discussion des traités quant
au fond, ont-ils demandé, soulignant les risques et la
complexité d'une telle entreprise. Un membre du Comité
s'est interrogé sur l'utilité et la viabilité
de la réforme visant à fondre les différents
comités en une seule instance ? Une structure permanente
et unique sera-t-elle capable de s'acquitter convenablement de
son mandat. D'autres membres se sont demandés quelles idées
avaient présidé à la formulation d'une telle
proposition ? Quelles en sont les idées sous-jacentes ?
Plusieurs experts ont estimé que les objectifs de la
réforme, ses avantages et ses inconvénients, ses
modalités techniques, étaient autant d'éléments
qui devaient être très clairement définis
afin de jeter les bases d'une protection accrue des droits de
l'homme et d'éviter tout risque de réduire à
néant les acquis. Un membre du Comité a accueilli
favorablement l'idée visant à créer une procédure
unique pour le traitement des communications.
Répondant aux vues exprimées par les membres du Comité, Mme Ize-Charrin a notamment déclaré que c'est le renforcement de l'impact des organes de traités au niveau national, l'amélioration de la protection des victimes, qui étaient au cur de l'idée visant à créer une structure unique permanente. Mme Ize-Charrin a souligné qu'un consensus semblait se dégager sur le fait qu'il faudrait procéder à la réforme sans amender les traités fondateurs du système. Nous sommes en train de vivre une période très particulière et il faut saisir l'occasion qui se présente de procéder réforme. Il y a quelques mois, personne ne pensait qu'il serait possible de réformer, mais aujourd'hui l'élan est acquis, des changements vont se produire. Mme Ize-Charrin a assuré que le Haut Commissariat tiendrait dûment compte des vues exprimées par les experts dans l'élaboration de son document conceptuel.
Source : Nations unies, Genève, juillet 2005.
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