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TCHETCHENIE, FEVRIER 2006 / UNE VISITE DE LA HAUT COMMISSAIRE EN RUSSIE
__Louise Arbour préoccupée par la situation des droits de l'homme en Tchétchénie
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Louise Arbour a présenté, le 24 février
2006, à Genève, un bilan de sa récente
visite en Fédération de Russie, où elle a
rencontré le président Vladimir Poutine,
exprimant sa préoccupation face aux violations des droits
de l'homme telle que la torture qui continuent d'être commises
notamment en République de Tchétchénie.
Au cours de sa visite, la haut commissaire des Nations unies aux
droits de l'homme s'est rendue en Ingouchie, en République
de Tchétchénie, en Ossétie du Nord, trois
Etats de la Fédération de Russie de la région
du Nord Caucase.
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"En Tchétchénie et ailleurs j'ai souligné que le peuple tchétchène dispose de nombreux amis de par le monde qui soutiennent leur désir de vivre dans une société pacifique gouvernée par l'Etat de droit", a déclaré Louise Arbour, lors d'une conférence de presse.
"J'ai fait part de la détresse ressentie par un
grand nombre de ceux qui ont constaté la dévastation
infligée à la république et qui continuent
d'être témoins des violences contre ses citoyens",
assure-t-elle. "J'ai noté que Grozny est en cours
de reconstruction et que des structures politiques sont mises
en place pour normaliser la situation", précise-t-elle,
en référence au nouveau gouvernement issu des élections
de novembre 2005, favorable à Moscou.
"J'ai toutefois souligné ma grave préoccupation
concernant l'intégrité de certaines institutions,
notamment dans le maintien de l'ordre public. Deux phénomènes
sont particulièrement troublants : le recours à
la torture afin d'obtenir des aveux ou des informations et l'intimidation
de ceux qui portent plainte contre les autorités",
a-t-elle déploré.
"Il ne fait pas de doute que ces phénomènes
sont plus que des allégations, et qu'ils ont une base
factuelle solide. Il existe une foule d'information sur la Tchétchénie,
de même qu'une série d'arrêts de la Cour européenne
des droits de l'homme, qui soulignent les carences très
graves du maintien de l'ordre public en République de Tchétchénie,
qui conduisent au climat de peur qui y règne", a-t-elle
fait observer.
"J'ai quitté la Tchétchénie avec
la vive impression qu'en dépit de la reconstruction politique
et matérielle, la République n'était toujours
pas parvenue à progresser d'une société régie
par la force à une société régie par
l'Etat de droit", a-t-elle souligné, estimant
que la volonté de "limiter l'exercice du pouvoir"
n'était pas "encore apparente dans cet Etat".
Louise Arbour a par ailleurs fait écho aux préoccupations
des représentants de la société civile en
Fédération de Russie, notamment à l'égard
d'une récente loi restreignant les activités
des organisations non gouvernementales (ONG). Ces derniers
ont aussi soulevé la question de l'accroissement des attaques
racistes et des brutalités au sein des forces armées,
ainsi que de la "multitude de problèmes relatifs aux
droits de l'homme" à l'égard des immigrés.
Source : Haut Commissariat aux droits de l'homme, Genève,
février 2006.
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