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> LE PROJET DE RESOLUTION
[En anglais,
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 REACTIONS 
> Fidh, Paris


NATIONS UNIES, FEVRIER 2006 / LE PROJET DE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME
__Jan Eliasson présente une résolution créant un Conseil des droits de l'homme qui siègera tout au long de l'année


De la Commission au Conseil des droits de l'homme
Kofi Annan : Tout échec sur cette question saperait la crédibilité des Nations unies

Jan Eliasson Le président de l'Assemblée générale des Nations unies, Jan Eliasson, a présenté, le 23 février 2006, un projet de résolution établissant un Conseil des droits de l'homme de 47 membres, qui siègera à Genève au moins 10 semaines par an, procèdera à l'examen de tous les Etats sans exception et dont les membres pourront être suspendus s'ils violent les droits fondamentaux.

Le texte de la résolution par Jan Eliasson aux Etats membres, lors de consultations officieuses, crée un nouvel organe subsidiaire de l'Assemblée générale, d'un rang institutionnel plus élevé que l'actuelle position de la Commission des droits de l'homme qui est sous la tutelle du Conseil économique et social.

Le document met en place "un examen périodique universel" de la situation des droits de l'homme, assurant "une universalité de la couverture et un traitement égal" entre les Etats membres. Autrement dit, avec ce nouveau Conseil et contrairement à l'actuelle Commission, tous les Etats membres, sans exception, seront examinés périodiquement. "Le dispositif proposé assure un traitement égal pour tous les pays membres et répond au problème du "double standard", a précisé Jan Eliasson.

Le projet de résolution prévoit un Conseil composé de 47 Etats membres, élus "à la majorité absolue" par l'Assemblée générale", grâce à "un vote secret, individuel et direct", pour "un mandat de trois ans, non renouvelable après deux mandats consécutifs".

Selon le texte, la composition du Conseil devra refléter "une représentation géographique équitable". Le document prévoit de donner 13 sièges à l'Afrique, 13 à l'Asie, 6 au groupe de l'Europe de Est, 8 à l'Amérique latine et aux Caraïbes et, enfin, 7 au groupe des Etats d'Europe occidentale qui comprend aussi les Etats-Unis, le Canada, l'Australie, la Nouvelle Zélande et Israël.

Le texte décide aussi que tous les Etats Membres, sans exception, pourront siéger au Conseil des droits l'homme mais que dans le choix des candidats, les Etats devront "prendre en compte leurs contributions à la promotion et au respect des droits de l'homme".

Le document prévoit également que les Etats Membres pourront décider de suspendre le droit d'un Etat qui aurait commis de graves violations des droits de l'homme à siéger au Conseil, par un vote de l'Assemblée générale à la majorité des deux tiers. A ce sujet, le texte prévoit enfin que "les Etats membres du Conseil seront examinés durant leur mandat".

Le texte prévoit que le Conseil se réunira "régulièrement tout au long de l'année et qu'il tiendra pas moins de trois sessions par an, dont une session principale, pour une durée totale d'au moins 10 semaines". Il pourra aussi tenir des "sessions spéciales si nécessaire, à la requête d'un membre du Conseil et avec le soutien d'un tiers de ses membres".

Jan Eliasson a aussi souhaité souligner que le travail du Conseil sera guidé par "le dialogue et la coopération" dans l'application du respect des droits de l'homme. Il a enfin attiré l'attention des Etats membres sur le fait que le texte insistait, dans son préambule, sur la nécessité du dialogue entre les peuples et de la compréhension mutuelle des civilisations, des cultures et des religions - selon lui "un message fort", envoyé aux peuples du monde entier, qui affirme la nécessité de "promouvoir la tolérance, le respect des religions et la libertés de croyances".

Le Monde"Nous mettons en place une barre morale qui n'existait pas, a expliqué au quotidien Le Monde, Jan Eliasson. Notre projet est un ensemble équilibré qui, pour l'instant, a recueilli de bonnes réactions", affirme-t-il.

[…] "Ce n'est pas un texte idéal, mais il marque de réels progrès par rapport à la commission, il sera plus actif, plus réactif et plus contraignant", estime aussi l'ambassadeur français, Jean-Marc de la Sablière. Les organisations non gouvernementales Human Rights Watch et Amnesty International ont, malgré quelques réserves, appelé à l'adoption rapide du texte.

Beaucoup craignent de rouvrir des négociations qui ont été longues et difficiles entre les pays occidentaux, qui voulaient un Conseil des droits de l'homme fort, et des pays en voie de développement, qui craignaient qu'il ne se transforme en un tribunal prompt à les juger.

Le débat a été compliqué par un amendement de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) contre "la diffamation des religions et des prophètes", déposé en pleine affaire des caricatures de Mahomet, et qui a finalement été remplacé par une formule inoffensive, soulignant que les médias ont "un rôle important" à jouer pour promouvoir "le respect des religions".

Le nouveau Conseil des droits de l'homme ferait-il mieux que la commission qu'il remplacerait ? "Je ne peux rien promettre, admet Jan Eliasson. Tout dépendra de ce que les Etats veulent faire de la machinerie qu'on leur présente." Philippe Bolopion, Le Monde, Paris, 26 février 2006.

[Dans le document final du Sommet mondial des chefs d'Etat, en septembre 2005, les Etats membres avaient décidé de créer un Conseil des droits de l'homme et demandé au président de l'Assemblée générale de conduire les négociations qui permettraient d'établir, dès que possible, au cours de la 60e session, son mandat et sa composition.]
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