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NATIONS UNIES, MARS 2006 / LA CREATION DU CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME
"Aucun pays ne sera entièrement satisfait de chacun des paragraphes de la résolution, mais c'est le propre des négociations internationales", affirme Kofi Annan, faisant référence notamment aux critiques formulées par les Etats-Unis qui ont voté "non" au texte présenté par le président de l'Assemblée, Jan Eliasson, après cinq mois de négociations. "Le texte préserve les forces de la Commission des droits de l'homme, comme le système spécial des procédures et la participation des organisations non gouvernementales (ONG), en même temps qu'il met en place des innovations pour répondre aux faiblesses de la Commission", fait-il remarquer. "Globalement, la résolution donne une solide fondation, sur laquelle tous ceux qui sont engagés dans la cause des droits de l'homme doivent construire", souligne Kofi Annan, qui espère que les Etats réussiront à construire "un cadre dans lequel tous les gouvernements du monde entier pourront travailler ensemble à promouvoir les droits de l'homme, d'une manière efficace, comme jamais auparavant". "C'est la première étape d'un changement. Dans les semaines à venir, les Etats qui souhaiteront être élus membres du nouveau Conseil devront faire présenter leurs engagements pour protéger et promouvoir les droits de l'homme", fait observer le secrétaire général des Nations unies. "L'Assemblée générale qui élira tous les candidats aura la responsabilité de suspendre les membres qui commettent des graves et massives violations des droits de l'homme", observe-t-il. "Les membres du Conseil devront s'engager à respecter les standards les plus élevés dans le domaine des droits de l'homme, à coopérer pleinement avec le Conseil et à subir eux-mêmes un examen au cours de leur mandat". "Le véritable travail commence à présent. La crédibilité de ce Conseil dépendra en fin de compte de l'usage qu'en feront les Etats. Si, dans les semaines et les mois qui viennent, ils agissent selon les engagements pris dans la résolution, je suis confiant sur le fait que le Conseil apportera une nouveau souffle à la lutte pour les droits de l'homme et, de ce fait, améliorera la vie de millions de personnes dans le monde", conclut-il.
LA DECLARATION DU SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIESDéclaration du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, sur le Conseil des droits de l'homme, publiée le 15 mars 2006 à Antananaviro, Madagascar. Aujourd'hui [15 mars 2006], par l'adoption de cette résolution historique, l'Assemblée générale vient d'établir le nouveau Conseil des droits de l'homme que les dirigeants de la planète avaient décidé de créer lors du Sommet mondial de septembre [2005]. C'est une chance donnée aux Nations Unies, qui en avaient besoin, pour insuffler un nouvel élan au travail de l'Organisation en matière de droits de l'homme à travers le monde. Je félicite le Président de l'Assemblée générale, Jan Eliasson, et le remercie pour sa patience et sa persévérance qui ont permis de parvenir à une solution sur ce sujet sensible. Aucun pays ne sera totalement satisfait de la teneur de chaque paragraphe de la résolution, mais c'est là la nature mêmes des négociations internationales. Ce texte préserve certaines caractéristiques importantes de la Commission des droits de l'homme, comme le système des procédures spéciales et de la participation des ONG, tout en apportant des innovations majeures qui permettront de pallier les faiblesses de la Commission. Prise dans son ensemble, la résolution nous offre des bases solides, à partir desquelles tous ceux qui sont fermement attachés à la cause des droits de l'homme doivent maintenant élaborer leur action. Je suis certain qu'ils parviendront à mettre en place un cadre au sein duquel les gouvernements du monde entier pourront uvrer ensemble à la promotion des droits de l'homme, beaucoup plus efficacement qu'auparavant. Cette étape est la première dans un processus de changement. Dans les semaines à venir, les États souhaitant être élus au nouveau Conseil feront part de leurs contributions et de leurs engagements dans la protection et la promotion des droits de l'homme. Il appartiendra aux autres Etats Membres d'évaluer ces promesses et d'en faire tenir les engagements aux candidats élus. L'Assemblée générale procédera à un vote sur tous les candidats et aura ensuite la responsabilité de suspendre tout membre du Conseil qui commettrait des violations flagrantes et systématiques des droits de l'homme. Les membres qui seront élus au sein du Conseil se seront auparavant engagés à respecter les normes les plus élevées en matière de droits de l'homme, à pleinement coopérer avec le Conseil, et à voir leur propre bilan en la matière être évalué au cours de la durée de leur mandat. Ce mécanisme d'examen universel permettra au Conseil de faire respecter à tous les Etats Membres leurs obligations en matière de droits de l'homme de manière juste, équitable, non sélective et dépourvue de toute politique du deux poids, deux mesures. Le Conseil se réunira régulièrement tout au long de l'année et pourra tenir au besoin des sessions extraordinaires. Ceci devrait lui permettre de faire face, immédiatement et à tout moment, à des crises ou des violations brusques des droits de l'homme où qu'elles se produisent. Notre véritable travail commence maintenant. Le vrai test de la crédibilité du Conseil sera l'usage que les Etats Membres en feront. Si, dans les semaines et les mois à venir, ils agissent conformément aux engagements qu'ils ont pris dans cette résolution, j'ai confiance que le Conseil revitalisera notre travail en faveur des droits de l'homme, et qu'il contribuera ainsi à l'amélioration des vies de millions de personnes à travers le monde. |