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NATIONS UNIES, MARS 2006 / LA CREATION DU CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME
Cette instance est destinée à remplacer la Commission des droits de l'homme installée à Genève et à doter l'Onu d'une instance plus efficace et moins contestée. Afp, 15 mars 2006. Agence télégraphique suisse L'idée a été présentée par la Suisse en 2004, a rappelé la ministre des affaires étrangères. Mme Calmy-Rey a aussi relevé l'importance de cette décision pour la Genève internationale, revalorisée par le fait que le Conseil y siègera. La cheffe du DFAE a pris note du vote négatif des Etats-Unis, mais elle pense qu'au vu des explications données, ce pays est prêt à coopérer. Ats, 15 mars 2006.
[ ] Pour les Etats-Unis, cette réforme ne va pas assez loin et constitue une occasion manquée. Ils formulent des critiques concrètes, sur le mode d'élection - ils auraient voulu, comme le secrétaire général Kofi Annan, une majorité des deux tiers -, sur la composition - pas de statut spécial pour les membres permanents du Conseil de sécurité -, sur les critères de choix - rien ne garantit, selon eux, que des Etats "voyous" ne seront pas élus. [ ] Les pays du tiers-monde n'ont pas voulu de réformes plus radicales de peur que le nouvel organisme ne se transforme en tribunal du Nord contre le Sud. Les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits de l'homme, comme Amnesty International ou Human Rights Watch, approuvent le compromis qui leur apparaît comme le meilleur résultat dans la situation actuelle. Il offre, quoi qu'en disent les Américains, des possibilités de progrès par rapport à l'ancienne commission. L'Union européenne a défendu, sans enthousiasme, la même position réaliste. Le Conseil des droits de l'homme [
] reflète l'ambiguïté de l'ONU. Pour être universelle, elle doit accepter en son sein des Etats de toute nature. Mais en édictant des règles valables pour tous, elle peut faire progresser les principes sur lesquels elle a été créée. Ce n'est pas une certitude. C'est un espoir qui invite à la vigilance. Le Monde, Paris, 17 mars 2006.
N'ayant pu renégocier le texte, les Américains ont tenu à marquer leur désaccord par un vote négatif, mais sans aller jusqu'à l'obstruction, comme l'avait fait savoir [
] le sous-secrétaire d'Etat aux affaires politiques, Nicholas Burns : "Nous soutenons les droits de l'homme aux Nations unies. Nous travaillerons donc avec le conseil, nous chercherons à l'appuyer quand nous pourrons, à le renforcer et nous ne ferons certainement rien qui puisse lui porter préjudice". Jean-Louis Turlin, Le Figaro, Paris, 16 mars 2006.
[ ] En sachant investir sur cette cause, tant en hommes qu'en moyens financiers, la Suisse a contribué à bâtir une digue que l'opposition des Etats-Unis n'a pas emportée. Le "lobbying" helvétique, relayé par des pays plus puissants, s'est avéré payant. La prise de risque qu'il a entraînée aussi. La leçon vaut pour la Genève internationale et pour la défense des droits de l'homme. Maintenant que la création du Conseil est acquise, et dès lors que la Suisse a confirmé sa candidature à celui-ci, le pire serait de relâcher l'effort sous divers prétextes. Après avoir servi à rallier les Etats réticents, à New York, cette diplomatie de combat doit se poursuivre au service des libertés. Richard Werly, Le Temps, Genève, 16 mars 2006.
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] Mais, l'événement [
] est surtout la preuve qu'il est possible de réformer le système des Nations unies, en de nombreux points obsolète. Comme l'a souligné Peter Maurer, notre ambassadeur auprès de l'ONU à New York, le travail de la Suisse montre qu'il est envisageable de changer les choses, même pour un pays relativement nouveau au sein des arcanes onusiens. La porte est désormais ouverte à d'autres transformations. Alléger l'administration onusienne, extrêmement alourdie par soixante ans d'immobilisme. Et même imaginer - tabou absolu - modifier la composition du Conseil de sécurité, l'organe suprême. L'espoir d'améliorer le "machin" est, depuis hier, réel. Linn Levy, La Tribune de Genève, 16 mars 2006. |