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NATIONS UNIES, MARS 2006 / LA CREATION DU CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME
__Les réactions : lu dans la presse


AFPL'ONU APPROUVE LA CREATION D'UN CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME. L'Assemblée générale des Nations unies a approuvé [le 15 mars 2006] à une large majorité la création d'un Conseil des droits de l'homme, en dépit d'une forte opposition des Etats-Unis. Cent soixante-dix Etats membres ont voté en faveur de la résolution, quatre contre (Etats-Unis, Israël, îles Marshall et Palau). Trois (Bélarus, Iran, Venezuela) se sont abstenus, a annoncé le président de l'Assemblée, le Suédois Jan Eliasson.

Cette instance est destinée à remplacer la Commission des droits de l'homme installée à Genève et à doter l'Onu d'une instance plus efficace et moins contestée. Afp, 15 mars 2006.

Agence télégraphique suisse
L'ONU CREE UN CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME BASE A GENEVE
. A Berne, la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a fait part immédiatement de sa "joie profonde". Pour elle, il s'agit d'une avancée majeure. Le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) a salué un "bon compromis".

L'idée a été présentée par la Suisse en 2004, a rappelé la ministre des affaires étrangères. Mme Calmy-Rey a aussi relevé l'importance de cette décision pour la Genève internationale, revalorisée par le fait que le Conseil y siègera. La cheffe du DFAE a pris note du vote négatif des Etats-Unis, mais elle pense qu'au vu des explications données, ce pays est prêt à coopérer. Ats, 15 mars 2006.

Le MondeDROITS DE L'HOMME. La Commission des droits de l'homme est morte. Vive le Conseil des droits de l'homme ! […] La Commission […] s'était depuis longtemps discréditée en portant à plusieurs reprises à sa présidence des pays qui violent allègrement les droits de l'homme. Son remplacement par une institution un peu plus exigeante sur la qualité de ses membres était une pièce centrale de la réforme de l'ONU, pour son 60e anniversaire.

[…] Pour les Etats-Unis, cette réforme ne va pas assez loin et constitue une occasion manquée. Ils formulent des critiques concrètes, sur le mode d'élection - ils auraient voulu, comme le secrétaire général Kofi Annan, une majorité des deux tiers -, sur la composition - pas de statut spécial pour les membres permanents du Conseil de sécurité -, sur les critères de choix - rien ne garantit, selon eux, que des Etats "voyous" ne seront pas élus.

[…] Les pays du tiers-monde n'ont pas voulu de réformes plus radicales de peur que le nouvel organisme ne se transforme en tribunal du Nord contre le Sud. Les organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits de l'homme, comme Amnesty International ou Human Rights Watch, approuvent le compromis qui leur apparaît comme le meilleur résultat dans la situation actuelle. Il offre, quoi qu'en disent les Américains, des possibilités de progrès par rapport à l'ancienne commission. L'Union européenne a défendu, sans enthousiasme, la même position réaliste.

Le Conseil des droits de l'homme […] reflète l'ambiguïté de l'ONU. Pour être universelle, elle doit accepter en son sein des Etats de toute nature. Mais en édictant des règles valables pour tous, elle peut faire progresser les principes sur lesquels elle a été créée. Ce n'est pas une certitude. C'est un espoir qui invite à la vigilance. Le Monde, Paris, 17 mars 2006.
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Le FigaroLES ETATS-UNIS ONT REFUSE DE CAUTIONNER [LA] REFORME [DE LA COMMISSION]. C'est la présence trop fréquente, au sein de l'ancienne Commission, de pays peu respectueux des droits de l'homme, qui a conduit au remplacement d'un organe onusien discrédité. Les Américains ont maintenu jusqu'au bout leurs objections à la réforme, estimant insuffisants les nouveaux garde-fous posés pour garantir l'exclusion des pays indésirables. Les Vingt-Cinq européens, le Canada et la Nouvelle-Zélande, parmi d'autres, ont eu beau donner à Washington toutes les assurances possibles, notamment qu'ils ne voteraient pas pour de tels pays, rien n'y a fait. Les 47 membres du nouveau Conseil (contre 53 dans la Commission) seront élus directement par l'Assemblée générale, à la majorité qui exigera un minimum de 96 voix. Mais, dans son projet initial, le secrétaire général Kofi Annan avait proposé que toute candidature réunisse les deux tiers des pays votants et les Etats-Unis s'y sont accrochés sans en démordre.

N'ayant pu renégocier le texte, les Américains ont tenu à marquer leur désaccord par un vote négatif, mais sans aller jusqu'à l'obstruction, comme l'avait fait savoir […] le sous-secrétaire d'Etat aux affaires politiques, Nicholas Burns : "Nous soutenons les droits de l'homme aux Nations unies. Nous travaillerons donc avec le conseil, nous chercherons à l'appuyer quand nous pourrons, à le renforcer et nous ne ferons certainement rien qui puisse lui porter préjudice". Jean-Louis Turlin, Le Figaro, Paris, 16 mars 2006.

Le tempsDIPLOMATIE DE COMBAT. [La ministre suisse des affaires étrangères] Micheline Calmy-Rey n'a pas prononcé pour rien le mot "victoire". De Berne à New York en passant par Genève, la diplomatie suisse a su s'exposer pour défendre le projet de Conseil des "droits humains" - comme la ministre aime à le nommer - qui avait ses faveurs.

[…] En sachant investir sur cette cause, tant en hommes qu'en moyens financiers, la Suisse a contribué à bâtir une digue que l'opposition des Etats-Unis n'a pas emportée. Le "lobbying" helvétique, relayé par des pays plus puissants, s'est avéré payant. La prise de risque qu'il a entraînée aussi.

La leçon vaut pour la Genève internationale et pour la défense des droits de l'homme. Maintenant que la création du Conseil est acquise, et dès lors que la Suisse a confirmé sa candidature à celui-ci, le pire serait de relâcher l'effort sous divers prétextes. Après avoir servi à rallier les Etats réticents, à New York, cette diplomatie de combat doit se poursuivre au service des libertés. Richard Werly, Le Temps, Genève, 16 mars 2006.

Tribune de GenèveREINVENTER L'ONU : LA PREUVE PAR LA SUISSE. La Genève internationale va donc abriter un organe majeur des Nations unies sur son sol. La création du Conseil des droits de l'homme est une chance inouïe pour [Genève], qui va ainsi renforcer sa position de capitale des droits humains. La victoire de la diplomatie suisse est claire et quasi totale. Car c'est notre pays qui le premier a proposé au Secrétaire général de l'ONU de remplacer la très décrédibilisée Commission des droits de l'homme par un organe permanent et plus crédible.

[…] Mais, l'événement […] est surtout la preuve qu'il est possible de réformer le système des Nations unies, en de nombreux points obsolète. Comme l'a souligné Peter Maurer, notre ambassadeur auprès de l'ONU à New York, le travail de la Suisse montre qu'il est envisageable de changer les choses, même pour un pays relativement nouveau au sein des arcanes onusiens. La porte est désormais ouverte à d'autres transformations. Alléger l'administration onusienne, extrêmement alourdie par soixante ans d'immobilisme. Et même imaginer - tabou absolu - modifier la composition du Conseil de sécurité, l'organe suprême. L'espoir d'améliorer le "machin" est, depuis hier, réel. Linn Levy, La Tribune de Genève, 16 mars 2006.
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