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NATIONS UNIES, AVRIL 2006 / LA SITUATION DES DROITS DE L'HOMME AU NEPAL
__Cinq experts des Nations Unies condamnent "le recours excessif et létal à la force par les membres des forces de sécurité à l'encontre de manifestants et de passants innocents"

Préoccupés par la vague de violence au Népal, cinq experts de la Commission des droits de l'homme ont condamné, le 20 avril 2006, les violations des droits de l'homme commises par les forces de sécurité népalaises, et appelé, dans le même temps, les manifestants à protester de manière pacifique.

Carte Népal"Ayant appris que des membres de la police et de la force de police armée ont été attaqués avec des pierres et des projectiles en réaction au recours excessif à la force contre les manifestations, les cinq experts demandent aux manifestants d'exercer pacifiquement leur droit de manifester", indique un communiqué publié à Genève.

Par ailleurs, ils condamnent fermement "le recours excessif et létal à la force par les membres des forces de sécurité à l'encontre des manifestants et de passants innocents". Il est inacceptable que des manifestants pacifiques, parmi lesquels de nombreux défenseurs des droits de l'homme, aient été arbitrairement détenus pour avoir participé à des manifestations non violentes, ajoutent les cinq experts.

Les experts demandent au gouvernement de "faire preuve de retenue dans sa manière d'assurer le maintien de l'ordre durant les manifestations et lui demandent de garantir à tous les droits de l'homme fondamentaux, notamment le droit à la vie, à l'intégrité physique et psychologique, le droit de ne pas être arbitrairement privé de liberté, ainsi que le droit à la liberté d'opinion, d'expression, d'association et de réunion".

[Ces cinq experts des Nations unies sont : Philip Alston, Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Hina Jilani, Représentante spéciale du Secrétaire général sur les défenseurs des droits de l'homme, Ambeyi Ligabo, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, Manfred Nowak, Rapporteur spécial sur la torture et Leïla Zerrougui, Rapporteuse du Groupe de travail sur la détention arbitraire.

Le Haut Commissariat condamne l'usage de la force contre les manifestants

Le Bureau du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) au Népal a également condamné l'usage de la force par la police au Népal et déploré l'imposition du couvre-feu à son personnel, qui l'empêche de circuler librement.

"Le Bureau du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) au Népal a indiqué que des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté dans le pays, bravant le couvre-feu imposé par les autorités", a déclaré le porte-parole de Kofi Annan. "Le Bureau confirme aussi la mort de trois personnes du fait du recours à la force létale par la police. Le recours à de telles forces contre des civils non armés est inexcusable et ne peut être justifié", a-t-il ajouté.

[Selon les informations parues dans la presse, les forces de sécurité népalaises ont ouvert le feu sur une manifestation de près de 100'000 personnes qui bravaient un couvre-feu imposé pour réprimer les critiques exprimées contre le pouvoir absolu du roi Gyanendra. La population manifeste dans les rues de la capitale, Katmandou, depuis près de deux semaines, ainsi que dans le reste du pays.

En février 2005, le roi du Népal avait dissous le gouvernement et instauré l'état d'urgence, alléguant l'échec du gouvernement à lutter contre l'insurrection maoïste. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et la haut commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, avaient exprimé leur grave préoccupation face à ces mesures.]

Sources : Nations unies, Genève et New York, avril 2006.

Un accord conclu en avril 2005 avec le gouvernement du Népal prévoyait que le Haut Commissariat pour les droits de l'homme pourrait mettre en place une mission de surveillance dans le pays afin de faire la lumière sur les violations des droits de l'homme commises par toutes les parties.]
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