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> En finir avec la peine de mort par Mario Marazziti

FRANCE, FEVRIER 2007 / 3e CONGRES MONDIAL CONTRE LA PEINE DE MORT
__Un Congrès contre la peine de mort dans le monde

Le 3e Congrès mondial contre la peine de mort s'est tenu du 1er au 3 février 2007, à Paris. Plusieurs centaines de personnes du monde entier ont plaidé pour l'abolition universelle de la peine de mort. En 2005, 2’148 personnes ont été exécutées dans 22 pays.

Ces exécutions ont été recensées à 94% en Chine, Iran, Arabie saoudite et aux Etats-Unis, selon l'organisation "Ensemble contre la peine de mort". La peine capitale est encore appliquée dans 78 pays à travers le monde.

En marge du Congrès, 3’000 personnes sont descendues dans les rues de la capitale française, le 3 février, pour dire non à la peine de mort. Au premier rang du cortège marchait Bianca Jagger, ambassadrice de bonne volonté du Conseil de l'Europe contre la peine de mort, et ex-épouse du chanteur des Rolling Stones Mick Jagger. Les manifestants, qui portaient de nombreuses pancartes sur le thème "non à la peine de mort", ont défilé de la place de la Bastille, à l'Hôtel de Ville, l'ancienne place de Grève, où se tenaient autrefois les exécutions.

Des messages en faveur de l’abolition ont été adressés par différentes personnalités, dont Benoît XVI, qui a rappelé son attachement au "droit à la vie", précisant que la peine de mort est un "affront à la dignité humaine". Pour le pape, les Etats ont à leur disposition des moyens "plus efficaces d'empêcher des crimes en rendant celui qui a commis une offense incapable de commettre le mal sans lui enlever définitivement la possibilité de se racheter".

Lors de la cérémonie d’ouverture du Congrès, le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste- Blazy, a lu un message du président Jacques Chirac qui a rappelé que, "abolitionniste depuis 1981", la France "est en pointe du combat pour l’abolition absolue de la peine de mort".

Le Premier ministre français, Dominique de Villepin, a réaffirmé pour sa part la "détermination totale" de la France à agir pour l'abolition universelle de la peine de mort. Au total, 89 pays l'ont à ce jour abolie et "chaque année de nouveaux Etats mettent fin à ce châtiment d'un autre âge. Cela doit être pour nous une invitation à poursuivre nos efforts", a-t-il affirmé.

La présidente de la Confédération helvétique, Micheline Calmy-Rey, a souligné, dans un message, que "le droit à la vie est le droit fondamental de l'humanité. S'il n'est pas respecté, les autres droits, par définition, ne s'appliquent pas". "L'Etat qui applique la peine de mort néglige son obligation de protéger", a estimé la présidente suisse, qui a proposé d'accueillir à Genève, en 2010, le 4e Congrès de la Coalition contre la peine de mort.

Les congressistes ont adopté une déclaration qui appelle à "un moratoire immédiat et universel des condamnations à mort et des exécutions, ainsi qu’à la commutation des peines capitales déjà prononcées, en vue de l’abolition universelle de la peine de mort".

UN CONGRES CONTRE LA PEINE DE MORT. Le Congrès mondial contre la peine de mort est le rendez-vous des acteurs de l’abolition du monde entier, de pays abolitionnistes et d’Etats continuant à appliquer la peine capitale. Il contribue à sensibiliser l’opinion publique à la cause de l’abolition universelle.

Une centaine d’intervenants et un millier de personnes ont participé à ce congrès réuni à l’initiative de l’association Ensemble contre la peine de mort (ECPM). Un bilan a été tiré concernant l’année 2005, au cours de laquelle – selon ECPM - "2’148 personnes ont été exécutées dans 22 pays". "94% des exécutions sont recensées en Chine, Iran, Arabie saoudite et aux Etats-Unis", ajoute l’association.

L’exécution de Saddam Hussein, le 30 décembre 2006, "dans des conditions indignes, au terme d'un procès inéquitable et sans que la plupart de ses crimes aient été jugés", a également été évoquée, de même que la condamnation à mort en Libye, le 19 décembre 2006, de cinq infirmières bulgares et d'un médecin palestinien.

Toutefois, parmi ces exemples qui montrent que l’abolition de la peine de mort au niveau mondial n’est pas pour demain, de nombreux éléments incitent à l’optimisme. Ainsi, la France à inscrit, en février 2007, l’abolition de la peine de mort, qui date de 1981, dans sa Constitution. Le Sénégal (2004), le Mexique (2005), le Liberia (2005), les Philippines (2006) ont aboli la peine de mort pour tous les crimes, le Tadjikistan a suspendu l’application de la peine capitale (2004) et la Cour suprême des Bahamas a aboli les condamnations à mort obligatoires (2006).

L’objectif de ce 3e Congrès, après Strasbourg en 2001 et Montréal (Canada) en 2004, était de donner une tribune internationale à des militants abolitionnistes d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. De même, ECPM espère conduire la Chine à l’abolition de la peine capitale, en vue des Jeux Olympiques de Pékin de 2008.

Février 2007.
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