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Contribuer au succès du combat abolitionniste


FRANCE, PARIS, 2007 / 3e CONGRÈS MONDIAL CONTRE LA PEINE DE MORT
__Eric Prokosch : "Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour contribuer au succès du combat abolitionniste"


Ancien directeur du programme peine de mort du secrétariat international d'Amnesty international, Eric Prokosch a suivi de près les deux précédents Congrès. Il pilote le Comité scientifique de Paris 2007.

– ECPM. Quels sont les enjeux internationaux de l'abolition de la peine de mort ?
Eric Prokosch
. Les pays participants à la Conférence Internationale sur l'Abolition de la Peine de Mort organisée par Amnesty International en 1977 ont convenu que "la peine de mort est le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit et qu'il viole le droit à la vie" (Déclaration de Stockholm). Dans ce même ordre d'idée, la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU a établi que "l'abolition de la peine de mort est fondamentale pour la protection [du] droit [à la vie]" (résolution 2005/59 du 20 avril 2005). Le tout nouveau Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU devrait reconnaître que l'abolition est aussi essentielle pour la protection d'un autre des droits fondamentaux de l'Homme : le droit de ne subir aucun châtiment cruel, inhumain ou dégradant. Lorsqu'un pays abolit la peine de mort, il reconnaît de fait que l'Etat ne doit exécuter aucun détenu et que les détenus sont des êtres humains comme les autres que l'on ne peut priver de leurs droits fondamentaux. Il est à espérer que la décision d'abolir la peine de mort sera suivie par d'autres progrès en matière de traitement des prisonniers, notamment l'abolition d'autres châtiments cruels, inhumains et dégradants tels que l'amputation de membres ou la flagellation.

– D'après vous, comment la cause de l'abolition universelle de la peine de mort peut-elle et doit-elle avancer ?
A présent que pratiquement tous les pays d'Europe et d'Amérique latine ont aboli la peine de mort, le défi consiste à convaincre les pays des autres régions du monde (au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie, aux Etats-Unis et aux Caraïbes) d'en faire autant. Dans le même temps, le mouvement abolitionniste doit rester prêt à parer toute tentative de rétablissement de la peine de mort après son abolition.

– Quelles raisons vous ont poussé à rejoindre le comité scientifique du 3ème Congrès mondial contre la peine de mort ?
Je pense que le Congrès peut apporter beaucoup à la cause de l'abolition universelle de la peine de mort. Je souhaitais faire tout ce qui était en mon pouvoir pour contribuer au succès de cette bataille.

Quel rôle peut avoir, selon vous, ce type de rassemblement ?
Les Congrès permettent aux abolitionnistes de toutes nationalités de se rencontrer, de débattre des problèmes courants, d'apprendre les uns des autres et d'élaborer des stratégies et des actions communes. A cet égard, les ateliers régionaux du 2ème Congrès mondial contre la peine de mort de Montréal ont revêtu une importance particulière. En outre, les Congrès sont aussi l'occasion de toucher le public et les secteurs clés de la société, de revenir sur les raisons d'abolir la peine de mort et d'inciter de nouveaux acteurs à s'engager dans la lutte pour l'abolition.

– Vous avez participé aux deux premiers Congrès mondiaux. Quels souvenirs en gardez-vous et quelles en ont été les conséquences et la portée d'après vous ?
Chacun de ces congrès a permis d'innover, de faire quelque chose qui n'avait jamais été fait auparavant. À Strasbourg, c'était la déclaration commune des présidents de Parlements et la décision de former une coalition internationale, ce qui a abouti à la création de la Coalition mondiale contre la peine de mort. A Montréal, ce fut la déclaration commune sur l'état actuel de la réflexion concernant les problèmes liés à la peine de mort, tels que la question des peines alternatives, et les nombreuses façons de prendre en compte les victimes, comme le rappelle la Déclaration adoptée à ce Congrès. J'ai également été très impressionné par l'intérêt suscité par le Congrès de Strasbourg chez les médias européens, tandis qu'à Montréal, ce qui m'a frappé, ce sont les promesses de soutien à la cause abolitionniste émanant de représentants de gouvernements européens ou autres.

Source : ECPM, Paris, avril 2006.
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