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>Retour Suisse : 2e Guerre mondiale |
__Genève : Appel pour une Maison de la mémoire
Ces dernières années, à Genève, des expériences ponctuelles d'expositions consacrées à des thèmes qui avaient un rapport direct avec ce travail de mémoire (à propos par exemple d'Anne Frank, des chemins de passage pour les réfugiés de la Seconde Guerre mondiale le long de la frontière genevoise, etc.) ont montré combien il était intéressant de faire sortir les élèves de leur cadre habituel de travail pour pouvoir les mettre en contact avec ces questions d'histoire. Des projets de nature comparable, comme l'exposition Archimob, ont même parfois de la peine à trouver un lieu pour exister à Genève. En outre, le caractère éphémère de ces expériences et le peu de traces qu'elles ont laissées incitent à souhaiter que se mette sur pied un lieu permanent d'exposition ; un lieu qui aurait par ailleurs une dimension un peu plus solennelle qu'une salle de classe et qui permettrait ainsi d'aborder les sujets les plus graves de l'histoire récente de l'humanité dans un cadre spatial et temporel différent et mieux adapté. Un lieu à vocation scolaireDans ce lieu particulier à vocation scolaire - qui ne serait ni une école, ni un musée, mais quelque chose d'intermédiaire -, il s'agirait pour l'essentiel de permettre un travail de mémoire en faisant travailler et réfléchir sur les origines et sur les causes identifiables des différentes manifestations du racisme, de l'antisémitisme et de la xénophobie, qu'elles soient anciennes ou actuelles, en Suisse ou ailleurs. Et sur les manières de s'y opposer, hier, aujourd'hui et demain. Il s'agirait aussi de permettre et d'encourager une réelle prise en compte des apports de la Commission Bergier dans l'enseignement de l'histoire et pour le travail de mémoire. Ainsi cette Maison de la mémoire, située dans un lieu accessible et hors du cadre scolaire, pourrait-elle remplir les fonctions suivantes : présenter des petites expositions, permanentes et temporaires, et accueillir des classes qui viendraient les visiter; accueillir des classes qui viendraient rencontrer des témoins ou étudier des documents d'histoire orale (films documentaires, enregistrements ou transcriptions) qui présenteraient des témoignages; mettre un centre de documentation à disposition des élèves et des enseignants d'histoire; accueillir et / ou organiser des conférences, cours ou séminaires de formation initiale ou continue pour des enseignants d'histoire; accueillir et / ou organiser des conférences publiques sur ces thèmes. Un lieu d'histoireElle pourrait pour cela être composée de quatre sections : 1. La Shoah et les camps (de concentration, d'extermination), l'antisémitisme en Suisse : un événement historique extrême, surgi de la civilisation occidentale et face auquel la Suisse n'a pas suffisamment fait preuve de solidarité (voir son attitude à l'égard des réfugiés, des Juifs, des Tsiganes); les exemples de solidarité; l'antifascisme à Genève (monuments pour le 9 Novembre et pour les volontaires du camp républicain en Espagne), Chemins de passage, etc. 2. L'époque coloniale et les préjugés raciaux : comment les hommes qui se disaient civilisés se sont comportés à l'égard d'autres civilisations, la question de l'esclavage, les zoos humains et le "Village noir" de l'Exposition nationale de 1896. 3. La longue histoire des migrations, la constitution progressive d'une Suisse et d'une Genève multiculturelle : les causes, les étapes, les vagues successives des migrations; la "double absence" ressentie par les immigrés; la problématique de l'intégration, etc. 4. Les droits de la personne : l'esprit des Lumières, la civilisation et l'ère des droits, la démocratie, la citoyenneté, les différentes catégories de droits, le pluralisme et la pluralité des points de vue, la question de la paix.
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