droitshumains.org
XXIe siècle
La Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale




>Retour
Suisse : 2e Guerre mondiale

La politique intérieure et extérieure de la Suisse

__Fascisme italien et nazisme allemand : la menace militaire sur la Suisse


En Italie, pays limitrophe situé au sud de la Suisse, Benito Mussolini, le Duce des fascistes, devient premier ministre en 1922. L'agressivité avec laquelle il s'attelle à la construction d'un réseau routier, qui s'étend jusqu'à la frontière suisse, est sans aucun doute justifiée par ses visées militaires. Lorsqu'en 1933 Adolf Hitler, le Führer des nationaux-socialistes est élu chancelier du Reich allemand, la démocratie suisse voit la menace militaire s'amplifier autour d'elle.

La Suisse, soutenue par tous les partis démocratiques, réagit en renforçant intensément ses défenses. Dans un discours prononcé en 1933, le conseiller fédéral Rudolf Minger, chef du Département militaire résume la décennie à venir par la formule suivante: "Notre peuple n'acceptera jamais de se conformer au modèle allemand." (Gleichschaltung)

Le théologien Karl Barth parle, le 24 octobre 1938, de l'attitude de la majorité des Suisses, avant la Seconde Guerre mondiale, dans les termes suivants: L'Etat démocratique se doit de "tout mettre en oeuvre pour contenir, hors de ses frontières, les dictatures, [le prix à payer] fût-il la misère et l'effondrement." C'est dans cet état d'esprit que l'armée suisse se mobilise, en 1939, pour le service actif le plus long de son histoire.

Dans la première phase de la guerre et après une extension maximale du droit de la neutralité, presque toute l'armée suisse est mobilisée face à l'Allemagne. Il s'agit d'empêcher que les troupes allemandes pénètrent sur le territoire suisse pour parvenir aux frontières françaises, contournant ainsi la ligne dite Maginot. Des concertations préventives sont engagées avec la France pour le cas d'une offensive de l'Allemagne.
L'entrée en guerre de l'Italie, la débâcle française et l'isolement de la Grande-Bretagne augmentent la précarité de la situation militaire de la Suisse.

A l'été et à l'automne 1940, l'Allemagne et l'Italie intensifient la planification de leurs opérations. Le partage de la Suisse entre l'Allemagne et l'Italie est prévu. Le 19 octobre 1940, Benito Mussolini écrit à Adolf Hitler : "Je suis certain que vous ne serez pas surpris de voir aussi la Suisse prise en étau entre les positions restantes de la Grande-Bretagne sur le continent. De par son incompréhensible hostilité, la Suisse remet elle-même en question son existence."

La situation suisse sur le plan militaire

L'absence d'offensive est imputable à un ensemble de facteurs. Sur le plan militaire, les paramètres décisifs sont principalement ceux-ci:

. L'organisation de la défense militaire en Suisse est telle que, dès 1940, toute offensive occasionnerait de fortes pertes et mettrait en péril les transversales alpines. Ces dernières dépendent d'un grand nombre de tunnels et de ponts que la Suisse, le cas échéant, détruirait.

. De plus, une telle offensive priverait Hitler et Mussolini de ressources importantes dont ils ont besoin ailleurs. Le débarquement des Alliés en Sicile et dans la péninsule italienne, la chute de Mussolini puis l'occupation de celle-ci par la Wehrmacht allemande, en 1943, met la Suisse dans une position militaire encore plus critique. Les transversales alpines prennent une importance capitale pour l'offensive allemande en Italie.

. Dans l'intervalle, le long service actif contribua à rendre l'armée suisse plus puissante. D'autres fortifications ont pu être érigées et le risque d'une victoire de l'Allemagne dans la Seconde Guerre mondiale est écarté.

Winston Churchill dit en 1944 à propos de la Suisse: "Elle s'est comportée comme un Etat démocratique: elle s'est battue pour la liberté en défendant ses montagnes. Bien que nous soyons de nationalités différentes, elle se trouve, en esprit, très proche de nous."

Source: Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), 1998.Up