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>Retour Suisse : 2e Guerre mondiale |
__Un rapport politique et idéologique
Un avis tranché, que partage, à Lausanne, le professeur d'économie Jean-Christian Lambelet: "Je n'y vois pas une analyse d'historiens, mais un réquisitoire de procureurs." Et de déceler dans ce travail "une forte tension entre une abondance de faits et des jugements péremptoires." Quant au fait que les membres de la commission aient voté pour parvenir à un accord sur certains points, elle lui paraît aberrante. "Cette partition manque de bémols", renchérit l'historien vaudois André Lasserre. "J'attends de lire en détail cette synthèse, dit-il, mais elle me paraît manquer de recul." Selon lui, "critiquer le rapport Bergier n'équivaut pas à soutenir le mythe d'une Suisse blanche comme neige. Face aux réfugiés, par exemple, le Conseil fédéral a fait preuve de lâcheté. Mais l'ensemble manque de nuances." Tous reconnaissent cependant que la Commission Bergier a stimulé la recherche sur cette période sombre. Pour le Neuchâtelois Michel Fior, un spécialiste d'histoire économique qui a travaillé dans la commission avant de la quitter en 1998 en raison de divergences sur ses méthodes de travail, "le travail commence maintenant". Mais avec des moyens sans commune mesure avec ceux dont ont bénéficié les membres de la commission. "Pour eux les archives des entreprises et des banques se sont ouvertes. Les autres historiens n'y auront pas accès. Cela crée une distortion dommageable à la recherche." "La qualité du rapport est inégale. Il y a de bonnes parties et d'autres, comme celle consacrée à l'or, qui sont catastrophiques." Anne Kauffmann, La Tribune de Genève, 23 mars 2002. Article reproduit grâce à l'aimable autorisation de La Tribune de Genève. © La Tribune de Genève. |