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MARS 2002 / LE RAPPORT FINAL DE LA COMMISSION BERGIER __La Suisse, le national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale
Le 19 décembre 2001, cinq ans jour pour jour après que le gouvernement suisse (Conseil fédéral) a nommé les membres de la Commission Indépendante d'Experts Suisse - Seconde Guerre mondiale et leur a confié un mandat de recherche détaillé, la CIE a clôturé ses travaux sous la conduite de son président, le professeur Jean-François Bergier. La Commission a publié, en 2001 et 2002, 25 études - contributions à la recherche et expertises juridiques qui complètent le rapport final. Ces documents couvrent la thématique complète du mandat de recherche et présentent l'analyse des sources provenant d'archives publiques et privées suisses et étrangères. Dans les études, dans les contributions à la recherche et dans les deux recueils sur le droit privé et public, la Commission s'est efforcée de mettre en lumière de manière aussi large et différenciée que possible les nombreuses questions se rapportant au mandat de recherche. Les études contiennent, en règle générale, un choix de documents en annexe et des indications précises sur les archives consultées. De ce fait, les publications constituent aussi une base précieuse pour les recherches approfondies sur l'époque du national-socialisme en Suisse et à l'étranger qui seront entreprises après la dissolution de la CIE. LE RAPPORT FINAL DE LA COMMISSIONLe chapitre 1 [Introduction] explique la manière dont le rôle de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale est devenu l'objet d'un débat public au milieu des années 1990. Il décrit l'objet et l'état des recherches, le programme de recherche et les différentes phases de travail. Il examine aussi le rapport entre l'historiographie et le droit, et souligne l'importance du privilège d'accès aux archives décidé pour une durée de cinq ans par l'arrêté fédéral de 1996. Le chapitre 2 retrace l'histoire de l'entre-deux-guerres et la période de la Seconde Guerre mondiale. Il décrit le contexte international et national qui a permis la montée en puissance du régime national-socialiste et les crimes commis par ce dernier. Sans anticiper les conclusions de la Commission, il présente, à partir des recherches effectuées, les bouleversements politiques, économiques et sociaux des années 1930 et 1940 dans leur contexte international tout en mettant l'accent sur la Suisse. Le chapitre 3 est consacré à la politique de la Suisse à l'égard des réfugiés. La CIE revient aussi sur les critiques formulées après la publication en décembre 1999 du rapport La Suisse et les réfugiés à l'époque du national-socialisme notamment au sujet du nombre de réfugiés civils accueillis et refoulés. La CIE examine, par ailleurs, les critiques prononcées ouvertement à l'encontre de l'attitude de la Fédération suisse des communautés israélites dans la question des réfugiés. Le comportement des entreprises suisses pendant la guerrreLe chapitre 4 est consacré à l'interdépendance économique d'entreprises suisses et/ou de leurs filiales à l'étranger et les transactions des avoirs dans l'espace économique national-socialiste. La Commission s'appuie, pour ce faire, sur les résultats des études dont certaines ont déjà été publiées. Le "chapitre économique", qui comprend douze sous-chapitres, traite les thèmes suivants: la politique économique extérieure, l'industrie de l'armement et les exportations de matériel de guerre, les exportations d'électricité, le transit à travers les Alpes et les prestations de transport, les transactions sur l'or, le système bancaire et les services financiers, les compagnies d'assurance suisses en Allemagne, les entreprises industrielles et leurs filiales, les prisonniers de guerre et l'exploitation de travailleurs forcés, les mesures d'aryanisation, les biens culturels spoliés et pillés ainsi que les opérations de camouflage et de transfert du régime nazi en Suisse. Le chapitre 5 décrit l'objet de la recherche sous un angle juridique. Dans le sous-chapitre consacré au droit public, plusieurs problèmes - le régime des pleins pouvoirs, la politique des réfugiés, la protection diplomatique des Juifs suisses vivant à l'étranger, la neutralité ainsi que l'or pillé sont traités et évalués. La partie sur le droit privé international comprend le commerce des biens culturels pillés et des papiers-valeurs étrangers ainsi que la question des avoirs en déshérence. L'attitude des acteurs économiques, étatiques et judiciaires suisses après 1945Le chapitre 6 donne une vue d'ensemble des questions juridiques concernant les avoirs restées sans réponse durant les années d'après-guerre et aborde par là même des points-clés du mandat. Il s'appuie sur les informations éparpillées dans les nombreuses études de la CIE et les place dans un contexte élargi. Les principaux documents de référence sont l'arrêté du Conseil fédéral de 1946 régissant la restitution des biens pillés (Raubgutbeschluss) et l'arrêté fédéral de 1962 sur les avoirs en Suisse d'étrangers ou d'apatrides persécutés pour des raisons raciales ou religieuses (Meldebeschluss). Ce chapitre examine l'attitude des acteurs économiques, étatiques et judiciaires suisses après 1945 face aux demandes de restitution. Dans le chapitre 7, la CIE dresse un bilan en évaluant, sur la base des connaissances qu'elle a acquises, l'attitude des responsables politiques, économiques et judiciaires suisses de l'époque à l'égard des victimes du régime national-socialiste. L'examen critique de l'historiographie durant la période de la Guerre froide et de l'image que la Suisse s'est forgée à cette époque constitue le point de départ de l'évaluation historique et juridique. La Commission évalue la politique des réfugiés, le traitement des biens placés en Suisse et restés en déshérence après 1945, le droit de la neutralité et la politique de neutralité ainsi que le défi lancé à l'Etat de droit par le système criminel nazi. Elle s'interroge sur le fait de savoir si les autorités avaient connaissance de l'Holocauste et pose le problème de la responsabilité politique. La CIE examine également la thèse selon laquelle l'attitude de la Suisse aurait contribué à prolonger la guerre ("Kriegsverlängerungsthese"). Commission Indépendante d'Experts Suisse - Seconde Guerre mondiale: La Suisse, le national-socialisme et la Seconde Guerre mondiale. Rapport final. Editions Pendo, Zurich, 2002, 569 pages, CHF 45.- / EUR 29.90. |