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LHISTOIRE SUISSE ET LE RAPPORT BERGIER __Comment l'enseignement de l'histoire peut-il tirer profit du rapport Bergier ?
L'idée fait craindre le remplacement d'une histoire officielle par une autre, écrit Le Temps, dans son édition du 26 mars 2002. Le quotidien a interrogé trois enseignants romands. "J'aurais peur d'un manuel officiel de la Confédération remplaçant un récit fermé par un autre. On n'est pas efficace en étant moralisateur et prescriptif" réagit le Genevois Charles Heimberg, professeur d'histoire et formateur des maîtres enseignant cette discipline. Réticence qui ne doit rien à de l'embarras devant la période considérée, ou sa relecture. "Charles Heimberg est l'auteur du Rapport Bergier à l'usage des élèves*, rédigé en 1999 lors de la sortie du volume sur les réfugiés, et qu'il compte compléter maintenant que la synthèse finale est publiée. Son opuscule présente les aspects contrastés de la période, des documents et des témoignages étayant ces contrastes. Il se termine par cette apostrophe aux élèves: "A vous maintenant de participer au débat et de vous forger votre opinion." "Professeur-formateur d'histoire à la Haute école pédagogique vaudoise, Lyonel Kaufmann défend une ligne similaire: "A mon sens, la bonne façon de tirer parti du rapport Bergier consiste à offrir aux élèves une panoplie de documents, qui soient des outils acceptables, leur permettant de retrouver eux-mêmes le fil, et de l'insérer également dans l'actuelle problématique des réfugiés." Dans cette optique, si le rapport Bergier devait servir de base à un manuel, ce serait plutôt à un outil d'enseignement, destiné aux maîtres. "Le rapport Bergier est un travail de spécialistes, ce n'est pas quelque chose d'utilisable en classe" commente Patrick de Leonardis, enseignant au Collège de Moudon et président de la Commission d'histoire vaudoise. Pour lui, il n'y a pas lieu d'être forcément volontariste: "Ce travail mettra le temps qu'il faudra pour être intégré, l'histoire est un discours qui a besoin d'être digéré par une culture." Quelle que soit la priorité qui serait conférée à la confection d'un nouveau manuel, il faudrait de toute manière plusieurs années pour le réaliser. "
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