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2. Les victimes potentielles
La Conférence a résolument placé les victimes
potentielles de racisme et de discrimination raciale au centre
de ses travaux. Cette question a suscité de nombreux débats
qui se sont concentrés sur les sources de la discrimination
raciale, les formes multiples de discrimination et la liste éventuelle
des victimes.
La Conférence a d 'abord voulu déterminer quelles sont les sources de la discrimination raciale. Qu'est-ce qui
définit un acte de discrimination raciale ? Concernant ce point, un accord fut facilement trouvé en se référant à la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (CERD). La Conférence a donc reconnu que le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, reposent sur des considérations
de race, de couleur, d'ascendance ou d'origine nationale ou ethnique.
La Conférence a reconnu l'existence de formes multiples de discrimination ainsi que des conséquences néfastes qu'elles engendrent. Ceci signifie que les personnes qui sont victimes de discrimination raciale peuvent également subir d'autres formes de discrimination qui viennent aggraver leur situation. La question de savoir quelles pouvaient être les sources de ces formes multiples de discrimination a été
plus difficile à trancher. Le compromis a été
trouvé sur les éléments déjà
agréés et repris dans la Déclaration universelle
des droits de l'homme. Il a donc été décidé
que :
"Les victimes peuvent subir des formes multiples ou aggravées de discrimination fondées sur d'autres motifs connexes, dont une discrimination pour des raisons de sexe, de langue, de religion, d'opinions politiques ou autres, d'origine sociale, de fortune, de naissance ou de statut" [Paragraphe 2 de la Déclaration politique].
Il est cependant regrettable qu'il n'ait pas été
possible d'inclure dans cette liste de nouvelles sources de discrimination
qui reflètent les évolutions et les réalités
de nos sociétés telle que l'orientation sexuelle
par exemple.

Concernant les victimes, il n 'a pas été possible de se mettre d'accord sur une liste précise, le racisme pouvant toucher chacun d'entre nous en fonction des circonstances. Cependant, une mention générique faisant référence aux victimes en général a pu recueillir l'accord de tous. Elle se lit comme suit :
"Nous déclarons qu'aux fins de la présente Déclaration et du Programme d'Action, par victimes du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, on entend les individus ou groupes d'individus qui sont ou ont été négativement affectés par ces fléaux ou en sont ou en ont été l'objet ou les cibles" [Paragraphe 1 de la Déclaration politique].
Cependant, la Conférence a mis en lumière certaines catégories de victimes qui selon les participants méritaient une attention particulière. C'est ainsi que la situation des Africains et des personnes d'ascendance africaine, des peuples autochtones, des migrants, des réfugiés, des demandeurs d'asile et des personnes déplacées a été examinée avec attention. La question des minorités nationales, ethniques, religieuses ou linguistiques, des Roms/Gitans/Tziganes/Sintis, des Asiatiques et des personnes d'ascendance asiatique, des victimes de la traite, des femmes, des enfants, des handicapés, des personnes atteintes du sida a également été traitée lors des travaux de la Conférence.
La Conférence a également exprimé sa préoccupation
face à l'intolérance dont sont victimes certaines
communautés religieuses. Elle s'est inquiétée
de la montée de l'antisémitisme ainsi que
de l'islamophobie. Elle a rappelé que l'Holocauste ne devait
jamais être oublié.
Pour chacune de ces catégories de victimes, la Conférence a identifié une série de mesures visant à améliorer leur situation actuelle.
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