Chapitre 7

5. Les stratégies proposées

Les stratégies envisagées sont assez variées.

Tout d'abord, les Etats sont invités à mettre en place des plans d'action nationaux pour mettre en œuvre les résultats des conférences régionales auxquelles ils ont participé.

Les organisations régionales ont aussi un rôle essentiel à jouer. La Conférence recommande qu'elles traitent de la lutte contre le racisme dans leurs programmes de travail.

Les Etats doivent organiser des programmes de coopération multilatérale, dans le but d'assurer l'égalité des chances au profit des victimes du racisme. Il est également nécessaire d'adopter des mesures spéciales ou positives en faveur des victimes afin de favoriser leur intégration complète dans la société.

Les Etats doivent utiliser la coopération bilatérale et multilatérale pour lutter contre les causes profondes du racisme. On pense par exemple à la pauvreté, au sous-développement et à l'inégalité des chances qui placent certaines personnes en position vulnérable face aux actes racistes.

Des campagnes visant à informer des conditions, des possibilités, des limitations et des droits en cas de migration doivent être organisées. Cela permettrait aux candidats à l'immigration de prendre une décision en connaissance de cause et ainsi d'éviter d'être victime de la traite.

Le cadre juridique international occupe une place importante dans l'éventail d'instruments à la disposition des Etats et des individus pour venir à bout du racisme. Le rôle du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale joue un rôle central au sein des Nations Unies. Les Etats sont appelés à continuer à coopérer avec ce Comité et à appliquer ses recommandations.

La coopération régionale et internationale peut se concrétiser de plusieurs manières.

L'Union interparlementaire est par exemple invitée à encourager les parlements nationaux à examiner la mise en application des objectifs de Durban. Le rôle des Parlements nationaux est essentiel car ils adoptent des lois indispensables, en surveillent l'application et allouent les ressources financières nécessaires aux actions gouvernementales.

Les problèmes de migration pourraient être discutés lors de dialogues régionaux entre Etats, et faire l'objet d'accord. Les organisations internationales concernées par le problème pourraient échanger des informations.

Les Etats sont encouragés à conclure des accords bilatéraux, sous-régionaux, régionaux et internationaux pour faire face au problème de la traite des femmes et des enfants.

Des échanges entre les institutions nationales indépendantes pourraient contribuer au renforcement de la coopération pour lutter contre le racisme.

Les activités des organismes ou des centres régionaux de lutte contre le racisme sont également précieuses et doivent être encouragées. Les organisations internationales doivent également jouer leur rôle. Leur fonction de surveillance et de sensibilisation contribue à la connaissance du phénomène qu'il faut combattre.

Les organismes de financement et de développement sont invités à contribuer à la lutte contre le racisme, notamment en assignant un rang de priorité à l'amélioration de la situation des victimes et en intégrant les principes et normes relatifs aux droits de l'homme.

Concernant les éléments concrets du suivi de Durban

Comme indiqué à plusieurs reprises dans le Programme d'Action, les Etats sont tout d'abord invités à élaborer des plans d'action nationaux, en consultation avec les institutions nationales ou encore la société civile. Ce plan sera ensuite envoyé au Haut Commissariat aux droits de l'homme.

Le Secrétaire général des Nations Unies nommera cinq éminents experts indépendants qui seront chargés de surveiller la mise en œuvre des dispositions de la Déclaration et du Programme d'Action.

La Haut Commissaire a l'intention de créer une unité anti-discrimination au sein de son bureau, qui sera chargée de lutter contre le racisme et la discrimination raciale et de promouvoir l'égalité et la non-discrimination.

La Conférence recommande que le Haut Commissariat mette en place une base de données contenant des renseignements sur les moyens concrets permettant de lutter contre le racisme.

Le Haut Commissariat aux droits de l'homme

Devrait continuer à nommer des ambassadeurs de bonne volonté afin de promouvoir le respect des droits de l'homme et une culture de la tolérance.

Devrait faire connaître davantage les travaux du Comité pour l'élimination de la discrimination
raciale
.

Devrait collaborer avec l'UNESCO.

Devrait élaborer et financer des projets de coopération technique avec l'aide des Etats.

La Commission des droits de l'homme est invitée à inclure des recommandations pour que ses Rapporteurs spéciaux et groupes de travail prennent en considération les dispositions pertinentes des documents de Durban. Cette Commission pourrait également élaborer des normes internationales, dans le but de renforcer et actualiser la législation internationale.

Sur le plan des Décennies, les Etats doivent soutenir les activités de la troisième Décennie de lutte contre le racisme et la discrimination raciale. Une année ou une décennie contre la traite des êtres humains est envisagée.

Dans la lutte contre le racisme, l'Etat devra collaborer et dialoguer avec toutes les composantes de la société, dont entre autres :

La société civile et les organisations non gouvernementales qui représentent une aide de première importance par l'expérience et le savoir-faire qu'elles ont acquis dans la lutte contre le racisme. Les Etats devront également les soutenir dans leurs actions.

Le secteur privé est engagé à appliquer des méthodes qui excluent le racisme et la discrimination.

Les jeunes devront être associés plus étroitement à la conception et à la mise en œuvre d'actions visant à combattre le racisme. La mobilisation des jeunes dans ce domaine doit être encouragée.

Les Etats devront également lutter contre le racisme dans le sport.