Combattre le racisme
Durban 2001


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31 août 2001, l’ouverture de la Conférence

__La Conférence se déroule dans un climat d’affrontement entre les pays du Nord et ceux du Sud


 La troisième conférence mondiale des Nations unies - Durban, Afrique du Sud, 31 août au 7 septembre 2001 - contre le racisme est dominée par des controverses – et affrontements – entre pays du Nord et pays du Sud sur des sujets qui, dans le contexte politique mondial actuel, s’avèrent à risque :

 racisme et sionisme : certains pays [pays arabes, Palestiniens] souhaitent voir le sionisme assimilé à du racisme ou, à défaut, une condamnation des pratiques israéliennes dans les territoires palestiniens occupés ou autonomes,

 esclavagisme : plusieurs pays africains demandent des dédommagements pour plusieurs siècles d'esclavagisme. Les pays occidentaux ne veulent pas entendre parler de "réparations", souhaitant s'en tenir à l'expression de regrets et à un engagement en faveur d'une aide à l'Afrique.

La Conférence de Durban
La Conférence de Durban. Photo Onu.

Egalement sujets de controverses : le sort des Dalits indiens (l'ancienne caste des intouchables), l’annulation de la dette du tiers-monde, la situation des Roms en Europe ou des peuples indigènes.

Six mille délégués de quelque 150 pays participent à la Conférence présidée par la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma. Treize chefs d’Etat seulement sont présents, parmi lesquels le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, le Cubain Fidel Castro et l’Algérien Abdelaziz Bouteflika. En revanche, les pays les plus riches ne sont pas représentés au plus haut niveau à Durban - aucun chef d'Etat du Nord n'a voulu faire le déplacement. Le chef de la diplomatie américaine, Colin Powell, a annulé sa participation - les Etats-Unis ont choisi d’envoyer à Durban une délégation de diplomates de rang ”intermédiaire”.

Kofi Annan : cette Conférence va mettre la communauté internationale à l’épreuve

A l’ouverture de la Conférence, le 31 août, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a tenu à rappeler que ”cette Conférence va mettre la communauté internationale à l’épreuve et montrera si elle est prête à s’unir pour une cause qui touche les gens au cœur de leur vie. N’échouons pas à cette épreuve qui a fait naître des attentes que nous ne pouvons décevoir”.

Le président sud-africain Thabo Mbeki a, pour sa part, réaffirmé que nul ne peut être rejeté ou maltraité en raison de sa race, sa couleur, sa nationalité ou son origine. "En vous accueillant ici en Afrique du Sud, nous accueillons les combattants qui nous ont aidé à mettre fin au crime contre l’humanité que constituait l’apartheid".

Il a souligné que "la pauvreté n’est pas une condition naturelle mais qu’elle représente une atteinte à la dignité humaine et qu’elle est elle-même le produit de la nature humaine", ajoutant qu’il était important de lutter contre la pauvreté afin de soulager les souffrances des populations qui vivent dans la misère simplement parce qu’ils ne sont pas blancs. "Leurs cultures et leurs traditions sont considérées comme sauvages et primitives, ils ne sont pas blancs et sont engouffrés dans la pauvreté", a-t-il ajouté, précisant que "si je parle ainsi, c’est parce que je suis issu d’un peuple qui a vécu l’esclavage, le colonialisme et le racisme".

Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme et secrétaire générale de la Conférence, a appelé à la modération et exhorté les participants à “ne pas jeter la pierre à un pays”. “Nous ne devons pas perdre de vue que nous ne sommes pas en mesure de régler tous les problèmes du monde à Durban. Ce que je vous demande, c’est de vous entendre sur les objectifs fondamentaux. La Conférence ne constituera une pierre de touche que si un texte de fond est adopté et le suivi de sa mise en œuvre garanti”.

31.08.2001.Up