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2 SEPTEMBRE 2001, LE FORUM DES ONG __Les ONG adoptent une résolution sur les "actes de génocide" d'Israël
Le "caucus" juif a quitté la salle. "La déclaration des ONG et leur programme d'action accusent Israël des pires crimes connus par l'humanité - le génocide, l'apartheid, le nettoyage ethnique et le racisme systématique", regrette le comité juif du forum. Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme - dont la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Amnesty International (AI), Human Right Watch (HRW) - ont refusé de prendre part au vote de la résolution. "Si Israël a commis des crimes de guerre et atrocités contre le peuple palestinien, il n'est tout simplement pas exact d'employer le mot génocide", a déclaré à l'Agence France Presse (AFP) Reed Brody, un des délégués de Human Rights Watch. Cette résolution, qui sera soumise à la Conférence contre le racisme, n'a aucun caractère contraignant pour l'instance onusienne, mais ravive les craintes d'un échec de la conférence sur ce sujet particulièrement sensible. La réaction d'Israël : une incitation à la haine des JuifsLa délégation du gouvernement israélien à la Conférence de Durban a dénoncé la résolution des ONG comme étant une incitation à la haine des Juifs. "C'est un langage de haine, parti d'une campagne pour délégitimer Israël et le peuple israélien", a déclaré Noam Katz, le porte-parole de la délégation. "C'est le pire document anti-juif depuis la fin de l'Allemagne nazie", a commenté pour sa part le rabbin Abraham Cooper, du centre Simon Wiesenthal, présent à Durban. En Israël, les responsables politiques se sont dits choqués par les déclarations "racistes et antisémites" émanant de Durban. "Certaines des déclarations et résolutions adoptées à Durban sont clairement racistes et antisémites", a affirmé le 2 septembre le président israélien Moshé Katzav. "Les auteurs de ces déclarations devraient baisser la tête devant Israël, qui respecte les droits de l'homme [...] Ses tribunaux et médias expriment un profond respect des valeurs démocratiques, sur lesquels beaucoup pourraient prendre exemple", a-t-il ajouté. Interrogé par l'Agence France Presse, le porte-parole du Premier ministre Ariel Sharon, Avi Pazner, s'est élevé contre "les tentatives de falsification et de détournement de l'Histoire, par exemple en niant le caractère unique de la Shoah (le génocide nazi), qui visent à priver le peuple juif de son histoire, un demi siècle seulement après la tragédie". Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de lhomme, a condamné les mots inappropriés de la déclaration des ONG. Dans les conférences mondiales, a-t-elle affirmé, jai lhabitude de recommander aux délégués de lire les déclarations des ONG. Cette fois, je ne le peux pas. Le terme de génocide est inacceptable. A louverture de la Conférence des Nations unies, le 31 août, le président de lAutorité palestinienne, Yasser Arafat, avait qualifié la politique israélienne de raciste en pourfendant une conspiration colonialiste dagression, déviction forcée, dusurpation de la terre et de violations des Lieux saints. Il avait toutefois manifesté son attachement à la paix pour tous les peuples dans la région. |