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Le génocide des Juifs





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Juillet – août 2001, Berlin. Une affiche "scandaleuse qui joue avec le feu"

__Une campagne d’affichage controversée sur l’Holocauste arrêtée à Berlin

Une affiche géante, dont le texte détournait des thèmes négationnistes, a été enlevée le 10 août 2001, à Berlin, après trois semaines de polémique, du mur qui l'accueillait, au sud de la porte de Brandebourg. L'affiche était l'un des éléments d'une campagne d'affiches lancée en Allemagne pour financer le futur Mémorial dédié aux victimes juives du nazisme. Plusieurs membres de la communauté juive allemande avaient demandé le retrait de ces affiches qui, en banalisant le négationnisme, desservaient l'effort de mémoire sur le génocide des juifs.

L'affiche
L'affiche controversée. 

L'affiche de cette campagne controversée, déclinée également sous forme d'affiches de taille normale, de cartes postales et d'annonce dans les journaux, montrait un paysage alpestre de lacs et de montagnes barré du message "l'Holocauste n'a jamais eu lieu". Le passant devait faire l'effort de lire un texte écrit en petits caractères en bas de l'affiche pour comprendre qu'il s'agissait en fait d'un message au second degré destiné à recueillir des fonds pour la construction, à Berlin, du Mémorial à la mémoire des juifs assassinés d'Europe.

"Ils sont toujours beaucoup à prétendre cela, et ils pourraient bien être plus nombreux encore dans 20 ans. Faites un don pour le monument à la mémoire les juifs d'Europe assassinés", invitait ce texte signé de la Fondation pour le Mémorial.

L'Association de citoyens pour le mémorial, initiatrice de la campagne, a choisi en remplacement une affiche plus sobre proclamant que "L'avenir a besoin du souvenir. Participez à la construction du Mémorial pour les juifs d'Europe".

La construction du Mémorial

Le projet architectural
Le projet architectural. 

Les travaux de construction du Mémorial de l'Holocauste ont débuté fin octobre 2001, à Berlin, à quelques mètres de la porte de Brandebourg, monument-symbole de la ville.

Sur ce qui est encore un no-man's land de deux hectares, donnant sur la verdure du grand parc de Tiergarten et une rangée d'immeubles sans cachet, devrait voir le jour d'ici 2004 le projet de l'architecte américain Peter Eisenmann: un labyrinthe constitué de 2.700 stèles de béton.

Un centre d'information souterrain de 1.500 m2 baptisé "Lieu du souvenir" lui sera adjoint et se composera de quatre salles qui pourront accueillir des expositions permanentes et temporaires: "La salle des silences", celles des "destins", des "noms" et des "lieux".

Plusieurs voix dans la communauté juive s’étaient élevées pour demander le retrait pur et simple des affiches. Pour Paul Spiegel, président du Conseil central des juifs en Allemagne, cette campagne a servi involontairement la cause de l'extrême droite. "Même si cela n'était pas leur intention, l'organisation a provoqué un soulèvement bien au-delà de ses objectifs".

La chaîne allemande a indiqué que le dirigeant néo-nazi Manfred Röder avait détourné la campagne en installant aux côtés d'affiches collées près de la porte de Brandebourg, à Berlin, une banderole sur laquelle on pouvait lire : "Et la Wehrmacht [l'armée allemande] n'a pas commis de crimes non plus."

"Une campagne insensée"

En Europe, une pétition contre cette ”campagne insensée”, initiée par les historiens Pierre Vidal-Naquet (CNRS-EHESS, Paris) et Peter Schöttler (CNRS, Centre Marc Bloc, Berlin), avait reçu l’approbation d’une trentaine d’historiens et de chercheurs en sciences sociales. ”Avec cette phrase scandaleuse, les responsables de cette campagne […] jouent avec le feu”, indiquait le texte de la pétition qui appellait ”à une nouvelle réflexion sur la manière dont il convient de faire connaître le Mémorial”.

Source : presse internationale, , juillet, août et octobre 2001.
Site Internet : http://www.holocaust-denkmal-berlin.de
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