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JANVIER 2000, LE FORUM INTERNATIONAL DE STOCKHOLM SUR LA SOAH

__Encourager l’éducation des jeunes sur l’Holocauste afin de mieux combattre l’intolérance et l’antisémitisme


Logo conférenceLes représentants de 46 pays - dont la France et la Suisse - ont participé du 26 au 28 janvier 2000, à Stockholm (Suède), au 3e Forum international sur la Shoah. Cette conférence, destinée à soutenir l'éducation des jeunes sur l'Holocauste afin de mieux combattre l'intolérance et le racisme, faisait suite à celle de Londres, en décembre 1997, qui portait sur l'or nazi, et à celle tenue à Washington, un an plus tard, sur la spoliation des juifs. Elle s'est tenue en présence d'une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement.

La Conférence

Le forum de Stockholm s'est achevé par l'adoption d'une déclaration engageant les participants à promouvoir l'éducation, le souvenir et la recherche sur la Shoah, afin que les générations futures "puissent en tirer les conséquences". Il a notamment été décidé d'encourager l'organisation d'une "journée solennelle du souvenir de l'Holocauste", comme cela été le cas dans plusieurs pays européens -Allemagne, Grande-Bretagne et Italie -, le 27 janvier 2000, jour anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz. La Suisse n'a pas souhaité s'associer à cette initiative. La Conseillère fédérale Ruth Dreifuss, présente à Stockholm, a en effet estimé qu'une journée consacrée à l'Holocauste ne serait pas d'une grande efficacité en Suisse. Il serait plus judicieux, selon elle, d'y ajouter les notions de racisme et de xénophobie.

Cinquante ans après Auschwitz

"Cinquante ans après Auschwitz, à l'aube d'un nouveau millénaire, nous nous tenons unis, déterminés à atteindre le même but: que plus jamais l'on ait à témoigner d'un tel mal", avait indiqué le premier ministre suédois, Göran Persson, à la veille de l'ouverture de la conférence.

Pourquoi une telle conférence en Suède? "A l'été 1997, indique Le Monde, le pays découvrait avec gêne que ses enfants péchaient par ignorance. Selon une étude réalisée auprès de 8.000 jeunes âgés de douze à dix-huit ans, 66% seulement se disaient sûrs et certains que quelque six millions de juifs avaient été exterminés par les nazis. Plus de 12% d'entre eux admettent avoir écouté de la musique dite du "pouvoir blanc". "Avons-nous assez raconté à nos enfants?", s'était alors interrogé le premier ministre" suédois.

Le chancelier allemand Gerhard Schröder a souligné que la Shoah était depuis longtemps partie intégrante de l'enseignement pratiqué dans les écoles ouest-allemandes et jugé "utile d'apprendre de la même façon à nos enfants" qu'il y eut des Allemands pour résister "sous la dictature" nazie. De son côté, le premier ministre français, Lionel Jospin, a rappelé que "l'enseignement de la Shoah, la compréhension des causes qui l'ont permise, l'hommage rendu à ceux qui l'ont combattue, constitue un devoir".

"Soutenir la vérité terrible de la Shoah"

La déclaration publiée à l'issue du forum insiste sur la "responsabilité solennelle" de la communauté internationale "dans la lutte contre les maux" que sont les génocides, les épurations ethniques, le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie. "Ensemble, nous devons soutenir la vérité terrible de la Shoah face à ceux qui la dénient". Pour que les générations futures puissent "comprendre les causes" de l'extermination de quelque six millions de juifs, les signataires de la déclaration s'engagent à "renforcer l'engagement moral des peuples et politique des gouvernements". L'accent est également mis sur l'éducation et la recherche sur la Shoah "sous toutes ses formes".

Sources : Le Monde, Paris, 27, 28 et 29 janvier 2000, et presse suisse.Up